Les soeurs Gwenan

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2010 - Presses de la Cité
2010 – Le Grand Livre du Mois
2010 – A été édité en e-book
2011 – Éditions VDB
2011 – CdLéditions – 2 CD MP3
2011 – France Loisirs

Prix du Roman Populaire

Résumé

Dans le Cap-Sizun, entre Douarnenez et la pointe du Raz, les destins croisés de quatre filles de marin, tout au long du XXe siècle.
Des petites filles éblouies par la figure du père, col-bleu de la Royale, héros des Dardanelles et rescapé de torpillages en mer Égée, quoi de plus légitime ? Devenues grandes, elles rêvent fatalement d’épouser un marin…
Telles sont les quatre sœurs Gwenan : Joséphine, l’aventurière au cœur d’artichaut, sorte d’Iseut à la poursuite de son Tristan ; Germaine et Yvonne, inséparables et casanières ; la belle Marie-Morgane, l’imprévisible.
Leurs amours tissent l’histoire d’une famille bretonne vouée à l’Océan, avec en contrepoint les arrivées en fanfare de l’oncle Donatien, un "terrien" du vignoble nantais, formidable m’as-tu-vu que tout oppose à son frère Joseph le marin.
Un roman de l’Armor, solaire et généreux, drôle et tragique à la fois.

Extrait

- Joséphine a fait une touche ! annonça Germaine.
- Je m’en doutais ! dit Guillemette. Elle vous a dit quel métier il faisait ?
- Marin !
- Marin de quoi ? De commerce ou de la Royale ?
- Comme toi, papa.
- Alors tout va bien, dit Jos. Un de plus dans la famille. La lignée continuera.
- Ne mets pas la charrue avant les bœufs, dit Guillemette. Entre une touche et la bague au doigt, il y a un grand pas.
Les trois jours suivants, Joséphine se piqua plus d’une fois, en travaillant sur le costume d’Armand. Elle regrettait de s’être vantée devant ses sœurs, qui avaient dû vendre la mèche sitôt revenues de l’arrêt des cars. Elle se félicitait de n’avoir rien dit à ses copines de l’atelier. Au moins, si l’Armand lui posait un lapin, elle ne serait pas ridicule.
Le mercredi après-midi, elle se prépara à la déception. Il ne viendrait pas. Ah, s’il ne venait pas, elle se vengerait, lui ferait une jambe de pantalon plus courte que l’autre, une poche dans le dos de son veston… À dix-neuf heures, elle se recoiffa, enfila son plus beau chemisier, se mit une touche de rouge à lèvres et sortit, le cœur battant à tout rompre.
Il était là. Avec ses yeux rieurs, son sourire à se ficher du monde et ses manières directes. Il arrondit son bras.
- Bras dessus, bras dessous ?
Elle hésita. Les copines la regardaient. Et puis zut ! Elle passa son bras sous le sien.
- Je vais en entendre, demain !
- Me dites pas c’est la première fois qu’un coquin vient vous attendre à la sortie du boulot ?
- Ben si !
- Mazette ! On va fêter l’événement !
Ils marchèrent côte à côte d’un pas d’amoureux. Pas bien loin. Jusqu’à la brasserie de l’Épée. Pour ne pas paraître trop gourde, elle se retint de dire qu’elle n’y était jamais entrée. Il s’effaça pour la laisser s’incruster dans un compartiment de la drôle de porte à tourniquet, où elle se sut que faire. Un serveur vint à sa rescousse, qui fit tourner la porte, en même temps qu’Armand la poussait dans son dos. Elle trébucha en manqua se cogner le nez contre la vitre. À l’intérieur, Armand lui reprit le bras et se dirigea d’autorité vers une table du fond. Joséphine prit place sur la banquette, il s’installa à son côté au lieu de s’asseoir sur une chaise en face d’elle, ce qui la troubla. Elle serra les genoux.
- D’ici, on voit tout ce qui se passe. Comme si on était au théâtre. Et faut bien dire qu’il y a du spectacle, à Quimper. Tous ces bourges…
Il ôta son veston, elle ôta son cardigan en se contorsionnant pour que leurs corps ne se frôlent pas. Un serveur se précipita.
- Vestiaire, monsieur, mademoiselle ?
- Non, on s’en charge, le rabroua Armand.
Il jeta les vêtements sur une chaise.
- Vestiaire, vestiaire… À Paris, ils en font un vrai commerce. Faut donner un pourliche à la fille dans sa guitoune, et un autre au mec qui t’aide à enfiler les manches. N’ont honte de rien, ces larbins.
Que répondre à cela ? Joséphine avait-elle seulement entendu ? Elle planait. En un éclair – en un demi-tour de la porte…, elle avait franchi la porte du grand monde, s’était retrouvée à l’intérieur de cet aquarium où se mouvaient, comme au ralenti, des êtres exotiques, qu’elle n’aurait jamais imaginé pouvoir côtoyer un jour. Les garçons en tablier bleu, les vieux couples qui sirotaient du champagne, les messieurs solitaires, pipe au bec, plongés dans la lecture du journal. Comme une trompe de papillon, tous ses sens se déployaient et se rétractaient tour à tour pour saisir, se dessaisir et mieux ressaisir, par touches farouches, ces sensations inédites : palper le cuir craquelé de la banquette, s’éblouir des reflets des luminaires dans les verres, s’étonner du chuintement du percolateur, distinguer les odeurs et, par autosuggestion, goûter sur sa langue le doux-amer du café crème et la suavité du tabac blond.
Il fallut commander les consommations. Armand prit un bock de bière, et Joséphine, à défaut de savoir quoi d’autre choisir, une grenadine. Ils trinquèrent. Tétanisée de bonheur, Joséphine se demandait bien ce qu’elle allait pouvoir dire. Dans un film d’amour, lors de la première rencontre du héros et de l’héroïne, tout semble couler de source, les questions intéressantes du jeune homme et les réponses à la fois graves et enjouées de la jeune fille, et puis très vite le dialogue mène à l’aveu réciproque, timidement murmuré, du désir de se revoir.

Critiques

- Après "Les Filles de Roz-Kelenn" et "Ceux de Ker-Askol", "Les sœurs Gwenan" est le troisième volet d’un cycle romanesque dont le point de départ est la famille Gwenan. Une branche de la famille a fait souche en Armor, la Bretagne de la mer, au Cap-Sizun, près de Douarnenez.
Joséphine est la fille aînée de Joseph Gwenan, grand marin devant l’éternel, héros des Dardanelles, pêcheur aguerri et père de famille affectueux. Avec ses jeunes sœurs, Germaine, Yvonne et Marie-Morgane, elle passe son enfance auprès de sa mère Guillemette dans le penti du Cap-Sizun, au rythme des marées, guettant les retours du père envoyé sur toutes les mers du globe et redoutant les arrivées en fanfare d’un oncle m’as-tu-vu à mille lieues de leur univers maritime. Vouées à devenir comme leur mère "femmes de marin, femmes de chagrin", les quatre sœurs emprunteront des chemins différents pour accomplir leur destinée ; ainsi celui de Joséphine, la couturière aux doigts de fée, la conduira jusqu’à Paris où elle travaillera dans le textile, puis à Hyères et Toulon en compagnie de ses patrons juifs, pendant l’Occupation. Y croisera-t-elle le marin tant idéalisé celui qui seul pourra rivaliser avec Joseph ?
Note de l’éditeur – Septembre 2010

- Ce n’est pas un polar qui est à l’honneur dans cette chronique. Coup de cœur pour le nouveau roman d’Hervé Jaouen aux Presses de la Cité : "Les sœurs Gwenan". Il est disponible dès le 7 octobre 2010.
Né en 1890, Jos Gwenan est adopté par un brave couple du Cap Sizun. Après l’École des Mousses, le jeune homme s’affirme comme un solide marin. En 1913, Jos épouse Guillemette. Leur première fille, Joséphine, naît l’année suivante. Embarqué sur le Gaulois durant la Première Guerre mondiale, Jos va vivre un épisode mémorable de l’Histoire : les Dardanelles.
Le couple a deux autres filles, Germaine et Yvonne, sœurs fusionnelles, puis une dernière Marie-Morgane. Belle, fière et intelligente, celle-ci se démarquera toute sa vie du clan familial.
Les choix amoureux des filles de Jos sont clairs : "Il n’y avait de mari possible qu’un marin comme [leur père]. Chacune des quatre sœurs Gwenan se donnerait pour la vie à l’un de ces dompteurs d’océans, promis, juré sur les obus du vaisselier, croix de bois croix de fer, et que celle qui s’en dédie aille en enfer. Joséphine était la première à avoir fait un bout de chemin vers la réalisation du serment."
Avec sa fluidité habituelle, Hervé Jaouen décrit le plus juste portrait de famille qu’il soit donné de lire. Il restitue à la perfection les ambiances (qui évoluent au cours du 20e siècle) et surtout l’état d’esprit d’une catégorie de la population. La famille Gwenan est à l’exemple de toutes celles qui, vivant près de la mer, ont produit des générations de marins d’Etat.
Le meilleur atout du récit consiste en un chassé-croisé naturel entre les personnages. En effet, le sort de ces gens est lié. Même celui de Marie-Morgane, qui s’écarte du clan, ou de l’oncle Donatien [frère honni de Jos] qui "tarabuste" les Gwenan en perturbant leur tranquillité. Prestigieux héros qui fait souche, Jos n’est pas un de ces rugueux patriarches régnant en maître, mais un homme tolérant et humaniste. Narrant volontiers "Les Dardanelles", Jos fut aussi témoin d’un moment singulier de la Révolution russe. (Notons aussi une allusion au poète quimpérois Max Jacob) Malgré les aléas de la vie, Jos et ses proches cultivent une forme de bonheur simple et sincère, évitant si possible de trop se compliquer l’existence. Une histoire crédible, d’une rare vérité.
Claude LE NOCHER – http://action-suspense.over-blog.com/ – Extrait – 28/09/2010

- Une histoire de famille au bon goût de terroir, émaillée de mots bretons à apprécier par ceux qui connaissent cette langue et qui la pratiquent (même un peu).
On y suit le destin de deux générations où les hommes sont marins de père en... beaux-fils et où les femmes évoluent tout au long du 20e siècle.
Hervé Jaouen nous raconte une vie simple, ordinaire, avec ses bonheurs : les naissances, les mariages... mais aussi ses tristesses : les guerres, les séparations, les décès... C’est tout une vie de clan qui se déroule devant nous avec ceux et celles qui suivent "le chemin tout tracé" et ceux et celles qui s'en écartent mais sans jamais trop s'éloigner.
Un agréable moment de lecture. A lire.
Mamipone sur http://www.librairiedialogues.fr/ - 01/10/2010

- Il a bien fait de quitter la banque, Hervé Jaouen. Et de passer à un autre exercice que celui du roman policier. Sans ces revirements, nous n'aurions pas le bonheur de lire les pages magnifiques qu'il s'est habitué, depuis 1984, à nous livrer, régulièrement, sur l'Irlande, dont cet invétéré amoureux de pêche à la mouche, est amoureux, ou sur la Bretagne, que le Gabéricois de Kerdevot connaît mieux que quiconque. Il vient une nouvelle fois de nous le démontrer avec "Les soeurs Gwenan", troisième volet de l'histoire d'une famille finistérienne entreprise en 2007 avec "Les Filles de Roz-Kelenn" et poursuivi par "Ceux de Ker-Askol". Noir tableau de la société paysanne du Pays Glazik auquel succède, avec ce troisième ouvrage, une fresque plus colorée et surtout plus sereine, consacrée à la branche maritime de la famille.
Un vrai témoignage sur ces familles vivant près des côtes du Finistère qui ont donné tant de générations de marins et dont l'état d'esprit consiste à se contenter de bonheurs simples quand les "terriens" se compliquent l'existence. Nombreux sont ceux et celles qui se reconnaîtront dans cette fresque parfois truculente qui dépasse la fiction sans pour autant n'être qu'un témoignage ethnographique.
Jean-Yves MANAC'H – Ouest-France – 09/10/2010

- Sur la route de la famille Gwenan, dont certains héros ont déjà peuplé deux romans du même auteur, "Les Filles de Roz-Kelen" et "Ceux de Ker-Askol", on vit, le temps de ce troisième volet, aux côtés de Joseph, col bleu de la Royale, héros des Dardanelles et rescapé de torpilleurs en mer Égée, de sa femme Guillemette, et de leurs quatre filles. Des filles toutes marquées par la personnalité de leur père et qui, c'est dans l'ordre des choses, rêvent d'épouser un marin. Très heureuse dans leur pennti du Cap-Sizun, agrandi au fil des naissances, la famille vit au rythme de la mer à laquelle son destin est lié depuis toujours.
Joséphine, l'aînée, déçue par ses amours, se consolera en cousant les robes de mariée de ses sœurs… après avoir exercé son métier à Paris puis à Toulon où elle suit ses patrons.
Sans histoire, les inséparables Germaine et Yvonne, se marient et pouponnent en même temps. Quant à la petite dernière, la belle Marie-Morgane, qui rêve d'une existence hors du commun, elle n'a pas fini de surprendre son entourage ! Mais toute la famille reste unie, dans la joie comme dans la peine. Il n'y a que Donatien, le frère maudit de Jos, au passé trouble, qui divise grands et petits. Ayant épousé Adélaïde, "une mademoiselle DE quelque chose", il étale sa bonne fortune, éblouit les femmes et agace Jos avec ses grands airs et son arrogance de parvenu.
Et les années filent sur fond de traditions bretonnes, de paysages marins, et de rêves d'amour… tandis que les membres de la famille inscrivent leur histoire dans l'âme du pennti. Un pennti qui ressemble à "la maison du Bon Dieu".
Un roman plein de sensations, porté par l'écriture sensible de l'auteur qui traduit avec truculence ou délicatesse, les ambiances et les sentiments.
L’Est-Éclair – 10/10/2010

- Pendant très longtemps, les Bretonnes, comme on le disait, étaient destinées à être des femmes de marin donc des femmes de chagrin. Ce sont ces femmes et ces hommes qu’Hervé Jaouen met en scène dans le troisième volume de son cycle romanesque sur l’histoire des Bretons au XXe siècle.
http://www.france-info.com/ – 12/10/2010

- Les quatre filles du canonnier Jos
Hervé Jaouen est le romancier le plus chroniqué sur ce blog, je crois que c'est le 20ème ouvrage dont je parle. C'est également le plus présent dans ma bibliothèque ! Étrange parcours littéraire pour cet auteur,  touche à tout, du polar aux livres pour la jeunesse, du roman aux nouvelles avec un égal succès.
Nous sommes en Bretagne, Jos est élevé par Tad et Mamm Bonizec, ses parents adoptifs, la vie est rude mais heureuse ; mais comme beaucoup de garçons de l'époque, la Marine Nationale est le seul débouché. L'école des mousses de Brest, puis Toulon, son mariage avec Guillemette, puis la guerre, les Dardanelles, et le retour à la vie civile avec une pension. Entre temps quatre filles sont nées, Joséphine, Germaine, Yvonne et Marie-Morgane.
Autre péripétie de la vie, la réapparition de son frère Donatien, qui, après une jeunesse passablement mouvementée, a épousé Adélaïde, une noble, pharmacienne de son état.

À travers ces personnages, nous suivons la marche du siècle, les guerres, et aussi l'histoire de la France coloniale, à travers la vie de nombreux marins bretons présents (souvent à leur corps défendant) dans tous ces conflits aux quatre coins du monde.

J'ai été assez long à rentrer dans ce roman, sûrement parce qu'il parlait d’événements qui ressemblent fort à ma propre vie. La mer et les marins, un père dans la marine marchande, un beau-père, à la suite du divorce de mes parents, dans "La Royale", un oncle marin pêcheur, mon service militaire, Toulon où j'ai vécu à différentes périodes de ma vie. J'ai souvenir de vieilles photos avec des ancêtres marins aux uniformes étranges en Crimée, ou des absences de mon beau-père "marin en blanc" servant en Indochine ou en Algérie.
Je pense que ce livre permettra aux non-Bretons de découvrir un mode de vie spécifique aux familles des gens de la mer.
http://eireann561.canalblog.com/ - 18/10/2010

- Hervé Jaouen poursuit sa saga familiale
La suite de la saga familiale entamée avec "Les filles de Roz-Kelenn" suivi de "Ceux de Ker-Askol". Un dernier ouvrage qui a valu à l’auteur de se voir décerner le prix du Roman de la ville de Carhaix.
Avec "Les sœurs Gwenan", Hervé Jaouen quitte les paysages du Pays glazik et les Monts d’Arrée et se tourne résolument vers la mer. Vers le Cap-Sizun précisément où a émigré une branche de la famille. On y retrouve Joséphine, les inséparables Germaine et Yvonne, ainsi que la belle Marie-Morgane. Quatre jeunes filles éblouies par la figure du père, marin de la prestigieuse Royale et héros des Dardanelles. Devenues grandes, elles rêvent fatalement d’épouser un marin.
Ouest-France – 22/10/2010

- Toutes les vies méritent d'être racontées. Joséphine, Germaine, Yvonne et Marie-Morgane, les quatre sœurs du Cap-Sizun, à l'extrême-pointe bretonne, ne sont pas promises à un destin somptueux sur cette terre balayée par le vent. C'est une vie ordinaire qui les attend. Seulement, le récit d'Hervé Jaouen montre qu'il n'y a rien d'anodin dans l'écoulement des jours. Chacune trace son destin, sur sa terre natale ou plus loin. Hervé Jaouen les accompagne dans ce roman plein d'humanité. Avec des personnages attachants, dessinés avec justesse, dont on se sent très proche.
Didier GOURIN – Ouest-France – 24/10/2010

- La Bretagne du XXe siècle
Le tout dernier opus d’Hervé Jaouen s’intitule "Les sœurs Gwenan". Ce passionnant roman conduit son lecteur au cœur du Cap-Sizun et l’invite à une jolie promenade dans la Bretagne du XXe siècle.
Dans "Les Filles de Roz-Kelenn" et "Ceux de Ker-Askol", l’auteur gabéricois commençait, à travers l’intrigue et les personnages, à raconter le siècle passé. Ici encore, Jos, ancien combattant des Dardanelles, Joséphine sa fille, Donatien, l’oncle fantasque et sans gêne et tous les personnages nous entraînent dans un flot d’aventures tout en nous faisant découvrir le Quimper de l’entre-deux guerres. Les personnages nous entraînent aussi dans un voyage compliqué qui les mène en chemin de fer du Cap-Sizun à Ancenis.

Amours contrariés
Joséphine, fille aînée de Jos et Guillemette, fera la découverte de la haute couture et de l’amour à Quimper. Et puis la guerre lui fera connaître l’exil et bien d’autres choses étonnantes, si étonnantes !
"Je n’écris pas une saga, souligne Hervé Jaouen. Simplement, livre après livre, je construis une sorte de mosaïque à partir de faits, d’événements qui se sont passés au siècle dernier. Je parsème mon dernier livre d’expressions bretonnes qui avaient cours à cette époque. Mes personnages sont souvent nés de mes observations, mais ils restent bien entendu imaginaires".

Un vieux projet
"Cette histoire du siècle dernier, est l’un de mes vieux projets. Depuis vingt ans, je le remettais d’année en année, puis un jour j’ai vu vieillir mes parents et je me suis dit que j’allais perdre quelque chose de fondamental, une sorte de trésor. Ce cycle me permet d’aller voir du côté de mes racines et de faire parler des gens modestes".
Éliane FAUCON-DUMONT – Le Télégramme – 25/10/2010

- Troisième volet du triptyque consacré à une famille bretonne, comme ces peintures qui racontent chacune une scène de la vie mais font un tout, collée l’une à côté de l’autre, "Les sœurs Gwenan" se déroule entre terre et mer, dans cette pointe du Cap Sizun offerte à l’aventure. Les deux premiers volets, "Les filles de Roz-Kelenn" et "Ceux de Ker-Askol", étaient consacrés aux aventures de Jabel et Maï-Yann, les filles de Mamm Gwenan, décédée encore jeune dans l’indigence. Mais ce qu’elle ignorait, c’est qu’elle possédait deux demi-frères plus jeunes qu’elle d’une vingtaine d’années environ. Leur père étant décédé les deux garçons, Joseph né en 1890 et Donatien né en 1893, furent enlevés à leur mère et confiés à l’assistance publique puis placés dans des familles d’accueil, Jos en Armor et Donatien chez des fermiers du pays niortais. Hervé Jaouen nous propose de suivre les pérégrinations de Jos dans sa nouvelle famille puis de l’accompagner tout au long de sa vie maritime et familiale.
… Il se marie avec une autochtone, Guillemette, aura une fille, Joséphine, qu’il ne verra pas grandir, la guerre de 14 requérant ses services. En 1919 c’est le retour au pays, tout auréolé de gloire. Il a participé aux combats dans les Dardanelles, une carte de visite qui exclut tout commentaire, sauf les siens car il aime raconter ses campagnes maritimes, celles au cours desquelles il aurait pu perdre la vie. Les retrouvailles d’après-guerre s’avèrent fructueuses. Deux autres filles complètent le foyer, Germaine et Yvonne, puis quelques années plus tard Marie-Morgane.
… Chacune d’elle va donc connaitre des destins différents et ce sont ces fortunes ou infortunes qui nous sont narrées avec verve, émotion, humour, simplicité comme ces contes narrés par les anciens à la veillée.
Ce roman biographique, qui tourne principalement autour du personnage de Joséphine, nous entraîne de la fin du XIXème siècle jusqu’à aujourd’hui et semble puiser dans des anecdotes véridiques, recueillies auprès de gens du cru. Ce qui lui donne un accent de véracité et reconstitue une Bretagne non pas de légende, mais authentique.
Paul MAUGENDRE – http://mysterejazz.over-blog.com/ – 03/11/2010

- Dans "Les filles de Roz-Kelenn" et "Ceux de Ker-Askol", Hervé Jaouen nous avait fait découvrir le quotidien de Jabel et Maï-Yann, contraintes toutes petites de mendier dans les fermes de Cornouaille pour survivre. Le troisième volume de cette fresque romanesque, pour laquelle l'écrivain quimpérois a choisi une fois encore de sauter d'une branche à l'autre de l'arbre généalogique, s'intéresse à la vie des quatre filles de Jos Gwenan, père affectueux et marin devant l'éternel.
L'une de ces filles, Joséphine, est particulièrement mise en avant. Hervé Jaouen a visiblement pris beaucoup de plaisir à raconter les relations toujours courtoises qu'elle et son père entretiennent avec l'oncle Donatien, un "m'as-tu vu" comme on n'en fait plus. "Ce genre de personnage, odieux quand les autres sont gentils et bien élevés, donne du rythme à l'histoire. J'ai connu quelqu'un comme ça et je n'ai donc pas eu trop de mal à le décrire" explique Hervé Jaouen.
Ce roman est de mon point de vue, le meilleur de la trilogie.
Christophe PLUCHON – http://critiquedelivre.blogspot.com/ – 17/11/2010

- "Les Soeurs Gwenan" nous emportent au cœur d'une belle et douce Bretagne ! Hervé Jaouen nous donne à découvrir le destin de quatre sœurs, leurs amours, leurs passions, et leurs quêtes communes pour atteindre leurs objectifs. Entre la passion de la mer, leurs désirs de col bleu et leur bonheur sans faille, Joséphine - Iseut -, Germaine et Yvonne vivront des moments d'exception sur cette terre bretonne qui ravira bien des cœurs ! En avant toute !
Nathalie ZYLBERMAN – Vallée FM 98.4 (Émission Beth-El Vallée)

- "Durant trois ans, Adélaïde réitéra son invitation à ceux de Trezaraden. A chaque fois, Jos pestait. Nom d’un petit bonhomme, que Guillemette et les filles ne se fassent pas d’illusions, il n’irait pas à Ancenis. Si son con de frère avait gagné lé gros lot en épousant une baronne, c’était tant mieux pour lui. Et rien à foutre de ce mec-là ! Le 15 août 1932, l’année des dix-huit ans de Joséphine, il céda. Il avait tenu trois ans, la défaite était honorable…" 452 prenantes pages de destins croisés des quatre filles d’un marin d’Armor, tout au long du XXème siècle, du côté du vignoble nantais, de Paris et du vieux port de Douarnenez, le fief de la famille…
Rouen Lecture Normandie – Décembre 2010/Janvier 2011

- Il y a les Français de Bretagne, durs à la tâche et ne rêvant que d’océan, tels ceux du nouveau roman de Hervé Jaouen, "Les Sœurs Gwenan".
Maxi – 29/11/2010

- Avec "Les Sœurs Gwenan", Hervé Jaouen poursuit son cycle romanesque sur la famille Gwenan. On avait fait sa connaissance dans "Les Filles de Roz-Kelenn" et "Ceux de Ker-Askol". Une famille bretonne dont l’auteur nous fait partager la vie en racontant la Bretagne rurale du XXème siècle. Au bas de l’arbre généalogique, Mamm Gwenan, décédée à la fin du XIXème près de Briec-de-l’Odet. Elle n’a sans doute jamais su qu’elle avait deux demi-frères, Donatien et Joseph. Ce sont sur les pas de cette dernière branche, au Cap-Sizun, qu’Hervé Jaouen nous emmène dans ce troisième volet. Ceux de Joseph, marin, et Guillemette, sa femme, de leurs quatre filles…
Armor Magazine – Décembre 2010

- Hervé Jaouen est un homme à cycles. Après sa période polar puis sa phase irlandaise, il poursuit sa série de romans de "terroir" et plus particulièrement l’histoire de la famille Gwenan. Cette fois, le roman tourne beaucoup autour de Joséphine, l’une des quatre filles d’un héros de la Royale, dont le territoire familial se situe dans le Cap Sizun. Une fille un peu fleur bleue à la recherche d’un homme qui pourrait rivaliser avec l’image du père. Il y a aussi les inséparables Yvonne et Germaine, aussi casanières ("pikez" un peu même, dirait-on par chez nous), que Joséphine se veut aventurière. Et puis il y a Marie-Morgane, belle, indépendante, plus moderne, mais c’est normal c’est la cadette. Après avoir appris à ménager le suspense, puis à décrire avec subtilité les joies terrestres de la pêche dans les lochs irlandais, Hervé Jaouen invente une sorte de "classicisme" armoricain littéraire, qui s’avale comme une douzaine de crêpes.
Ouest-France – 21/12/2010

- Comme les trois mousquetaires, elles sont quatre les filles de Joseph Gwenan, grand marin devant l’éternel, héros des Dardanelles, père de famille affectueux. Autour de leur mère Guillemette, Joséphine l’aînée et ses sœurs : Germaine, Yvonne et Marie-Morgane, passent leur enfance dans le pennti du Cap-Sizun au rythme des marées, guettant le retour du père envoyé sur toutes les mers du globe. Vouées à devenir comme leur mère "femme de marin, femme de chagrin", les quatre sœurs emprunteront des chemins différents pour accomplir leur destinée et celle de la famille qui s’inscrit en contrepoint avec celle de l’oncle Donatien, terrien m’as-tu-vu que tout oppose à son frère.
Avec ce roman, Hervé Jaouen clôt le cycle romanesque consacré à la famille Gwenan.
L’Écho – Le Valentinois – 04/12/2010

- Avec "Les sœurs Gwenan", évocation des destins croisés de quatre filles nées du mariage de l’écume et du large, Hervé Jaouen emprunte les chemins balisés des séries à grands tirages (ici la collection Terres de France des Presses de la Cité) sans jamais oublier de donner une portée sociale et une vraie épaisseur humaine à ses héros.
Bretagne – Janvier 2011

- Hervé Jaouen restitue avec bonheur son univers de prédilection : la Bretagne et le monde des marins au siècle passé. Voilà pour le cadre spatio-temporel où l’auteur déploie, avec une évidente préférence pour le réalisme que pour les artifices romanesques, les destinées des quatre filles de Joseph, un marin de la Royale héros des Dardanelles. Joséphine, l’aînée, semble vouée à une vie de déception. il est vrai que ses sœurs sont plus heureuses en amour : Germaine et Yvonne, elles, ont trouvé leur marin ! Mais il est tout aussi vrai que la vie réserve parfois de ces surprises... Quant à Marie-Morgane, la dernière, elle est plutôt de ces femmes fatales qui subissent moins les caprices du destin qu’elles n’imposent ceux de leur propre cœur...
Un roman captivant, qui nous fait cheminer tout au long du siècle et qu’on ne lâche qu’à regret.
La Manche Libre




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