Les ciels de la baie d'audierne

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2006 - Presses de la Cité
2006 - Editions VDB (gros caractères)
2008 – Pocket
2011 – A été publié en e-book

Résumé

De leur bonheur passé, il ne reste plus rien. Des souvenirs lointains, des émotions perdues, l'impression étrange d'avoir eu deux vies. Tout s'entremêle dans la tête de Mélodie, adolescente de quinze ans, jusqu'alors bien dans ses baskets, studieuse à l'école. Des parents adorables, un petit frère craquant. Une jolie villa. L'insouciance. La routine. Une vie quelque part en Bretagne, comme il y en a des millions. Jusqu'au jour où...

Extrait

Petit Louis ! Comment pourrais-je l'abandonner ? La dernière fois que je l'ai vu, en compagnie de sa nouvelle fratrie, il allait beaucoup mieux. Il riait, mais il s'interrompait tout net, aussi et encore, au milieu d'un rire, le regard tourné vers l'intérieur et ce vertigineux couloir où d'innombrables portes demeurent ouvertes sur des souvenirs insupportables. Ces portes, avec le temps, il apprendra à les refermer une à une. Je l'y aiderai. Il guérira, j'en suis sûre. Je veux le voir guéri. Je dois rester en vie. Il me faut, vite, vite, vite, inventer une autre fin à ce roman-métaphore de mes odieuses pensées suicidaires.
Non, je ne suis pas prête à rejoindre le néant. Il me faut, vite, vite, vite, inventer une autre fin à mon roman.
La voici : les flacons ne contiennent aucun poison, les contemplateurs des cieux sont toujours en vie.
Au bout d'une semaine, l'homme revient et, aux garçons et aux filles éperdus de beauté céleste dit : "Alors, vous avez réfléchi ? Comment pouvez-vous vouloir abandonner tant de munificence ? Il faut vivre pour regarder le ciel. Ceux qui auront appris à regarder le ciel seront sauvés."
En écrivant cela, je pense aux ciels que je vois de ma fenêtre, ciels d'étain, ciels chagrins, ciels céruléens, ciels rutilants, ciels floconneux, ciels d'alléluias, ciels de batailles navales, ciels de naufrages, ciels au cœur lourd, ciels édredons, ciels coups de clairon, oui, je pense à tous ces ciels de la baie d'Audierne qui aspirent ma mélancolie et s'illuminent de tous les bonheurs de demain.

Critiques

- Le couple Mérour vit heureux avec ses enfants, Mélodie et Petit Louis. Un matin, tout bascule. Le mari est jeté en prison, soupçonné, comme une dizaine d'autres et sur la base d'un témoignage très approximatif, de faire partie d'un réseau bien organisé de pédophiles. Avec ses mots, où se mêlent la douleur et l'incrédulité, Mélodie décrit la décadence de sa famille et la sienne. Trois années plus tard, au terme d'un éprouvant procès, tous les accusés, innocents, sont enfin disculpés. Mais plus rien ne sera comme avant. Du même auteur : Que ma terre demeure ; L'Adieu au Connemara.

- Inspiré d'un retentissant procès d'actualité devenu débat de société, et raconté par un des enfants de victimes, un roman poignant d'Hervé Jaouen.

- Voici une fiction aux allures de documentaire, tant le thème de ce roman est "brûlant" d'actualité. Imaginez l'affaire d'Outreau transposée dans une commune bretonne et racontée par une enfant de 15 ans dont les parents sont accusés de pédophilie. Comme à son habitude, Hervé Jaouen appuie là où ça fait mal, dénonçant au passage une justice arbitraire.
Hervé CIRET - Site Phare Ouest

- Ecrivain prolixe, Hervé Jaouen renoue dans son dernier ouvrage avec un genre qu'il affectionne : le polar noir. Dans Les ciels de la baie d'Audierne il décrit une affaire de justice qui tourne mal. Toute ressemblance avec un fiasco judiciaire récent est voulue. Par un matin blême, un couple se voit accuser de pédophilie. Le début de l'enfer pour une famille heureuse jusqu'alors sans histoires. Soudain : l'incompréhension, le placement par la Ddass pour les enfants, la terreur, la souffrance, le regard des autres, l'abattement, la haine sourde... Hervé Jaouen passe le fait divers au crin de fer. Il montre l'enchaînement, la hâte et la "légèreté" de la machine judiciaire qui accuse, broie et détruit à belles dents. Jaouen met en scène un monde noir aveugle et sourd où tout semble cadenassé. Ecrit dru et serré, son livre fait mouche. La vie n'est pas un roman.
Le Mutualiste Breton - N° 247 - Février 2006

- Les ciels de la baie d'Audierne : une fiction éloquente
Mélodie Mérour, 18 ans, raconte. Trois ans auparavant, des policiers sont venus chercher son père au petit matin, sans plus d'explication qu'un laconique "dans le cadre d'une enquête en cours". S'ensuivra une perquisition incongrue de leur jolie maison bretonne, puis la terrible sentence : le père de Mélodie est accusé d'appartenir à un réseau de pédophiles. C'est ce que soutient la principale organisatrice, une certaine madame Ruttard, qui a elle-même abusé de ses propres enfants. Lesquels ont lâché les noms d'autres adultes par dizaines...
Si le nouveau roman d'Hervé Jaouen (La Mariée rouge, Que ma terre demeure, L'Adieu au Connemara, etc.) s'appuie sans conteste sur les ressorts de l'affaire d'Outreau, celle-ci n'est restituée qu'en pointillé. Point de complaisance à rappeler l'horreur, le glauque, l'innommable. Point de portraits calqués non plus et de clés à essayer. L'auteur esquisse tout juste le décor, évoque à peine les premiers rôles. Il préfère s'intéresser à l'onde de choc, à ses effets dévastateurs sur une famille épanouie, tout ce qu'il y a de plus normale : le père incarcéré ; la mère obligée de vendre la maison puis de trouver n'importe quel boulot et de déménager dans une banlieue sordide ; Mélodie qui s'enfonce dans la débauche ; son jeune frère, petit Louis, qui se réfugie dans un mutisme insupportable...
Une fois encore, Hervé Jaouen met le doigt là où ça fait mal et s'y emploie avec beaucoup d'éloquence. On n'oublie pas ce livre de sitôt.
Delphine PERAS - France Soir - 16 février 2006

- En ce début 2006, cet excellent écrivain qu'est Hervé Jaouen nous propose deux nouveaux titres : Les ciels de la Baie d'Audierne (Presses de la Cité) et L'argent de la quête (Éditions Après la Lune). Deux livres à découvrir absolument.
Exploitée par les médias, une énorme affaire de réseau pédophile fait frémir la population. La thèse officielle n'est pourtant basée que sur des affirmations peu plausibles. Pendant trois ans, le dossier se nourrit de terribles révélations. Au procès, la vérité s'impose bien tardivement. Cette "catastrophe judiciaire" secoue l'institution. On s'excuse, on tente de comprendre le dysfonctionnement. Tels sont les évènements dont s'inspire Hervé Jaouen dans Les ciels de la Baie d'Audierne. A l'opposé du traitement spectaculaire, il adopte un autre point de vue. Il a évoqué ce sujet dans une interview sur www.rayonpolar.com :
C.L.N. : L'injustice et les dérapages judiciaires vous inquiètent-ils ?
HERVE JAOUEN : Il me semble que dans tous mes romans, même mes romans "de la terre", j'écris contre quelque chose. J'ai besoin de dénoncer. L'injustice sous toutes ses formes ? C'est un peu grandiloquent, ça fait auteur engagé (or, à mon sens, un écrivain ne peut pas l'être, rappelons-nous cette phrase de Malraux : "La politique est la pierre accrochée au cou du roman"). Je préfère l'expression "écrire contre". Les dérapages judiciaires m'ont toujours fasciné, ainsi que leur traitement par les écrivains, que ce soit Le Procès de Kafka ou les bons vieux polars américains sur le thème du faux coupable. Qu'y a-t-il de pire que d'être innocent et de ne pas pouvoir le prouver ? En suivant l'affaire d'Outreau, je me suis aperçu qu'aucun journaliste ou presque, ou sinon en quelques lignes, n'avait abordé la question des enfants des innocents. Comment ces gosses ont-ils pu vivre l'infamie ? Quels dégâts la fausse accusation a-t-elle pu causer dans leur conscience ? J'ai donc imaginé d'écrire un roman de faux coupable écrit non pas comme un polar (ça aurait pu se faire) mais du point de vue d'une fille de 15 ans qui voit ses parents arrêtés et accusés de l'innommable, et raconte à la première personne, comme elle écrirait son journal, la destruction de sa famille et sa propre destruction. Cette façon de faire permet d'évacuer "le judiciaire" (la procédure) pour se concentrer sur l'émotion. Il me vient à l'idée que le thème du faux coupable me trotte dans la tête depuis belle lurette. Il y a vingt ans, j'ai écrit un "Souris noire" qui n'était rien d'autre qu'une histoire de faux coupable : un papa accusé d'assassinat, une petite fille qui sauve son papa. (Octobre 2005)
Voici l'histoire que nous raconte Mélodie :
Dans une ville du grand Ouest, les Mérour forment une famille ordinaire. Le père est kiné, la mère l'assiste. Ils ont deux enfants : Mélodie, 15 ans, et Petit Louis. Cette vie paisible et heureuse bascule un matin. Sans explication, le père est arrêté par la police. Dans la tour où il exerce, la Grande Pyramide, une vaste affaire de pédophilie vient d'éclater. Combattive, la mère maintient l'espoir d'une simple erreur. Le cabinet du père, puis leur domicile, sont perquisitionnés. Déjà, des rumeurs circulent. Parmi d'autres, le kiné est accusé par un couple de la tour. Probablement s'agit-il d'une basse vengeance. Face aux absurdes soupçons, son épouse se bat encore. Mais elle est bientôt inculpée, elle aussi.
La descente aux enfers commence pour la jeune Mélodie. Petit Louis est envoyé en famille d'accueil. Il se réfugie dans un inquiétant mutisme. Le foyer de la DDASS où est placée Mélodie n'est ni miteux, ni agréable. Elle traverse les premières épreuves aussi dignement que possible. Malgré le retour de sa mère, leur situation s'aggrave. Ils s'installent bientôt dans une banlieue sordide. Pour la jeune fille, c'est la chute libre dans un puits sans fond. Elle se laisse contaminer par la médiocrité...
Hervé Jaouen ne polémique pas, il montre. A travers le récit de Mélodie, il nous fait partager le sort des autres victimes : les proches des accusés innocents, ignorés par les médias. Il pose un regard sans concession sur notre société actuelle. S'il ne s'attarde pas sur l'aveuglement de la Justice, il en décrit les dramatiques conséquences. "A force d'être sali, on se persuade que sa place est dans la saleté" dit Mélodie. Le juge Sibérius, comme elle l'appelle, n'a rien mesuré de tout ce gâchis.
L'humanisme de l'auteur est ici évident. Son écriture est d'une lucidité percutante, réaliste jusqu'à la dureté, toujours d'une justesse absolue. Pas de démagogie larmoyante. Mais ce roman souligne que nul n'est à l'abri du pire. C'est une histoire forte, sombre, poignante, qui doit marquer les esprits.
Claude LE NOCHER - Bibliopoche.com

- Une descente aux enfers comme à Outreau
Il faut oublier le titre et la photo de couverture qui ne révèlent en rien la force du roman. Conserver peut-être l'idée de naufrage, dont il est question dans le dernier ouvrage d'Hervé Jaouen, mais un naufrage judiciaire dans lequel se trouve embarquée toute une famille qui n'en sortira pas indemne.
Inspiré du procès d'Outreau, même si jamais le mot n'est mentionné, le récit de Mélodie, quinze ans, commence le jour où son père est arrêté à son domicile, accusé de pédophilie sur la foi d'improbables témoignages. C'est la descente aux enfers : changement de quartier, de collège, travail de nuit pour la mère, mutisme de petit frère et pour Mélodie les amies qui doutent et le chaos sentimental. Lorsque finalement le père est blanchi, la famille a explosé. Seule note d'espoir, la rage de la jeune fille de s'en sortir. L'auteur décrit avec minutie et pudeur la machine implacable d'une justice qui s'emballe et éclaire à travers le regard d'une enfant de victime, une actualité sordide. Passionnant.
Catherine ESTEVE - La Provence - 5 février 2006

- Les ciels de la baie d'Audierne parle des victimes collatérales de la justice. Le dernier roman d'Hervé Jaouen
Y a-t-il de vrais rescapés dans un naufrage comme celui de l'affaire d'Outreau ? Non, à en croire Hervé Jaouen, qui consacre son dernier roman au naufrage de toute une famille victime d'un affaire qui y ressemble étrangement. Son titre, "Les ciels de la baie d'Audierne", signifie-t-il que seul le retour aux sources, aux racines, peut encore réparer l'irréparable ?
L'histoire ? On la connaît déjà, malheureusement. Une famille heureuse. Des parents à la vie professionnelle et familiale épanouie. Une adolescente, la narratrice, "bien dans ses baskets" et studieuse. Un petit frère craquant, une jolie villa. L'insouciance. On n'est pas dans le Pas-de-Calais mais en Bretagne. Quelque part entre Saint-Malo et Nantes. Comme pour nous montrer qu'une affaire comme celle-là peut arriver à n'importe qui, n'importe où.
Un matin, la police frappe à la porte. Le père, soupçonné de l'innommable, est jeté en prison. Puis, ce sera la mère. Pourtant, l'accusation, très approximative, ne repose sur rien. En tout cas, pas sur la moindre preuve tangible. Commence alors l'histoire d'un désastre. D'un véritable naufrage. Le déménagement dans un quartier sordide. Le travail de la mère, remise en liberté sous contrôle judiciaire après une démonstration, devant le juge, de la manière dont il aurait pu conduire son enquête. Le mutisme inquiétant du petit frère. Le père à l'abandon qui finit par se comporter comme un coupable si ce n'est sa lettre quotidienne au président de la République. Et Mélodie que ses fréquentations dangereuses finissent par conduire au fond du fond avant que, revenue chez son grand-père "sous les ciels de la baie d'Audierne", elle renoue avec la vie, retrouve sa dignité et participe au procès.
Ni plaidoyer, ni réquisitoire
Mélodie, la narratrice, décrit comment tout dérape. Avec ses mots respirant l'incrédulité, la douleur, la révolte.
Ni plaidoyer, ni réquisitoire, ce roman sonne particulièrement juste. Il nous permet de nous rendre compte que chacun d'entre nous, malgré l'illusoire présomption d'innocence, peut vivre un tel cauchemar, et être ainsi broyé par une justice sourde aux paroles des victimes et relayée par une presse qui, c'est dit aussi, n'a pas joué son rôle.
La dernière phrase, à elle seule, résume l'enjeu d'un tel drame humain : "Une ville bombardée est plus facile à reconstruire que des vies détruites". A la veille de son audition devant la commission d'enquête parlementaire, on peut souhaiter que le juge Burgaud, dont "toute ressemblance avec les personnages de ce roman serait fortuite", ait pris connaissance de l'œuvre si forte d'Hervé Jaouen.
Jean-Yves MANAC'H - Ouest-France - 7 février 2006

- Voici un roman qui arrive à point. Sur les décombres du scandale d'Outreau, on avait envie de réentendre la parole de ceux dont la vie est cassée par le mensonge. C'est le parti que prend Hervé Jaouen en racontant l'histoire du point de vue de Mélodie, une gamine de 15 ans. Elle menait une tranquille "vie de bourge", quand son papa, kiné dans une ville de l'Ouest, est accusé de pédophilie. Descente aux enfers. La mère est mise en détention. Le frère et la sœur placés en foyer. La mère libérée, ruinée, on doit s'installer dans un quartier sinistre où la jeune fille tombe dans la délinquance et subit des viols. La trajectoire est pure comme une tragédie. Après la chute, la vérité triomphera.
Hervé Jaouen, maître du roman noir, ne craint pas d'en rajouter dans la noirceur, mais son réquisitoire est convaincant et l'histoire se lit d'une traite.
Georges GUITTON - Dimanche Ouest-France - 19 février 2006

- Ce roman est le journal d'un fait réel, d'une fille de 15 ans qui un matin a vu son père embarqué par la police. Pas d'explications. Puis sa mère est arrêtée à son tour. La raison éclatera quelques jours plus tard à la une des journaux : "Le couple Mérour au centre d'un vaste réseau de pédophiles".
Commence alors pour la famille un véritable calvaire, dont le récit fait d'autant plus frémir qu'au-delà des nécessaires modifications de noms et de lieux, la réalité en est attestée. Un effroyable engrenage dont les acteurs ressortent broyés. Avec les excuses du ministère public.
Un roman cru, dur, émouvant, qui nous rappelle que du jour au lendemain, toute vie peut sombrer dans l'absurde et le tragique.
La Manche Libre - 19 février 2006

- Ces dernières semaines, une affaire occupait une place importante dans tous les journaux : le procès d'Outreau qui a entraîné la mise en prison d'innocents et broyé des destinées. Le livre dont je vous parle aujourd'hui s'en est fortement inspiré. Il s'agit du dernier roman d'Hervé Jaouen, "Les ciels de la baie d'Audierne"... Hervé Jaouen est l'auteur de nombreux ouvrages couronnés par de nombreux prix... Je pense que celui-ci dont voici un extrait en mérite également un : il s'agit du prologue (page 9) :
"Je m'appelle Mélodie et dans quelques semaines j'aurai dix-huit ans. Mon anniversaire tombera pendant le procès de papa et maman. Quand je pense qu'ils risquent d'être condamnés à dix, douze ou peut-être quinze ans de prison, j'ai le cœur pris dans un étau. Pour desserrer les mâchoires de cet étau, j'ai décidé de raconter ce qui nous est arrivé. J'écris devant la fenêtre de ma chambre, chez mon grand-père, à Esquibien, face à la baie d'Audierne. Nous sommes en mars, le mois des premières tempêtes de printemps (...) Je venais d'avoir quinze ans quand ça a commencé. Nous habitions une ville de taille moyenne, située entre Rennes et Paris, et nous étions heureux."
Ce prologue plante bien le décor : l'action se déroule en Bretagne. Un jour comme les autres, la police vient frapper à la porte des Mérour, la famille de Mélodie, une famille de classe moyenne vivant dans un pavillon au sein d'un quartier tranquille : le père puis, quelques jours plus tard, la mère sont arrêtés sans preuve et incarcérés. Motif : ils auraient fait partie d'un réseau pédophile, tout comme 12 autres accusés. Mme Ruttard, mère d'enfants violés par elle et son mari, habitant dans la cité où se trouvait le cabinet de kinésithérapeute de M. Mérour les aurait dénoncés. Mélodie et son petit frère, âgé de 8 ans, se voient donc séparés : elle va dans un centre de la DDASS quand son frère part dans une famille d'accueil. Grâce à son argumentation, Mme Mérour parvient à retrouver la liberté conditionnelle et à retrouver ses deux enfants... Ils vont habiter dans un quartier de la banlieue de Rennes où Mélodie va connaître les moments les plus douloureux de sa vie... avant de partir chez son grand-père pour commencer une tentative de reconstruction, notamment en écrivant tout ce qui s'est passé. Cette histoire bouleversante est relatée par Mélodie qui nous emmène au cœur de ses espoirs, de son incompréhension et de sa colère voire de sa haine contre cette justice qu'elle estime injuste et dont elle n'a plus confiance. Elle nous entraîne dans ses douleurs et surtout dans sa chute au plus profond de l'abîme. Nous vivons avec elle, son cauchemar, son début renaissance ainsi que les suites du procès. C'est avec le ventre noué que nous quittons cette jeune fille à jamais brisée que Hervé Jaouen nous a fait connaître le temps d'un roman remarquablement écrit, remarquablement juste.
Elodie KERFOURN - IdFM Radio Enghien "Cultivons notre jardin" - 20 février 2006

- Inspiré d'un retentissant procès d'actualité, devenu débat de société, et raconté par un des enfants de victimes, Hervé Jaouen nous livre ce bouleversant roman qui raconte la descente aux enfers d'une famille tombée dans les filets de la justice à la suite d'une fausse accusation.
"La justice, sur la foi d'une seule parole, brise l'existence de Mélodie et des siens. Son père, soupçonné du pire, est jeté en prison. La jeune fille aura-t-elle, après avoir touché le fond, la force de renouer avec la vie, de retrouver sa dignité et de pardonner ?"
L'écriture très maîtrisée de l'auteur fait entrer le lecteur au cœur des dérives d'une adolescente de 15 ans, au plus près de la tragédie, de sa révolte. Ni plaidoyer, ni réquisitoire, juste un roman qui résonne longtemps dans nos mémoires, des pages bouleversantes et essentielles, des émotions brutes et des questions lancinantes. Basculer d'un coup du mauvais côté, être montré du doigt, vivre un véritable cauchemar dans un monde pourtant bien réel, cela peut arriver à n'importe qui. Mélodie cristallise à elle seule le malheur, le désespoir des victimes broyées par la justice, celles qui n'ont aucun droit de parole. Un tour de force, un grand roman d'aujourd'hui.
Le Chirurgien Dentiste - 23 février 2006

- Terribles sont "Les ciels de la baie d'Audierne" qui racontent le drame d'une erreur judiciaire sur fond de pédophilie.
Ni plaidoyer, ni réquisition. Juste les dérives de la jeune Mélodie, 15 ans, confrontée au drame d'une justice aveugle, comme celle qui a instruit le dossier Outreau. Hervé Jaouen raconte, au travers des souffrances de Mélodie, le drame d'une famille qui perd le souvenir des bonheurs passés.
Des parents adorables, un petit frère craquant, une jolie maison, une vie d'insouciance dans un endroit paisible de Bretagne. Tout bascule le jour où le père est interpellé, menotté et placé en garde à vue. La question du pourquoi restera longtemps en suspens.
Ancré dans l'actualité
Commence alors pour Mélodie le naufrage : le déménagement dans un quartier sordide, le travail de nuit de la mère, le mutisme du petit frère, le nouveau lycée, les mauvaises fréquentations. Toutes ces choses, Hervé Jaouen les raconte. Il montre comment le basculement s'effectue, décrit la douleur d'être pointé du doigt, témoigne d'un cauchemar d'autant plus terrifiant qu'il est vrai. "Les ciels de la baie d'Audierne", profondément ancré dans l'actualité, est un regard sensible sur des victimes broyées par un système judiciaire qui dérape jusqu'à l'erreur et l'irrémédiable.
La Gazette du Puy-de-Dôme - 23 février 2006

- La chronique d'une vie brisée
Mélodie et son frère coulent des jours harmonieux en pays breton, dans une famille bourgeoise unie. En fait, c'est le bonheur. Un bonheur qui bientôt ne sera plus qu'un souvenir. Un jour, tout bascule dans l'horreur. Les parents de Mélodie, accusés sans preuves de pédophilie, sont jetés en prison et les enfants placés en foyer. La honte, l'injustice, la révolte assaillent l'adolescente qui peu à peu perd la foi. "Ce jour-là, je compris beaucoup de choses que j'aurais voulu ignorer à jamais. Que les relations humaines sont bâties sur des faux-semblants. Que la méchanceté est bien plus répandue que la pitié. Que l'homme est pire que les bêtes. Qu'il n'aime rien tant que d'achever les blessés, non pas à coups de dents, mais à coups de mots cruels et d'allusions tranchantes. Les mots, c'est le couteau-scie des bouchers de la calomnie." Quand sa mère est enfin relâchée, alors que le père reste incarcéré, l'argent manque et il faut déménager. Triste école dans un quartier sensible, mauvaises fréquentations, Mélodie s'enfonce, tandis que son petit frère s'enferme dans son silence, que sa mère survit et que son père perd pied.
Un roman dans l'air du temps, qui met le cœur à fleur de peau avec des mots terribles et justes, une histoire qui interpelle le lecteur. Et si ça nous arrivait ?

Hervé Jaouen : "J'ai imaginé des choses, elles se sont réalisées"
. Ce roman est inspiré de l'affaire d'Outreau.
Avez-vous mené une enquête ?
"Absolument pas. J'ai écrit ce livre en partant de quelques éléments connus. Puis j'ai cessé d'écouter et de lire tout ce qui avait trait à cette histoire pour laisser libre cours à mon imagination. Je ne savais pas qu'il y aurait un deuxième procès."
. Pourtant, beaucoup de choses se sont révélées justes...
"Oui, même certains détails. C'est troublant, j'ai écrit des choses avant qu'elles n'arrivent. Par exemple, le juge, je l'ai imaginé jeune. Il était jeune."
. Avez-vous rencontré des victimes ?
"Non. Je me suis mis dans la peau de ces enfants et en particulier de cette jeune fille dont la vie bascule, pour lancer ce cri d'indignation. Mais j'ai tout inventé. Et c'est involontaire si le livre est sorti au moment où l'affaire revenait à la une. Sinon, j'aurais choisi un autre titre..."
L'Est-Eclair Libération Champagne - 24 février 2006

- Chez son grand-père maternel, face à la baie d'Audierne, où elle réside désormais, Mélodie s'interroge sur le bonheur avec une intensité douloureuse qui n'est pas de ses 18 ans. Le bonheur, elle l'a connu sans le reconnaître : des parents unis et aimants, un petit frère adorable, un chien, une maison, une certaine aisance financière jusqu'à ce petit matin où la police arrêta son père. Bientôt ce fut le tour de la mère. Motif : réseau pédophile. Bien sûr innocents, ils seront acquittés... trois ans après.
On reconnaît là une affaire judiciaire encore d'actualité. Ce n'est pas à l'affaire même que s'intéresse Hervé Jaouen : il ne mène aucune enquête. En prêtant sa plume à Mélodie, il raconte une descente en enfer qui conjugue l'erreur fatale et l'horreur totale. Famille disloquée, déshonorée, ruinée. Individus détruits. Mais le romancier va encore plus loin.
Au fil des péripéties plus subies que vécues par sa jeune héroïne et les siens, voici que défilent les filles placées dans les foyers de la DDASS, les banlieues "difficiles" où la misère sociale, intellectuelle, sexuelle des "jeunes" mène la danse macabre de la délinquance, les conditions ignobles de la détention pénitentiaire, le voyeurisme et la versatilité des honnêtes gens qu'entretient le "politiquement correct", les certitudes hautaines et la bonne conscience des institutions. Tout y passe sans concession, sans manichéisme, effroyable broiement des êtres par une société sans âme.
En s'emparant d'un fait divers, Hervé Jaouen reprend la grande tradition d'un Balzac voire d'un Zola et nourrit son récit d'une réflexion révoltée et salutaire qui ne laisse pas le lecteur indemne.
Yannick PELLETIER - Ouest-France - 25 février 2006

- Procès ravageur
On croit que cela n'arrive qu'aux autres ! Un père emmené à la police dès potron-minet, sans explications, la maman qui rejoint le soir l'incarcération, des fouilles odieuses dans l'appartement, le petit frère placé en famille d'accueil, presque muet d'hébétude, l'adolescente Mélodie installée en centre... tout cela parce que les Ruttard ont crié au scandale sexuel : ça vous a tout l'air d'une "affaire à la Outreau". Tout cela, c'est Mélodie qui le raconte en tenant une sorte de journal intime.
Par ce journal, on découvre ce qui passe inaperçu généralement : les ravages que provoque dans la famille heureuse la mise sous clé des parents sans motif vraiment étayé. Des présomptions, des coïncidences. Le drame, c'est ce que Mélodie vit pendant trois ans, livrée à elle-même, à ses inquiétudes, ses doutes, touchant le fond de la déchéance. Pourtant, sa mère est revenue rapidement libre, en attende de procès, mais sans plus la moindre autorité morale.
Très vite, l'entourage a su : cela aussi, il a fallu le subir. Et puis Mélodie a décidé de se battre, de remonter le courant, d'être utile à son père, et l'aide d'un professeur de philosophie le lui a fait comprendre. Le procès, il a fallu aussi le supporter. C'est alors qu'un allié inattendu, un fils Ruttard, a témoigné et démoli des accusations que seuls méritaient ses propres parents, pourris jusqu'à la moelle.
Il faut aussi saluer la merveilleuse action d'un papy généreux, offrant à sa petite-fille un lieu de vie en baie d'Audierne. Ce qui explique le titre du roman.
Le témoignage de Mélodie est émouvrant, criant de vérité. Certes, la fin est heureuse, rassurante. En apparence, car quatre êtres ont été abîmés dans cette histoire, et il faudra du temps pour leur rendre la paix intérieure.
Patrick MANUEL - L'Eclaireur - 7 mars 2006

- Messagers du néant
Difficile d'évacuer de nos esprits la dramatique "Affaire d'Outreau" à la lecture du dernier roman d'Hervé Jaouen, "Les ciels de la baie d'Audierne" paru dans la collection "Terres de France" dirigée par Jeannine Balland pour les Presses de la Cité, tant nous retrouvons de similitudes avec la tragédie qui a fait la "Une" de tous les journaux.
Qui peut affirmer aujourd'hui qu'il est à l'abri de l'épouvantable machine judiciaire qui une fois mise en marche se met au diapason des plus terribles nouvelles de Kafka. Nos innocences fragiles ressemblent à ces papillons éphémères qui venus de l'aurore disparaissent au crépuscule emportant avec eux, l'espérance d'une journée flétrie.
Ainsi, nous pouvons d'un instant à l'autre, basculer dans un vide sidéral où tout ce que nous étions alors, s'engouffre dans des lendemains incertains. Une dénonciation calomnieuse, des témoignages hasardeux, un concours de circonstances, des emplois du temps flous et nous voilà plongés dans un monde qui n'est pas le nôtre, où toutes explications semblent vaines, où le ciel vous tombe sur la tête, où les visages amis se ferment et ceux ennemis s'éclairent, comme si le silence des uns libérait la volubilité des autres.
C'est ce qui arrive à Mélodie Mérour, une adolescente de quinze ans, qui un matin voit sont père emmené par la police, soupçonné des pires infamies, de crimes innommables et jeté en prison sur une accusation plus qu'approximative qui ne repose sur rien, sans qu'aucune preuve tangible puisse en étayer quoi que ce soit. "Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite, il va filer", c'est ce que va douloureusement apprendre Mélodie, une jeune fille bien dans sa tête et dans sa peau, qui vit entourée de parents adorables, d'un p'tit Louis de frère, craquant au possible, dans une jolie villa en Bretagne. Une vie en somme bien ordinaire, calme et sereine comme celle de millions de gens, une vie qui ronronne comme un chat heureux près d'une cheminée jusqu'à ce que le Diable ne lui marche sur la queue. Alors tout bascule et commence l'histoire d'un terrible naufrage. La fuite de la maison familiale pour un appartement dans un quartier sordide, avec dans les baluchons du déménagement, les restes effrités d'un bonheur passé, quelques souvenirs déjà lointains qui s'effilochent dans les mémoires, et cette curieuse impression d'avoir eu deux vies. Et puis le cortège de malheurs, la mutisme du petit frère, le père à l'abandon, les mauvaises fréquentations, les dérives qui en découlent...
Dans "Les ciels de la baie d'Audierne", Hervé Jaouen nous fait entrer au cœur de la vie chaloupée de Mélodie, faisant mouche grâce à cette écriture très maîtrisée que nous avions déjà appréciée dans ses précédents romans : "Que ma terre demeure", Grand Prix Bretagne en 2002, "Au-dessous du calvaire".
Jacques DEVAUX - L'Echo de la Haute-Vienne - 9 mars 2006

- Sous le titre romantique de ce roman se cache le récit d'une odieuse injustice, d'un abominable naufrage. S'inspirant de l'affaire d'Outreau, Hervé Jaouen donne ici la parole à Mélodie, 15 ans, qui raconte comment sa vie et celle de sa famille ont basculé le jour où des policiers ont arrêté son père et, ensuite, sa mère, les accusant d'appartenir à un réseau de pédophiles... "Nous allions tous glisser au fond d'un puits insondable et glacé duquel on ressort avec des bleus indélébiles à l'âme", dit-elle. On suit, le cœur serré, les étapes - l'accusation qui ne repose sur rien, le placement de Mélodie dans un foyer, la grève de la faim du père et finalement le procès et l'acquittement... - de son calvaire et celui des siens.
Catherine DELATTRE - Ici Paris - N° 3 165 - 28 février 2006

- J'aime l'écrivain Hervé Jaouen. Dès la première page, les lieux et les personnages existent, on les reconnaîtrait très vite entre des milliers d'autres personnages. Jaouen aime les lieux et les personnes pour en parler avec tant de simplicité. Jamais de blanc et noir chez lui, au contraire toutes les nuances qui font l'identité. Alors bien sûr, lorsqu'il s'agit d'un thème aussi dramatique, on s'identifie immédiatement au malheur des personnages, à l'injustice qui leur est faite, on s'insurge contre cette attitude du public poussé par les médias qui juge et condamne sans rien connaître de la vérité des faits. Un très beau livre.
Madeleine

- Voilà un livre qui prend aux tripes et qu'une fois ouvert, il est difficile de refermer. On aurait presque envie d'y rentrer afin de venir en aide à Mélodie, de se battre pour elle.
Claude REMY - Le Syndicat (Vosges) - 22 mars 2006

- Mélodie , dix-huit ans, relate le désastre familial. Trois auparavant, elle menait une vie heureuse dans une ville moyenne entre Rennes et Paris : des parents chaleureux, un petit frère adorable, une jolie maison. Le père , kinésithérapeute, est accusé d'appartenir à un réseau pédophile, la mère arrêtée pour complicité, Mélodie placée dans un foyer pour ados, Petit Louis dans une famille d'accueil. La maman libérée - provisoirement -, les soucis financiers les obligent à s'installer dans une banlieue défavorisée de Rennes. Petit Louis devient muet, Mélodie descend aux enfers dans la fréquentation de jeunes voyous. Parviendra-t-elle, par l'écriture, à se reconstruire ?
Hervé Jaouen retrouve un thème qu'il avait déjà abordé : "Le Fossé" qui se creuse entre les différents quartiers de nos villes, entre zonards et nantis. Le pouvoir arbitraire des juges et de leurs auxiliaires est mis en cause. Ce roman noir, au cœur d'une réalité sociale, est adouci par l'attachement que Mélodie porte à la Bretagne. Le style maîtrisé sert cette relation bouleversante d'un naufrage familial inspiré d'un retentissant procès d'actualité.
(FR)

- Après un passionnant "Au dessous du Calvaire" sorti l'an passé, le romancier quimpérois revient avec deux nouvelles parutions. Chez son éditeur habituel d'abord (Presses de la Cité) avec un roman d'actualité puisqu'il met en scène le côté implacable de la machine judiciaire au travers du regard de Mélodie, une adolescente de 15 ans, dont le père est soudainement arrêté par la police, soupçonné d'appartenir à un réseau de pédophiles. C'est ce qu'affirme, en tout cas, Madame Ruttard, qui a elle-même abusé de ses propres enfants... Si on pense bien sûr à l'affaire d'Outreau, celle-ci n'est jamais vraiment évoquée qu'en pointillés. Jaouen préfère s'intéresser aux effets dévastateurs sur une famille épanouie : le père incarcéré, la mère obligée de vendre la maison puis de trouver n'importe quel boulot et de déménager dans une banlieue sordide, Mélodie qui s'enfonce dans la débauche et son jeune frère qui se réfugie dans un mutisme insupportable.
Bretons - Avril 2006

- NOIRE RENTREE 2006
Dans la production de la rentrée littéraire de 2006, se distingue le nouveau roman d'Hervé Jaouen, "Les Ciels de la baie d'Audierne". Le récit à la première personne est celui d'un bonheur familial sans histoire qui dérape lorsqu'un matin, la police frappe à la porte. Le père, soupçonné de l'innommable, est jeté en prison sur la base d'une accusation sans preuve. Une libre interprétation d'une récente catastrophe judiciaire sur fond de réseau pédophile, racontée par une victime doublement innocente : une adolescente, dont les parents n'étaient pas coupables.
Daniel MORVAN - Ar Men, mars 2006

- Mélodie a quinze ans, une famille unie, une vie heureuse. Jusqu'au jour où survient une terrible accusation portée sur ses parents, prélude à un engrenage judiciaire d'une violence inouie, mené par un "petit juge" trop sûr de lui-même. Cette histoire nous en rappelle une autre, vraie, celle-là, et d'une fraîche actualité. C'est avec les mots d'une adolescente qu'Hervé Jaouen raconte la destruction de cette famille, qui ne connaîtra de répit que trois ans plus tard, lorsqu'enfin éclatera la vérité et que les accusés seront reconnus victimes. Mais peut-on revivre comme avant quand on a touché le fond à ce point ? Sans doute pas. Mais, en épilogue à cette triste histoire, le roman qu'écrit Mélodie pour tenter de revenir au monde recèle peut-être la clé du bonheur retrouvé :"Il faut vivre pour regarder le ciel. Ceux qui auront appris à regarder le ciel seront sauvés."
Arthur - Mars/Avril/Mai 2006

- En Bretagne, les Mérour forment une famille unie. Le père est kiné et est assisté de sa femme. Ils ont deux enfants : Mélodie et Petit Louis. C'est Mélodie, 15 ans, qui raconte le naufrage de sa famille tombée dans les filets de la justice... Sans explication, son père est arrêté par la police. Une affaire de pédophilie vient d'éclater. Un couple les accuse, lui et sa femme. La descente aux enfers commence pour Mélodie et son petit frère. Familles d'accueil, foyer de la Ddass, banlieue sordide... Petit Louis se met à fuir la réalité, en se réfugiant dans un mutisme inquiétant. Pour la jeune fille, c'est la chute libre vers la délinquance. "A force d'être sali, on se persuade que sa place est dans la saleté" dira-t-elle. A travers le récit de Mélodie, Hervé Jaouen met en lumière le sort des autres victimes : les proches des accusés, innocents, ceux que l'on n'entend jamais, ignorés par les médias. Après le procès d'Outreau, l'auteur pose un regard très lucide sur notre société et sur les dramatiques conséquences d'affaires judiciaires. Un roman dur, toujours très juste, qui nous fait réaliser que basculer du mauvais côté, vivre un véritable cauchemar, cela peut arriver à n'importe qui.
L'Avenir Agricole - 28 au 4 mai 2006

- Ce magnifique roman ne peut laisser le lecteur indifférent. Il raconte une histoire terrible inspirée "d'un retentissant procès d'actualité". Hervé Jaouen se glisse dans le rôle d'une jeune fille qui raconte elle-même l'effroyable calvaire qu'elle vécut lorsque ses parents furent faussement accusés de pédophilie. C'est alors l'opprobre avec un déménagement dans les quartiers urbains défavorisés avec ses viols, ses vols, etc. Un récit au langage cru, qui ne cache rien des dépravations et qui dénonce les erreurs de la justice.
Yves MADELIN - Le Casoar - Avril 2006

- J'aime l'écrivain Hervé Jaouen. Dès la première page, les lieux et les personnages existent, on les reconnaîtrait très vite entre des milliers d'autres personnages. Jaouen aime les lieux et les personnes pour en parler avec tant de simplicité. Jamais de blanc et noir chez lui, au contraire toutes les nuances qui font l'identité. Alors bien sûr, lorsqu'il s'agit d'un thème aussi dramatique, on s'identifie immédiatement au malheur des personnages, à l'injustice qui leur est faite, on s'insurge contre cette attitude du public, poussé par les médias, qui juge et condamne sans rien connaître de la vérité des faits. Un très beau livre.
Madeline - Sur site : www.festivaldulivreenbretagne.com

- Dire d'Hervé Jaouen, auteur d'une quarantaine d'ouvrages comme "La Cocaïne des tourbières", "Journal d'Irlande", "Chroniques irlandaises", "Connemara Queen", "Que ma terre demeure", "Au-dessous du calvaire", etc. qu'il y a quelques celtitudes bien ancrées, serait peu dire.
Au cas où on l'aurait oublié, ce natif de Quimper nous propose une forte histoire bretonnante avec "Les Ciels de la baie d'Audierne" (Presses de la Cité).
Pour la famille Mérour, tout va bien. Rien ne va mal en tout cas. C'est une famille heureuse, le père, la mère, Mélodie, 15 ans, un petit frère adorable. Et puis, un matin, tout bascule. La police. Et Mélodie qui voit son père emmené de force et jeté en prison. Et pour le pire des crimes...
A partir de là, la famille Mérour, ou ce qu'il en reste, va se déliter. Accusé sans preuves vraiment tangibles, le père est brisé. La mère s'échine dans un travail de nuit. Le petit frère se mure dans un terrible silence. Et Mélodie, livrée à elle-même, se met à avoir de mauvaises fréquentations dans le quartier pourri où la famille amputée a dû déménager.
C'est Mélodie, dont le nom ne sonne plus comme une douce harmonie, que l'on suit dans ce drame familial d'autant plus touchant qu'il peut arriver n'importe quand à n'importe qui. Longtemps après avoir refermé le livre, l'écriture de Jaouen, sa petite musique, sa... Mélodie, continue de résonner dans nos cœurs.
Olivier MALENTRAIDE - Présent

- Outreau breton
Le romancier Hervé Jaouen n'hésite pas à se colleter avec des sujets graves d'hier et d'aujourd'hui, comme il l'a fait récemment en illustrant la dualité collabos-résistants. Cette fois, c'est un procès, à la suite d'accusations à tort, de pédophilie qu'il traite en adoptant le point de vue d'une jeune fille de 15 ans, fille du prévenu. A lire pour comprendre comment progresse le char implacable de la justice.
Bretagne Magazine - Mai/Juin/Juillet 2006

- C'est terrible ! Ce roman, on souhaiterait ne l'avoir jamais lu. Avec une grande habilité, Jaouen nous invite à partager une terrible douleur : celle de la famille Mérour. Des parents amoureux, des enfants heureux, Mélodie et petit Louis, et Colonel, le chien, complice d'un bonheur perdu. Car dans la cité des Pyramides où se joue le drame, l'air est devenu irrespirable. On soupçonne l'éditeur et l'auteur de donner, par roman interposé, leur appréciation sur une affaire qui, ces derniers temps, a défrayé la chronique. Ces ciels s'associent aux nombreuses réflexions sur le tremblement de terre qui vient d'ébranler notre justice. Courageux et passionnant du début à la fin.
Terre de Bretagne - Juillet/Août 2006

- La Mélodie du malheur.
Ce roman date de 2006 et est donc une oeuvre récente d'Hervé Jaouen.
Mélodie va avoir dix-huit ans. De sa chambre, dans la maison de son grand-père, elle regarde la baie d'Audierne. Nous sommes au mois de mars, le mois des pluies et des vents qui chassent les nuages, mais pas la grisaille d'un début de printemps.
Elle met sur le papier l'histoire qui a brisé son adolescence.
Elle avait quinze ans, Petit Louis, son frère, neuf ans. Elle ne savait pas alors qu'elle était heureuse. Ses parents travaillaient, lui était masseur-kinésithérapeute, sa femme l'aidait au cabinet.
Un matin la police arrête son père, quelques jours plus tard l'accusation tombe "Réseau de pédophilie", sa mère est également inculpée.
Mélodie est placée dans un foyer, Petit Louis dans une famille d'accueil malgré que leurs grands-parent voulaient s'en occuper.
Plusieurs familles seront broyées par la justice et par la rumeur publique. Les dégâts "collatéraux" commencent, un inculpé se suicide, la grand-mère de Mélodie meurt dans ce qui ressemble fort à un suicide.
Malgré la libération de la mère, ils doivent maintenant faire face à un problème financier, la vente de tous leurs biens leur permet de survivre, la mère trouve du travail et un logement dans une banlieue lugubre, la régression morale et sociale peut continuer.
Le personnage de Mélodie est à un âge difficile, où même quand les problèmes sont mineurs, ils semblent insurmontables. Alors dans sa situation, le rejet de la société est un exutoire. Donc elle reniera toutes les valeurs que lui avaient inculquées ses parents. Petit Louis, lui choisira le silence, l'obéissance et presque le renoncement de lui-même.
Les parents et grands parents ne s'en remettront jamais, mais y avait-il une possibilité de revivre comme avant ?
Le juge Sibérius, dont la description par Hervé Jaouen, est un moment de mépris littéraire, avait la loi pour lui. Alors, reste le placard et peut-être un blâme !
Disons de suite que j'ai été un peu gêné par la très grande similitude avec une affaire sordide dont on parle encore et qui reste hélas un modèle de tout ce que l'appareil judiciaire ne devrait jamais pouvoir faire. Il est difficile de se retirer cette idée de la tête au début de ce livre, ce qui en gâche une partie de la lecture. Heureusement cela disparaît dès la seconde partie du roman où nous suivons la vie de ces gens dans un nouvel environnement et les traumatismes qui vont en résulter.
Comme souvent Hervé Jaouen dresse un constat social très réaliste qui se double ici d'une "mise en accusation" d'une justice bâclée par la faute d'un homme incompétent mais disposant de pouvoir inadmissible. Une oeuvre dure, d'un très grand réalisme.
Extraits :
- C'était un puits creusé dans la banquise, et la banquise ça vous broie les os quand elle se brise.
- Cette ville de mon enfance m'a volé mon adolescence, je la déteste.
- Notre long séjour dans la poubelle de l'opprobre venait de commencer.
- Je ne lirai plus jamais de roman policier. Ils vous roulent dans la farine.
- Des aveux, c'est pire qu'un tatouage.
- Prépare-toi à en baver Mélodie.
- L'opinion publique est versatile. L'opinion publique est une hyène friande de rebondissement feuilletonesque.
- En Cornouaille, on ne cache pas les morts comme en ville: on les célèbre avec vigueur.
- La langue de mes aïeux rendait les chants encore plus poignants.
- Pas besoin d'avoir fait psycho pour situer son QI : entre le chimpanzé et le débile léger.
- Je vais cesser d'étudier mais je vais beaucoup apprendre.
- J'avais l'air d'une petite pute. Que je n'étais pas. Pas encore.
- Mieux vaut dire : nous nous étions abandonnés les uns les autres.
- Les gens qui en ont trop bavé ne s'en sortent pas toujours indemnes...
- Logique. Logique du vingt heures. On a tort de dîner en regardant la télé.
- Une ville bombardée est plus facile à reconstruire que des vies détruites.
http://eireann561.canalblog.com/ - 27/09/2007

- Mélodie, 18 ans, entreprend, face à la baie d'Audierne, de raconter son histoire ou plus exactement celle de sa famille.
Elle a quinze ans, lorsqu'un beau matin, on vient arrêter son père en refusant de lui notifier le motif.
Quelques jours plus tard, la police interpelle également sa mère et le scandale éclate. Un important réseau pédophile aurait été découvert et les parents de Mélodie sont accusés avec huit autres personnes d'avoir trempé dans ce sordide trafic.
S'appuyant sur le fragile témoignage de deux enfants à qui ont fait dire n'importe quoi et de leurs parents assoiffés de revanche sociale, un juge d'instruction borné et incompétent va instruire une affaire au mépris de la base fondamentale de la justice occidentale : la présomption d'innocence.
Nous assistons au travers des yeux d'une adolescente à qui on a volé son enfance à la vertigineuse descente aux enfers de simples citoyens qui ne demandaient rien à personne.
Détentions arbitraires, réputations à jamais salies, carrières brisées, familles éclatées, les mensonges de quatre simples d'esprit conduisent à leur perte de pauvres innocents avec d'innombrables dommages collatéraux.
Inspiré très largement du drame d'Outreau et transposé sous les cieux bretons, ce récit dur et implacable nous éclaire sur les dérives d'une justice aveugle et bornée mais également sur le caractère impitoyable de la presse qui jette en pâture au public avide de sensations la vie intime de monsieur tout le monde.
Disons-le carrément, la lecture est éprouvante mais ô combien nécessaire pour comprendre le monstre qui sommeille en nous et que les médias peuvent réveiller à tout moment. Elle est également indispensable pour se rendre compte de la futilité de la vie et de la fragilité de tout ce que nous construisons : le simple mensonge d'un gosse qui vous accuse de l'avoir tripoté et tout s'écroule à la vitesse grand V.
Et c'est bien le côté le plus effrayant de la chose, cela peut arriver demain à n'importe lequel d'entre nous.
Ce livre est également un violent réquisitoire contre une justice aveugle exercée par des magistrats inhumains et enivré du pouvoir que leurs confère leur position.
C'est un livre "coup de poing" mais très bien écrit et je le répète, absolument indispensable.
La Gazette de Malpertuis - Numéro 6 - Mars 2006

- La révolte de Mélodie
Étrange roman qui rappelle fortement un fait divers très médiatisé mais roman passionnant ; Mélodie est très intelligente et à cause d'un témoignage bidon, toute sa vie va basculer et la faire sombrer dans une vie totalement opposée à la sienne. C'est vraiment triste de vivre une telle épreuve et de sombrer vraiment très bas, heureusement, avec de la force et du courage, elle va reprendre le dessus.
Bref je ne sais comment expliquer ce roman mais il faut le lire, c'est absolument bouleversant, et tellement bien raconté par l'auteur.
Ediane sur www.critiqueslibres.com - 26/06/2008

- Magistral ! Ce livre est magnifiquement écrit. Le style est bien plus alerte et agressif que dans ses ouvrages précédents. Le titre cache bien une histoire (inspirée de l'affaire d'Outreau ?) très prenante qui vous tient en haleine jusqu'à la fin. La forme est aussi belle que le fond. Comme j'aimerais avoir écrit ce roman ! Superbe.
bookona.org

- Mélodie a 18 ans, elle relate une période très douloureuse de sa vie : l'arrestation de son père trois ans plus tôt pour des accusations de pédophilie, puis celle de sa mère présumée complice. Il s'agirait selon les parents d'une sombre histoire de vengeance, Mélodie est donc convaincue de leur innocence. Elle se retrouve placée en foyer et séparée de son petit frère de huit ans accueilli lui dans une famille. Elle quitte une adolescence choyée (père kiné, famille heureuse) pour un milieu où les jeunes filles ont pour la plupart vécu des drames. La libération  de sa mère n'arrange pas les choses : l'opprobre du voisinage et les difficultés pécuniaires les obligent à déménager dans un quartier "difficile", la maman s'absente beaucoup pour son travail, Mélodie est selon la formule consacrée "sur une mauvaise pente", le petit frère présente des troubles psychologiques...
L'auteur dénonce ici les failles du système judiciaire. C'est bien sûr révoltant, on ne peut s'empêcher de penser à certaines affaires récentes où des innocents ont purgé une peine à tort et vu des accusations briser leur vie, leur famille, leur image. J'ai eu du mal à adhérer au style et ai de ce fait lu cet ouvrage en trois semaines, l'entrecoupant d'autres lectures. Il faut dire que la narratrice est adolescente, ce qui explique la manière de s'exprimer. La mère de Mélodie m'a paru vraiment excessive, en particulier lors des procès, de même que la principale accusatrice, madame Ruttard. Enfin, les prises de position de l'auteur m'ont semblé moins mesurées que dans certains autres de ses ouvrages, on a un peu l'impression d'une vision caricaturale où des gens miséreux se roulent dans la fange et se vengent des citoyens "respectables" par des calomnies... Mais Hervé Jaouen a probablement voulu faire un livre "coup de poing" et en ce sens, c'est plutôt réussi.
Canel – 26/12/2009

- En route vers le bout du monde – Je ne connaissais pas du tout Hervé Jaouen avant de tomber par hasard sur ces romans et notamment celui-ci. La raison est toute simple, je connais très bien la ville d’Audierne et tout ce coin. En effet, ma famille paternelle est originaire de cette région de la Bretagne. Je n’y ai plus mis les pieds depuis de longues années mais c’est toujours un plaisir d’y retourner même si c’est avec des mots que j’ai pu y voyager.
  Deuxièmement, le roman s’inspire d’une histoire vraie qui a défrayé la chronique (et encore à l’heure actuelle, d’ailleurs). Tout commence par un fait divers plutôt sordide avant de devenir une des grandes affaires judiciaires du siècle. Je parle, bien entendu, de l’affaire d’Outreau. Cette affaire m’intéresse d’autant plus au regard de mes études.
Un point de vue original – L’auteur a pris le parti de transposer cette affaire dans une autre région, dans une autre ville. Direction la Bretagne et notamment Rennes et Audierne. J’ai aimé cet aspect du roman, certes, mais ce n’est pas celui qui m’a le plus plu. Toutefois, nous sentons tout de même, en filigrane, l’amour de l’auteur pour cette région. En effet, c’est plutôt le narrateur choisi par Hervé Jaouen. Il choisit de faire parler une jeune adolescente dont les parents sont accusés à tort de faire partie d’un réseau de pédophilie.
À travers son regard, nous voyons son expérience de cette nouvelle vie qui s’offre à elle, tout d’abord dans un foyer puis dans une cité HLM, son lieu de perdition. Au début, son regard est encore celui d’une fille de son âge qui ne comprend pas vraiment ce qui arrive à sa famille. Puis, doucement, il se fait plus dur et moins pudique mais surtout plus adulte. C’est un personnage intéressant également du point de vue des autres. En effet, malgré le fait qu’une personne innocente jusqu’à preuve du contraire et au-delà de tout doute raisonnable, la vision de la société a tendance à faire de vous un coupable. J’ai adoré toute cette partie, elle est vraiment intéressante.
Une réflexion intéressante sur la justice – Plus loin, ce roman propose une critique du système judiciaire actuel notamment sur le juge d’instruction, le fait qu’on ne prenne pas forcément en compte la famille des accusés, … L’apothéose de ce réquisitoire contre le juge d’instruction est, bien entendu, la dernière grande tirade de Mélodie lors du procès de ses parents. J’avoue qu’elle est tout simplement magnifiquement bien écrite et pleine d’émotions qui m’ont été difficile de contenir.
  Ce roman se fait véritablement en réaction à la catastrophe judiciaire  qu’est le procès d’Outreau qui se déroule au début des années 2000. "Les ciels de la baie d’Audierne" a été écrit en 2006. Il y a eu beaucoup de conséquences et de demandes de changements concernant la manière dont la justice est rendue. Je ne les évoquerai pas ici mais une réforme est intervenue même si elle n’est toujours pas entrée en vigueur.
  Une écriture magnifique – Je ne connaissais pas du tout Hervé Jaouen avant de tomber par hasard sur ce roman. J’ai tout de suite été étonnée par la manière dont écrivait l’auteur. C’est absolument magnifique, à la fois poétique mais réaliste. J’ai tout de suite accroché à sa manière de construire les phrases, de décrire les sentiments de Mélodie, sa révolte. J’ai pu ressentir les mêmes qu’elles et je dois dire que j’ai versé beaucoup de larmes à la lecture de ce livre.
  J’ai rarement lu un livre d’une telle intensité. Je suis sortie de cette lecture totalement retournée mais véritablement dans le bon sens du terme. En tant que future juriste, il m’a donné matière à réfléchir sur la justice, la manière dont elle est rendue, les "dommages collatéraux",… C’est l’histoire d’un naufrage, celui d’une famille innocente mais qui a été salie par de faux témoignages. Nous pouvons difficilement rester insensibles à cette histoire.
Pour finir – Ce fut une magnifique découverte que ce livre ! Je l’ai dévoré du début à la fin sans en perdre une miette, tellement que c’est un coup de cœur. Lisez-le, il en vaut vraiment la peine.
http://avalonbliss.wordpress.com/ - 13/01/2012




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