Mamie Mémoire

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1999 - Gallimard - Page blanche 44
2002 - Gallimard - Scripto

Prix Chronos 2000
Prix des Incorruptibles 2001
Prix Chronos 2015 (Suisse) pour sa traduction en allemand

Résumé

- Edition 1999
Mamie déménage, et cela ne veut pas seulement dire qu'elle quitte sa grande maison pour venir s'installer chez sa fille et sa petite-fille, Véro, la narratrice âgée de treize ans... Depuis quelque temps, elle a des distractions ; elle perd de menus objets, elle oublie une casserole sur la cuisinière... Le médecin consulté est formel : il s'agit de la maladie d'Alzheimer. La mémoire de Mamie est comme les feuilles d'un arbre : elle s'éparpille de saison en saison, se perd. Alors, toute la famille entre dans le jeu : il faut stimuler la mémoire de Mamie, l'aider à rassembler les fragments, à se souvenir des sourires et des visages, des lettres d'amour et des gestes de tous les jours... Il faut aussi la surveiller pour que toutes les petites cuillères ne finissent pas sous son matelas, la persuader que la guerre est finie, quitte à agiter de petits drapeaux en criant : "C'est l'armistice !", la border quand elle redevient petite fille... Une chronique familiale, chaleureuse et pudique, qui aborde avec humour et tendresse un sujet grave.

- Edition 2002
Mamie déménage ! Depuis quelque temps, elle a des distractions, elle perd de menus objets, et elle a un comportement parfois surprenant. Le médecin est formel : il s'agit de la maladie d'Alzheimer.
La mémoire de Mamie est comme les feuilles d'un arbre, elle s'éparpille de saison en saison, se perd. Alors la famille tout entière entre dans le jeu. Il faut stimuler la mémoire de mamie, l'aider à en rassembler les fragments, à se souvenir des visages, des lettres d'amour et des gestes de tous les jours...
Une chronique familiale, chaleureuse et pudique, un sujet poignant abordé avec humour et tendresse.

Extrait

Avant, je ne remarquais pas les changements de saison. Avant ? Quand j'étais petite fille et que les saisons étaient rythmées par les jeux, les furieuses envies de jouets neufs, les achats de vêtements et de chaussures à la mode, le spectacle de l'école de danse, les anniversaires... Accessoires, soumises à mes désirs, les saisons n'étaient qu'une toile de fond sur laquelle se détachait ma précieuse petite personne. Enfant, on ne pense qu'à soi. Et puis un beau jour le décor s'anime, l'univers se met à exister à vos yeux, et vous dégringolent sur la tête tous les malheurs du monde, qui vous oppressent le cœur. C'est probablement cela, grandir.
Hier encore - façon de parler, hier : l'année dernière - je n'aurais pas su écrire de l'automne que cette saison balbutie, qu'elle hésite entre l'été et l'hiver, comme on hésite entre mettre ou enlever un pull. Et puis soudain, un dimanche, après que la tempête a soufflé pendant une semaine entière, vous rendant sourde et aveugle, le froid vous saisit. C'est un soleil pâle qui éclaire maintenant votre lucarne. Des raclements sur le toit vous intriguent. C'est papa qui nettoie les gouttières engorgées de feuilles mortes. Comment se peut-il que vous ne vous souveniez pas avoir vu ces feuilles s'envoler ? Frissonnant dans votre chemise de nuit, vous soufflez sur la vitre. Elle se couvre de buée et les peupliers déplumés, au fond de la prairie, semblent se diluer dans l'air comme un trait d'encre sur du papier buvard. Vous songez alors à votre mamie et une idée saugrenue vous vient à l'esprit. Mamie est un arbre et les feuilles étaient sa mémoire. La maladie les a détachées, comme les feuilles d'un éphéméride se détachent et s'envolent, dans les vieux films en noir et blanc, pour bien vous faire comprendre que le temps s'est enfui.

Critiques

- Depuis quelques temps, Mamie ne va pas bien : elle perd de menus objets, elle oublie une casserole sur la cuisinière... elle s'installe chez sa fille. Toute la famille va alors entrer en jeu pour stimuler sa mémoire et la surveiller.

- "... quand j'ai terminé le livre, Mamie était toujours en vie. Elle s'est éteinte paisiblement en janvier 2001 dans les bras de ses deux filles.
[...] Oui, le livre s'inspire d'une réalité.
Celle que j'ai appelée Mamie-Mémoire était la Mamie de nos meilleurs amis avec qui nous passons presque tous les week-ends et presque toutes nos vacances, en Irlande principalement. C'est dire que ma femme et moi l'avons beaucoup fréquentée, puisque, quand elle a commencé à perdre la mémoire, elle est venue habiter une semaine sur deux chez la plus jeune de ses filles, notre amie.
[...] La maladie d'Alzheimer est un sujet grave. Alors comment le traiter sans trop de gravité ?
Pendant plusieurs années, j'ai pris des notes. Nos amis ont pris des notes pour moi : ils me racontaient les réparties de Mamie, ses nouvelles bêtises commises pendant la semaine précédente.
Un jour, j'ai vu comment traiter ce sujet.
[...] Ceci dit, il est très rare que la réalité suffise à faire un livre. Il faut inventer, en plus. Qu'est-ce que j'ai gardé ? Qu'est-ce que j'ai inventé ? La liste complète serait trop longue.
Grosso modo, j'ai gardé : le passé de Mamie (ses deux maris), sa beauté, son éducation, son humour (volontaire ou non ), le fait qu'elle ait été choyée par ses deux filles jusqu'à son dernier souffle, tout ce qui a trait à sa maladie et à son évolution...[...]
J'ai inventé les Dallas People. La famille de Mamie est exceptionnelle. Point de méchants. Or, il m'en fallait. Vous savez ce qu'on dit, plus les méchants sont réussis, meilleure est l'histoire. Dans presque toutes les familles il y a des conflits dans de telles circonstances. Mes Dallas People existent ailleurs. Je n'ai pas totalement inventé l'histoire de la broche. Dans la réalité, c'était un collier.[...]
Continuez à lire. Ceux qui lisent seront sauvés. Je veux dire par là qu'ils ne s'ennuieront jamais, qu'au fur et à mesure qu'ils liront, ils comprendront de mieux en mieux la complexité des âmes et leurs propres émotions."
Extrait de la lettre de Hervé Jaouen à Élodie élève du collège Rollinat de Brive-la-Gaillarde.

- Mamie est une vieille dame, elle habite seule dans sa villa, mais depuis quelque temps elle oublie des petites choses par-ci , par là. Un petit incendie causé par un oubli de mamie va tirer la sonnette d'alarme auprès de sa fille Josée. Elle va l'amener chez le médecin pour savoir de quoi elle souffre. Lorsque celui-ci annonce que mamie a la maladie d'Alzheimer, Véro, sa petite fille, ne sait pas encore ce que cela signifie mais elle va l'apprendre au fil des saisons. Tout d'abord cela veut dire que mamie va emménager dans la chambre de Véro, qu'elle va habiter avec toute la famille et que tous, Guillaume et papa y compris, vont devoir tout mettre en oeuvre pour stimuler la mémoire de mamie. Véro va redécouvrir la vie de mamie grâce à sa grande malle: toutes ses lettres, ses vieux vêtements ... la broche de Pablo ! Mais c'est sans compter sur l'orgueilleuse tata Katha et l'égoïste tonton Jean-Charles. Mamie est condamnée à revivre sa vie à l'envers : ses enfants, ses amours, la guerre, son enfance.
J'ai beaucoup aimé ce livre pour les descriptions de la maladie d'Alzheimer au fil des saisons, pour la vision de Véro sur la vie de sa grand-mère qui nous montre que l'on peut vivre à côté d'une personne, beaucoup l'aimer, mais ne pas vraiment connaître ce qu'elle a vécu. De plus l'auteur grâce notamment à 1 'oncle la tante et le cousin, a très bien transcrit l'atmosphère d'une famille ordinaire : des crises, des moments de joie... Grâce aux nombreux et différents personnages, ce livre permet de s'identifier à l'un d'eux. Malgré tout, la fin est trop rapide et ce livre n'est à lire qu'en loisir car il n'apporte pas de connaissances scolaires.
Ce titre est à prendre ironiquement. Il a été choisi par l'auteur car lorsqu'on est petit on prend un prénom ou un surnom, pour pouvoir différencier ses deux grands-mères, que l'on ajoute à mamie. Vu que mamie perd la mémoire elle peut être appelée Mamie mémoire. L'auteur dit souvent "la mémoire de mamie", mais elle ne prononce jamais l'expression mamie mémoire.
Elodie Lafuente, 2C4, Lycée Alfred Kastler, 2001/2002

Un livre à la fois drôle et émouvant, l'histoire d'une vieille dame persuadée qu'il faut fêter la libération de la France, emmener ses enfants de 10 ans à l'école... Je conseille ce livre à tous les lecteurs, car il aborde un sujet grave (la maladie d'Alzeihmer) avec une pointe d'humour.

- Entre rires et larmes, Véro adolescente de 13 ans, part à la rencontre de sa grand-mère.
Cette vieille dame charmante qui perd la mémoire bouleverse la vie de son entourage...
Un très beau texte qui aborde avec tendresse, chaleur et humour une terrible maladie.

- Mamie souffre de trous de mémoire de plus en plus fréquents. Un jour sa maison brûle car elle a "oublié" son repas sur le feu, le médecin diagnostique alors la maladie d'Alzheimer. C'est une adolescente qui nous fait le récit plein de tendresse et d'humour des effets de la maladie sur le comportement et la mémoire de sa grand-mère.

- Réédition dans la collection Scripto, d'abord paru dans la collection Blanche. Une chronique familiale et touchante, autour de la maladie d'Alzheimer, où comment tous les membres de la famille s'organise pour conserver l'héritage le plus précieux, celui des souvenirs de mamie. Après avoir laissé brûlé son repas, la fille de Madame Levielle décide de l'accueillir chez elle. A son arrivée, tout le monde l'aide à retrouver ses souvenirs et découvre la vie de cette vielle dame, ses voyages, ses amours, ces rencontres...Un grand pudeur sur un problème peu traité en littérature de jeunesse.

- Extraits de presse : Une chronique familiale chaleureuse et pudique, qui aborde avec humour et tendresse un sujet grave et poignant.
(Je Bouquine).
Belle réflexion, souvent drôle et émouvante, jamais pleurnicharde, sur le passé, les rapports entre générations.
(Lire au collège).
Entre sourire et larme, un récit poignant mais jamais désespéré.
(Top Famille).
Un roman plein de tendresse sur un sujet grave, qui sait recourir à l'humour quand l'émotion devient trop forte.
(La Croix).
Il n'est plus souvent question, à la maison, d'aïeux qui perdent la tête. Dans cet ouvrage, le fait est dédramatisé jusqu'à la drôlerie, et cela procure un réconfort bien agréable.
(L'Enseignant).

- Mamie perd la mémoire. Sa famille doit la prendre en charge. Si elle apporte un peu de piquant au quotidien, elle devient vite un fardeau ; et pourtant... Positif et réaliste.

- Lorsque j'ai ouvert Mamie mémoire j'étais assez sceptique : après avoir lu "Le passage", plein d'aventures et de choses extraordinaires... Je n'imaginais pas que l'histoire de quelque chose de bien réel, proche de nous, puisse être si émouvante, si merveilleuse. Et pourtant...
À chaque page, je me disais "Et si cette Mamie était la mienne ?" ;. Au fond ce qu'elle vit est terrible et dur à accepter pour la famille. Mais l'auteur a su trouver le ton juste pour en parler, bravo !

- Sur le thème de la maladie d'Alzheimer, un chronique familiale chaleureuse tenue par sa petite-fille. L'état de la grand-mère pose non seulement de nombreux problèmes pratiques puisqu'elle ne peut vivre seule, mais réveille aussi la mésentente des famille de ses deux enfants. Le portrait de la grand-mère est attachant, le ton ne sombre pas dans le pathos, l'écriture est intéressante, originale et vivante.
(La revue des livres pour enfants n° 191).

- Hervé Jaouen, connu pour ses romans noirs, démontre ici sa sensibilité et son humour (...). C'est toute la force de cet ouvrage que d'aborder un thème un peu tragique, émouvant (la déchéance d'une grand-mère) et d'en proposer une vision généreuse, tendre et amusante (...).
(Lire au Lycée Professionnel n° 33).

- Le 7e prix littéraire des lycéens professionnels a été décerné hier à Hervé Jaouen pour Mamie mémoire. Près de 300 élèves du département étaient réunis à la Filature de Mulhouse pour discuter de leurs lectures.
Le prix littéraire 2000 : un travail de longue haleine pour les professeurs de lettres et les documentalistes des 19 LEP haut-rhinois. En octobre, trois libraires mulhousiens ont choisi quatre livres. Que les lycéens ont lus à tour de rôle : Stupeurs et tremblements d'Amélie Nothomb ; Mamie mémoire d'Hervé Jaouen ; La douceur de l'abîme de François Bon (à partir de textes de sans domiciles fixes) ; et À ceux qui m'ont offensés de Sophie Chérer. Les lecteurs des différents établissements se sont rencontrés pour échanger leurs points de vue. Avant de recevoir des écrivains de la sélection, en l'occurrence Sophie Chérer et deux sans domiciles fixes. Une visite qui a beaucoup marqué certains lycéens. Ils se sont succédé sur l'estrade de la Filature pour faire part de leur point de vue, autour du chroniqueur littéraire Jacques Lindecker. Futurs mécaniciens ou vendeurs... ils ont bien joué le jeu. "C'est une des grandes ambitions de ce projet", explique Jean-Michel Hiou, professeur de lettres au lycée Roosevelt, organisateur du prix. "Ces élèves sont en lycée professionnel, car, quelque part, ils ont été écartés de la voie royale. Ils sont tout à fait capables de réagis à un livre et d'exercer cette fonction de critique littéraire".
A l'issue des échanges, les jeunes jurés ont voté. Ils ont choisi Hervé Jaouen. Il succède à Éric Holder, lauréat 1999, pour Bienvenue parmi nous.
(Dernières Nouvelles d'Alsace - 06/05/2000).

- Véro, une adolescente de 13 ans, voit son existence transformée par les symptômes de la maladie d'Alzheimer qui assaillent de plus en plus fréquemment sa grand-mère. Ce sont alors trois générations de femmes qui vont se liguer pour combattre cette fuite de la mémoire, dans un élan de solidarité plein d'amour et d'exemplarité.
Rien ne va plus chez Mamie, elle oublie les casseroles sur le feu, ne reconnaît plus son fils, se croit en pleine guerre de 1939-45, et n'arrête pas de perdre sa broche fétiche ce qui la chagrine beaucoup. Les parents de Véro décident alors de l'installer chez eux, afin de s'en occuper, et s'engage un combat de toute la famille pour réveiller les souvenirs de Mamie et collecter son ultime témoignage.
Cette fable issue d'une réalité extrêmement courante est traitée dans Mamie Mémoire avec une sensibilité et un humour très touchants, prenant le parti d'un réalisme enjoué plutôt que d'un constat dramatique. Le problème de la maladie est abordé avec une grande justesse, incarné par une figure de grand-mère qui dans son adversité quotidienne attire la compassion mais pas la pitié. Loin de troubler l'harmonie familiale en venant s'installer chez sa fille, l'emménagement de la grand-mère engendre une ambiance de bonne humeur, où chacun apporte son grain de fantaisie pour faire travailler la mémoire, rassurer les angoisses et choyer sa chère mamie. Les situations les plus cocasses colorent donc les préoccupations de l'adolescente, les responsabilités de la mère de famille et la quiétude de la mamie, apportant à chacune un nouveau regard sur les liens filiaux et l'importance de la mémoire dans la prescience de l'identité. Une véritable leçon de vie pour l'adolescente en pleine construction d'elle-même qui relègue naturellement ses propres soucis au second plan pour se consacrer aux soins attentionnés qu'elle prodigue avec générosité à sa grand-mère. L'histoire de Mamie Mémoire marque avec force les esprits, et la mise en scène pressentie qui nous a été présentée à l'Echappée Belle augure d'un magnifique spectacle, à l'image d'un funambule en équilibre parfait entre altruisme, pédagogie, dynamisme, humour, humanisme, sensibilité, fantaisie et gravité. Une pièce qui donne envie d'aimer les siens et d'aider les autres.
Lucie Abrahamse, www.theatre-enfants.com

- ... Les questions des élèves ont porté notamment sur le dernier roman paru : Mamie Mémoire. Hervé Jaouen répond simplement que "les livres ne naissent pas de rien". A chaque fois, ils sortent de "Ma boîte à idées", qu'il alimente de faits réels, glanés ici et là, à l'improviste, les laissant parfois mûrir des années.
Ainsi, explique-t-il, "Mamie mémoire est basé sur un fait réel. Un couple d'amis doit subitement accueillir chez lui sa mamie. Grande, blonde, très élégante et cultivée, la mamie présente des pertes de mémoire. Au début, ses divagations et oublis amusent ses proches. Quantité d'anecdotes tournant aux gags sont notées. Mes amis me suggèrent d'écrire les "tribulations" de la mamie. Mais au fil du temps, le diagnostic tombe, implacable".
Au fil de la discussion, les élèves apprennent qu'au Salon du Livre, à Paris, le 19 mars 2000, Hervé Jaouen a reçu le cinquième prix Chronos de littérature pour la jeunesse pour son roman "Mamie Mémoire". Ce prix est décerné par un jury de 1 459 élèves des classes de quatrième et troisième de France et de dix pays étrangers. Sur le thème "Grandir, c'est vieillir, vieillir c'est grandir", le prix Chronos est organisé sous le patronage du Ministère de la Culture et de la Communication, du Ministère de l'Éducation, du Ministère de la Jeunesse et des Sports, du Ministère des Affaires étrangères, du Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, avec le parrainage de Zinédine Zidane (footballeur professionnel). (Hervé Jaouen était invité par le collège Vasarély, à Collinée).
(Le Télégramme - 04/04/2000)

- Mamie est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Les saisons défilent dans sa tête et elle ignore dans quelle époque elle se trouve. Victime de distractions, elle perd un tas de choses auxquelles elle tient; elle prend son fils pour un inconnu,...! Il faut stimuler la mémoire de Mamie, lui rappeler des choses qu'elle a oubliées. Ce livre raconte son quotidien et celui de sa famille parfois drôle mais triste aussi durant les quatre dernières saisons de sa vie.
C'est un magnifique témoignage partagé entre la réalité, l'amour, la tristesse et le rire. Certains moments m'ont fait beaucoup rire mais d'autres ont rempli mes yeux de larmes.

- Véro doit laisser sa chambre à Mamie, qui ne peut plus vivre seule chez elle : la maladie d'Alzheimer a commencé ses ravages. Toute la famille s'organise pour l'accueillir et l'aider à rassembler les pages de sa mémoire qui s'effeuillent avec le temps. Il faut la surveiller, l'aider, l'entourer d'amour et de chaleur.
Hervé Jaouen aborde là un sujet grave, avec humour et tendresse...

- Depuis quelque temps, Mamie perd la tête. Elle égare des petits objets, elle oublie tout. Le médecin consulté est formel, Mamie a la maladie d'Alzheimer. Elle déménage pour vivre chez sa fille Josée, et sa petite-fille Véro. A la maison c'est l'enfer ! Mamie se lève à des heures impossibles et les petites cuillères se retrouvent sous son matelas. Toute la famille va essayer de stimuler la mémoire de Mamie (vidéos, musiques, photos...) Mais cela servira-t-il à quelque chose ?
J'ai trouvé ce livre très intéressant. Il aborde un sujet grave mais l'humour est présent.
Je le conseille à un public plutôt féminin. Les filles se mettront plus facilement dans la peau de la narratrice, Véro, et aux adolescents assez sensibles.
Je crois que la formule frappante de ce roman est "Plus de souvenirs...". J'ai trouvé ce livre facile à lire car l'auteur emploie un vocabulaire compréhensible par des adolescents.
Maureen CAVARLE

- Ou l'histoire émouvante mais terriblement éprouvante de la maladie d'Alzheimer.
Ce livre, je l'ai découvert il y a environ 3 ans, lorsque ma mère me l'a tendu, m'expliquant qu'il parlait de la maladie qui détruisait à petit feu ma grand-mère depuis bientôt 5 ans. Elle a sans doute estimé à ce moment là que, si j'avais bien compris la gravité de la maladie d'Oma, j'étais assez mûre pour en accepter les conséquences.
Enfin, je comprenais les crises de larmes de ma mère, lorsqu'elle essayait d'exhorter doucement sa plus jeune sœur au calme le téléphone dans la main, le soir ; enfin, je m'expliquais ces longues discussions entre les enfants d'Opa et Oma lorsqu'ils se retrouvaient à chaque vacances...
Il n'est pas aisé de voir sa mère ou sa grand-mère perdre petit à petit toute ses facultés, au fil des années, et son état s'aggraver à chaque nouveau séjour. Je ne m'imaginais pas, après la lecture de ce livre, que bientôt je connaîtrai la même chose.
Que je rirais avec mes frère et sœurs, lors des repas familiaux, de ses réflexions totalement à côté de la plaque, de ses gestes sans aucun sens, de sa façon de rire pour donner le change sans comprendre un traître mot de la discussion.
Que je verrais cette femme autrefois si fière et si courageuse, un mari au front et six enfants à charge, oublier la fonction d'une casserole, mettre ses habits à l'envers ou deux chaussures différentes, se moucher dans un torchon et m'appeler "Madame".
Que je la contemplerais en silence passer sa journée à balayer une pièce unique en grommelant, aller se promener pieds-nus ou en soutien-gorge, couvrir Opa d'injures qu'elle n'aurait au grand jamais utilisé cinq ans auparavant, se débattre et crier lorsque ma mère essayerait de lui faire prendre un bain. Aujourd'hui, la réalité me parait bien pire.
Ma grand-mère ne peut plus aligner une phrase, elle se perd dans ses mots, elle ne lit plus, elle qui pourtant adorait ça, elle ne reconnaît plus que son mari, ses journées se résument à manger, dormir, rester prostrée dans un fauteuil ou, parfois, faire quelque pas avec la femme désignée pour s'occuper d'elle.
Dans le roman d'Hervé Jaouen, les proches prennent souvent ça avec humour, mais il est presque surhumain de demander à mon grand père ou à ses enfants d'en rire.
Et pour eux, à ce stade, la mort est sans doute une délivrance, et il m'en coûte d'écrire ces quelques mots, croyez-moi...

- Dans "Mamie mémoire", Hervé Jaouen nous décrit le processus d'une maladie qui atteint majoritairement les personnes âgées : la maladie d'Alzheimer, en nous montrant bien toute la charge affective qui découle de cette maladie pour les parents, et combien c'est une maladie cruelle puisqu'elle s'attaque à l'un des derniers trésors des personnes âgées : les souvenirs.
Nicolas TRICOCHE - Littérature de jeunesse et formation des adolescents - Mai 2000 - Université de Lille III

- Le temps des feuilles
Mamie va mal : elle oublie des prénoms de ses enfants et petits-enfants, confond les époques, met la maison sens dessus dessous à trois heures du matin pour chercher une broche et amasse sous son lit toutes sortes d'objets... Bref, après une série de tests, sa fille, Josée, doit se rendre à l'évidence : Mamie est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Josée et son mari décident donc de faire venir Mamie chez eux. Un séjour qui connaîtra bien des péripéties...
C'est sa petite-fille, Véro (13 ans), qui raconte les mésaventures de Mamie. Avec humour et tendresse, un ton vif et enlevé, avec poésie aussi parfois : "Mamie est un arbre et les feuilles étaient sa mémoire", écrit-elle ainsi. "La maladie les a détachées, comme les feuilles d'un éphéméride se détachent et s'envolent, dans les vieux films en noir et blanc, pour bien vous faire comprendre que le temps s'enfuit." Un beau récit, fort bien mené par Hervé Jaouen qui a traité ce sujet pénible avec beaucoup de délicatesse.
Yves LOISEL - Le Télégramme - 06/10/1999

- J'ai lu ce roman en Terminale. Je me souviens, il était sur le comptoir du CDI, et il m'a attiré. Alors je l'ai emprunté ! C'était, je crois, le meilleur moment pour moi de le lire, je me suis attachée à ce roman comme à un roc, et il m'a beaucoup aidé. J'ai vécu la même histoire...
C'est l'histoire d'une adolescente de 13 ans, histoire d'ailleurs racontée par elle : sa vie bascule quand elle apprend que sa grand-mère est atteinte d'Alzheimer. Il faut alors vendre sa maison, faire une place à la grand-mère dans la maison familiale, ....La jeune fille nous fait vivre le déclin de sa grand-mère, ses peurs, ... C'est un très beau roman. Eloigné de l'univers habituel d'Hervé Jaouen.
Un petit bijou d'émotions ! A lire !
Liza - http://bibliza.over-blog.com/ - 30/01/2008

- Véronique est une jeune fille de 13 ans. Son père est professeur de philosophie et sa mère traductrice. Elle aime les vacances, les garçons, le téléphone et les copines. Elle se chamaille souvent avec son frère. Une vie tout à fait normale... Un jour, elle apprend que sa mamie déménage. Elle vient vivre chez eux. Mamie est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Elle oublie tout et a des comportements bizarres. Alors toute la famille tente de sauver ses derniers souvenirs. Lorsque Véronique trouve une malle de Mamie pleine de souvenirs, de bons moments commencent.
J'ai aimé ce roman tout en douceur raconté par une adolescente. En effet, ce n'est pas facile d'accueillir sa grand-mère dans sa maison. On voit que ce choix obligé crée de nombreuses difficultés mais aussi de nombreux moments d'émotions. Ce roman m'a beaucoup touché car j'ai moi-même une relation très forte avec ma grand-mère, qui est très malade. On comprend bien la souffrance qu'on ressent en la voyant aller de plus en plus mal, mais on ressent aussi cette force que les petits-enfants déploient pour faire tout oublier à leurs grands-parents pendant quelques instants.
http://pretfeuxlisez.canalblog.com/ - 09/12/2008

- Ce roman est très touchant. Il est raconté à la première personne par l'adolescente mais c'est le combat de toute une famille qu'on suit. Un combat perdu d'avance contre une maladie qui ne fera qu'empirer. Mais parents et enfants se lancent dans la lutte contre cette progression avec courage et ingéniosité, improvisant jour après jour pour trouver des réponses aux nouvelles lubies de la grand- mère malade. Quitte à rentrer chez soi en criant joyeusement que c'est l'Armistice par exemple...
On découvre tous les aspects de la maladie et non pas d'un point de vue médical comme dans un documentaire, mais du point de vue de l'entourage de la malade, comme on le vivrait tous avec un grand-parent dans ce cas.
Je pense que ça se lit dès le collège (5ème) mais qu'on peut continuer à l'avoir en lycée parce que le thème peut toucher à tout âge.
Ladoc.hautetfort - 20/02/2009

- Ce roman est très touchant. Il est raconté à la première personne par l’adolescente mais c’est le combat de toute une famille qu’on suit. Un combat perdu d’avance contre une maladie qui ne fera qu’empirer. Mais parents et enfants se lancent dans la lutte contre cette progression avec courage et ingéniosité, improvisant jour après jour pour trouver des réponses aux nouvelles lubies de la grand mère malade. Quitte à rentrer chez soi en criant joyeusement que c’est l’Armistice par exemple.
On découvre tous les aspects de la maladie et non pas d’un point de vue médical comme dans un documentaire, mais du point de vue de l’entourage de la malade, comme on le vivrait tous avec un parent dans ce cas.
http://lewebpedagogique.com/ - 14/04/2010

- Ce roman pour la jeunesse est loin d'être aussi pudique et innocent que son titre. C'est un roman qui en dit long sur la maladie d'Alzheimer entre autre, et qui bien que traité sous rigolote démontre combien la maladie peut être insidieuse et vicieuse. L'écriture fluide permet de rentrer immédiatement dans ce récit qui se veut plein d'entrain et de générosité... J'ai beaucoup aimé !
J'ai d'ailleurs noté un très joli passage :
"C'est papa qui nettoie les gouttières engorgées de feuilles mortes. Comment se peut-il que vous ne vous souveniez pas avoir vu ces feuilles s'envoler ? Frissonnant dans votre chemise de nuit, vous soufflez sur la vitre. Elle se couvre de buée et les peupliers déplumés, au fond de la prairie, semblent se diluer dans l'air comme un trait d'encre sur du papier buvard. Vous songez alors à votre mamie et une idée saugrenue vous vient à l'esprit. Mamie est un arbre et les feuilles étaient sa mémoire. La maladie les a détachées, comme les feuilles d'un éphéméride se détachent et s'envolent, dans les vieux films en noir et blanc, pour bien vous faire comprendre que le temps s'est enfui."
http://nath.over-blog.com.over-blog.com/ - 28/05/2010

- L'histoire de Mamie Lavielle est racontée par sa petite-fille de 14 ans Véro. On voit l'évolution de la maladie du point de vue de l'adolescente.
L'auteur a réussi à faire passer un sujet si grave de façon simple, avec humour et tendresse. Ce n'est pas du tout larmoyant au contraire. Tous les oublis, toutes les frasques de Mamie sont tournés en dérision. Comme dirait Josée, la fille de Mamie, "mieux vaut en rire qu'en pleurer".
Cependant, on voit bien à quel point garder à domicile une personne atteinte de cette maladie est compliqué. La surveillance est continuelle, de jour comme de nuit. Mais cette famille se refuse à placer leur grand-mère dans un centre, et ils mettent tout un œuvre pour lui rendre la vie plus simple, et pour la stimuler afin qu'elle garde encore un peu de son autonomie.
  La dégradation de l'état de santé de cette attendrissante grand-mère est bien représentée, on voit bien tous les stades de cette maladie, et petit à petit la perte d'autonomie. Mais sans pour autant que cela soit dramatique. Au contraire, tout le monde met du sien pour que tout se passe bien.
Un livre que je conseillerais aux ados ayant quelqu'un dans leur entourage atteint de cette maladie. Ce livre explique bien ce qu'est Alzheimer et comment trouver des moyens à mettre en œuvre pour rendre la vie plus simple aux malades.
http://vivrenlivres.over-blog.com/ - Mimipouss – 05/01/2011

- C’est un livre que j'ai adoré. Il aborde avec beaucoup de sensibilité et aussi d'humour  un sujet grave : la maladie d'Alzheimer. Cette Mamie est touchante et la famille qui l'entoure est assez bienveillante à son égard. Assez, car comme dans toutes les familles, il y a des membres animés plus par la cupidité que par la tendresse. Mamie a eu deux maris et deux enfants. Un fils et une fille. Si le premier  préfère vendre la maison de mamie, et sa belle fille placer sa belle-mère dans une pension pour personnes âgées. La deuxième décide de prendre sa mère à demeure et avec l'aide de son mari et de ses enfants, stimuler la mémoire de la vieille dame.
Mamie ne sait plus faire la différence entre l'été et l'hiver, entre sa propre maison et celle de ses voisins. Quand elle regarde la télévision, elle pense que les personnages s'adressent à elle. Elle oublie le présent et se réfugie dans le passé. La mémoire de mamie est comme un damier avec des milliers de petites cases éclairées reliées entre elles par de minuscules fils électriques. Le problème de mamie est que les cases pâlissent les unes après les autres et s'éteignent doucement. Toutes ses confusions confèrent à Mamie, un côté amusant mais à la fois triste.
L'ambiance est parfois surréaliste ce qui empêche le roman de sombrer dans le pathos sans édulcorer l'inéluctable. À la fin du livre, Mamie n'est plus ni dans le présent ni dans le passé seulement dans l'instant et ne se nourrit que de petits pots.
Un roman plein d'humanité.
http://maryscolors.blogspot.com/ - 02/01/2011

- Un roman pour adolescents à la fois tragique, drôle et tendre, tout comme « Mon Vieux et moi », l'excellente BD « Rides » et le livre jeunesse « Faut pas pousser Mémé », traitant du même thème. Outre Alzheimer et la dépendance des personnes âgées malades, cet ouvrage évoque la famille, la solidarité chaleureuse entre ses membres, et les discordes possibles dans les fratries, qui persistent parfois à l'âge adulte.
Une belle leçon de courage, de tolérance et d'espoir.
http://www.canelkiwi.com/ - 01/05/2012

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MAMIE MÉMOIRE AU THEÂTRE

Mise à jour : 2 novembre 2008

- Mamie mémoire
D'après le livre d'Hervé Jaouen édité par Gallimard Jeunesse
Théâtre des Chimères (Biarritz)
Création à Ergué-Gabéric du 10 au 13 octobre 2006
Mise en scène de Jean-marie Broucaret
Avec Dominique Dauge-Marty, Charlotte Maingé, Muriel Machefer, Sophie Bancon, Catherine Mouriec, Txomin Héguy, Hervé Estébétéguy et Guy Labadens.
Depuis quelque temps, elle a des distractions, elle perd de menus objets, et elle a un comportement parfois surprenant. Le médecin est formel : il s'agit de la maladie d'Alzheimer.
La mémoire de Mamie est comme les feuilles d'un arbre, elle s'éparpille de saison en saison, se perd. Alors la famille tout entière entre dans le jeu. Il faut stimuler la mémoire de mamie, l'aider à en rassembler les fragments, à se souvenir des visages, des lettres d'amour et des gestes de tous les jours...
Une chronique familiale, chaleureuse et pudique, un sujet poignant abordé avec humour et tendresse.
"Les acteurs bâtiront sous nos yeux les petits décors provisoires qui posent l'imaginaire des histoires qu'ils s'amusent à représenter. Une sorte de théâtre de l'enfance en réponse à une horreur de la vie.
La relation à l'image sera centrale dans le spectacle : scanner du cerveau dont on perçoit les images colorées sur les écrans médicaux, miroirs qui reflètent le visage perdu de la grand-mère qui ne se reconnaît pas ou celui ému de Véro qui se découvre avançant dans la vie."

- Depuis quelque temps, Mamie a des distractions, elle perd de menus objets, son comportement est parfois surprenant ... Le médecin consulté est formel : il s'agit de la maladie d'Alzheimer. Toute la famille se mobilise : il faut stimuler la mémoire de la vieille dame, l'aider à en rassembler les fragments dispersés, à se souvenir des visages, des lettres d'amour et des gestes de tous les jours... Mais la mémoire malade est comme les feuilles d'un arbre, elle s'éparpille inexorablement de saison en saison, se perd dans les méandres du passé. Alors sa petite-fille se jure à elle-même : quot;Véro, tu seras la mémoire de Mamie, jusqu'à ce que tu deviennes vieille...".
Adaptée d'un roman d'Hervé Jaouen, cette chronique familiale chaleureuse et pudique aborde un sujet délicat avec une tendresse parfois teintée d'humour. Nous y retrouverons le Théâtre des Chimères, plusieurs fois accueilli avec bonheur par les Amis du Théâtre, notamment avec Drames de la vie courante (Cami), La maison de Bernarda Alba (Lorca) et l'Autre (Andrée Chedid). Un spectacle à voir en famille.
www.dax.fr

- Vous souvenez-vous du prénom d'Alzheimer ? Non ? Alors consultez votre médecin ou venez au théâtre, mais dans ce cas, pas de prise en charge de la Sécu !
La grand-mère de Véro est distraite, surprenante, voire drôle. Pourtant le médecin est formel : Mamie perd la mémoire.
Le Théâtre des Chimères nous propose plusieurs parcours : ceux de l'enfance, de l'adolescence, et d'une famille qui cherche à stimuler la mémoire d'une grand-mère pour retarder la maladie. La vie familiale est au cœur du spectacle de cette troupe qui compte déjà de belles réussites à son actif.
La mémoire n'est pas seulement un problème de " ;vieux" !
Les consultations en soirée étant impossibles, venez au théâtre !
www.circuits-circa.com

- "Mamie mémoire", le regard tendre des Chimères sur une maladie.
La troupe démarre une saison riche avec la présentation, jeudi à Hendaye de leur dernière création.
"On a pas mal de fers au feu" confirme Jean-Marie Broucaret. On se disait bien, aussi, que quelque chose se tramait dans les coulisses du festival de théâtre de Bayonne qui, cette année, s'est déroulé sans création des Chimères. D'autant que la troupe était déjà sur la piste d'une "Mamie mémoire", dont elle a fait état au printemps dernier dans une lecture mise en espace. Créé à Quimper, le spectacle sera présenté jeudi à Hendaye avant d'être à l'affiche du Colisée de Biarritz toute une semaine. Pour sa 27ème année, la troupe largue une nouvelle fois les amarres et prévient qu'il faut s'attendre "à du grand vent, à des creux et des crêtes, à de l'animation". Une belle assurance de marin lorsque les Chimères doivent envisager de faire leur baluchon pour cause de loyer immodéré. Place à l'aventure et à l'action.
Maladie d'Alzheimer
"Mamie mémoire" est un sujet sérieux traité de manière légère, comme un parcours initiatique. On y évoque la perte de mémoire liée à la maladie d'Alzheimer, une tragédie commune où l'on observe mamie se rabougrir autour de souvenirs anciens, comme des bouées dans un océan de floue. Une légèreté qui a tout de même obtenu la reconnaissance du corps médical, qui s'incline face aux vertus thérapeutiques prônées par le roman d'Hervé Jaouen. Une thérapie familiale, lorsque enfants et petits-enfants jouent le jeu pour accompagner la grand-mère dans ses souvenirs et les stimuler sans cesse. La pièce devient ainsi un parcours initiatique et prend une dimension plus ample, autour de la mémoire. La place de la mémoire en chacun. La place de la mémoire dans une société ou pour une espèce. Il en va de la perte d'une mémoire comme d'une culture.
Un travail en profondeur qui a fait mouche lors de la création de Mamie mémoire à Quimper, ville où est installé l'auteur Hervé Jaouen. Une quarantaine de dates sont déjà programmées. A Biarritz, plusieurs séances sont réservées aux scolaires. Pour le reste, dit Jean-Marie Broucaret, "on a tout intérêt d'y aller en famille".
http://lejournal.euskalherria.com

- Parler de la maladie d'Alzeihmer aux enfants, par l'intermédiaire d'un texte théâtral, évoquer les conséquences drolatiques et dramatiques qu'elle peut occasionner au sein d'une famille, tel est le pari de "Mamie mémoire", écrit par Hervé Jaouen et mis en scène par Jean-Marie Broucaret, fondateur et directeur artistique du Théâtre des Chimères. Suite à un visionnage organisé par l'Office Artistique de la Région Aquitaine de ce formidable spectacle, il a été sélectionné par le "Festival Théâtre à tout âge", qui se déroule en Bretagne, pour l'ouverture de sa prochaine saison artistique.
http://journal.aquitaine.fr

- Autant en emporte le temps
Pari gagné de belle manière pour la dernière création du théâtre des Chimères, "Mamie mémoire"
Jeudi 9 novembre, la salle du théâtre des Variétés à Hendaye n'arrivait pas à contenir tous ceux qui étaient venus découvrir la dernière création du théâtre des Chimères, "Mamie Mémoire", adaptée pour la première fois du roman d'Hervé Jaouen, sur le thème de la maladie d'Alzheimer. "Un sujet poignant abordé avec humour et tendresse" comme l'indique le texte de présentation. Malgré, ou à cause de ces belles promesses, on hésite un peu à se divertir avec un tel sujet, car, le temps passant, il n'est pas grand monde qui ne soit touché de près ou de loin par cette maladie "en vogue". Peut-on se divertir de tout ? Et comment ? S'ils ne répondaient pas à la première question, les fidèles de la troupe de Jean-Marie Broucaret comptaient bien sur le talent de ce dernier pour se voir démontrer, une fois de plus, que tout est dans la manière. Pari gagné au-delà des espérances, si l'on en juge par les sourires émus qu'arboraient les spectateurs à la sortie.
Amusement
C'est une pré-ado qui raconte les frasques de sa grand-mère, jour après jour, avec l'amusement que lui procurent ses débordements, ses oublis, ses absences, et leurs conséquences sur la vie de la famille. Cette grand-mère aimée, aimable, belle et fragile, si proche de ses petits qui la protègent et l'accueillent dans ce monde de l'enfance qu'ils sont, eux, en train de quitter. Loin des adultes qui réagissent chacun à leur manière, avec amour ou esprit de lucre, se projetant dans un avenir de plus en plus gris, les ados se sentent solidaires de sa marginalisation. Bienvenue au club mamie ! Enfin une grande personne qui ne leur fait pas de morale et qui, mine de rien, remet tout en question.
Autre point fort, la mise en scène. Un écran où défilent des images appartenant à notre culture commune. Et devant, une construction d'estrades sombres sur lesquelles se jouent des saynètes. Pas de décor, mais des accessoires le plus souvent piqués dans la malle à jouets, installés et emportés tambour battant par des comédiens déguisés en rats d'hôtel. Des couleurs fraîches et tendres, des objets joyeux d'être détournés, des mouvements et des tableaux proches de la BD. Comme si, arrivée au bout de ses souvenirs, ne subsistait pour la grand-mère qu'une iconographie acidulée comme autant de ballons au bout de leur ficelle. Et qui s'échappent un à un... Un délice ! Ressenti apparemment des deux côtés de la scène. Les acteurs emportés par l'aventure, donnent tout dans cette entreprise d'amour et de théâtre.
http://lejournal.euskalherria.com

- Critique de Françoise (adhérente), elle s'est rendue au spectacle de "Mamie Mémoire", le résumé de cette pièce par Lire en Fête : Cette année Mamie déménage ! "Alzheimer !" a dit le médecin. La famille de Véro en est toute chamboulée mais elle se mobilise ! A travers mille ruses, elle décide de stimuler les souvenirs de Mamie. Sur les traces du passé, une chaîne d'amour et de mémoire se tisse entre l'adolescente, sa mère et sa grand-mère...Une histoire familiale poignante, pleine de vie et d'humour, qui donne envie d'aimer les siens ! J'ai beaucoup aimé, l'adaptation est très réussie, la mise en scène est originale, très imaginative et pleine de créations intéressantes. On passe un agréable moment chargé en émotion surtout avec un tel sujet dur et lourd. Les comédiens jouent admirablement bien. Il y a beaucoup de musique, ça donne une pièce enjouée. C'est dynamique, on s'ennuie jamais malgré la longueur (2h). Le décor est minimaliste mais parfait. C'est surtout très fidèle au livre. Il y a un jeu de lumière extraordinaire qui donne du relief aux sentiments et de la profondeur aux personnages. Il y a des passages très drôles et d'autres très émouvants. À voir absolument !! Dommage qu'il y ait si peu de représentations dans notre ville... ça explique si bien cette terrible maladie, sans en faire trop et sans tomber dans des excès. Le seul bémol, la pièce est conseillée pour des enfants à partir de 7 ans... mais franchement, ça s'adresse à des enfants plus âgés, le sujet abordé reste compliqué pour des enfants de classes primaires. Par exemple, en bibliothèque, le roman de Hervé Jaouen est classé dans le fonds adolescent.
http://guiliguilire.free.fr

- Maladie d'Alzheimer - Alors que le fléau ne cesse de progresser, le Théâtre des Chimères présente une pièce pour montrer comment l'entourage peut se mobiliser.
La mémoire de mamie
Propos recueillis par Philippe Hemmert
L'Actualité en Pays Basque
. Pourquoi, en tant que metteur en scène de théâtre, vous êtes-vous intéressé à un sujet comme la maladie d'Alzheimer ?
. C'est une façon, pour la compagnie des Chimères, de continuer le travail entrepris précédemment avec les TOC, autrement dit les troubles obsessionnels compulsifs, qui obligent le malade à répéter sans arrêt les mêmes gestes. C'était déjà, pour nous, un questionnement sur le fonctionnement du cerveau humain, et plus largement sur l'identité humaine.
. Cette fois-ci, vous avez toutefois abordé le sujet différemment.
. C'est exact. Les TOC étaient un spectacle sur la maladie, alors que "Mamie mémoire" constituent un spectacle sur l'entourage de la maladie. Nous ne sommes pas, cette fois, dans le descriptif médical, mais dans la manière avec laquelle le cercle familial agit lorsqu'un cas d'Alzheimer se produit. Il faut savoir, en effet, que les proches ont un rôle très important à jouer dans la stimulation de la personne concernée. Ils peuvent faire travailler le mécanisme de sa mémoire, autrement dit batailler pour maintenir la personne dans le coup.
. Comment en êtes-vous arrivé à choisir "Mamie mémoire" pour évoquer cette maladie ?
. Par la découverte, un peu par hasard, du roman d'Hervé Jaouen, qui est né d'une situation vécue par des amis de l'auteur. Ce qui est vraiment intéressant dans son livre, c'est que l'histoire est racontée par une adolescente de 13 ans, la petite-fille de la grand-mère malade. Le jeune fille découvre par là- même la relation profonde que tout être humain entretient avec sa mémoire. Mais ce drame ne l'empêche pas de vivre sa propre histoire d'adolescente et de se projeter dans son avenir. Au travers de ce texte, on découvre qu'Alzheimer, qui représente un naufrage pour la victime, peut aussi devenir un tremplin pour un individu en train de se construire.
Les proches ont un rôle essentiel à jouer dans la stimulation du malade.
. Vous avez également rencontré la famille dont il est question dans le livre.
. Oui. La pièce a été créée à Quimper au mois d'octobre. Nous y avons rencontré à cette occasion Hervé Jaouen, qui est un enfant du pays. Et avec lui, nous nous sommes rendus à Ergué-Gaberic, la commune où habitent ses amis. La rencontre avec la famille dont il est question dans le livre, puis dans la pièce, a été un moment de grande émotion.
. Qu'apprend-on grâce à ce texte ?
. "Mamie mémoire" évoque la manière dont la famille est tour à tour bouleversée puis mobilisée pour faire face à la maladie. Celle-ci révèle la personnalité de chacun et conduit chaque personnage à grandir et à évoluer. Pour le spectateur, c'est aussi l'occasion de s'interroger sur le sens de la vie, sur ce que représente pour lui la famille. J'ajoute que ce livre a été salué par les milieux médicaux. Il a d'ailleurs été primé, car il est considéré comme un mode d'emploi sur la façon d'agir en cas de maladie d'Alzheimer.
. Comment interpréter la sensibilité médicale qui habite le théâtre des Chimères ?
. Nous sommes en permanence dans le questionnement sur l'identité humaine. Au travers du théâtre, nous cherchons à percer le mystère de notre espèce. Comme lors d'autres travaux précédemment, non seulement pour les TOC, mais aussi pour les "Singes", nous réfléchissons aux maladies qui placent l'homme dans des situations extrêmes. Les comportements extrêmes permettent peut-être de mieux interroger le monde. Mais peut-être que, aux Chimères, les humains nous intéressent encore davantage que le théâtre.
www.sudouest.com

- La grand-mère de Véro est distraite, surprenante, voire drôle. Pourtant le médecin est formel : Mamie perd la mémoire.
Le Théâtre des Chimères nous propose plusieurs parcours : ceux de l´enfance, de l´adolescence, et d´une famille qui cherche à stimuler la mémoire d´une grand-mère pour retarder la maladie. La vie familiale est au cœur du spectacle de cette troupe qui compte déjà de belles réussites à son actif.
- 18 écoles (du primaire au lycée) et 4 centres de loisirs ont assisté enthousiastes à la représentation de "Mamie Mémoire" au Colisée du 14 au 17 novembre.
L'accueil à été unanime !
- "La dame joue très bien la petite fille."
- "Mais que les vieux m'ont fait peur ! Heureusement qu'ils nous font rire lorsqu'ils se mettent à danser."
(Elèves de l'école primaire Victor Duruy - Biarritz)
- "Je ne pensais pas à la fois m'amuser et être ému."
- "Je sais maintenant ce qu'est la maladie d'Alzheimer."
(Elèves du collège Saint Bernard - Bayonne)
Impressions recueillies par Laetitia Bolivard, stagiaire.
www.biarritzculture.com

- A travers le regard d'une adolescente, si bien observée par Hervé Jaouen, le Théâtre des Chimères nous livre une chronique familiale, chaleureuse et pudique. Un sujet poignant abordé avec humour et tendresse.

- Au départ, "Mamie Mémoire" est un roman écrit par Hervé Jaouen, édité chez Gallimard Jeunesse. Séduit par la rencontre entre un thème grave, la perte de mémoire causée par la maladie d'Alzheimer, et "le ton souvent enjoué" du récit, le metteur en scène du Théâtre des Chimères, Jean-Marie Broucaret, a décidé d'adapter le livre à la scène. "Mamie Mémoire" a été créée à Brest en octobre dernier et sera représentée par la compagnie biarrotte vendredi soir à l'Atrium à l'invitation des Amis du théâtre.
Au cœur de l'histoire, Véro, une ado qui voit les souvenirs de sa grand-mère inexorablement s'éparpiller. La famille entière décide de ne pas en rester au constat désabusé et tente par tous les moyens, dans des décors de bouts de ficelle et de cartons à l'image des jeux d'enfants, de colmater les brèches et de garder vivante la mémoire de l'aïeule. "Une leçon de santé" selon Jean-Marie Broucaret, qui transpire aussi l'amour via le trio grand-mère, maman et petite-fille. Un spectacle à voir en famille.
http://www.sudouest.com

- Mamie, Véro et les autres
Le Théâtre des Chimères (Biarritz) dirigé par le metteur en scène Jean Marie Broucaret a monté "Mamie mémoire" d'Hervé Jaouen, une pièce retraçant la dérive d'une mamie face à l'Alzheimer.
Un texte vrai, pas édulcoré, qui passe de la tendresse à la férocité avec virtuosité.
Cette pièce est passée à Canéjan en novembre et revient à Blanquefort en avril. Une chronique familiale sur le fil, vue par plusieurs générations. Avec un petit parfum d'éternité : la mer.
En fond sonore, elle répond au traumatisme : les vagues en partant, laissent une plage vierge de toute trace, comme la maladie peu à peu doucement efface les derniers souvenirs.
Peti'potin - N° 11 - Printemps 2007

- "Mamie Mémoire", c'est, d'abord, un livre d'Hervé Jaouen. Celui-ci raconte, via Véro, une ado, la manière dont on tente de capter la mémoire qui s'enfuit de l'esprit de sa grand-mère, atteinte des premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer.
Il y a une chaîne d'amour entre la fille, la mère, la grand-mère qu'ont réussi à recréer avec chaleur et pudeur les comédiens du Théâtre des Chimères de Biarritz. C'est une sorte de théâtre de l'enfance, en réponse à l'horreur de la vie. Il y a beaucoup de tendresse dans ce spectacle, de l'humour, de la vitalité, aussi, ingrédients indispensables autour d'un sujet pourtant peu enclin au sourire. Il y a surtout ce souffle de vie que seul le théâtre peut apporter...

- "Amamaren memoria", quand la langue basque se fait langue de mémoire
Amamarem Memoria est le fruit d'une collaboration entre la compagnie Pok Produkziok implantée à Donostia - Saint Sebastien et le Théâtre des Chimères originaire de Bayonne.
Réunies une première fois autour du spectacle Kaukasiar kreazko borobila (Le cercle de craie caucasien), toutes deux ont eu envie de réitérer l'aventure autour de la question de la maladie d'Alzheimer et ses conséquences sur la cellule familiale. Comment aider une mamie qui perd la tête, stimuler sa mémoire, l'aider à en rassembler les fragments ? Basé sur le livre d'Hervé Jaouen, "Mamie mémoire", la pièce dépasse la douloureuse question de la maladie pour présenter une chronique chaleureuse et pudique de personnages en quête d'identité. Jouée en langue basque, sur-titrée en français, cette production présente une originalité supplémentaire puisque pour une même équipe, elle peut être interprétée en espagnol, permettant ainsi une plus large diffusion en Euskadi, en Aquitaine et en Espagne. Une véritable parade aux problèmes de diffusion que connaît actuellement la profession, qui nécessite un énorme travail d'apprentissage mais qui au final se révèle être très efficace.
Hélène Fiszpan

AVRIL 2015. 15 ans après sa parution en français, la traduction en allemand de MAMIE MEMOIRE, parue en 2013 sous le titre PARDON, MONSIEUR, IST DIESER HUND BLIND (éditions Urachhaus) a obtenu le Prix Chronos 2015, décerné en Suisse par un jury de lecteurs.




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