Les robinsons du connemara

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2002 - Ouest-France - Latitude Ouest
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Résumé

" Les gens me demandent souvent comment je peux affronter le lac, la nuit, en hiver, avec un verre dans le nez... Ma réponse est toujours la même. C'est sacrément plus facile avec que sans. Qui plus est, la perspective de mettre le bateau a l'eau dans l'obscurité a un effet remarquablement dégrisant. Qui n'abuserait pas toutefois un éthylomètre, mais certainement que ça vous mobilise le corps et l'esprit face à l'adversité. Est-ce qu'un individu sensé, raisonnable et réaliste choisirait de son propre chef un tel mode de vie ? J'en doute. J'en doute beaucoup. Et novembre, on me l'a dit et répété, n'était qu'un avant-goût de ce qui nous attendait en janvier."
Né dans une grande famille d'industriels des Midlands irlandaises "ayant fait fortune dans le whiskey et l'ayant dilapidée en whiskey", Guy St John Williams décide un beau jour d'abandonner une vie confortable à Macao, où il représente le Jockey Club, pour revenir habiter le manoir familial. Excellent remède au mal du pays. Sauf que l'ermitage, à moitié décrépi, se trouve sur une île, au milieu d'un lac, au fin fond du Connemara.
Ce livre est le récit épique du terrible combat d'un homme seul face à une multiple adversité : fantômes et chauves-souris, lac aux humeurs imprévisibles et groupe électrogène récalcitrant, chaleur magnétique des pubs et douceur des liquides qu'on y sert, nonchalance contagieuse des voisins artisans plus enclins à empoigner leurs cannes à pêche que leurs outils, plaintes déchirantes d'une épouse qu'aucun feu de tourbe ne parvient à réchauffer
.

Extrait

Nos prières pour qu'il fasse beau ayant été jusqu'à présent exaucées, nous avons décidé de ne pas tenter le sort en allant assister à la messe de minuit, et préféré rester dîner tranquillement en famille. Chez nous il y a toujours du jambon rôti au réveillon de Noël. Même à Macao Milady n'avait jamais manqué de sacrifier à cette tradition. Tandis qu'assis au salon nous parlions des Noëls passés à Tullamore, dans le Yorkshire et à Macao, et de cette idée maintes et maintes fois discutée et finalement réalisée - Noël dans l'île - nous regardaient les enfants Gogarty, dont les portraits sont accrochés au-dessus de la cheminée. Sauvés de l'incendie de Renvyle House en 1923, ils avaient été restaurés et à présent étaient revenus dans le Connemara, où ils avaient été peints en 1916. Dermot et Noll figurent de chaque côté de ma mère, petite fille âgée de cinq ans, à l'époque. Noll, l'aînée, vit retirée du monde à Dublin. Ma mère est morte il y a quelques années, ainsi que Dermot dix ans auparavant.
Je n'ai jamais connu mon oncle Dermot, champion d'aviron, dessinateur, pilote de la RAF et directeur de l'hôtel de Renvyle House dans l'après-guerre, car il passa la fin de sa vie à l'étranger. Parmi les papiers de la famille, un poème de lui a survécu, approprié à la circonstance.

Noël du Connemara
Les nuages élevés venus de la mer occidentale
Gonflés comme des mamelles filent vers les plaines de Meath
Passent comme des ombres sur la prairie fertile
Et ne mouillent pas sous eux la cabane et la tourbière.

Douze pics dentelés déchirent le ciel chargé
Jusqu'à ce que des torrents laiteux entaillent la bruyère de leurs flancs
Qui rempliront et teinteront de nombreuses couleurs les lacs
Dont de douces brises frangent d'écume les berges.

Lumière qui décline, présages de la nuit qui arrive,
Le sombre soir de Noël étreint le lointain Tullybaun
Et en naissant dérobe les couleurs des douze Bens.
Les fils de Conn attendent l'aube.

Avant que les Cieux ne puissent se proclamer en place
A chaque fenêtre de cabane brille une lumière vigilante.
La Terre et le Ciel rivalisent de paix illimitée,
Pour accueillir les voyageurs en cette nuit sacrée.

Critiques

- Cet ouvrage est traduit d'un livre publié en 1998 en Irlande, où il continue de connaître un honorable succès. Guy Williams, aristocrate irlandais, aimable dilettante, nous conte avec beaucoup d'autodérision son installation (avec femme et enfants) en Irlande dans la maison de vacances familiale située au milieu d'une petite île. Il y troque une existence dorée d'expatrié, salarié du Jockey-Club de Macao, contre une vie incertaine dans une maison nécessitant de gros travaux sous un climat parfois rude. Il relate sur le ton d'un humour très "british" la difficulté de faire d'un rêve une réalité. Ce texte a été traduit avec talent par Hervé Jaouen, dont on connaît l'attachement à l'Irlande.




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