Marée basse

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1983 - Éditions Fleuve noir - Engrenage 61
1991 - Fleuve noir - Crime Fleuve noir 8
2004 - Les Éditions de la Chapelle - 10

Résumé

- Edition 1983
Rien qu'en la regardant se défringuer, cette nuit-là, au bord de la route et du viol, Beaumax avait chopé des étoiles plein les yeux. Mais la môme Roseline était complètement parano, la tête bourrée de drôles d'idées qui n'ont pas cours légal en France moyenne.
Alors quand on a déjà le moral comme la mer...
A marée basse...

- Edition 1991
Ils s'appellent Beaumax, Bigbande et Roseline, et ils forment bel et bien un trio infernal. Pas vraiment parce qu'ils sont méchants. Plutôt parce qu'ils ont tous les trois le moral comme la mer. A marée basse.
Une histoire tragi-bouffonne où chaque page ressemble à un coup de scalpel.

- Edition 2004
Ils s'appellent Beaumax, Bigbande et Roseline, et ils forment un trio infernal. Pas parce qu'ils sont méchants. Plutôt parce qu'ils ont de drôles d'idées qui leur trottent dans la cervelle. Du genre bousiller les bagnoles, pour désintoxiquer leurs contemporains du désir de posséder. Désacraliser la consommation et vouloir refaire le monde à leur image, un sacré boulot pour des largués du système, échoués sur la marge sociale, les pieds dans la vase et la tête dans les étoiles.
Le procès de la vie d'aujourd'hui par la génération d'aujourd'hui. C'est très beau.
(Circus)
Un humour féroce.
(Le Républicain Lorrain)
Un manifeste pour le droit de vivre et... crever au pays.
(Le Matin de Paris)
Beaucoup de tendresse, d'amitié, de dérision : la violence en viendra à bout. Comme ça, sans que personne l'ait vraiment voulu. Un beau, très beau livre.
(Monique Lefebvre, Télérama)

Extrait

Je cherche un mot qui ne voudrait rien dire... Or, tous les mots ont un sens. Seul le mot amour, peut-être. Mais je ne veux pas l'écrire car il s'attacherait à moi, et si je voulais m'en défaire, ses griffes resteraient plantées dans ma peau comme le dard d'un bourdon et ne tarderaient pas à former un abcès empoisonné.
Je ne veux pas mourir d'amour.
Mais l'amour de Beaumax m'aidera à mourir...
Voilà le mot que je n'arrive pas à classer : Beaumax. Il ne résonne pas, il traîne un grand silence. Pourtant, son explication est là, derrière moi : de la chair, des gestes, des yeux, une voix, dans la pénombre du fond de la chambre.
Ses yeux fixent le plafond ou peut-être le ciel à travers le toit, s'abaissent lentement, s'accrochent à mon dos, embuent toutes choses dans mon corps peu à peu envoûté. Ils m'attirent et m'enveloppent de l'espoir d'en finir, puis se ferment sous mes lèvres.
La soie blanche qu'il lisse de ses joues s'affine et le velours doré de ma peau se lustre sous ses baisers. Il m'habille d'une musique qui bruisse dans mes cheveux. Il nous enferme dans un cocon.
Faire l'amour... Je lui dirai que c'était bien. Je me mens, je lui mens.
Je ne lui demande pas de m'aimer. Je ne lui demande rien. Ni tendresse, ni reconnaissance. J'espère simplement qu'il m'aidera à faire le vide dans ma vie, à arrêter le temps.

Critiques

- Un manifeste pour le droit de vivre et... crever au pays. Le doux Jaouen, quand il nous livre ses fantasmes, n'est toujours pas enclin à faire de cadeaux ?
Beaumax et Bigbande, deux déclassés de première, prêts à se lancer dans une nouvelle croisade pour dénoncer les vices de la société contemporaine. Seulement quand on veut jouer les marjos, faut aussi pouvoir assumer les bavures, et ne pas passer pour de simples délinquants de droit commun. Jaouen ne prémédite rien ; d'une altercation malencontreuse au rade d'un bistrot au hold-up raté final, qui finira dans un carnage, les choses s'enchaînent sans qu'on puisse à aucun moment vraiment les arrêter. Bien vain de se demander alors de quel côté se situe la pureté, de quel côté la pourriture.
JPM - Le Matin de Paris - 26 avril 1983

- Quelque part en Bretagne, début des années 1980. Deux marginaux se rencontrent, sympathisent. Ils sont en révolte contre tout, et contre tout le monde, sans bien savoir contre quoi ils doivent lutter. Le système ? Un peu vague ! Les cons qui dépensent tout leur fric pour leur bagnole ? Pourquoi pas ? Une nuit, ils vont s'amuser à démolir la rutilante voiture de deux jeunes crétins, victimes volontaires de la société de consommation. La fille accompagnant les petits mecs en question préfère suivre les deux copains. Ça y est, le trio est formé : Bigbande, dont le sexe est toujours en érection ; Beaumax, en manque de vie originale ; et la bizarre Roseline, dont Beaumax est amoureux.
Leur première nuit en commun se termine mal. Un ivrogne qui cherchait la bagarre est mort accidentellement, bousculé par Beaumax. Celui-ci et Roseline s'enfuient sur la moto de Bigbande. Il est d'accord, mais parle de vol pour ne pas être inquiété. Il le sera pourtant, quand il cherchera son casque après avoir été entendu du Palais de Justice. Son avocate l'en sort avec une belle plaidoirie. Elle a obtenu huit jours avec sursis, car elle a envie de s'envoyer son client. Mais Bigbande ne se comportera pas en pur gentleman. Pas de raison ! Quant à Beaumax, il va découvrir l'univers de Roseline. Particulier, et pas tellement joyeux ! Il serait bien avisé de chercher aussi ce qu'elle a dans la tête, Roseline.
L'inspecteur Holstein n'est pas un génie de la police. Bigbande et son casier judiciaire minable, il s'en foutrait... s'il ne retrouvait le gars bien installé chez l'avocate. Déjà, il pensait que ce type connaissait le prétendu voleur de moto, ainsi que la fille. Une piste à suivre ? Sans en prévenir ses chefs, il y songe fortement... Beaumax a compris que la situation dérapait sévèrement, avec ou à cause de Roseline. Bigbande le lui avait dit, tout en acceptant de lui donner un coup de main. "Putain de mort !", c'est le juron préféré de Beaumax, qu'il répète souvent. Tirer du fric dans un bureau de poste un jour de marché et de fête, est-ce vraiment la bonne idée ? Sans doute pas...
Claude LE NOCHER

- Marée basse (Engrenage, Fleuve Noir, 1983) est encore plus marquée par l'expression de l'enfermement sans issue dans le spleen breton. Le livre relate la virée sauvage de deux chômeurs revenus de tout espoir sauf celui qu'ils placent dans la bouteille et un hypothétique cambriolage de bureau de poste rural qui tournera au bain de sang, sanctionnant l'impossibilité à "vivre et glander au pays" (op. cit. p. 218).
Jean-Yves RUAUX - Écrire en Bretagne - Roman policier en Armorique

- Marée basse, ou l'ennui dans un petit port breton, atteint par le chômage et l'alcoolisme. Deux copains chômeurs, revenus de tout, glandent entre deux verres, ne sachant quoi faire de leur minable existence. Un beau jour, ils passent leur mal de vivre sur une voiture, puis draguent une fille qui passait. Dans le genre fille fatale, on ne fait pas mieux ; sous son impulsion, la virée va tourner à l'équipée façon horde sauvage. Si l'histoire n'est pas d'une grande originalité, elle n'en reflète pas moins l'atmosphère glauque et nébuleuse des petits ports d'où jamais l'on embarquera vers des lendemains qui chantent. Les lendemains, eux, font carrément déchanter jusqu'à la disjonction ultime : celle qui vous fait foutre le feu à la baraque. Au moins, il se passe quelque chose ! Un livre mineur mais qui tient bien de l'hydromel.
Jean-Pierre DELOUX - Le Polar régionaliste français (Polar n° 8 - décembre 1992)

- Hervé Jaouen a été révélé par la collection "Engrenage" (Fleuve noir). Voici déjà son cinquième roman, "Marée basse". Comme les précédents, l'action se déroule en Bretagne. Hélas, il n'a pas la rigueur des quatre premiers. On a peine à croire aux aventures de ces deux paumés. Seule note attachante : la personnalité de la môme Roseline.
Pilote - Avril 1983

- Un licencié en Sciences-Éco et un ancien élève des Beaux-Arts se rencontrent tout à fait par hasard et s'aperçoivent que leur point de vue de la société est identique. Pour "désacraliser la voiture", ils déchiquètent une R5 nantie de tous les accessoires, phares et enjoliveurs possibles. Tout s'arrêterait là s'il n'y avait pas eu la môme Roseline qui très tranquillement se défringuait au bord de la route... Avec cette "Marie basse", Hervé Jaouen confirme ce "Quai de la Fosse" qui, l'an dernier, lui valut le Prix du Suspense.
Tarn Ouest - 22/04/1983

- Hervé Jaouen, dans "Marée basse", nous écrit l'univers assez mouvementé de deux jeunes Bretons désœuvrés qui passent leur temps à détruire les véhicules super-gadgétisés, symboles de la société de consommation. Deux marginaux que l'humour et le style particulièrement percutant de l'auteur réussiront à nous rendre sympathiques.
La Gazette provençale - 29/04/1983

- Hervé Jaouen dans "Marée basse" décortique la spirale du désœuvrement des jeunes dans une ville portuaire du Nord, gangrenée par le chômage.

- "Marée basse", par Hervé Jaouen. Une bien sombre histoire, qui commence, pour un voyeur, par l'éblouissement d'une nudité... Seulement l'héroïne est une sorte de folle, dans son genre. Et ça ne simplifie rien pour personne.
L'Humanité Dimance - 22/04/1983

- Ne pas attendre de ce Breton des polars folklo-gaéliques. Même s'il est né, a grandi, à Quimper. Lauréat, l'année dernière, du prix du Suspense avec "Quai de la Fosse", Jaouen récidive. Dans la violence teintée d'humour, musique en mineur lancinante, balade de ceux qui n'ayant plus rien à perdre, tentent de gagner. Allez, vous vous laisserez attendrir devant ces "fadas" de Beaumax (Max comme maxi... con) et de Bigbande (est-il besoin de traduire le surnom ?), Don Quichotte paumés qui jouent à ne pas jouer le jeu. Celui de la Culture, du Travail, de l'Amour, de la Justice. Et qui se feront piéger par ce qu'ils voulaient refuser. Beaucoup de tendresse, d'amitié, de dérision : la violence en viendra à bout. Comme ça, sans que personne l'ait vraiment voulu.
Un beau, très beau livre. Et ne grognez pas sur les prétendus "excès sexuels" de Bigbande. C'est plus sain, que SAS, non ?
Monique LEFEBVRE

- Il a du nerf, ce Breton troussant des histoires policières à l'arraché ! De livre en livre, Hervé Jaouen réinjecte un sang neuf au polar. Il est désormais l'un des piliers de l'excellente collection Engrenage aux éditions Fleuve Noir.
"Marée basse" est son cinquième livre. Un petit chef-d'œuvre du genre, se déroulant entièrement en Bretagne, ce qui n'est pas rien. Jaouen, prix du suspense 1982, pour "Quai de la Fosse" (éditions Fleuve Noir), a peut-être signé ici son meilleur roman. Deux personnages, deux amis, qui ne se quittent jamais, coulent des jours sans cri dans un petit port breton. Ils ont des diplômes. C'est quelquefois un laisser-passer bien maigre pour décrocher un job en or. Eux, ils sont chômeurs, tout simplement. Or, ils vont meubler leur temps d'une drôle de façon. Façon de révoltés. Beaumax et Bigbande (ce sont leurs surnoms) organisent une expédition punitive contre une voiture, propriété d'un "minet" qui agace sacrément leur conception de la vie. La voiture, oui, objet sacré, adoré, bichonné ! Ils en font une tête, les deux jeunes gens de la voiture, là, sur le bord de la route. Une fille les accompagne, belle, étrange. Roseline de son prénom, qui repartira avec Beaumax et Bigbande.
L'action va vite rebondir. Voilà Beaumax mêlé à une affaire de meurtre, à la suite d'une bagarre avec un ivrogne. D'étonnement en étonnement, le lecteur se laisse emporter par le charme nerveux d'un Hervé Jaouen en super forme. Vraiment, ça c'est du polar.
Il se régale, le bougre ! S'épanouit dans les mots un peu à la manière d'un Céline ou d'un San Antonio. Il en a les airs, par-ci, par-là, le côté moraliste empreint d'un grand éclat de rire, la vivacité emportée d'un dialogue (ici le lecteur se délecte à outrance), oui, Jaouen a pondu là un sacré bon petit bout de polar. Attention, auteurs made in U.S.A., la concurrente est là. La Bretagne a ses conteurs noirs, bardés d'invention, de trouvailles. Tremblez, scénaristes d'Hollywood !
Jean-Pierre FILY - La Bretagne à Paris - 25/03/1983

- Jaouen avait fait l'unanimité l'an dernier avec son extraordinaire "Quai de la Fosse" que la critique avait salué en lui donnant le Prix du suspense. Jaouen revient avec un petit chef-d'œuvre en trois actes : "Marée basse". Rencontre de deux chômeurs "zyeutant" la vie avec les mêmes jumelles, "Marée basse" souligne le dérisoire de l'existence et donne de grands coups de zoom sur l'escalier où marche après marche les étrangers à la société tombent pour avoir voulu échapper à la médiocrité.
Un humour féroce et un style concis complètent l'intrigue d'un bon polar qu'il faut avoir lu.
Gérard OESTREICHER - Le Républicain Lorrain

- Rien qu'en la voyant se défringuer, cette nuit-là, au bord de la route et du viol, Beaumax avait chopé des étoiles plein des yeux. Mais la môme Roseline était complètement parano, la tête bourrée de drôles d'idées qui n'ont pas cours légal en France moyenne.
Alors quand on a déjà le moral comme la mer...
À marée basse...
Le Languedoc

- Hervé Jaouen, Breton d'origine puisque né à Quimper, a situé tout naturellement son roman "Marée basse" en Bretagne. Le reflux c'est celui de deux chômeurs qui se sont rencontrés par hasard, Bigbande et Beaumax. Ils ont la même identité de vue négative sur la société. De leur association va naître l'irréparable, le meurtre d'un ivrogne après une bagarre. Hervé Jaouen, lauréat du Prix "Suspense" en 1982 avec "Quai de la Fosse", a trempé là sa plume dans un humour féroce pour signer ce roman au goût amer de sel marin.
Paris-Normandie

- Au Fleuve Noir, dans la collection "Engrenage", j'ai retrouvé avec plaisir Hervé Jaouen dans "Marée basse", son petit dernier, où il met en scène deux sympathiques marginaux qui vont unir leur destin pour le pire, et ce, à cause d'une jeune fille un peu déboussolée et fatale malgré elle. Jaouen a son univers, il maîtrise de mieux en mieux son écriture et ses intrigues, campe des personnages crédibles, en bref se taille une place de choix dans le peloton de tête de nos meilleurs auteurs : un label de qualité, quoi.
Le Miroir du Centre

- La dernière œuvre du plus doué des directeurs de banque : Hervé Jaouen qui nous propose, sur fond d'air marin, "Marée basse".
"Marée basse", d'abord, c'est la position de la mer lorsque Beaumax frappe un ivrogne et l'envoie basculer par-dessus quai, tête la première. Il n'y a pas d'eau en bas...
Beaumax, ensuite, parce que Beau comme sympa et Max comme Maxicon, comme tous.
Et puis Bigbande, comme état d'érection permanent.
Et enfin, Roseline, comme Roseline détraquée, paranoïaque, amoureuse.
Et ce petit trio fera son ramdam dans la vie, le temps d'un éclair. Beaumax tue un mec et se planque avec Roseline qui se rêve orpheline ; Bigbande sème la panique chez les flics et séquestre une juge dans son plumard. Et tous les trois préparent, organisent et tentent un petit casse dans une petite poste d'une petite ville avec, malheureusement, un petit peu de flics.
Le récit est raconté par les personnages eux-mêmes, une formule très intéressante qui permet de mieux se balader de l'un à l'autre, de mieux les suivre, mieux les comprendre. Plusieurs intrigues se mêlent judicieusement pour ne finalement relater qu'une seule chose : le procès de la vie par la génération d'aujourd'hui. C'est très beau, on se prend à aimer les personnages (Bigbande eut ma préférence), on se prend à avoir peur pour eux et à leur souhaiter une belle fin.
Un livre qui fait un peu penser au magnifique "À bulletins rouges" de Vautrin et possède en tout cas une de ses qualités : on est accroché au livre au point de ne pas pouvoir le lâcher avant la fin. Et ça, c'est maintenant trop rare pour n'en pas être meilleur.
Circus/Le Pavé 61 - Mai 1983

- La belle, la brute et le benêt.
Roman datant de 1983, il a été réédité en 2004 aux éditions de la Chapelle.
Quand Beaumax se pose la question : "c'est quoi un Français moyen" ?, sa réponse est classique, ce sont les autres. Beaucoup de gens auront ce genre de raisonnement, le fait est que Beaumax tout seul, c'est pas trop un problème.
Sa rencontre avec Bigbande, ainsi surnommé à cause d'une érection quasi-permanente entretenue par des attouchements répétés, ne va pas arranger les choses. Les actes vont remplacer les paroles ; pour refaire le monde, il faut frapper où cela fait mal.
Par exemple aux signes extérieurs de richesses et de prétentions affichées. La voiture par exemple, donc chasse à la grosse cylindrée, la chance (tout est relatif, chance pour les uns, très grosse malchance pour les autres !) leur sourit sur une route de campagne.
Une superbe voiture neuve avec deux "minets" et une superbe jeune fille (vous remarquerez ma politesse vis-à-vis de la gent féminine) Roseline. Après avoir rejoué "Massacre à la tronçonneuse" sur le véhicule, puis assisté à un effeuillage de haut vol de Roseline, il abandonne les "minets". Mais Beaumax, coeur tendre, garde la jeune fille pour lui.
Hélas, quelques heures après ce haut fait d'armes et moult libations fortement alcoolisées, il y aura mort d'homme. De petits voyous illuminés, ils sont passés au statut d'assassins. Bigbande, moins impliqué, court le guilledou avec son avocate, Beaumax se réfugie chez Roseline. Jouant le tout pour le tout, ils décident de tenter un casse pour fuir, n'importe où.
La malchance les poursuivra jusqu'au bout ; franchement faire un hold-up, prévoir de vous remplir les poches le jour où dans un petit village retiré, la municipalité organise un concours de déguisement ! C'est vraiment la poisse !
Roseline, la belle, jeune fille très paumée, née comme elle le dit elle-même "De père inconnu et de mère trop connue". Il n'est pas évident de vivre avec une grand-mère grabataire et une mère prostituée et d'habiter dans le quartier nommé "Sibérie". C'est dur de rester normale, même avec pour soutien l'amour de Beaumax.
Bigbande, la brute, un peu chef de bande, Beaumax, le benêt docile, il est le perdant par excellence, mais on garde un peu de sympathie pour lui, car l'homme tué était le principal responsable de sa propre mort.
Holstein, inspecteur de police style cow-boy prêt à tout pour un peu de gloire et pour compromettre Cécile Dubigeou, personnage étriqué et avide de reconnaissance, sa prétention et son imprévoyance seront lourdes de conséquences.
Cécile Dubigeou, avocate, elle retire volontiers sa robe pour Bigbande, mais quand elle veut se dérober, c'est une autre histoire, sa carrière et sa réputation sont en jeu. Mais il fallait y penser avant !
Une construction originale, 3 actes, 47 chapitres (avec changement de narrateur à chaque chapitre) et un épilogue.
Une lecture aisée et encore de la part de l'auteur un constat social de l'époque. Pourquoi et comment devient-on des assassins alors que tout en étant des marginaux, ce n'était pas forcément ni écrit ni inéluctable ?
Extraits :
- J'aurais pu, à terme en devenir un de Français moyen. J'aurais mis mon esprit critique sous sédatifs.
- Sûr que cela ne mènerait à rien. Mais l'essentiel était de participer.
- Quand j'ai compris que ma vieille faisait le tapin et que mon vieux s'est laissé tomber de sa grue, j'ai compris "La Sibérie".
- Ô, toi, Marthe qui as fermé les bobinards, sais-tu que tu as fait le malheur de l'ouvrier agricole ?
- C'est à ce moment-là que les choses se sont gâtées pour moi.
- Bordel, j'ai toujours rêvé d'être le gorille de Brassens !
- Roseline a fumé clope sur clope jusqu'à l'extinction de tous les feux : ceux de Jules, ceux de la télé et ceux du cul de sa mère.
- Tout ce poison dans une si jolie tête !... Le plus terrible c'est que j'avais l'abominable certitude que ça ne se soignait pas.
- Rasséréné, c'est un mot que j'aime bien.
http://eireann561.canalblog.com/ - 22/08/2007




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