Quai de la fosse

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1981 - Éditions Fleuve noir - Engrenage 34
1981 - Edito-Service S.A. - Les Classiques du Crime
1991 - Fleuve noir - Crime Fleuve noir 15
2002 - Les Éditions de la Chapelle - 4

Prix du Suspense 1982

Résumé

- Edition 1981
Le jeune toubib jouait à la roulette russe avec le Destin. Pas des choses à faire quand on est mal dans sa peau. On part chasser la bécasse et on se retrouve en plein bal sur les ponts de Nantes. On tombe dans la fosse. Pas difficile de la creuser quand on a un marteau-piqueur dans la tête, qu'on a donné sa femme en pâture aux bourgeois et qu'on s'est acoquiné avec les filles de joie...
- Votre diagnostic, docteur... Bargeot ? Maso ? Schizo ?...
Fin de siècle, tout simplement. Une sorte d'épidémie...

- Edition 1991
Kévin croyait aux signes, à la force du destin qui avait creusé une fosse pour qu'il y tombe tôt ou tard. Il savait donc qu'il allait chuter, à Nantes ou ailleurs, et qu'à ce moment-là ce serait terrible. Mais quant à savoir au juste dans quelles circonstances...
Un livre en noir et rouge, couronné par le Prix du Suspense français.

- Edition 2002
La vie clinquante et minable d'une boîte de nuit, avec Alexia, la patronne, une sentimentale, Eddie, son jules qui aime le fric et les strip-teaseuses qui travaillent au bouchon. Puis il y a la bonne société, celle qui s'encanaille avec Marianne, la femme pure, et Kévin, un toubib marginal...
(Daniel Yonnet, Ouest-France)
Cette course vers la mort d'un jeune toubib nantais tentant, sur un coup de tête, d'échapper au système, à la bourgeoisie partouzarde, à la Lancia payable à crédit... se dévore allègrement.
(Nouvelles Littéraires)
Le livre de Jaouen a obtenu le prix du Suspense 1982. Et il le mérite.
(L'Union de Reims)
Un chef-d'œuvre du genre.
(Jacques Paugam, Télé 7 Jours)
Un grand auteur de thriller est né.
(Le Dauphiné Libéré)

Extrait

Le directeur du S.R.P.J. de Nantes n'aimait pas ces dossiers où l'on trouve des grosses têtes, où l'on marche sur des œufs, où l'on peut basculer, pour une virgule mal placée dans un rapport, des félicitations les plus chaleureuses aux menaces de révocation les plus outrancières. Il en avait refermé, de ces dossiers, au cours de sa longue carrière aux R.G., à la Brigade des Jeux, à la Mondaine, puis à la Criminelle, refermé sur des "blancs administratifs", fléaux de la police lorsque la balance de la justice porte la tare des passe-droits.
En province, dans un dossier comme celui que venait de lui remettre le juge d'instruction, l'on pouvait, sans prendre garde, écraser les orteils d'un député (et il y avait un suppléant !), déplaire à un sénateur, réveiller des rancœurs politiques. A prendre avec des pincettes... Or, ses commissaires étaient de jeunes tigres, sous la domination de la partialité exaltée d'idéaux encore intacts. Enclins à pardonner aux demi-sel, ils seraient sans pitié pour des notables, à seule fin de démontrer la nullité de la notion de justice de classe.
Un directeur de S.R.P.J. devait penser à tout. La police a des raisons que la raison...

Critiques

- L'un des romans de Jaouen les plus troublants, Prix 1982 du Suspense, c'est le récit parfaitement équilibré des trois chutes du héros, Kévin.
Claude MESPLEDE

- A Nantes sur le quai de la Fosse, plus communément appelé le quai de la fesse, le "Sucre d'Orge", est une boîte à strip fréquentée assidûment par les marins.
Alexia, la patronne prostitué et Eddie son mac y forment un couple pas banal, ancré dans un certain "confort pépère" depuis des années. Pourtant un soir Kévin, médecin marginal, époux de Marianne, la pure infirmière, et ex-amoureux d'Alexia va tout à coup ressurgir du passé, troublant le bar de sa mystérieuse présence...
Autour du personnage clé de l'intrigue, Kévin, sombre et en quête d'identité, Hervé Jaouen, le grand maître du roman noir français, tisse ici une toile de relations et de personnages de niveaux sociaux différents. Au cours d'une escapade dans Nantes, allant du CHU aux quais ne passant par la place de Bretagne, on pénètrera le milieu bourgeois médical nantais, côtoyant les filles de petites vertus.
Quai de la Fosse c'est donc un polar mais c'est aussi avant tout le portrait de deux femmes nantaises qui nous parlent d'un homme qu'elles aiment malgré son incessante fuite de la vie : Marianne, la douce épouse s'armant de patience face aux contradictions de son drôle de mari, et Alexia, la vieille prostituée, sentimentale et dévouée à cet homme qui a été le seul rayon de soleil de sa pauvre vie.
Alternant récit et narration féminine, ce roman d'Hervé Jaouen mêle habilement le suspense à la psychologie et l'amour à la mort dans l'ambiance bien particulière des bars de prostituées qui font l'histoire des quais de Nantes.
Nathalie FAVREAU

- Hervé Jaouen, lui, auteur "décentralisé", nous envoie de ses nouvelles depuis sa Bretagne. Cette course vers la mort d'un jeune toubib nantais tentant, sur un coup de tête d'échapper au système, à la bourgeoisie partouzarde, à la Lancia payable à crédit... se dévore allègrement. Même si l'on ne retrouve pas tout à fait ici les sortilèges du grand port breton qui nous rendent, aujourd'hui encore, si chers la Lola, de Jacques Demy ou ce météore littéraire que fût en son temps L'Archange et Robinson font du bateau, de Michel Delahay.
Les Nouvelles Littéraires - 15/10/1981

- Scènes de la vie de province... Une joyeuse partouze qui tourne au vinaigre, et au plomb de chasse ! Pas de détail.
Seulement, pas l'ombre d'un cadavre, et dans la tenue où on les a trouvés, ce ne sont pas les notables qui vont porter plainte ! Et ce toubib, ex-bringueur, qui a tout de même un jour choisi de se ranger, voilà aujourd'hui il ne sait même plus où se trouve son camp.
Jaouen s'en donne à cœur joie dans le feutré et la toile de Jouy ; mais le Quai de la Fosse à Nantes est tellement plus attirant...
J.P. M. - Le Matin de Paris - 30/10/1981

- C'est à Nantes que Kévin, jeune médecin ambitieux, a décidé de faire carrière. Or, en province, pour devenir notable, il convient d'être admis dans la riche société bourgeoise, ce à quoi s'emploie Kévin. Le voici invité avec sa femme chez des gens "bien". Mais Kévin ayant un empêchement, Marianne se trouve seule chez les nantis Nantais qui, après l'avoir enivrée, l'entraînent dans une partouze.
Jaouen, en 4 livres, s'impose comme le "nouveau polardier" français. S'étant débarrassé des scories qui gâtaient La Mariée rouge, le voilà, semble-t-il, au meilleur de sa forme. Ecriture ferme, précise, sans fioritures, intrigue parfaitement maîtrisée, il reconstitue ici la genèse d'un de ces faits divers qu'on trouve en trois lignes dans les journaux. Et c'est passionnant.
Michel LEBRUN - L'Almanach du crime (1982)

- La vie clinquante et minable d'une boîte de nuit, avec Alexia, la patronne, une sentimentale, Eddie, son jules qui aime le fric et les strip-teaseuses qui travaillent au bouchon. Puis il y a la bonne société, celle qui s'encanaille avec Marianne, la femme pure, et Kévin, un toubib marginal. (Daniel Yonnet, Ouest- France) Cette course vers la mort d?un jeune toubib nantais tentant, sur un coup de tête, d'échapper au système, à la bourgeoisie partouzarde, à la Lancia payable à crédit. se dévore allègrement.

- Un jeune médecin installé à la campagne dans un village bourgeois, autrefois étudiant brillant mais excentrique, aujourd'hui obsédé par ne volonté de réussite cachant une personnalité complexe, incertaine et pleine de doute, court inexorablement à sa perte dans ce livre organisé en trois chapitres comme les trois chutes du médecin.
Une grande partie de l'histoire se passe à Nantes et met également en lumière la vie d'un bar à strip tease mal tenu.
Livre facile à lire et bien écrit.

- "Quai de la Fosse" (Engrenage, Fleuve Noir, 1981) d'Hervé Jaouen illustre aussi les antagonismes nantais traduits par le paysage dans un roman opposant la métropole régionale lieu de la dualité de l'existence de Kévin (un jeune médecin de souche populaire qui oscille entre une infirmière du CHU et une prostituée du Quai de la Fosse) et Bénodet Beg Meil, destination de sa cavale (après l'assassinat d'un policier), où la nature a conservé une certaine innocence. Les descriptions les plus anodines portent la marque des clivages socio-géographiques.
"Sous un ciel bleu chargé de grésil, Nantes étalait la mousse de ses quartiers populaires le long de la Loire et de l'Erdre (op. cit. p. 15)".
"Il roula jusqu'au port et gara la Jaguar entre les pattes d'une grue fixe. Assis au bord du quai, le kil de rouge à portée de mains, des ouvriers cassaient la croûte. Eddie fit quelques pas et entra dans un restaurant populaire qui affichait de la morue à la paimpolaise en plat du jour (op. cit. p. 118)".
Jean-Yves RUAUX - Écrire en Bretagne - Roman policier en Armorique

- Avec "Quai de la Fosse", portrait au vitriol de notables de la bonne ville de Nantes où un médecin ambitieux a décidé de faire carrière en se faisant recevoir dans la bonne société. Invité à une réception, il ne peut s'y rendre à cause d'une urgence. Sa femme se retrouve donc seule parmi une assemblée de notables qui l'enivrent et l'entraînent dans une partouze. Le médecin décidera de se venger...
Une histoire banale, un fait divers, comme on peut en lire parfois ; le regard avant tout porté sur une classe dévoyée, pourrie par le fric et le pouvoir, illustration parfaite, avec une bonne dizaine d'années d'avance, du pourrissement d'une certaine bourgeoisie et d'un certain personnel politique, tous partis confondus. Le tout est servi saignant et bien piquant par une écriture à la fois incisive et caustique. L'auteur ne fait toujours pas dans la dentelle et sait où il faut frapper : au portefeuille et sous la ceinture. Là où cela fait le plus mal !
Jean-Pierre DELOUX - Le Polar régionaliste français (Polar n° 8 - décembre 1992)

- La course vers la mort de Kévin, jeune médecin nantais matérialiste, voulant sur un coup de tête échapper au système qui l'oppresse, à la bonne société hypocrite, aux problèmes du quotidien.

- Un bon polar sur les bords de Loire
Quai de la Fosse : à Nantes, tout le monde connaît ce quai, de mauvaise réputation, fréquente aujourd'hui par des amateurs de sensations fortes qui se sont trompés d'époque. Ce quai n'est plus ce qu'il était, même s'il y traîne encore assez de souvenirs pour construire des dizaines d'histoires policières. Car c'est là, sur les bords de la Loire, qu'Hervé Jaouen, un bigouden de trente-quatre ans, chef d'agence à la B.N..P., a placé l'action de son dernier "polar". Jaouen fait, en effet, partie avec Derenne, Fauque, Emmer ou Siniac de cette cohorte de jeunes romanciers dont J.-P. Manchette est l'incontestable chef de file et le grand maître.
Dans le petit monde du nouveau policier, on prend désormais un milieu social qu'on regarde vivre au microscope et qu'on autopsie avec une précision très chirurgicale. Comme autrefois ce bon vieux Chandler ! Il ne reste plus à l'auteur qu'à plonger dans le milieu social choisi une poignée de voyous, une pincée de flics, quelques grammes de braves gens étonnés de se retrouver en si mauvaise compagnie, et hop ! on agite le tout... quand l'auteur a du talent, la mayonnaise prend. Quand il n'en a pas... elle rate et le lecteur alors s'ennuie ferme.
Un ton juste
"Quai de la Fosse" est un bon polar nouvelle manière, écrit avec vivacité et poésie : dans les scènes de chasse Jaouen excelle : "La bécasse et le chien avaient le même regard doux". Ce roman nous plonge dans la vie clinquante et minable d'une boîte de nuit avec Alexia, la patronne une sentimentale, Eddie, son Jules, qui aime le fric et les strip-teaseuses qui travaillent au bouchon. Puis il y a la bonne société, celle qui s'encanaille avec Marianne, la femme pure et Kévin, un toubib marginal.
Un matin, le toubib débarque chez Alexia, son ancienne maîtresse, et à partir de ce moment-là les mécaniques du roman se mettent en marche... mécanique de la jalousie, mécanique de l'enquête policière, et celle des journalistes...
Après un départ laborieux, une trentaine de pages environ, Hervé Jaouen trouve le ton juste, et nous embarque dans une histoire d'amour et de mort. On y croit. L'auteur témoigne d'un métier qui s'affirme d'ailleurs de roman en roman. Ainsi, dans "Quai de la Fosse" Marianne décrit de son lit d'hôpital, à la première personne, ce qu'elle voit, ce qu'elle entend et surtout ce qu'elle ressent, un peu à la façon de Faulkner dans "Tandis que j'agonise".
D. Y. - Ouest-France - 07/11/1981

- Kévin est un homme mal dans sa peau, qui n'a pas tout à fait digéré les conflits de l'adolescence. Dégoûté par la société, il agit sur des coups de tête qui l'entraînent sur une pente dangereuse. Rien de bien grave au départ, mais le hasard et la poisse s'en mêlent. La bêtise aussi : au moment d'arranger les choses, Kévin commet une nouvelle folie... Ce qui frappe ici, c'est la personnalité de Kévin, ses façons d'agir tour à tour impulsives ou réfléchies. Il entraîne dans sa chute ceux qui gravitent autour de lui et qu'il lie d'une façon presque machiavélique à son destin. Au cours du récit, Kévin découvre les différentes facettes de son personnage, suscitant chez le lecteur des réactions diverses. Son romantisme le rend d'abord attachant mais ses réactions suscitent la pitié. On le taxe ensuite de bêtise avant de le trouver tout à fait méprisable tant son MAL À VIVRE ressemble à un égoïsme qu'il finit par ne plus dissimuler. Un titre de la collection Engrenage qui mérite d'y figurer, tant l'enchaînement des événements est inéluctable. Tournez seulement la première pas pour voir.
Claude ECKEN - Thriller - Décembre 1981

- Parti tirer des bécasses à la passée du soir, Kévin Drieu, jeune et brillant médecin nantais, tombe dans une vasière. Secouru par un garde-chasse, c'est très en retard qu'il arrivera à un dîner organisé par le président de Keverne. Dommage, il aurait peut-être pu éviter que sa femme Marianne se laisse entraîner dans des jeux interdits ; et il n'aurait pas eu alors à se venger... En réalité, la fosse qui s'ouvre sous les pas de Kévin, c'est lui qui a commencé à la creuser, bien avant cette soirée, par sa soif de l'argent et son appétit de notabilité. La satire sociale est sans doute un peu forcée mais l'action se déroule comme une tragédie antique, soutenue par un style limpide. Une chef-d'œuvre du genre.
Jacques PAUGAM - Télé 7 Jours - Octobre 1981

- ... Hervé Jaouen est beaucoup plus neuf dans le métier (qu'il n'exerce encore qu'à ses moments perdus), mais son "Quai de la Fosse" n'en est pas moins captivant. Ce n'est pas un "polar" classique. A l'exemple de Simenon (sauf les "Maigret", et encore...), Hervé Jaouen ne propose aucune énigme à la sagacité du lecteur ; tout l'intérêt du récit est dans la psychologie des personnages et l'ambiance de leur cadre de vie, exprimés dans une langue drue et non dénuée d'humour. On sent bien que son triste héros - un brillant jeune homme qui gâche délibérément toutes ses chances comme le Julien Sorel de Stendhal - aura la triste fin qu'il mérite. Mais ne comptez pas sur moi pour vous dire comment !
Maurice TASSART - Le Quotidien de Paris - 29/09/1981

- En deux, trois titres, Hervé Jaouen s'est placé dans le peloton des meilleurs. Il excelle dans la description de héros qui, s'engageant fougueusement dans une impasse donnant sur un précipice, ne comprennent rien à leur chute. Des gens qui ne savent pas jusqu'où on peut aller trop loin.
"Quai de la Fosse", à Nantes, ce sont des êtres issus de milieux différents qui se rencontrent et s'affrontent. Rien n'est plus dangereux, en effet, que l'intrusion dans un contexte social donné d'un élément étranger qui dérange, tient un rôle de révélateur et ne respecte pas les règles du jeu. Ce roman se divise en trois parties, les trois "chutes" du héros, et trois personnages dominent : le mari, la femme et la maîtresse. Un trio classique qui apparaît tout neuf, ici.
Chez Jaouen, le décor est important. L'auteur sait peindre à merveille Nantes et sa région, d'un lyrisme ne manquant pas d'originalité. Il sait nous plonger dans la vie actuelle d'un coin de province où le dérisoire et le grandiose s'interpénètrent, où le spectacle des passions humaines provoque plus la pitié et la sympathie que l'admiration froide. Il sait se contenter du particulier afin que le lecteur accède de lui-même au général.
Roman policier ? Peut-être pas, mais roman actuel, roman généreux, roman d'un écrivain incontestable.
L'opinion de Jacques Baudou
La Bretagne, dans la petite géographie du roman policier, c'était Jean-François Coatmeur. Elle peut s'enorgueillir désormais d'un autre grand du roman policier : Hervé Jaouen. Curieusement, tous deux, dans leur dernier roman respectif "La bavure" et ce "Quai de la Fosse", nous donnent de leur bourgeoisie provinciale une image au vitriol. La soirée chez le président est racontée avec une férocité narquoise de bon aloi, une verve qui constituait déjà la meilleure part de "La petite fille et le pêcheur". Mais le ton de "Quai de la Fosse" n'est pas au dérisoire mais au tragique. La trajectoire icarienne d'un personnage un peu magique (cf. l'évocation du cabaret "Le sucre d'orge" du temps où Kévin y tenait le piano jazz) qui se heurte à un monde si peu fait pour lui qu'il en mourra, comme les papillons de nuit aux globes des lampadaires, y est décrite avec une sorte de tendresse qui rend les protagonistes extraordinairement attachants : Kévin l'halluciné, Marianne la fée tranquille, Alexia la pute touchée par l'amour fou. (Chacun échappant aux stéréotypes habituels qui encombrent la littérature : l'autodestruction de Kévin n'est pas évoquée de manière simplificatrice, Alexia n'est pas l'habituelle pute au grand cœur, et de Marianne nous ne connaîtrons qu'une respiration si juste et si fragile !) Policier ? Pas policier ? Qu'importe ! C'est un grand livre.
Et le sentiment de Maurice-Bernard Endrebe
Mon premier sentiment est tout de reconnaissance envers vous deux. En effet, sans votre aimable insistance, je n'aurais pas davantage lu "Quai de la Fosse" que je n'avais lu "La petite fille et le pêcheur", tant j'avais été découragé par les deux premiers romans d'Hervé Jaouen, en dépit des paillettes d'or qu'on y découvrait parfois au milieu des scories. Grâce à vous j'ai été amené à penser : "Jamais deux sans trois... D'autant que c'est le quatrième roman d'Hervé Jaouen et que proverbe peut jouer ici comme là..." Que vous aviez raison, mes amis ! Et comme il aurait été dommage que j'ignore une œuvre aussi réussie ! Bravo, Jaouen ! Vous avez enfin trouvé la bonne voie, celle qui permet à votre talent d'épanouir toutes les qualités qui sont en vous.
Mystère-Magazine - N° 1 - Décembre 1981

- ...S'il est un auteur confirmé, un des maîtres du genre aujourd'hui, le Breton Hervé Jaouen est pour sa part un débutant : "Quai de la Fosse" est son quatrième livre ; il s'y affirme comme un espoir sérieux du genre. L'intrigue - ô combien noire, parée des attributs de la désespérance - a pour cadre la ville de Nantes et la campagne environnante. C'est l'histoire de la chute d'un ange, un ange noir, menée sur le rythme d'une tragédie grecque. Pour le Dr Kévin Drieu le sort en est jeté, sa dernière course, joliment écrite, ravagera la vie de quelques personnages fort bien décrits (la partie fine chez les bourgeois de province semble tout à fait vécue). C'est une réussite totale.
La Voix du Nord - 22/01/1982

- "Quai de la Fosse", d'Hervé Jaouen, est vraiment le roman noir par excellence où l'action est pratiquement toujours située dans un climat de déprime. De plus, il est bien écrit, ce qui n'est pas négligeable.
Le roman en question est divisé en trois parties, des parties qui illustrent la chute du personnage principal vers l'issue fatale.
Les divers chapitres sont pris en compte par les différents acteurs du drame à tour de rôle. Chacun y voit pratiquement midi à sa porte : Kévin, le jeune médecin qui semble ne pouvoir se détacher totalement de son ex-existence de marginal, Marianne, sa jeune et jolie femme, Alexia, tenancière de boîte et ex-maîtresse du médecin, Eddie, le vieux mac qui tient sa "situation"...
La première partie de l'ouvrage - la première chute de Kévin - voit une dispute violente entre le médecin et son épouse. De son véhicule lancé à vive allure, il poussera Marianne par la portière ouverte. La croyant morte, il va se réfugier chez Alexia.
La deuxième chute se situe au moment où Kévin apprenant que sa femme vit, se propose d'aller la rejoindre à l'hôpital. Devant celui-ci il tuera Eddie en état de légitime défense et abattre l'inspecteur de police chargé de le surveiller parce qu'il se croyait attaqué.
Le Républicain - 21/01/1982

- Autodestruction
A l'époque où j'ai rencontré Kévin, c'était un type à l'air romantique, avec des cheveux en broussaille, des sourires blessés, des valises sous les yeux et des écharpes de soie sur des costumes de velours. Il buvait beaucoup et paraissait se ficher de tout. Mais dès qu'il se mit à exercer dans une petite ville de province entre Bretagne et Normandie, il entre tout droit dans le système de l'argent à gagner, des relations à se faire, des bourgeois à se mettre dans la poche.
Et il devint impossible à vivre. Mal dans sa peau, il se dégoûtait de tenter l'osmose avec une société qu'il détestait. Sa déprime s'exprimait par l'agressivité. Il ne pardonnait pas d'exister, il était hanté par l'idée du suicide. C'est sans doute à cause de cette hargne à s'autodétruire, qu'il a fini par tout bousiller autour de lui.
E. C. - La Tribune de Genève - 06/11/1981

- Le lancement a lieu, comme il se doit, depuis le "Quai de la Fosse", à Nantes, où vit en marginal un étudiant en médecine, et aux crochets de la tenancière du Sucre d'Orge au nom évocateur : Alexia "qui a fait autant de passes dans sa vie qu'elle a usé de paires de bas". Médecin arrivé, Kévin sera mal dans sa peau et, inexorablement, ira de chute en chute, entraînant avec lui sa femme Marianne, Alexia et son mac, un inspecteur de police, et lui-même "qui conjuguait le verbe devenir en bourgeois au plus-que-parfait"
Tarn-Ouest - 23/10/1981

- J'avais été tellement découragé par les excès des deux premiers romans de Hervé Jaouen, que j'avais renoncé à lire le troisième. Lorsque j'ai vu celui-ci inaugurer le redémarrage de la collection "Engrenage", je l'ai abordé par devoir... Oh ! la merveille surprise ! Jaouen a jeté sa gourme, et voilà qu'il laisse son talent s'épanouir sans plus chercher à "scandaliser le bourgeois" ! Résultat : une œuvre qui a la rigueur et la bouleversante beauté d'une tragédie grecque, mais qui se situe à Nantes, ville que l'auteur sait rendre intensément présente tout au long de son récit. Bravo !
Le Populaire du Centre - 14/10/1981

- Le "Quai de la Fosse", d'Hervé Jaouen, se lit d'une seule traite tant on reste accroché aux basques de ce jeune médecin nantais embourbé, au propre comme au figuré, dans une société aux jeux pas innocents du tout. Et notre homme ne prend apparemment pas les chemins les plus faciles pour se libérer. Vraiment passionnant.
Nord-Éclair - 27/10/1981

- Nous vivons une période de profonds changements, mais qui ne marquent pas tous une amélioration, tant s'en faut. Aussi faut-il se réjouir que ce soit le cas de celle dont le domaine du roman policier vient d'être témoin. Voici quelque deux ans, la collection Engrenage avait débuté avec "La mariée rouge" d'Hervé Jaouen, bientôt suivi d'un autre roman du même auteur, "La chasse au merle", tout deux tellement écœurants dans leurs excès que, en dépit des jolies pépites que l'on entrevoyait ça et là au milieu de la fange, je n'avais pas eu le courage d'aborder le troisième, "La petite fille et le pêcheur". Si j'ai néanmoins entrepris de lire "Quai de la Fosse" du même Hervé Jaouen, c'est uniquement parce que le devoir professionnel me l'imposait : ce roman marquant la reparution de la collection Engrenage chez un nouvel éditeur. Mais, ô surprise, très vite j'ai été pris, conquis, enthousiasmé : les pépites étaient devenues un véritable pactole qui s'en venait battre ce Quai de la Fosse, bien connu des Nantais ! Transmuant des poncifs aussi usés que la prostituée au grand cœur, le jeune arriviste aux dents longues, ou les bourgeois partouzards, Hervé Jaouen en tire une sorte de tragédie de notre temps régie par la fatalité, et écrite de surcroît dans une langue irréprochable. En effet, un auteur qui sait à notre époque utiliser "inventer" en son sens premier, ça ne s'invente pas tous les jours. Alors ne manquez surtout pas de le lire !
Le Journal du Parlement - 15/10/1981

- Un jeune médecin intelligent et présomptueux dégringole dans les abîmes. Il avait tout pour réussir, penseront en guise d'épitaphe les témoins et les acteurs bien campés de cette chute vertigineuse.
Les Dernières Nouvelles d'Alsace - 23/02/1982

- "Quai de la Fosse" dépeint l'embourgeoisement progressif d'un médecin sur fond d'intrigue policière. C'est le quatrième roman d'Hervé Jaouen. Son premier "polar" a été publié en 79 dans la collection "Engrenage" aujourd'hui éditée par Fleuve Noir. Avant 78, des romans-romans, d'un caractère plus intimiste. Des poèmes aussi, qui resteront confidentiels. À présent, le nom d'Hervé Jaouen gagne en notoriété. La presse régionale, écrite et parlée, l'associe de plus en plus souvent à celui de Jean-François Coatmeur. Ces deux spécialistes bretons du "polar" ont participé ensemble au dernier festival du genre à Reims. Un congrès qui se tient régulièrement à la Toussaint, la fête des morts. Tout un programme. Des projets ? Perpétrer un nouvel ouvrage destiné à la même collection et il faut être rompu aux techniques de l'interrogatoire policier pour arracher des aveux d'Hervé Jaouen concernant le scénario de son prochain roman. Il ne parlera pas. L'énigme est un art qui ne s'improvise pas...
Laurent QUEVILLY - Ouest-France - 27/02/1982

- Où veut-il aller, ce jeune toubib qui a mené une vie de dératé, d'alcoolique, de "baiseur de putes", avant de devenir "épouseur d'infirmière" ? Il est pris dans un engrenage terrible, joue délibérément à la roulette russe avec son destin. On a envie de lui crier : "Attention ! Arrête-toi ! Tu peux encore d'en tirer !"... Si vous commencez la lecture de ce roman à 10 heures du soir, faites aussi attention. Vous ne dormirez pas beaucoup. Le livre de Jaouen a obtenu le "Prix du suspense français" 1982. Et il le mérite.
L'Union - 14/04/1982

- "Quai de la Fosse" un polar qui se déroule à Nantes
Le "Prix du Suspense Français 1982" a été décerné à Hervé Jaouen pour son ouvrage : "Quai de la Fosse" dans la collection "Engrenage" aux Éditions Fleuve Noir. Hervé Jaouen est un Breton de 36 ans, qui est né et a grandi à Quimper où il assure la direction d'une agence bancaire. Il dit se "trouver bien en Bretagne" et aimer la mer. Ce n'est donc pas un hasard si l'intrigue de "Quai de la Fosse", son quatrième roman, se situe à Nantes.
Le Courrier de l'Ouest - 31/03/1982

- "On ne tue pas pour le plaisir ; les personnages sont peu nombreux, c'est le côté psychologique qui m'a intéressé. Cela a été en même temps une analyse de la société et un plaisir d'écrire". Voilà en raccourci ce que Hervé Jaouen a dit de son œuvre, un polar qui, entre parenthèses, vient d'obtenir le pris du "Suspense français 1982".
Un succès mérité pour un polar court, vif, au style agréable faisant appel à une infrastructure quotidienne : l'amour et la mort. On retrouvera en superstructure cette société qui corrompt l'homme et l'engrenage dépassant ceux qui l'ont mis en place. Comme toujours. Mais si "Quai de la Fosse" est une satire de la bourgeoisie, le roman s'intègre parfaitement dans la littérature dépeignant le mal de vivre de cette fin du XXe siècle. Sachons gré à Hervé Jaouen de nous rappeler que plus on tombe de haut, plus on se fait mal...
Le Républicain Lorrain - 21/04/1982

- M&M&M*
Retour au bon vieux roman policier avec cette histoire nantaise, située dans cette rue si célèbre.
Un dimanche matin, au "Sucre d'Orge", une boîte de nuit, Alexia en peignoir et pas maquillée boit son café, Eddie, son "jules" lui est déjà habillé, tiré à quatre épingles comme d'habitude. Le sujet de la discussion du jour, qui pourrait facilement virer à la dispute, est le retour en pleine nuit de Kevin, amant de cœur d'Alexia. Kevin qui est médecin a débarqué sans prévenir après une relativement longue absence, en tenue de chasse, fusil à la main, lequel avait servi peu de temps avant ! Que cache ce retour ?
Dimanche en fin d'après-midi au CHU de Nantes, Marianne, grièvement blessée, se remémore sa vie et les circonstances qui l'ont amenée à cet endroit où elle avait travaillé avant son mariage avec Kevin et leur installation dans un village situé entre la Bretagne et la Normandie.
Kevin renie ses principes, dépense sans compter, grosse voiture, fusil de luxe, chien de chasse, s'acoquine avec les notables des environs, son mariage bat de l'aile.
Marianne revit ce dernier samedi soir, celui du drame. Suite à l'une de leurs nombreuses disputes, dans l'après-midi, Kevin décide d'aller à la chasse malgré une invitation à dîner avec "les gens qui comptent" et les prévient qu'il arrivera plus tard dans la soirée. Marianne doit donc y aller seule. Les "flashes" se succèdent dans sa mémoire, l'ambiance trouble de la fête, l'alcool bu plus que de raison, le sentiment que Kevin l'a abandonnée, le retour de celui-ci, les coups de feu, leur fuite en voiture. Une dernière image avant son réveil à l'hôpital, Kevin l'éjecte volontairement de la voiture !
À son insu, une autre vengeance est en train de se dérouler en ce dimanche, dans Nantes.
Alexia patronne, ancienne prostituée : la voilà succombant au charme de Kevin, elle qui pensait que les peines de cœur sont des fautes de goût ou pire des fautes professionnelles.
Eddie : soyons corrects, son jules, souteneur usé, vivant sur son passé voit plutôt mal le retour de Kevin, pas matériellement non, mais moralement, son orgueil en prend un coup, ainsi que son standing dans le milieu local.
Kevin au premier abord paraît être un mélange de nihiliste destructeur et d'utopiste rêveur, en guerre contre la société. Buveur et dragueur, fils de petits fonctionnaires, il se prend pour un rebelle, mais il se complaît à être materné par Alexia. Depuis qu'il a pignon sur rue, ses opinions et ses manières de vivre changent. Après avoir rejeté la bourgeoisie, il fait tout pour en être, singe ses manières, devient chasseur parce que cela fait connaître du monde. Son comportement vis à vis de Marianne, se dégrade. Il se révèle tel qui est, un être immature et égoïste. Pauvre Marianne, son sort ne sera pas des plus agréables, victime de son amour et d'une certaine naïveté.
Des dialogues percutant à la "Audiard" et un humour décapant donnent des moments presque joyeux à cette histoire bien noire.
Une intrigue de très bonne qualité avec en plus une très intéressante étude de mœurs de la bourgeoisie provinciale dans sa première partie.
Extraits :
- Et les cornes que je trimballe ? Il y en a tellement que je ne pourrais pas mettre un bigoudi, même si je le voulais.
- L'invitation c'est comme la visite du zoo.
- N'aurait-il pas gagné aussi bien sa vie en restant lui-même ?
- A cette distance le Mont-Saint-Michel s'écrasait comme une crème caramel renversée dans un plat en étain.
- J'ai sonné à la porte du malheur.
- Je suis en train de conjuguer le verbe "devenir bourgeois" au plus que parfait !
- Quand on est plouc, c'est pour la vie ! constata le Président.
- Elle se voyait comme la publicité sur le maillot des footballeux.
- Fondus les gros lolos à la Mansfield. La mode était au genre Birkin et consœurs.
- Kevin a peur de la mort. Kevin a peur de la vie.
- Ici, il y avait quelque chose de plus, la douceur de vivre. La non agression.
*Mic-Mac Mortel
http://eireann561.canalblog.com/ - 07/05/2007

- "Quai de la Fosse" est mon premier Hervé Jaouen. Publié en 1981 dans la série "Engrenage", chez Fleuve noir...
Une histoire qui se déroule il y a donc un quart de siècle déjà... Entre les bouges des quais nantais et les riches demeures bourgeoises, Kévin traîne son mal de vivre. C'est l'histoire d'un homme qui a "réussi" malgré lui. Et qui s'en veut. Et qui en veut à la terre entière. L'histoire est classique, donc, mais rondement menée.
L'écriture de Jaouen est un régal, j'ai eu du mal à lâcher le bouquin. Une bonne chronique sociale, avec ses flics, ses putes, ses étudiants en mal de vivre... et une petite infirmière bien gentille. Bien trop gentille...
Je conseille et dès que je tombe sur un autre Hervé Jaouen... je prends sans hésiter !
Jean-Louis NOGARO - in www.polarnoir.fr - 11/06/2007

- Kévin brise tous ceux qu’il touche, même ceux qu’il aime. Cet ange de la mort, étudiant en médecine, est un habitué d’un bar à putes du Quai de la Fosse à Nantes. Alexia, la tenancière fleur bleue de l’établissement, s’amourache de ce beau gosse qui traîne son mal de vivre. Mais Kévin épouse Marianne, une infirmière trop gentille… Tous deux s’installent dans une petite ville de province où Kévin exerce la profession de médecin généraliste. Devenu un notable, il s’attache à maintenir son rang, s’achète une grande villa, fréquente la "bonne" société. Et c’est le drame. Je n’en dirai pas plus.
C’est le premier livre d’Hervé Jaouen que je lis et j’ai été plutôt séduite par cette histoire très noire aux phrases taillées au cordeau.
http://papivore.wordpress.com/ - 30/08/2010

- Beaucoup plus glauque, avec le Nantes populaire en décor permanent, voici "Quai de la fosse", le quatrième roman de celui qui est encore chef d’agence bancaire de 35 ans, Hervé Jaouen. Entre les personnages minables d’une boîte de strip-tease et ceux de la bonne bourgeoisie locale qui cherchent le frisson, les destins se télescopent pour nous entraîner vers la face sombre de l’être humain. Avec ce petit roman très noir et percutant, paru en 1981, Jaouen s’affirme comme l’un des tout meilleurs auteurs du polar français, cumulant ensuite toutes sortes de prix avant de changer de registre au début des années 2000 pour se concentrer sur le roman historique à travers des portraits de famille.
Bretons Magazine – Hors-série n° 9 – Automne 2011

- C'est l'histoire d'un double basculement. Kévin, étudiant en médecine nantais, un peu déjanté, rebelle et fêtard, a ses habitudes avec Alexia, sa maquerelle de maîtresse avec laquelle il s'entend bien, au Sucre d'Orge, à une époque où le Quai de la Fosse pouvait encore s'enorgueillir du titre honorifique de Quai de la Fesse. Il bascule une première fois dans l'establishment en se mariant avec Marianne, sa petite amie, sage étudiante-infirmière, et en débutant son métier de médecin à Brineuf, village perdu entre la Bretagne et la Normandie. Mais un soir où le jeune médecin, revenant de la chasse à la bécasse, arrive - retard prévu - chez des notables du coin qu'il surprend en pleine partouze avec une Marianne dont il n'a guère le temps de se rendre compte qu'elle est ivre, Kévin bascule à nouveau: il pète les plombs au sens et au figuré en tirant dans le tas. Prenant Marianne avec lui, il la tabasse avant de l'abandonner, à demie morte, sur le bord de la route.
Dès lors, Kévin, qui a rejoint Alexia à Nantes au Sucre d'Orge, est un homme caché, traqué, aux aguets. Mais la machine policière et judiciaire, bras séculiers inséparables, est en marche. Rien ne l'arrêtera plus. Kévin est descendu aux enfers. Alexia saura-t-elle l'en tirer ?
Ce roman noir, que n'aurait pas désavoué Claude Chabrol (celui de "La cérémonie" ou des Lavardin) est un classique du genre, signé Hervé Jaouen, excellent écrivain qui sait, mieux que personne, que la quête de gloire et d'éternité de son personnage principal, comme de toute personne, comporte avec elle sa face obscure.
http://www.bertrandgilet-polars.net/ - Janvier 2012

- Kévin croyait aux signes, à la force du destin qui avait creusé une fosse pour qu'il y tombe tôt ou tard. Il savait donc qu'il allait chuter, à Nantes ou ailleurs, et qu'à ce moment-là ce serait terrible. Mais quant à savoir au juste dans quelles circonstances...Un livre en noir et rouge, couronné par le Prix du Suspense français.
Je ne connaissais pas cet écrivain et franchement la lecture de ce livre fut une très bonne surprise. Ce roman fait partie de ceux que l'on lit d'une traite. C'est court, percutant et captivant.
D'un côté, Kevin, jeune médecin tourmenté qui veut rejoindre le cercle des notables de la petite ville où il vient de s'installer, tout en méprisant ceux-ci. Puis Marianne sa femme, infirmière déçue par Kevin mais pourtant toujours amoureuse.
De l'autre "Le sucre d'orge", un petit bordel de Nantes situé Quai de la fosse avec Alexia la patronne maquerelle et prostituée d'occasion amoureuse de Kévin du temps de ses études et Eddie son souteneur méprisé.
Des bourgeois haïssables, l'amour, la mort et un héros torturé et suicidaire, tout est réuni pour que la machine à malheurs se mette en route.
"Quai de la Fosse" est un bon petit polar tout en action et suspense qui se dévore.
Alors du coup je viens de commander un autre livre d'Hervé Jaouen : "Toilette des morts".
Fantasio – 03/12/2012




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