LE VICOMTE AUX PIEDS NUS

02/03/2017
PRESSES DE LA CITE

Résumé

Fin XIXe/début XXe, les tribulations de nobles bretons partis conquérir l'Amérique au moment d'une nouvelle ruée vers l'or : sitôt inventées les vues animées, la croissance fulgurante du cinématographe.

Extrait

Les Parisiens débarquent. Avril 1913, trois véhicules à pétrole s'engagent dans l'allée de Penarbily. Au grondement des moteurs les lapins se bousculent à  l'entrée des terriers, les merles se carapatent sous les rhododendrons, au sommet des pins une buse quitte son nid, des vols de corbeaux se déploient et leurs croassements alertent des mouettes rieuses qui s'envolent d'un labour. Un art nouveau monte à l'assaut de la côte bigoudène. En tête du convoi, la voiture de commandement. Carrosserie noire, capote crème, flancs de pneus blancs, roues à rayons chromés, phares et calandre argentés, c'est un modèle unique fabriqué dans les ateliers des frères Mors et payé cash par le client. Egalement réglées rubis sur l'ongle, deux camionnettes Renault d'une puissance de dix chevaux-vapeur et d'une tonne virgule cinq de charge utile. Outre les bagages de l'équipe, elles transportent trois caméras, un projecteur, des boîtes de pellicule et divers accessoires de tournage. Elles sont conduites par Dédé, chef opérateur, et par Lulu, omnipraticien des vues animées. Détail remarquable : les deux camionnettes sont peintes en vert anglais sur lequel ressortent en italiques dorées un objet social et une marque déposée : Les Films du Vicomte. Au volant du cabriolet, un sportsman coiffé d'un casque, mentonnière dénouée. A sa droite, fourrure sur les épaules et longue écharpe flottante autour du cou, une élégante tient sur ses genoux un caniche qui aboie aux oiseaux envolés. La caravane se gare dans la cour du manoir, on coupe les moteurs, Hortense descend allègrement les marches du perron, embrasse son fils et sa bru, souhaite la bienvenue aux techniciens, flatte la tête enrubannée du caniche. Enhardi, le toutou pousse de la truffe sous ses jupes. Suzanne l'attrape par la peau du dos, et le réprimande : "Du calme, Bichon, c'est fini pour toi, le cinéma."

Critiques

Le très fantasque vicomte Gonzague de Penarbily part, ses bobines sous le bras, de sa Bretagne natale vers le Nouveau Monde avec une technique encore balbutiante : le cinématographe. Rencontres fameuses (Méliès, Lumière...), aventures drolatiques et choc des mondes pour l'exilé à particule en Amérique ! Une reconstitution pleine de drôlerie de l'épopée des pionniers du septième art.
www.bibliosurf.com

Ecrivant depuis quarante ans, Hervé Jaouen a été légitimement récompensé par de nombreux prix littéraires prestigieux. Il n'est donc pas indispensable de souligner sa maestria. Ce foisonnant roman d'aventures séduira autant ceux qui connaissent son talent que, sûrement, de nouveaux lecteurs.
Claude le Nocher, www.action-suspense.com

Les tribulations de nobles bretons partis conquérir l'Amérique à la fin du XIXe siècle... Des seconds rôles impayables...
Gilbert Etienne, Ouest-France, 17/03/2017

Fuyant un mariage qu'il ne comptait pas honorer, Gonzague de Penarbily, grand coureur de jupons (et de dots), a flairé la belle affaire : le cinématographe, l'invention géniale des frères Lumière... C'est pour lui un marché à conquérir là-bas, en terre d'Amérique...
La Liberté de l'Yonne, 16/03/2017

Une histoire vraie, où, à partir de quelques bribes, l'écrivain a construit un récit original, savoureux et picaresque.
Louis Gildas, Le Télégramme, 24/03/2017

... Mais le lecteur s'amusera surtout car ce roman n'engendre pas la morosité. C'est drôle, c'est vivant, c'est émouvant, c'est égrillard, c'est historique, c'est frais et vivifiant, c'est impertinent, c'est distrayant... Tout sauf ennuyeux.
Paul Maugendre, leslecturesdelonclepaul.over-blog.com

La langue est enlevée et truculente, truffée d'anglicismes et de patois : un régal !
Shangrila62, mesmadeleines.wordpress.com

Voilà, j'ai fini de lire ton délicieux Vicomte. Et m'en suis régalée jusqu'au bout. C'est à la fois "fictif" et "historique", et tellement vrai. La genèse du cinéma, sur fond de ces misères européennes pré-guerrières, aristo et cul-bénites, balayées par l'irruption du gros capital, et l'avènement de cet "Occident européo-américain" si problèmatique. Les scènes de films coquins sont vraiment... hum... émoustillantes. Et cette adorable Suzanne...
Séverine AUFFRET

Il est beaucoup question ici de personnages réels... Le titre de ce roman clin d'oeil au cinématographe et à un de ses chefs-d'oeuvre ne manque pas d'humour... Une saga romanesque nous contant l'épopée de la création du cinéma...
Yvon Boëtté, eireann561.canalblog.com

Les incroyables talents de conteur d'Hervé Jaouen nous entraînent de Montréal aux Etats-Unis sur les traces de ses fantasques diffuseurs du cinéma muet.Jean-Paul Guéry, L'Anjou agricole, 13/04/2017

... Considéré avant Méliès comme une attraction foraine, le cinéma va devenir un art (le septième) et une industrie. Gonzague et Hortense, qu'il a convaincue de la rejoindre, vont faire et défaire fortune au Canada puis aux USA. Et Gonzague, fidèle à son sens de la séduction, jouera sur tous les tableaux.
On ne s'étonnera donc pas si quelqu'un achète les droits cinématographiques de ce roman, inspiré de personnes ayant existé. C'est le genre qui fait sourire et qui donne en même temps une petite leçon. Un peu comme une fable... Un livre qui dynamise. Bonne lecture. Noé Gaillard, www.daily-passions.com

Ah le cinéma qui a suscité tant de convoitises. C'est le cas de Gonzague, coureur de jupons qui a flairé la bonne affaire dans les débuts du cinématographe. Une histoire sympa faite de petites guerres pour arracher les droits de cette invention où la lutte pour les brevets est rude.Pascal Pioppi, La Marne, 27/04/2017

D'une langue enlevée et contrastée, Hervé Jaouen quitte le roman noir pour narrer la chronique drolatique de nobles bretons partis conquérir l'Amérique avec une nouvelle invention : le cinéma. C'est l'époque de L'Arroseur arrosé, du Tsar à Paris ou de L'Auberge ensorcelée. A partir d'une histoire vraie (celle de Marie de Kerstrat), le romancier s'offre un brillant exercice de style avec pour héros une comtesse désargentée dont le fils, le vicomte flambeur Gonzague de Penarbily, est le pionnier des films coquins. Cocktail de sexe, dollars et cinéma qui nous emmène aux Etats-Unis et au Canada pour un joli travelling aux couleurs chaudes.
OUEST-FRANCE, 11/05/2017




DERNIERES PARUTIONS



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