Abers

03/10/2005
2005 - Éditions Le Télégramme

Résumé

ABER : nom masculin, dont l'origine remonte au XVIIIe, désignant à l'ouest de la Bretagne du nord la chute d'un ruisseau dans une rivière, donnant lieu ainsi à une anse, voire un golfe. Au nombre de trois, aber Ildut, aber Benoît et aber Wrach, ils se trouvent communément désignés par le terme pays des Abers.
Cet ouvrage propose une promenade dans ce pays très pittoresque du Finistère nord, sous l'habile plume poétique d'Hervé Jaouen et les couleurs enthousiastes de Michel Bellion peintre officiel de la Marine, enfant de Saint-Pabu sur l'aber Benoît. Rien n'a échappé aux pinceaux de l'artiste. Sur cette terre de croix celtes granitiques où les saints Ildut, Benoît et leurs frères ont laissé leur empreinte, découvrons plein ouest, en mer d'Iroise, l'aber Ildut, merveille paysagère, berceau du goémon et des barbiers de la mer ; plus vers le nord, dans la Manche, rencontrons d'abord l'aber Benoît, béni car terre et mer à la fois : dunes, viviers, parcs à huîtres et moules, chantiers navals et lieu de pêche, rivière, pêche à la truite, sans oublier les moulins... Puis enfin c'est l'aber Wrach, vaste estuaire apprivoisé avec humilité par les meilleurs marins, plat pays où le phare de l'île Vierge y déploie son flambeau de lumière.
Originale, cette promenade illustrée par le jeu des couleurs et des mots compose avec justesse un portrait merveilleux du pays des Abers.

Extrait

Le secret vaut mieux que sa clé. Enterrons-le sous le sable, comme les siècles le firent, à Iliz Koz, la Vieille Eglise, version léonarde de la ville d'Ys, nécropole médiévale où gisent des chevaliers et des prêtres, descendants des saints gallois et irlandais venus évangéliser le petite Bretagne une fois reçu l'ordre de mission de saint Patrick. Thénénan, Ronan, Brendan, Iltud, Colomba, Armel et bien d'autres franchirent les dédales d'étocs, portés par leur foi, et sans doute une légère onction d'inconscience. Les dizaines de croix celtes encore debout rappellent notre cousinage en sainteté et piété avec Iwerzhon et Kembre. Le paysage, estiment mes inclinations irlandaises, y gagne en sérénité. A mon grand dam, Hervé n'était pas irlandais, mais naquit du côté de Plouzévédé, un léonard donc. A cause de mon patron, peut-être suis-je un peu enraciné dans les abers et apte à susciter des mirages. Bien qu'aveugle de naissance, saint Hervé voyait, dit-on, le ciel ouvert. Michel Bellion et moi n'apercevons pas Dieu dans les cieux, mais en tout cas nous partageons la même fascination pour le ciel, duquel vient cette lumière à couronner les tableaux et à auréoler les esprits mystiques. Je veux croire que j'en suis, puisque la tradition accorde à saint Hervé la paternité du Jezus pegen braz ve, le plus beau des cantiques bretons, qui arracherait des larmes au granit de Melon et Kléguer, et par conséquent à ses plus célèbres élévations : le monument américain de Brest, le viaduc de Daoulas, le phare de la pointe Saint-Mathieu, le socle de l'obélisque de Louksor. De cantique à office, il n'y a qu'un pas, celui de l'ermitage de Michel Bellion au quai du Stellac'h, à Saint-Pabu, où j'assistai il n'y a guère, tout mécréant que je suis, à la grand-messe du 15 août, en plein air. Les fidèles étaient massés sur le quai, le prêtre officiait sur une barge qu'un vent taquin et le friselis poussés du bout du nez par les prames et canots des fidèles en retard faisaient rouler doucement. L'autel était bien arrimé et le curé avait le pied marin, qui ne renversa pas une goutte du vin de messe. Pour mon plus grand bonheur, l'assistance chanta en breton un hymne à la Vierge. Avouons-le, Michel Bellion et moi sommes des quêteurs d'émotions et non pas des suiveurs de guides.

Critiques

- Lorsque l'un des meilleurs pinceaux de Bretagne rencontre l'une de ses meilleures plumes, cela se passe dans les abers. Michel Bellion, Peintre de la Marine établi à Saint-Pabu, a réuni dans un très bel ouvrage ses tableaux peints dans les abers, et c'est Hervé Jaouen (Que ma terre demeure, L'adieu au Connemara, Au dessous du calvaire), qui ajoute sa verve à cette lumière.
Patrick CADOUR - www.cadour.net

- Une promenade, illustrée par Michel Bellion, peintre de la Marine, et racontée par Hervé Jaouen, à travers 3 abers : l'aber Wrach, l'aber Benoît et l'aber Ildut.
Une vision inédite et poétique des abers.




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