Fleur d'achélème

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2007 - Éditions Diabase

Résumé

"C'est à l'occasion de son vingtième anniversaire, en 1966, que Bernard reçut la première lettre de Lucienne.
Contrairement à l'indifférence qu'il feignit devant Marie-Claude, il fut flatté et amusé d'y lire sous l'autodérision une espèce de regret amoureux - sans doute Lucienne l'avait-elle aimé, et peut-être l'aimait-elle encore, après tout, ce qui serait assez drolatique."
Bernard, Marie-Claude et Lucienne, enfants de parents ouvriers, se sont connus au lycée. Bernard choisit et se marie avec Marie-Claude. Lucienne part en Normandie. Ils ont vingt ans. Lucienne écrit à Bernard pour son anniversaire et le fera ainsi jusqu'en 1993. Bernard ne répond pas... mais Hervé Jaouen nous fait partager l'évolution de leurs destins. Il évoque ainsi l'histoire contrastée de cette période, jubilatoire et cruelle, à travers des personnages attachants, véritables icônes de leur génération.
Hervé Jaouen vit en Bretagne. Avec "Fleur d'Achélème", c'est à un aspect plus intime de son oeuvre que le romancier, souvent primé, nous confronte. Et c'est affaire de littérature.

Extrait

Bagnoles-de-l'Orne, le 20 mai 1990
C'est le jour de la SAINT-BERNARDIN ! Ta fête, Bernard, toi qui es PRÉDICATEUR au MONDE !
Les années se suivent et ne se ressemblent pas : je te souhaite tous les joyeux anniversaires en retard. Et à venir, tant qu'on y est ! À vos souhaits !
Je t'écris de mon CHÂTEAU ! Comme j'ai replongé (toute nue, tu penses bien !) dans les citernes du liquide inventé par Noé qui foula du raisin aux pieds, Dame Sécu, dans Son Immense Générosité, me paie un séjour de six mois dans une Institution pour Buveurs Repentis ! Ah les jolies colonies de vacances ! Manoir, jardin à la française, ateliers de poterie, de reliure, de couture, de peinture, gymnase (ça m'a rappelé mon sexgymnaste), salon télé, salle de jeux, tout, on a tout, sauf le droit de boire autre chose que H²O, l'oran de Gina et les dérivés cocacolesques. Ce n'est pas la prison. On a permission de sortie, tous les soirs, jusqu'à vingt-deux heures. On va dans le bled, à pied, dix bornes aller-retour. Et quand on revient, les animateurs nous attendent et nous font tous souffler dans le ballon ! Il y a de quoi se BIDONNER, et on se BIDONNE ! Sobriété ne rime pas avec chasteté ! Les chambres des mâles se trouvent dans l'aile droite du château, celles des femelles dans l'aile gauche, mais tu penses bien que la nuit on se donne rendez-vous AU MILIEU !
Chaque nuit des MISSILES disparaissent corps et fort bien dans mon TRIANGLE DES BERMUDAS ! Dans mon cap CARNAVAL, je mets à feu une FUSÉE martiniquaise ! Celle d'un NOIR qui abusait du rhum BLANC pour être GRIS ! Je t'assure, Bernard, la VIT-GUEUR des Noirs n'est pas une légende ! Je suis CON-BLÉE !
Écoute, si un jour tu manques de sujets, viens me voir ici : entre mes cuisses FUSElées, c'est la COUR DES MIRACLES ! Il y a un beau reportage à faire sur tous les ESTROPIÉS du foie, du cœur et de l'âme ! Ils t'attendent, elle t'attend, ta Lulu qui t'embrasse et ne va pas tarder à se mettre en orBITE en pensant à toi !

Critiques

- Le point de vue des éditeurs
Bernard, Lucienne et Marie-Claude, lycéens d'origine modeste, se rencontrent en classe de seconde et forment un trio de copains. Trois ans plus tard, Bernard choisit et épouse Marie-Claude, Lucienne part en Normandie. Nous sommes en 1966. Datée du 25 octobre, jour de son anniversaire, Bernard reçoit une lettre de Lucienne. Et l'année suivante et encore après, celle "qui ne l'oublie pas" lui envoie ainsi, en octobre, de ses nouvelles... jusqu'en 1993.
Bernard n'y répond pas.
Elle ne change pas Lucienne. Si à seize ans elle lui avait fait du "rentre-dedans" lors d'un slow, à vingt ans, c'est avec les mots qu'elle continue : Bon anniversaire, Bernard ! À nos vingt ans ! Je retourne à mes lectures... Sous le crucifié cloué au mur de ma chambre avec son rameau de buis bénit planté dans le dos, j'ouvre Justine et je pense à toi bien fort, une main sur le livre et l'autre sous la couverture, sur ma vertu préservée par infortune.
De la lourde plaisanterie potache à un don certain pour les jeux de mots salaces, Lucienne développe toute une panoplie de sous-entendus égrillards. D'une lettre à l'autre elle déverse un excès - verbal - de jouissance pour mieux provoquer Bernard en clamant l'exceptionnelle moiteur de son ventre. S'éprenant du "Marin" qui "ne pense qu'à monter à bord, (à s'embarquer) pour les quarantièmes rugissants ! Les trente-six positions à la puissance grand P, comme Panard, elle ajoute Ou encore P comme tu ne sais pas ce que tu as Perdu !"
Ainsi va la vie de Lucienne qui quitte son travail, épouse puis divorce du "Marin", au détour avoue : Je m'étais laissée aller à abuser de la dive bouteille, puis rencontre "l'homme de sa vie", professeur d'éducation physique, (son) gymnaste kamasouTRIQUE, mais deux années plus tard, elle annonce avoir "largué (son) sexgymnaste"...
"Fleur d'Achélème" - son leitmotiv identitaire revendiqué jusqu'au bout - qui porte à bout de rires et d'autodérision - Mais enfin, que demande une fille de peuple ? De l'amour, toujours de l'amour ! - son mirage d'une vie meilleure.
Travail et amour sous le signe de l'éphémère, Lucienne dérive. "... Bien sûr qu'elle déprime ! Encore un peu et ce sera une vraie maniaco-dépressive ! Elle va foutre sa vie en l'air, aussi sûr que son père sifflait verre de rouge sur verre de rouge" prédit Marie-Claude qui très vite ne vent plus rien en savoir. Assistante sociale, elle déclare : "les filles comme elles, issues de ce genre de familles, il n'y en a pas deux sur dix qui s'en sortent. (...). Mon boulot c'est d'essayer de les tirer de là, mais pas de m'occuper d'une ancienne copine qui balance des lettres abjectes à mon mari".
Bernard, d'abord jeune journaliste stagiaire à Ouest-France, devient journaliste, page économique et sociale, puis à l'opportunité d'"un poste très bien payé" au Matin de Paris, fait un court séjour à Libé, en attendant la place de choix promise au Monde, place qu'il obtient. Le rêve d'écrire devient réalité et son premier roman publié s'intitule "Fleurs d'Achélème"... Pendant ces trois décennies, ils montent tous les échelons d'une réussite sociale, conjugale - ils s'aimaient comme au premier jour -, et leurs enfants poursuivent l'ascension.
Lucienne, elle, d'errance en divagation, s'effondre : "j'ai été très mal, ces cinq dernières années. Vraiment très mal." Elle continue d'écrire, ne se désarme jamais de sa confiance. Et Bernard continue de lire les lettres, se les commente, les classe, ouvre un dossier à son nom. Il aurait aimé s'émouvoir des malheurs de Lucienne, il regrettait d'en être incapable, et c'était cela qui lui déplaisait, parce qu'il se sentait pris en flagrant délit de bonheur.
Lettres d'une folle amoureuse ou d'une amoureuse folle, Hervé Jaouen laisse le lecteur trancher. L'auteur a réussi là une histoire d'un noir singulier. Pas d'assassinat, ni de perfidie, pas même d'empoignade. Aucune goutte de sang. Mais au fil des ans, de façon feutrée, le malaise est palpable, l'humour s'enténèbre, le sourire devient grinçant, accompagnant une participation "en creux" à une chute doucement inexorable que rien n'arrête.
Lorsque Lucienne déclare "l'atavisme, Bernard, la malédiction des achélèmes !", il en est bien d'accord. Lui promis au "grand destin", elle à la chute. Mais au milieu de ce brouhaha de plaisanteries salaces et de projets gagnants s'ouvre et se creuse insidieusement dans le texte un vide.
La fatalité s'inscrit-elle uniquement dans les "racines pourries" d'une famille comme Lucienne les nomme ? Qu'en est-il du silence en réponse à cette jetée de mots envoyés d'année en année ? De cette parole restée sans écho ?
Pourtant, silence enkysté dans leur réussite, Lucienne arrivera à entrer dans leur vie et à y demeurer jusqu'à leurs morts, comme l'ombre attachée à leurs pas.
Cypris KOPHIDÈS

- Un Jaouen particulièrement inspiré et au meilleur de sa forme littéraire.
Ronan GORGIARD - Ouest-France

- ... Fossé social impeccablement mis en scène, art de la cruauté, mais aussi formidable émotion enserrée dans ces 150 pages d'un Jaouen au meilleur de sa forme.
Georges GUITTON - Ouest-France - 22/03/2007

- A quinze ans, en 1961, Bernard et Marie-Claude tombent amoureux : ils ne se quitteront plus. Marie-Claude a une copine, à cette époque, Lucienne, qui est une "fleur d'achélème" : Famille bas de gamme, délurée et vulgaire, parlant énormément de sexe, elle est partagée entre fascination et répulsion. Très vite, la vie sépare ce trio et notre petit couple fait son bonhomme de chemin. Ils se marient, ont des enfants, bossent, s'embourgeoisent, à mort. Rien de répréhensible à tout cela, sauf que sous le vernis civilisé et méritant, c'est une très médiocre et de plus en plus laide mentalité qui se dessine. Lulu, elle, écrit chaque année, ou presque, à Bernard, pour son anniversaire.
Mise en parallèle de ces deux destins contraires...
Je peux dire merci à Eireann dont les lectures enthousiastes d'Hervé Jaouen m'ont incitée à découvrir cet auteur. Ses principales sources d'inspiration sont la Bretagne et l'Irlande. Ici, si la Bretagne est présente en toile de fond, c'est beaucoup plus une peinture sociale très réussie qui se lit d'une traite, et qui, sans être moralisante, choisit son camp. C'est écrit avec beaucoup de verve et de style, d'une lecture très facile, je compte bien récidiver et lire encore Hervé Jaouen.
http://cuneipage.over-blog.com - 16/04/2007

- Lettres d'anniversaires !
Dernier roman (pour l'instant) d'Hervé Jaouen. Une histoire d'amitié, peut-être d'amour, de vie réussie ou gâchée, enfin le compte-rendu d'une époque que j'ai bien connue, ayant eu vingt ans en 1967.
Bernard reçoit pour son anniversaire une lettre de Lucienne, nous sommes en 1966, il a vingt ans.
Il en parle à son épouse, Marie-Claude, qui fut pendant un moment sa meilleure amie. Bernard a choisi entre les deux, il ne regrette rien, pire, son orgueil de mâle est flatté par cette soudaine et inattendue correspondance. La lettre laisse deviner un désarroi certain caché par une vulgarité de façade. Le passé ressurgit dans leurs vies. Mais à ce moment-là, Bernard ne se doute pas que cette correspondance à sens unique va durer jusqu'en 1993.
Les deux vies s'inscrivent alors par les courriers de Lucienne, en parallèle, le bonheur grandissant pour Bernard et Marie-Claude et une longue déchéance pour Lucienne.
Malgré quelques interruptions, les lettres continuent d'arriver. Bernard devient un homme célèbre, Lucienne l'en félicite, Bernard ne répondra jamais.
Mais un jour une conférence, annoncée dans la presse, l'emmène à Cherbourg où est censée vivre Lucienne !
Bernard et Marie Claude sont dans ce roman le prototype du couple qui réussit, bonnes situations, des enfants qui ne posent pratiquement pas de problèmes, un appartement et une maison dans le Finistère, le couple parfait.
Lucienne, la fleur d'Achélème, fille perdue avec une enfance plutôt sordide, famille nombreuse et père alcoolique. Entre les hommes "de sa vie" et des déceptions amoureuses, entre les abus de boisson et la détresse morale, elle plonge dans la misère.
Le contexte de la France, et de ses soubresauts politiques, incarné par la carrière de Bernard est très bien rendu, entre l'euphorie des victoires de la gauche et des désillusions qui ont suivi. Tout cela ne nous rajeunit pas !
Une écriture toute simple pour une histoire ordinaire, le drame d'une femme, sombrant petit à petit. Pas de mort violente, juste une chronique de notre temps, avec ses vainqueurs et aussi hélas, plus nombreux, ses vaincus.
Extraits :
- D'entre tous, Lucienne était la plus méritante.
- Ils ne connaissent qu'un mot de cinq lettres, qui n'est pas celui de Cambronne : C.A.L.V.A.
- C'est vrai qu'elle était plus femelle que féminine, dit Bernard.
- Mon mari était un coureur non pas des mers, mais des mères de famille.
- Ces tourments moraux ne duraient pas longtemps. Le lendemain de la lecture d'une lettre, ils étaient déjà oubliés.
- Tout bien pesé il était fait pour la réflexion politique, pas pour sa pratique.
- PS : Depuis le temps que je t'écris, tu pourrais peut-être te fendre d'un petit mot.
- Ils y allaient environ une fois par semaine prendre un whisky qui coûtait deux heures de SMIC.
http://eireann561.canalblog.com - 21/04/2007

- "Fleur d'Achélème" d'Hervé Jaouen est composé de lettres envoyées à Bernard depuis le jour de ses vingt ans en 1966 jusqu'en 1993. Lorsqu'il reçoit la première lettre de Lucienne, une ancienne copine de lycée, c'est pour apprendre qu'elle n'a jamais cessé de l'aimer. Cependant, indifférent et insensible, il ne répond pas. Année après année, Lucienne renouvelle ses vœux et Bernard demeure dans le silence, se contentant de commenter froidement la missive qu'il reçoit. Le lecteur lit alors la vie de Lucienne qui défile et ses phrases érotomanes qui s'adressent à Bernard. Elle collectionne quelques aventures plus malheureuses les unes que les autres jusqu'à ce qu'elle sombre dans l'alcoolisme et la destruction d'elle-même, ne réussissant pas à oublier son amour de jeunesse et suivant, dans l'ombre, le parcours de ce dernier devenu journaliste et écrivain de renom. Le couple Bernard Marie-Claude ne cesse de s'embourgeoiser année après année.
La correspondance cesse en 1993, (année même où disparaît Anne Pollier), après que Lucienne a assisté à une conférence donnée par Bernard dans leur ville d'origine, Cherbourg. Bernard a feint de ne pas la voir avec cette crainte qu'elle ne vienne l'entretenir après son intervention. Il a ressenti de la "répulsion, très vite contenue, face à ce visage ravagé, émacié, ridé, à ces lèvres craquelées bien que tendues (...)." Elle incarne la pauvreté face à un couple qui paye l'impôt sur la fortune. Bernard s'était habitué à recevoir la lettre annuelle et, sans doute pour relancer cette correspondance à sens unique, il se décide à lui écrire en 1997 à l'occasion du nouvel an tout en espérant une réponse qu'elle ne donnera pas.
Le roman nous laisse un goût amer face à ce couple satisfait de lui-même, cherchant la reconnaissance et la vie publique sans aucune préoccupation de l'autre, mais poursuivi finalement par l'ombre redoutable du malheur d'une ancienne camarade de classe que les protagonistes ont tenté d'oublier.
Nelly CARNET - Mensuel littéraire et poétique - Mai 2007

- Bernard et Marie-Claude forment un couple modèle. Le jour de ses vingt ans, en 1966, Bernard reçoit une lettre de Lucienne. " ... il fut flatté et amusé d'y lire sous l'autodérision une espèce de regret amoureux."
À vingt ans, entrés rapidement et brutalement dans l'âge adulte, avec un enfant à nourrir, Bernard et Marie-Claude prennent leurs responsabilités à bras le corps. Ils ont tiré un trait sur leur jeunesse passée sous l'égide des Trente Glorieuses. D'origine modeste, ils avaient tous les trois les mêmes cartes en mains.
À "Ouest France", Bernard entame une carrière de journaliste tandis que sa femme devient assistante sociale. Leur vie banale agrémentée de plaisirs bourgeois, est à peine secouée par la lettre de leur ancienne amie.
"Marie-Claude et lui avaient eu des jeunesses parallèles. D'un côté un meilleur copain et une meilleure copine incarnant l'interdit, de l'autre des mamans en tablier brodé, juste un peu moins pauvres que les autres, mais gestionnaires du ménage, reines du pain perdu et du quatre-quarts fourré aux noix fraîches, et tout entières saupoudrées de douceur, sinon d'effacement. Bernard et Marie-Claude étaient devenus ce qu'ils étaient en naissant, conformes à l'éducation reçue de parents soucieux de bienséance et du qu'en dira-t-on - le père de Marie-Claude était chauffeur à la préfecture, celui de Bernard garçon de courses à la Banque de France."
Lucienne faisait partie du groupe, goûtant aux plaisirs d'une jeunesse rebelle. Appartenant à une fratrie nombreuse, elle habitait dans un "achélème flambant neuf".
Ses lettres mâtinées d'autodérision, sont portées par une langue débridée. Elle raconte ses péripéties et sa vie amoureuse sans ambages. Les missives d'un autre temps restent sans réponse.
Au fil des années, la déchéance de Lucienne s'amorce, caissière à Prisunic, alcoolique, divorcée, séparée de son enfant, elle se détruit âprement. Sa situation fait étrangement écho aux dossiers traités par Marie-Claude. Animé par un brin de voyeurisme, Bernard se conforte dans sa délicieuse vie de famille et sa carrière florissante. Heureux propriétaires, leur bonheur est bourgeois. La compassion pour Lucienne égratigne à peine leur confort et entre deux lettres, celle-ci n'existe quasiment pas. L'ascenseur social les mène à Paris. La montée est fulgurante, journaliste dans des grands quotidiens, écrivain adulé, il est un père comblé par la réussite de ses enfants.
Les lettres se succèdent et la chute de Lucienne irrémédiable tandis que le couple caracole au sommet de la bourgeoisie.
Hervé Jaouen pose un regard sans concession sur ces existences imbues de leur réussite. Avec un brin d'ironie, il dissèque brillamment deux destins aux antipodes. "Fleur d'Achélème" est un roman doux amer.
Alexandra MORARDET - http://www.arte.tv/fr/1594044.html - 06/06/2007

- Hervé Jaouen à tous vents
Il ne se contente pas d'avoir du talent : Hervé Jaouen est un auteur prolixe. Il vient de nous le rappeler. Avec le roman "Fleur d'Achélème", au travers des lettres d'une folle amoureuse ou d'une amoureuse folle, c'est une histoire d'un noir singulier. Ni perfidie, ni assassinat : pas une goutte de sang, mais un malaise palpable, l'humour s'enténèbre, le sourire devient grinçant, une chute doucement inexorable que rien n'arrête.
Yann POILVET - Armor Magazine - Juin 2007

- L'histoire d'une bande de lycéens en opposition aux valeurs bourgeoises et qui, pour la plupart, finissent par rentrer dans le moule classique de la société occidentale (mariage - 2 enfants - 1 maison + 1 maison de campagne - belle promotion professionnelle - etc...). Rien de bien excitant si ce n'est qu'Hervé Jaouen s'est attaché à trois des protagonistes et raconte leur histoire sous forme épistolaire : une fille du groupe galère et envoie chaque année (pour son anniversaire) une lettre à un garçon qui a épousé une fille de ce même groupe. Et quelle lettre !!!
Le contraste entre ces lettres "au gros sel" (calembours énormes, allusions érotiques pas piquées des hannetons !) et la réaction du récipiendaire et de son épouse est grand et dénote bien les deux atmosphères.
Belle trouvaille narrative !
Benoît CRUTZEN - Bibliothèque de l'EMCA Anderlecht - 25/10/2007

Pourquoi les fleurs ne poussent-elles pas toutes du bon côté de la lumière ?
Bernard, Marie-Claude et Lucienne, enfants de parents ouvriers, se sont connus au lycée. Bernard choisit et se marie avec Marie-Claude. Lucienne part en Normandie. Ils ont vingt ans. Nous sommes en 1966. Lucienne écrit à Bernard pour son anniversaire et le fera ainsi jusqu'en 1993. Bernard ne répond pas... mais Hervé Jaouen nous fait partager l'évolution contrastée de leurs destins, ambitieux pour l'un, chaotique pour l'autre. Il évoque ainsi l'histoire jubilatoire et cruelle de cette période, à travers des personnages attachants et provocants, véritables icônes de leur génération.
Hervé Jaouen, auteur publié notamment chez Denoël et aux Presses de la Cité, connu pour ses romans policiers, ses romans populaires et ses ouvrages sur l'Irlande, ouvre avec "Fleur d'achélème", un territoire romanesque plus intime et découvre ainsi un aspect incisif de son regard sur ses contemporains.
http://www.lesyeuxfertiles.ch/




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