L'adieu au connemara

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2003 - Presses de la Cité - Sud lointain
2003 - Le Grand Livre du Mois
2005 - Presses de la Cité - Pocket 12069
2008 - Libra Diffusio

Résumé

- Edition 2003
1846-1847, la Grande Famine frappe l'Irlande. Le pays, aux mains des Anglais, est réduit à la misère et pleure plus d'un million de victimes.
Josephine Maloney, dix-huit ans, est l'unique survivante d'une famille de métayers du comté de Mayo. À l'hospice de Ballinrobe, la jeune fille rencontre William Benson, héritier d'une lignée de landlords. Révolté par le sort des Irlandais, il veut en témoigner et faire le récit de son voyage vers l'Amérique avec les émigrants. Benson propose à Josephine de l'accompagner. Elle a tout perdu. Pourquoi ne pas tenter l'aventure ?
Portés par un profond attachement mutuel, William et Josephine vont traverser les pires épreuves. Rien ne leur sera épargné. Parviendront-ils sains et saufs sur les rives du Saint-Laurent, atteindront-ils ce Canada tant espéré, dernier refuge et ultime espoir pour les âmes malmenées ?
On gardera longtemps en mémoire les pages bouleversantes de ce roman au cœur d'une Irlande blessée mais fière. Les personnages forts, l'humanisme, le talent d'Hervé Jaouen et son amour des Irlandais font de L'Adieu au Connemara un voyage inoubliable.

- Edition 2005
Plus d'un million de victimes. Les chemins de campagne jonchés de cadavres. Les villes décimées par les fièvres et le choléra... En 1846, la Grande Famine ravage l'Irlande déjà écrasée sous la tyrannie anglaise. Par milliers, des survivants choisissent l'émigration. Dans des conditions inhumaines, une véritable déportation s'organise.
Le journaliste William Benson et Josephine Maloney, sa jeune protégée orpheline, gagnent les Amériques dans l'intention de témoigner d'une "traite" qui n'ose dire son nom. Le roman d'amour et d'aventures atteint ici une gravité bouleversante. Au milieu des pires épreuves, ces âmes fortes tentent de gagner les rives de Saint-Laurent, espoir et refuge de ceux qui ont tout perdu.
"Impossible de rester insensible : voici un livre bouleversant qui arrache l'âme pour quêter lumière et espérance."

Extrait

Depuis deux jours j'errais dans le comté Clare. J'étais parvenu dans le décor fantastique du Burren, ce grand désert de pierrailles où s'achèvent au bord de l'Atlantique ces terres desquelles les îles d'Aran se sont détachées. Les trois - du sud au nord : Inisheer, Inishmann et Inishmore - étaient ancrées au large, en face de moi. Elles me semblaient à portée de voix, j'ai appelé leurs habitants. Mes cris n'ont pas porté plus loin que le ressac. Je crois bien que j'étais près de la folie. Las de la vision de tous ces cadavres jonchant les bords des routes, j'avais désiré me retirer dans ce désert où je savais que vivaient très peu de gens.
La nuit précédente, j'avais dormi dans une grotte. De l'eau gouttait de la voûte calcaire, douce, délicieuse. Au petit matin ma jument s'était régalée de jeunes pousses d'ajonc et m'avait réveillé en me soufflant sur la joue l'air de ses naseaux. Cette jument, c'est celle que j'ai abattue d'un coup de pistolet devant l'hospice de Ballinrobe. Extraordinaire jument, qui partageait mes pensées : elle traversait le Burren d'un pas funèbre, la tête basse, aussi basse que l'était mon moral. Atone, anesthésié de tristesse, j'ai dépassé la masure sans la voir. Bâtie avec la pierre du désert, elle se confondait avec lui. La jument, elle, l'avait aperçue. Elle s'était dressée d'elle-même à s'arrêter devant les maisons, ayant deviné que c'était là le but de nos circonvolutions erratiques. Un volet intérieur condamnait la fenêtre, et la porte était fermée. J'ai toqué. Aucune réponse. D'un coup d'épaule j'ai fait sauter le loquet. Malgré cela, la porte refusait de s'ouvrir. Quelque chose, un poids, un sac, un meuble, m'empêchait de la repousser vers l'intérieur. J'ai pesé de toutes mes forces et suis parvenu à repousser cette chose. A l'intérieur, l'odeur était pestilentielle. Mon mouchoir sur le nez, je suis allé ouvrir le volet. Par terre, décomposés, gisaient les corps d'un homme et de cinq enfants. C'était celui de la mère qui bloquait la porte. Il était en meilleur état. La mort l'avait saisie il y avait moins d'une semaine. Elle avait repoussé le loquet et s'était adossée à la porte afin que nul ne voie ses morts. J'ai refermé ce sépulcre et suis remonté à cheval.
La jument a henni. Avant moi elle avait perçu le galop de sabots ferrés et le ferraillement de roues cerclées sur la roche du sentier. Emmenée par un aspirant, c'était une escouade de soldats anglais, une dizaine de cavaliers et un chariot. Le jeune officier a éperonné sa monture et l'a fait se cabrer devant moi. L'imbécile, se croyait-il au cirque ? M'adressant un regard soupçonneux, il m'a demandé ce que je trafiquais dans cette solitude. C'est en sa présence que pour la première fois j'ai eu l'idée de me faire passer pour un journaliste américain. Ils craignent l'Amérique.

Critiques

- Ce livre retrace une période de l'histoire Irlandaise assez méconnue. celle de la grande famine de 1846 qui décima plus d'un million d'Irlandais.
Une partie est morte sur leur terre mais beaucoup ont émigré vers les Etats-Unis et le Canada.
Très peu s'en sont sortis! Ce livre sous fond de roman, décrit la misère et l'agonie subies par tout un peuple. Il montre la cruauté des gens face à la misère, l'indifférence.
Ce livre m'a beaucoup touché. Si l'histoire d'amour entre Josephine et William est belle et tragique, ce que je retiendrai le plus de ce livre c'est ce beau pays d'Irlande vaincu par la maladie de la pomme de terre.
Cela m'a obligé par curiosité à trouver des renseignements sur cet épisode de l'histoire. Et le constat est édifiant voici une adresse ou deux vous permettant de retracer une infime partie de cette épouvantable histoire.

- Dans les années 1846-1847 en Irlande. Alors que le pays est frappé par une grande famine, deux jeunes gens tentent d'échapper au joug anglais en embarquant pour le Nouveau Monde. Arrivés au Canada, les deux émigrants auront encore des épreuves à braver.

- 1846-1847. La Grande Famine frappe l'Irlande qui, aux mains des Anglais, est réduite à la plus grande misère. Josephine Maloney, dix-huit ans, est l'unique survivante d'une famille de métayers. Elle rencontre William Benson, dernier héritier d'une lignée de landlords. Conscient des atrocités subies par les Irlandais, il veut en témoigner et partir en Amérique. Benson propose à Josephine de l'accompagner.

- Le romancier quimpérois, Hervé Jaouen, retrace ici une terrible période de l'Histoire de l'Irlande, celle des années 1846-1847. C'était la Grande Famine. Elle a décimé plus d'un million d'Irlandais et obligé des millions d'autres à quitter leur terre pour le Nouveau Monde, les Etats-Unis et le Canada. Jocelyne, une de ces Irlandaises, et William, un Anglais qui se fait passer pour un journaliste américain, vont vivre une histoire troublée et partager les conditions de vie des émigrants.
Hervé Jaouen, connaisseur et amoureux de l'Irlande, situe son roman dans cet épisode dramatique de l'histoire du pays. Un épisode encore peu connu.

- Une sainte en enfer.
Cette grande fresque nous plonge dans l'Irlande du milieu du XIXe siècle, à l'époque où la maladie de la pomme de terre entraînait ce qu'on allait appeler la "Grande famine", qui devait causer la mort de milliers d'Irlandais.
Josephine Maloney vient d'enterrer son père qui, comme sa femme et leurs autres enfants, vient de succomber. Alors que sa tombe à elle est également prête, elle décide de quitter la cabane familiale pour aller aider les religieuses qui s'occupent des malades et des indigents à l'asile local, la "maison des morts". C'est à ce moment que survient un jeune aristocrate anglais, William Benson, qui, désapprouvant l'attitude de ses compatriotes, soldats et politiciens, qui oppriment les Irlandais, convainc Josephine Maloney de le suivre et de partir avec lui en Amérique. C'est leur fuite que raconte ce livre, dans une narration très agréable à lire et qui prend différentes, le récit étant tour à tour dicté par William à Josephine, puis écrit par celle-ci quand William meurt des fièvres sur le bateau qui les emporte vers le Canada. Une fuite sur terre et sur mer, semée d'embûches et de pièges, les Anglais traitant la population irlandaise comme des "sous-hommes".
Dans cet enfer de la faim, Josephine, qui a été miraculeusement protégée de toute maladie, apparaît comme une sainte : à la fin du livre, d'ailleurs, elle parviendra - sans le savoir, car elle deviendra folle - à "convertir" un filou tombé amoureux d'elle.
On connaît l'attachement d'Hervé Jaouen pour l'Irlande : "L'Adieu au Connemara" vient s'inscrire dans la lignée de ce qu'il a déjà pu écrire sur le sujet. Mais ce roman est d'autant plus attachant qu'il a pour point de départ des racines familiales dont l'auteur s'explique à la fin de l'ouvrage.
Le Télégramme - O6/04/2003

- Au moment où la grande famine de 1846-1847 frappe l'Irlande, Josephine Maloney, jeune irlandaise de 18 ans seule survivante d'une famille de métayers du Comté de Mayo, rencontre à l'hospice de Ballinrobe, William Benson, héritier d'une lignée de Landlords, révolté par le sort fait aux Irlandais.
Ensemble, ils vont quitter le pays, partageant le quotidien sordide des émigrants irlandais, pour tenter de gagner le Canada. Un voyage épouvantable où rien ne leur sera épargné.
On sait l'attachement indéfectible d'Hervé Jaouen à l'Irlande. Le pays qu'il nous présente dans cette aventure est un pays meurtri, qui traverse la période la plus noire de son histoire. Encore un fois, il a brossé des personnages attachants, courageux et généreux, et nous donne à mieux comprendre ce que fut cette fameuse "grande famine".

- Nous sommes au milieu du 19ème siècle, en Irlande. Le pays est assujetti par l'Angleterre. Les landlords ont dépossédé les Irlandais de leurs terres et possèdent alors d'immenses propriétés. Les paysans doivent payer un loyer à ces riches propriétaires afin de pouvoir travailler la terre qui, autrefois, leur appartenait.
Les Irlandais sont pauvres et la situation devient de pire en pire, tandis que les Anglais vivent dans le luxe et l'opulence. Apparaît alors le plus grand fléau de toute l'histoire irlandaise : la famine. Celle-ci est causée par la maladie de la pomme de terre, culture unique en Irlande. Le résultat est catastrophique : toutes les récoltes pourrissent et les Irlandais n'ont plus rien à manger. C'est leur seule nourriture, et ils n'ont pas d'autre alternative.
En réalité les Irlandais ne meurent pas de famine mais de faim. La famine est quand il n'y a rien à manger. Or l'Irlande possède du blé, des moutons, des vaches, du lait etc. Mais seuls les landlords peuvent s'offrir ces mets. Et hors de question de partager avec la population locale...
Josephine Maloney a vu toute sa famille mourir de faim, un par un. Tout d'abord son petit frère de 3 mois ; puis sa mère qui s'est privée pour laisser vivre ses enfants ; ses frères et sœurs et enfin son père. Seule, dans une campagne désertée, elle part rejoindre l'hospice de Ballinrobe, pour tenter de se rendre utile auprès de ceux qui en ont besoin.
C'est là qu'elle rencontre William Benson, fils de landlord, journaliste un peu excentrique. Arrivé avec deux chevaux, il abat froidement une superbe jument qu'il montait, pour rendre à l'Irlande ce qui lui appartient, et pour donner à manger à tous les nécessiteux de l'hospice.
Il propose à Josephine de le suivre, Avec un bras à moitié paralysé, il cherche quelqu'un pour écrire ce qu'il a vu et e qu'il voit encore aujourd'hui. Il veut laisser un témoignage et surtout faire connaître le sort de l'Irlande et des Irlandais au monde entier. Voici deux extraits de ce que William dicte à Josephine :
"En Afrique ou en Asie, les empires s'accaparent les ressources naturelles et réduisent les peuplades en esclavage, mais le cas de l'Irlande est doublement unique : c'est l'unique pays où l'on exige des autochtones qu'ils paient un loyer pour cultiver sur les terres qu'on leur a volées une substance unique, la pomme de terre !"
"Aucun droit ne protège le métayer. Les baux sont non écrits, la loi est discrétionnaire, l'agent du landlord fait régner l'arbitraire. Le métayer ne parle qu'irlandais ? On s'adresse à lui en anglais ! Est-il analphabète comme le sont les trois quarts de la population ? Tant mieux, il ne comprendra pas les exploits des huissiers et réagira hors délai ! Tarde-t-il à payer son loyer ? Dehors ! Tombe-t-il malade ? Dehors ! Ses enfants meurent-ils ? Au trou, les cadavres ! Et que les vilains n'érigent aucune croix dans mon paysage, sinon l'intendant en fera du petit bois !...
Pomme de terre, patate, fécule, racine... Remarquons la posture du ramasseur de patates à chevaux ! Courbé en deux, pour extraire de la terre sa subsistance il tire sa révérence, salue bien bas le landlord perché là-haut dans son donjon d'Angleterre, les pieds dans l'or et la tête dans les nuages de l'indifférence, moins inquiet du sort de ses tenants que des cours de la Bourse du Commerce !"
William et Josephine veulent tenter de rejoindre la côte ouest pour embarquer sur un des nombreux bateaux qui partent pour l'Amérique. Se faisant passer pour mari et femme, ils dissimulent leur identité pour partager le sort du peuple et voir une réalité à peine descriptible.
Henri Jaouen est né à Quimper en 1946. Ses sujets de prédilection sont la Bretagne et l'Irlande. Il fait preuve d'une écriture simple mais franche, riche mais directe. Il accroche le lecteur dès les premières pages et donne envie d'aller plus loin. Les détails sont forts, lourds de sens et pourtant, malgré l'intensité des mots qui s'enchaînent, on a envie de savoir ce qui s'est passé.
Henri Jaouen utilise plusieurs styles d'écriture, tous très différents, pour nous narrer le destin de l'Irlande et de ses deux héros.
Tout d'abord il y a le style de l'écrivain, impassible, qui se contente de relater les faits. L'écriture est simple mais agréable à lire.
Puis il y a le style de William Benson quand il dicte son témoignage à Josephine. Son écriture est plus violente, les sentiments s'entrechoquent, il passe de l'indignation à la colère en passant par l'amertume, le mépris.
Enfin il y a le style de Josephine Maloney lorsqu 'elle prend la plume pour laisser s'exprimer ses pensées. Son style est très expressif, perturbé par ce qu'elle vit. Ses idées sont bouleversées, désordonnées et pourtant elle nous fait partager ce désir de témoigner, cet amour des autres qu'elle a en elle, cette envie de porter secours à tous ceux qui ont croisé son chemin.
Ce roman est tout simplement superbe. On ne peut rester insensible devant une telle réalité, décrite avec des mots simples mais lourds de sens. On en sort bouleversé par tant de sentiments, de souffrances, de promesses d'un avenir meilleur. A aucun moment je n'ai eu envie de lâcher ce livre. Il bouleverse par tant de réalisme...
Eliseirl

- L'Adieu au Connemara d'Hervé Jaouen se déroule au lendemain de la grande famine d'Irlande de 1846 alors que deux jeunes gens, Josephine et William, quittent tout pour tenter de rejoindre le Nouveau Monde. Embarqués sur un bateau d'immigrants dont les conditions de vie à bord sont horribles et refoulés dans tous les ports, ils finiront par échouer au Canada. Soutenus par un profond attachement mutuel, Josephine et William vont traverser les pires épreuves : l'hostilité, la haine d'officiers anglais, les tentatives d'assassinat, la maladie, la peur, la faim.

- 1846-1847. La Grande Famine frappe l'Irlande qui, aux mains des Anglais, est réduite à la plus grande misère. Josephine Maloney, dix-huit ans, est l'unique survivante d'une famille de métayers. Elle rencontre William Benson, dernier héritier d'une lignée de landlords. Conscient des atrocités subies par les Irlandais, il veut en témoigner et partir en Amérique. Benson propose à Josephine de l'accompagner. Du même auteur : "Que ma terre demeure".
Biblioteca - Mars 2003

- Ouvrage très noir, consacré à l'Irlande, à la Grande Famine de 1846-1847. Le héros est un landlord anglais exceptionnel qui se ruine pour aider les paysans irlandais et veut aller en Amérique pour témoigner, accompagné d'une jeune paysanne, unique survivante de sa famille. Le voyage est une épreuve dramatique : il tombe malade et c'est elle qui écrit, jusqu'à en perdre la raison.
Notes bibliographiques - 27/01/2003

- Très attaché à l'Irlande, l'auteur consacre ce dernier ouvrage à la grande famine de 184-1847, et retrace le destin dramatique de ce malheureux pays alors sous autorité anglaise.
Parmi les riches landlords anglais, fiers et indifférents, William Benson est l'exception : un soir, il abat sa jument pour nourrir les paysans affamés de l'hospice de Ballinrobe ; il vide à leur profit son manoir de Carra Hall et propose à Josephine, l'héroïne, belle jeune paysanne, unique survivante de sa famille, de devenir sa secrétaire et de la suivre en Amérique ; là, il pourra témoigner de la vérité, après avoir fait le voyage avec les émigrants dans des conditions terribles. Ils vont eux-mêmes traverser les pires épreuves : lui tombera gravement malade et c'est Josephine que relate les événements, jusqu'à ce qu'elle perde la raison...
Récit dramatique, très noir, parfois un peu long ; la fin n'est guère vraisemblable, même si l'histoire repose sur un fond historique.
Notes bibliographiques - Mars 2003

- 1846-1847, la Grande Famine frappe l'Irlande. Josephine Maloney a tout juste dix-huit ans. Celle qui fut la plus belle fille des basses terres du Mask, un désolant désert de pierres broyées du comté de Mayo, est l'unique survivante d'une famille de métayers. L'Irlande, alors aux mains des Anglais, est réduite à la plus grande misère et pleure plus d'un million de victimes. Après avoir enterré les siens, Josephine part aider les sœurs de l'hospice de Ballirobe qui tente de secourir les plus démunis.
Un soir, arrive William Benson, dernier héritier d'une lignée de landlords, qui a mené jusque-là une vie de riche dilettante sur le continent. Devant l'hospice, il abat son cheval pour nourrir les affamés. Geste inouï, emblématique : le jeune homme vient de renier sa classe. Conscient des atrocités que subissent les Irlandais, il veut en témoigner dans un livre et faire le récit du voyage en Amérique qu'il souhaite entreprendre en compagnie des émigrants. Benson propose à Josephine d'être sa secrétaire et de l'accompagner. Elle a tout perdu. Pourquoi ne pas tenter l'aventure ?
Portés, soutenus par un profond attachement mutuel, William et Josephine vont traverser les pires épreuves. Rien ne leur sera épargné : l'hostilité, la haine d'officiers anglais, la délation, les tentatives d'assassinat, la maladie, la peur, la faim, les tempêtes. Parviendront-ils sains et saufs sur les rives du Saint-Laurent, à ce Canada tant espéré, dernier refuge et ultime espoir pour les âmes malmenées ? Cette histoire n'est pas seulement née de l'imagination de l'auteur, elle puise sa grandeur et sa force dans le véritable destin irlandais.
Il était important pour Hervé Jaouen de revenir sur la période méconnue de la grande famine et de retracer le parcours courageux de ces gens quittant leur terre natale pour un ailleurs incertain. On gardera longtemps en mémoire les pages bouleversantes de cet "Adieu au Connemara" , au cœur d'une Irlande blessée mais fière. Hervé Jaouen signe là l'un de ses meilleurs romans.
L'Essor de l'Isère. - 21/03/2003
Ouest-France - 02/04/2003

- L'exil pour survivre à la famine
C'est une page d'histoire peu connue que celle de la Grande Famine en Irlande, de 1846 à 1848, qui fit un million de morts, Josephine Maloney, la plus belle fille des basses terres du Mask, a vu mourir toute sa famille. La récolte de pommes de terre, l'unique nourriture de ces pauvres métayers méprisés par les Anglais, a été catastrophique. Josephine travaille à l'hospice, quand surgit William Benson, héritier d'une lignée de riches propriétaires, qui ne supporte pas l'injustice. Il rompt avec les siens et décide d'écrire un livre de témoignages. Josephine sera sa secrétaire. Tous deux vont traverser les pires épreuves, se mêler aux migrants qui gagnent le Canada pour survivre. Impossible de rester insensible : voici un livre bouleversant, qui arrache l'âme pour quêter lumière et espérance.
Côté Femme - 26/03/2003

- L'Irlande, au temps de la famine. C'est le cadre qu'a choisir Hervé Jaouen pour débuter l'action de son dernier roman "L'Adieu au Connemara", sorti le 20 mars. Dès la première page, le lecteur plonge au cœur du drame qui coûta la vie à plus d'un million et demi d'Irlandais, de 1846 à 1849.
Un roman historique
"Ce sujet me tenait à cœur depuis longtemps", confie l'auteur quimpérois qui signe là son premier roman historique. Familier des contrées de l'Ouest de l'Irlande, Hervé Jaouen s'est intéressé à cette époque charnière et très sombre de l'histoire de la verte Erin, qu'il considère comme "un scandale de l'histoire". Une contrée à "quelques heures de bateau de l'Angleterre industrielle où l'on laisse pourtant les gens mourir de faim".
L'émigration de plus de 2,5 millions d'Irlandais sert aussi de trame au récit. L'auteur a d'ailleurs consulté une importante documentation historique avant de pouvoir donner vie aux deux héros du livre. William Benson, héritier d'une lignée de landlords anglais, révolté par le sort réservé aux Irlandais, parvient à convaincre une jeune orpheline, unique survivante d'une famille de métayers du comté de Mayo, de l'accompagner pour qu'il puisse faire le récit des émigrants en partance vers l'Amérique.
L'émigration irlandaise, enclenchée naturellement au cours du XIXe siècle, s'est accélérée avec la disette. "Les propriétaires du Nord, relate Hervé Jaouen, en ont profité pour vider leurs terres de leurs métayers, jugés peu rentables. Les landlords ont alors financé le voyage des émigrants. D'abord vers les Etats-Unis, puis au Canada où ils arrivaient dans un état sanitaire tel qu'ils étaient aussitôt mis en quarantaine".
Sans dévoiler l'intrique du roman, "L'Adieu au Connemara" met les deux héros face à de terribles épreuves qu'ils auront à affronter avant de parvenir au but qu'ils se sont fixés : un monde meilleur. Y parviendront-ils ?
Le Télégramme - 26/03/2003

- Roman historique sur fond de grande famine irlandaise
Il nous avait habitués aux polars armoricains ou aux carnets de voyages irlandais. Avec son dernier roman, "L'Adieu au Connemara", Hervé Jaouen nous reparle de l'île verte, mais de l'une des époques les plus tragiques de son histoire : celle de la grande famine de 1846-47, aux allures de véritable "nettoyage ethnique" de la part du gouvernement anglais.
Lough Carra, Ballirobe, Tuam, Croagh Patrick : si les noms gaéliques distillent des odeurs de bruyère et de trèfle voltigeant dans le vent avec le hennissement des chevaux ; dans le dernier roman d'Hervé Jaouen, ils suintent le drame. "L'Adieu au Connemara" est un roman historique que le Quimpérois, amoureux du pays et de ses habitants, mijotait depuis une dizaine d'années. Sur un sujet qui lui tenait à cœur : l'épisode de la grande famine de 1846-47. "Deux années noires qui ont provoqué la mort d'environ 1,5 million de personnes et l'émigration de 2,5 millions d'Irlandais vers l'Amérique du Nord". Une catastrophe provoquée par la maladie de la pomme de terre (le mildiou) due à l'utilisation du guano, engrais venu du Pérou, dans un pays où ces "patates à chevaux" représentaient quasiment la seule nourriture d'une population extrêmement pauvre de familles trop nombreuses.
En quelques mois, celle-ci est décimée. "On évacue les cadavres des taudis avant de détruire ces derniers, raconte Hervé Jaouen, les propriétaires britanniques trouvant plus rentable pour eux de pratiquer désormais l'élevage sur ces milliers d'hectares volés aux Irlandais, devenus locataires de leur propre terre".
Les landlords vont même jusqu'à organiser, sur des caboteurs inadaptés, l'émigration, moyennant finance, bien sûr, vers les Etats-Unis et le Canada, dans des conditions tellement épouvantables, qu'au bout du voyage, on ne dénombre parfois, sur des centaines d'embarqués, que moins de dix survivants. Les ports irlandais, qui devraient se remplir de navires chargés de nourriture pour venir en aide à la population, à moins de trois heures de navigation de la plus grande puissance du monde, voient partir des zombies décharnés, s'entasser des orphelins dont certains frères ont été dévorés par des chiens affamés. Bref, de quoi nouer une amitié durable entre les deux peuples protagonistes.
C'est cette atmosphère de fin du monde, rappelant, plus près de nous, les nettoyages ethniques en Bosnie ou au Kosovo, que décrit Jaouen, imaginant au milieu d'événements tragiques attestés, la rencontre entre Josephine, seule survivante de la lignée du fermier Maloney, et un jeune landlord "progressiste" prenant fait et cause pour les victimes de ce "génocide accompagné" et adhérant aux thèses des premiers patriotes de la "jeune Irlande".
Cet "Adieu au Connemara" est aussi, pour Hervé Jaouen, l'occasion de se lancer sur les traces du passé familial de sa propre épouse, dont l'arrière-grand-mère, Louise Beck, née en 1849, était la fille d'émigrés ayant fui la famine.
Ronan GORGIARD - Ouest-France - 26/03/2003

- L'Irlande, la Grande Famine, l'épopée d'une jeune héroïne, quelques mots pour résumer le dernier roman d'Hervé Jaouen. Dans "L'Adieu au Connemara", l'Histoire se mêle au destin de Josephine Maloney, une jeune irlandaise qui aurait pu être une aïeule de l'épouse de l'écrivain. Lorsque récit historique et biographie imaginaire se rencontrent...
Hervé Jaouen n'est pas de ceux tourmentés par l'angoisse de la page blanche. Pragmatique, serein, d'une désinvolture un rien malicieuse, il dit "écrire par plaisir", tout simplement. Livres pour la jeunesse, polars, notes de voyages, et bien entendu romans, l'écrivain quimpérois ne tarit pas de nouvelles histoires. Une seule crainte toutefois pour ce "polygraphe" de l'écriture... celle de ne pas pouvoir noircir toutes les pages qui sommeillent en lui.
Dernier roman issu de son imagination foisonnante : "L'Adieu au Commerara". Un titre évoquant toute l'âpreté et la puissance d'une terre chère à Hervé Jaouen, l'Irlande. L'Irlande découverte en 1976. L'Irlande qu'il aime "faire partager" et retrouver par l'écriture. L'Irlande pour "sa douceur de vivre, sa magie, pour le génie irlandais." L'Irlande pour ses mystères et "sa notion du temps sidéral" sans nul autre pareil.
"L'Adieu au Connemara" raconte l'Irlande du XIXe. Alors que le pays est sous le joug des Anglais, le peuple irlandais crie famine. Aînée des Maloney, Josephine voit tomber les siens un à un, jusqu'au dernier, jusqu'à son père. Une hécatombe cruelle, un constat de désolation et le début du roman. Pour cette survivante des enfers, commence la recherche d'une vie nouvelle, la conquête de l'ailleurs.
À l'origine de ce récit, il y a bien sûr la fascination pour l'Irlande, évidente, émouvante. Puis il y a aussi l'envie de raconter "ce véritable scandale historique" d'une Irlande jugulée par la Grande Famine. Une tragédie qu'Hervé Jaouen compare à "un premier nettoyage ethnique" alors que l'Europe est en pleine ère de prospérité.
Drame d'hier et destinées passées, "L'Adieu au Connemara" trouve d'étranges résonances au présent. Comme le périple de l'Héroïne de son pays natal à l'Amérique, le récit voyage et l'histoire erre au-delà du temps. Tout cela ressemble finalement à l'écriture d'Hervé Jaouen. "Je sais d'où je pars et où je vais, mais je me laisse le choix des chemins."
Ouest-France - 31/03/2003

- Rien de tel que le dépaysement pour se changer les idées. Avec "L'Adieu au Connemara", le dépaysement est double : par le lieu où se déroule l'histoire et par l'époque à laquelle l'auteur la située. Cette histoire n'est pas purement imaginaire : elle puise sa grandeur et sa force dans le véritable destin irlandais. Hervé Jaouen a tenu à revenir sur la période mal connue de la "grande famine" et à retracer le parcours courageux de ceux qui ont quitté leur terre natale pour un ailleurs aléatoire. Vous garderez longtemps en mémoire les pages bouleversantes de ce livre qui rend hommage à la fière Irlande et à ses sympathiques habitants.
Rugby Magazine - Avril 2003

- 1846-1847 : aux mains des Anglais, l'Irlande pleure le million dépassé de victimes de la Grande Famine. Josephine Maloney, l'unique survivante d'une famille de métayers, va rencontrer William Benson. Reniant sa classe de possédants, ce dernier va mener un groupe d'émigrants jusqu'en Amérique. Hervé Jaouen rend cette aventure passionnante. Vue du Pays basque, on en saisit toute la grandeur.
Atlantica - Avril 2003

- Une histoire d'amour au temps de la Grande Famine
Grand amoureux de l'Irlande, Hervé Jaouen vient de sortir un premier roman historique intitulé "L'Adieu au Connemara".
Une jeune fille, Josephine Maloney, survit par miracle à la grande famine qui dévaste l'Irlande en 1846. Avec un jeune aristocrate anglais et rebelle, William Benson, elle va vivre une histoire d'amour et migrer vers le Nouveau-Monde. Là, elle va côtoyer d'autres drames, d'autres misères.
La grande famine ravage l'Irlande
"Tout est parti de l'histoire de mon épouse, ou plutôt de son arrière-grand-mère, jeune orpheline irlandaise recueillie par des religieuses de Terre-Neuve, puis placée comme bonne à Saint-Pierre et Miquelon. Elle y rencontra le fils d'un armateur malouin qu'elle épousa. J'ai imaginé les circonstances qui l'ont amenée d'Irlande au Canada." À partir de cette histoire, il a compulsé une importante masse d'archives et d'ouvrages concernant le milieu du XIXe siècle irlandais et surtout la période de la grande famine. À l'époque, la population irlandaise est composée de 90 % de métayers, surtout dans le sud. Tous vivent de la culture de la pomme de terre, l'essentiel de leur nourriture. En 1845, à la suite d'une maladie (Le guano, un engrais venu du Pérou - fientes d'oiseau - contenait un champignon qui détruisit les cultures. La maladie a débuté en Belgique en juin 1845, puis s'est propagée. En Irlande, ce fut un désastre.), les pommes de terre pourrissent en terre. En 46, on ne peut plus rien semer, et en 47 c'est le pic de la famine. Pour les landlords anglais, c'est une aubaine. Ils souhaitaient, en effet, favoriser l'élevage sur leurs terres irlandaises. Il y eut un million de morts et un autre million d'Irlandais émigra.
"Le bibliographie en anglais est énorme, et en 1996, j'ai obtenu une bourse "Mission Stendhal" du ministère des affaires étrangères pour me rendre trois semaines au Canada." C'est ainsi qu'il a pu arpenter les lieux décrits dans la troisième partie du livre, cette "Grosse île" où les Irlandais devaient rester en quarantaine et dont très peu réchappaient (Il y a entre 6 000 et 8 000 personnes enterrées sur ce bout de terre).
Hervé Jaouen a situé l'origine de ses héros dans le Connemara, dans le comté de Mayo, où il se rend chaque année pour pêcher. On retrouve bien sous sa plume, dans ses descriptions précises, les paysages aimés, et même parfois, il se laisse aller à décrire une pêche au saumon, moment de plaisir dans un ouvrage dramatique.
Michelle SENANT - Le Progrès - 05/04/2003

- Voyage dans une Irlande déchirée
... Né à Quimper, Hervé Jaouen est l'auteur d'une trentaine d'œuvres, allant du polar aux notes de voyages, en passant par le roman et les livres pour la jeunesse.
[ ...] Grand prix Bretagne 2002 pour "Que ma terre demeure", Hervé Jaouen ne cache pas ses sentiments pour la région. "Et cela fait également très longtemps que je suis amoureux de l'Irlande, avoue l'auteur. J'y vais plusieurs fois par an et j'ai publié mes notes de voyage. Alors, aimant ce pays, je ne me suis tout naturellement intéressé à son histoire."
Et c'est dans l'Irlande de 1846-1847, frappée par la grande famine que Hervé Jaouen nous invite à suivre ses héros, Josephine Maloney, issue d'une famille de métayers, et William Benson, héritier d'une lignée de landlords (propriétaire terrien). La jeune fille a tout perdu et le jeune homme est révolté par le sort réservé aux Irlandais. Et c'est ensemble qu'ils tenteront de gagner les rives du Saint-Laurent pour témoigner de la tragédie qui secoue leur pays. Pour cela, rien ne leur sera épargné, ils devront affronter les pires épreuves. Alors, atteindront-ils ce Canada tant espéré ?
"Dans ce livre, j'ai voulu décrire cette période de famine avec un support romanesque, explique Hervé Jaouen. Ça a été une tragédie qui a fait plus d'un million de victimes. Ce roman est aussi un petit clin d'œil à la famille de ma femme dont l'arrière-grand-mère est née de parents irlandais émigrés pendant la grande famine."
"L'Adieu au Connemara" est un livre qui mêle l'histoire avec un grand H et la liberté romanesque, entraînant le lecteur dans un voyage inoubliable à travers une Irlande déchirée.
Ouest-France - 07/04/2003

- Un peu d'histoire...
Des pages bouleversantes qui retracent la période méconnue de la Grande Famine qui, en 1846-47, frappa l'Irlande et retrace le parcours courageux de ces gens quittant leur terre natale pour un ailleurs incertain. Rien ne leur sera épargné : l'hostilité, la haine d'officiers anglais, la délation, les tentatives d'assassinat, la maladie, la peur, la faim, les tempêtes. Parviendront-ils sains et saufs sur les rives du Saint-Laurent, atteindront-ils ce Canada tant espéré, dernier refuge et ultime espoir pour les âmes malmenées ?
Bilto - 11/04/2003

- En 1846, l'Irlande, gouvernée par l'Angleterre, subit une terrible famine qui provoque la mort de plus d'un million de pauvres gens. Après avoir enterré le dernier membre de sa famille, Josephine, une jeune paysanne, se réfugie dans un hospice tenu par des sœurs. Elle y fera la connaissance le William, descendant d'une riche famille anglaise, qui renie ses origines et prend parti pour les autonomistes irlandais. Témoin révolté d'atrocités et d'injustices perpétrées par l'occupant, William rédige ses mémoires et décide d'embarquer pour l'Amérique avec son amie et des milliers d'émigrants à bout de forces. A partir d'un fait historique, Hervé Jaouen raconte le destin bouleversant d'un peuple de miséreux décimés par la faim et la violence. Un roman enrichissant et très captivant !
Le Courrier de l'Ouest et Le Maine - 20/04/2003
Presse Océan - 21/04/2003

- ... La toile de fond de ce roman historique, appellation que n'apprécie pas outre mesure l'auteur, se situe à l'époque de "la grande famine qui a frappé l'Irlande en 1846-1847. Le pays, alors aux mains des Anglais, est réduit à la misère et pleure plus d'un million de victimes".
"Écrire, n'est-ce pas voyager ?"
L'amour que voue Hervé Jaouen à l'Irlande et aux Irlandais est de notoriété publique. Et s'il est interrogé quant au choix du lieu de l'intrigue, son regard bleu plus pur que l'azur vous dicte d'avance sa réponse : "Retourner en Irlande par l'écriture, écrire, n'est-ce pas voyager ?...".
Prétexte qui en fait n'est pas le seul. Deux autres "excuses", fondamentales pour l'auteur, auront prévalu. La première, situer cette intrique romanesque dans le contexte malheureux d'un événement que peu de gens connaissent. La seconde, rendre hommage à son épouse, d'origine irlandaise, et dont l'arrière-grand-mère est née de parents irlandais, témoins alors de cette grande famine.
Imram désigne une pratique commune aux Irlandais et aux Bretons. Il consiste à accomplir un périple sacré sur l'Atlantique. Peu après qu'il ait quitté le quai, le bateau mettra le cap vers une autre dimension d'espace et de temps. C'est un peu le cas du voyage que le lecteur effectue dès lors qu'il a accepté d'embarquer aux côtés d'un skipper nommé Hervé Jaouen, pour son plus grand bonheur.
Le Télégramme - 22/04/2003

- Pour fuir l'Irlande
On ne souvient plus aujourd'hui de ce que fut l'Irlande il y a près de deux siècles, ni de la grande famine qui tua des milliers de gens en 1846/1847. En ce temps-là, l'Anglais occupait toute l'île et martyrisait : d'où l'essor des Irlandais, par tous les moyens et dans n'importe quelles conditions, en direction de ce qui apparaissait comme la terre promise : les jeunes Etats-Unis, le Canada. Deux personnages clés occupent le devant de la scène dans ce roman. Josephine Maloney, dix-huit ans, qui a vu périr de faim et de misère toute sa famille et, des ses propres mains, l'a mise en terre avant de fuir. William Benson, héritier d'une longue lignée de "landlords", qui après avoir vécu sa vie de débauche change soudain d'attitude, renie sa classe, abandonne ses terres, et décide d'écrire un livre pour témoigner des misères de l'Irlande occupée, et plus spécialement du Connemara. Il rencontre Josephine et, geste incroyable pour un landlord, l'embauche comme secrétaire, puisque la jeune fille sait lire et écrire, ce qui est exceptionnel.
À partir de ce moment-là, nous assistons à une double et commune aventure. C'est l'histoire d'un amour naissant entre Josephine et William d'une part, celle aussi dramatique, des mille et une misères des émigrants, face d'abord à la cruauté des Anglais pour les futurs passagers (plus il en mourra, mieux cela vaudra) et celle, non moins épouvantable des rescapés entassés sur le bateau du capitaine Millar, où ils sont nourris et abreuvés à l'économie. La mort rôde sans cesse. Le texte se partage entre le récit de l'auteur, et les notes que dicte William à Josephine, jusqu'à ce que celle-ci rédige seule, quand William tombe malade. Outre la description très réaliste du voyage, nous nous passionnons pour le sort des amoureux. Le lecteur s'interroge : qui arrivera vivant ? quel sera l'accueil ? triomphera-t-on de la mer, de cet ivrogne de Millar, de la maladie ? Laissons le lecteur faire ses découvertes.
Livre poignant, peinture de la détresse humaine, révélation de l'amour, et au bout du compte cette vérité : l'auteur descend réellement de Josephine Maloney.
Patrick MANUEL - L'Éclaireur - 24/04/2003
La Plume - sous la signature de Henri HEINEMANN - 08/05/2003

- L'Irlande au fond du cœur
C'est l'histoire irlandaise la plus connue en Irlande. Deux flics patrouillent au soleil de Miami, l'un dit à l'autre : "Tu te rends compte : au Vieux Pays, il fait nuit et froid à cette heure-ci..." Réponse : "Ouais, il n'y a pas de justice pour l'Irlande !"
Cela peut inférer que nous sommes ("nous" parce que les cimetières et l'annuaire de Banbridge dans le Down sont pleins de Crozier) encore plus râleurs que les Français de vieille souche ? Certes, oui. Mais il y a de quoi. Et ce "de quoi" dont parle Hervé Jaouen ("L'Adieu au Connemara", aux Presses de la Cité) avec le ton inimitable du conteur des veillées celtiques. Ce ton qui nous attrape par la boutonnière dès les premiers mots "Sean Maloney usa ses dernières forces à creuser les tombes des siens..." et ne nous lâche pantelant qu'aux derniers "L'orpheline, la moins que rien, empoigna la barre et regarda le soleil en face".
Entre-temps, le noroît a bien pu se déchaîner à décorner un pandémonium, nul ne s'est préoccupé de rien que du destin de Josephine Maloney, unique survivante de sa famille fauchée par la grande famine. La pire des catastrophes qu'ait jamais connue l'Irlande : la pomme de terre, dont la moitié de la population se nourrit, est atteinte de la brunissure. Un million et demi d'Irlandais meurt entre 1845 et 1851 et un autre million doit s'exiler.
Pour Josephine, ce sera le Canada et avec comme tous, n'en déplaise au dicton, sa terre, son Vieux Pays, à la semelle de ses souliers. Car il est, là-bas, une autre sentence qui veut que "l'on ne quitte jamais l'Irlande".
Jean-François CROZIER - France-Soir - 28/04/2003

- Durant la première partie du règne de Victoria, reine de Grande-Bretagne et d'Irlande, l'hégémonie britannique accentue la paupérisation irlandaise.
En 1845, la grande famine causée par la maladie de la pomme de terre, ajoute à la situation économique d'exploitation coloniale, aggravée par la misère et la surpopulation galopante. Les Irlandais tentent alors de fuir en nombre leur pays. Hervé Jaouen place son roman en 1846-1847, la situation est catastrophique. Josephine Maloney a tout juste 18 ans. Celle qui fut la plus belle fille des basses terres du Mask, un "désolant désert de pierres broyées" du comté de Mayo, est l'unique survivante d'une famille de métayers. Plus d'un million de victimes sont à déplorer. Après avoir enterré les siens, Josephine part aider les religieuses d'un hospice qui tentent alors de secourir les plus démunis.
William Benson, dernier héritier d'une lignée de landlords, qui a mené jusque-là une vie de riche dilettante, abat un soir devant l'hospice son propre cheval pour nourrir les affamés. Par ce geste emblématique, le jeune homme renie sa classe et veut témoigner dans un livre des atrocités subies par les Irlandais. Il souhaite faire le récit d'un voyage en Amérique qu'il désire entreprendre en compagnie des émigrants. Il propose à Josephine d'être sa secrétaire et de l'accompagner. N'ayant plus rien à perdre, elle accepte. Soutenus par un profond et mutuel attachement, William et Josephine vont traverser les pires épreuves, hostilité, haine, délation, maladie, faim, peur, tempêtes. Rien ne leur sera épargné. Mais atteindront-ils pour autant le Canada tant espéré ?
Hervé Jaouen est amoureux de l'Irlande où il se rend plusieurs fois par mois, pays où vécut l'arrière-grand-mère de son épouse. Cet attachement, partagé par la plupart de ceux qui découvrent ce pays, constitue le fil conducteur d'une histoire bouleversante, force d'où le peuple irlandais tire toute sa grandeur, sa fierté.
Dès sa sortie, fin mars dernier, ce roman connut un excellent succès de librairie pour avoir occupé une place enviable au top 20 des meilleures ventes. Son auteur fut invité par certaines radios dont "France Inter". Et c'est justice. Aucun lecteur ne peut tourner la dernière page sans rester un temps plongé dans une réflexion sur ce pays d'Irlande dont l'histoire perturbée s'est prolongée jusqu'à nous. Un livre à n'en pas douter qui marquera longtemps nos mémoires.
G. J. - Le Sillon - Juin 2003

- Le sujet de ce livre est la fameuse famine de 1846-1847 en Irlande. Le "mildew", arrivé d'Amérique, a fait pourrir les pommes de terre, nourriture de base des métayers irlandais à qui les landlords anglais prennent tout le reste. Affamés, squelettiques, ils quittent les hospices qui les ont, un temps, recueillis, et tentent de s'embarquer pour l'Amérique. Les lenteurs tatillonnes et vexatoires de l'administration anglaise provoquent d'interminables files d'attente. Les conditions effroyables du transport rappellent celles des bateaux négriers ; le typhus, le scorbut expliquent les quarantaines à l'arrivée ; tout cela éclaircit considérablement les rangs des émigrants. La Grande Famine a fait cette année-là plus d'un million de morts. Une stèle commémorative l'atteste, je l'ai vue. Le livre est riche d'horreurs en tout genre. Le héros, William Benson, un fils de landlord, après avoir remis les dettes de ses métayers, s'est mêlé à la foule des misérables embarqués sur "l'Antigonish", pour témoigner, plus tard. Mais, il meurt des "fièvres" au cours du voyage. Josephine, fille du peuple, qu'il a entraînée puis épousée, devient folle et meurt aussi. Il ne reste que leur enfant, une fille, qui est l'arrière-grand-mère de la femme de l'auteur.
L'on sent que ce Breton est mû par une sorte de solidarité gaélique et que, de cette affreuse histoire, il a fait une affaire personnelle. En écrivant ce livre, il remplit un devoir de mémoire rendant hommage à la famille de sa femme, c'est-à-dire, d'une certaine manière, à la sienne.
Un livre dur, mais la réalité l'a été plus encore.
M. C. - Le Bulletin des Lettres - Juin 2003

- Au milieu du XIXe siècle, la famine ravage l'Irlande alors sous domination anglaise. Josephine, qui a vu mourir tous les siens, trouve refuge dans un hospice où elle aide les religieuses. Un jour, un jeune et séduisant aristocrate, qui a un bras à demi paralysé, lui demande d'être sa secrétaire et lui propose de partir avec lui pour l'Amérique. "Ensemble, nous allons créer un monde nouveau", lui dit-il. Josephine, séduite par sa fougue, accepte. L'aventure commence pour ces deux êtres passionnés et prêts à affronter tous les dangers... Un roman captivant signé Hervé Jaouen.
Ici Paris - 03/06/2003

- Irlande martyre
Au milieu du XIXe siècle, l'Irlande, aux mains des Anglais, est réduite à la plus grande misère : la Grande Famine va faire plus d'un million de victimes. Seule survivante d'une famille de huit personnes, Josephine Maloney se décide à partir pour l'Amérique en compagnie de William Benson, un jeune notable en rupture avec sa classe.
Horrifié par le martyre des Irlandais, il veut en témoigner dans un livre. Haine d'officiers anglais, tentatives d'assassinat, maladie, tempêtes : sur la route du Nouveau monde, rien ne sera épargné au jeune couple. Amoureux de l'Irlande qui lui a inspiré plusieurs ouvrages, Hervé Jaouen a puisé dans son histoire familiale pour bâtir la trame de "L'Adieu au Connemara", pour raconter - certains passages sont insoutenables - une page particulièrement atroce de l'histoire du pays qu'il aime.
F. L. - L'Yonne Républicaine - 28-29/06/2003

- De la vie d'une de ses arrière-grands-mères, Hervé Jaouen, avec son amour de l'Irlande, a bâti une fresque romanesque. La destinée d'une famille des plus pauvres du comté Mayo, à l'époque de la grande famine de 1846, qui cherche à atteindre le Canada de tous les espoirs. Pour amateurs de romans historiques.
Côté Ouest - Juin-Juillet 2003

- Hiver 1846-1847, la verte Irlande n'est plus que désolation. La famine règne et les petites gens meurent de misère tandis que les nobles Anglais, les landlords, vivent bien entre deux séjours en Albion. Mais pour être honnête tous ne se contentent pas de ranger précieusement dans leur poche l'argent gagné à la sueur du front de leurs métayers. Certains s'indignent du sort qui est réservé aux autochtones. Ainsi William, héritier et vilain petit canard de la noble lignée des Benson s'apitoie sur le sort des métayers, des paysans. Il tue son cheval devant la porte d'un hospice afin que les hôtes puissent manger. Josephine, l'unique survivante d'une famille du comté de Mayo soigne les malades et elle est considérée comme une sainte par les résidents et les religieuses. Pourtant entre le jeune lord, qui par son geste renie son passé, sa noblesse, sa patrie, et la jeune orpheline passe un courant que l'on pourrait appeler le coup de foudre. William veut témoigner au monde la misère des Irlandais et la cruauté de ses compatriotes. Blessé au bras il charge Josephine de tenir un cahier, montrant les atrocités commises. Désirant le faire publier il veut émigrer au Canada ou aux Etats-Unis. Mais le chemin est long jusqu'au port, ils connaîtront de terribles épreuves mais le besoin de témoigner est fort et ils défient les embûchez. Parviendront-ils jusqu'au Canada ? Une question poignante à laquelle répond Hervé Jaouen dans un roman noir, un roman d'aventures, de suspense, d'amour, d'humanisme. Hervé Jaouen aime l'Irlande et il sait nous faire partager le désarroi, les souffrances, mais aussi l'espérance d'une vie meilleure, autant de sentiments ressentis par des personnages simples, fiers, déterminés. Une leçon de courage.
Paul MAUGENDRE - Mauvais Genre, Polar and Co et Book à Bouquins - Juillet 2003

- "L'Adieu au Connemara" (Presses de la Cité) nous ramène aux heures sombres de la grande famine qui fit un million de morts irlandais au milieu du XIXe siècle et précipita le départ pour l'Amérique de cohortes d'émigrants.
Livre de misère et de révolte, le roman montre comment se construit petit à petit chez un couple, qui n'avait socialement aucune chance de s'unir, l'espoir d'une vie meilleure sous d'autres cieux. Un thème très contemporain auquel Hervé Jaouen donne une résonance personnelle en attribuant à l'ancêtre de son épouse un destin romanesque.
Bretagne - Été 2003

- La verte Irlande était bien noire
Ne le saurait-on que l'évidence transperce les pages de son dernier roman : Hervé Jaouen est l'un des meilleurs connaisseurs contemporains de l'Irlande. Dans "L'Adieu au Connemara", il en révèle un épisode historique mal connu en France, la grande famine des années 1846-1847, qui fit au bas mot un million de morts et provoqua l'exode de centaines de milliers d'Irlandais vers l'Amérique du Nord.
C'est un véritable roman, dont on apprendra d'ailleurs au final les vraies raisons de son inspiration. Une adolescente irlandaise du Mask, Josephine Maloney, voit successivement mourir ses parents, frères et sœurs. Elle est embarquée dans l'aventure de l'émigration par un jeune landlord anglais révolté par le sort des Irlandais et qui vent témoigner aux Etats-Unis de leur supplice. L'accès au bateau, puis le voyage, seront longs, terribles, apocalyptiques, jusqu'aux rives du Saint-Laurent où n'échouèrent que les plus résistants et les plus chanceux.
La cruauté des scènes, la violence des drames quotidiens pourraient rappeler "Les Cendres d'Angela", autre tableau noir du destin irlandais qui fut ensuite adapté au cinéma. Mais Jaouen ne provoque pas la sensibilité. Le récit est dur, sans aucun sentimentalisme anachronique. Il raconte vraiment, mêle avec bonheur les temps forts d'une histoire profondément humaine et le descriptif précis et crédible d'un contexte historique passionnant. C'est l'un des mérites de "L'Adieu au Connemara", qui figure parmi les meilleures ventes en librairie depuis de nombreux mois et que l'on imaginerait bien susciter une adaptation cinématographique.
Gilbert DANSART - Le Progrès - 13/09/2003

- "L'Adieu au Connemara" est un roman historique. Il raconte l'une des pages les plus tragiques de l'histoire du pays (l'Irlande) : la grande famine. Un million de morts, deux millions d'émigrants... Dans des conditions inimaginables. Une histoire à suspense, où l'on vibre pour la belle Josephine Maloney. Une écriture classique. C'est un ouvrage solide et bien documenté, avec la traversée de ces bateaux cercueils et notamment toute une partie concernant la traversée de l'Océan et l'arrivée sur une terre où l'on ne voulait pas de ces gens qui amenaient avec eux outre leur misère des maladies mortelles.
Michel DERRIEN - Ouest-France - 17 août 2003

- Ceux qui chercheraient encore quelques bonnes raisons de sereinement détester nos ataviques et insulaires adversaires de la toujours perfide Albion en trouveraient plus qu'il n'en faut dans le dernier récit d'Hervé Jaouen, qui plonge le lecteur dans une Irlande subclaquante, terrassée par la terrible famine de 1846, famine sinon organisée, du moins aggravée par la haine implacable de l'occupant anglais.
Les pérégrinations d'un couple improbable - une orpheline miséreuse et quasi-sainte et un fils d'aristocrate anglais en rupture de banc fasciné par les murmures marxistes en provenance du continent (et comme on le comprend, même s'il symbolise la propension de l'homme à se jeter dans les bras d'ogres successifs !) - sont l'occasion de dresser le tableau horrifique d'un peuple martyr, sacrifié sur l'autel du mépris social et (déjà !) des impératifs capitalistes. Chaque page de Jaouen nous conduit un peu plus loin dans la détresse et la souffrance d'une population contrainte à l'exil malgré son immense fierté, ultime et dérisoire protection contre les morsures de la faim et du froid.
L'amour exalté qui unit les deux héros n'offre que de rares mais précieuses respirations à ce suffocant voyage au bout de la nuit irlandaise, vigoureuse condamnation des impérialismes et stèle tragique à la mémoire des peuples. Âmes sensibles ne pas s'abstenir.
Xavier EMAN - Éléments - Octobre-Novembre-Décembre 2003

- Dans la postface, Hervé Jaouen explique qu'il a écrit cette histoire pour plusieurs raisons. D'abord, il voulait parler de la grande famine qui dévasta l'Irlande. Ce fléau est mal connu des français. Pour ma part, j'en avais entendu parler, mais je n'avais jamais rien lu à ce sujet.
D'autre part, l'auteur se passionne pour l'Irlande.
Enfin, l'arrière-grand-mère de son épouse était orpheline, et les recherches généalogiques lui ont fourni peu de renseignements à son sujet. Il a donc décidé d'imaginer les circonstances de sa naissance.
Ce livre est à lire. Il décrit la misère des Irlandais, la brutalité des colons. Hervé Jaouen apporte bien sûr des nuances. Tous les Anglais ne sont pas des assoiffés de pouvoir, traitant les Irlandais comme du bétail.
D'autre part, le roman contient une belle histoire d'amour. On s'en doute assez vite, mais on l'attend aussi. Elle n'arrive pas inopinément. Le lecteur la voit grandir et s'épanouir au gré des pages.
Attention : la fin n'est pas des plus heureuses. Personnellement, j'en ai été très surprise, car, allez savoir pourquoi, je m'attendais à une fin où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. La fin imaginée par Hervé Jaouen est un peu plus réaliste que la mienne. J'aurais tout de même préféré qu'il la fît moins dramatique. Mais il devait faire ce genre de fin...
Mise à part cette fin, quelques passages un peu longs, et certains traits du caractère de William qui m'ont mise un peu mal à l'aise, je vous recommande ce livre. Avec le recul, je dirais même que ce qui m'a gênée au premier abord est un plus, car cela rend le livre plus vraisemblable. William est un peu emporté, par exemple. Eh bien, oui : ce n'est pas le héros parfait des romans aseptisés d'auteurs comme Barbara Taylor Bradford, par exemple.
J'espère donc que vous passerez un bon moment avec ce roman, et qu'il vous en apprendra plus sur la période de la famine en Irlande, comme l'a souhaité l'auteur.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Dufour pour la Bibliothèque Sonore Romande.
http://www.lalivrophile.net - 16/04/2007

- [ ...] En tête de la séquence émotion, je retiendrai la maison de Daniel O'Connel à Caherdaniel, et surtout l'Heritage Center de Cobh qui expose admirablement les cruelles raisons de l'émigration massive vers l'Amérique ou l'Australie, et les insoutenables conditions de traversée (sur le sujet, un roman poignant d'Hervé Jaouen : "L'adieu au Connemara").
http://www.blog-trotter.net/ - 01/07/2007

- Au milieu du XIXème siècle, une famine épouvantable décime l'Irlande. L'histoire commence en Belgique.
Pour augmenter le rendement des pommes de terre, on apporte des excréments d'oiseaux. Ce guano contient des champignons qui attaquent les plants : le mildiou fait pourrir les tubercules et disparaître les récoltes.
Ce mildiou  passe chez les voisins : les Pays-Bas sont rapidement infectés, l'Allemagne, la France puis l'Angleterre et l'Irlande. Ce destructeur n'a pas de limites.
Cette catastrophe va engendrer ce qu'on appellera plus tard "la grande famine" en Irlande car la pomme de terre est la nourriture de base.
Des milliers d'Irlandais vont mourir sur place, des milliers d'autres vont tenter de fuir, beaucoup mourront en route.
C'est cette histoire que nous raconte Hervé Jaouen dans son roman "L'adieu au Connemara".
En me baladant du côté des  libraires au marché, j'ai été attiré par le titre. Le Connemara, maintenant, ça me dit quelque chose. J'ai donc emporté le bouquin.
Je ne l'aurais sans doute pas acheté si je ne revenais pas d'Irlande. Mais là, le guide nous a expliqué l'histoire du pays de long en large et, c'est un épisode qu'il ne pouvait pas rater.
En 1846, la Grande Famine ravage donc l'Irlande déjà écrasée sous la tyrannie anglaise. Les chemins de campagne sont jonchés de cadavres. Les villes sont décimées par les fièvres et le choléra. Des milliers de survivants choisissent donc l'émigration. Dans des conditions inhumaines, une véritable déportation s'organise.
Josephine Maloney, dix-huit ans, est l'unique survivante d'une famille de métayers du comté de Mayo. À l'hospice de Ballinrobe, la jeune fille rencontre William Benson, héritier d'une lignée de landlords. Révolté par le sort des Irlandais, il veut en témoigner et faire le récit de son voyage vers l'Amérique avec les émigrants. Benson propose à Josephine de l'accompagner. Elle a tout perdu. Pourquoi ne pas tenter l'aventure ?
Portés par un profond attachement mutuel, William et Josephine vont traverser les pires épreuves. Rien ne leur sera épargné. Parviendront-ils sains et saufs sur les rives du Saint-Laurent, atteindront-ils ce Canada tant espéré, dernier refuge et ultime espoir pour les âmes malmenées ?
J'ai trouvé certains passages un peu longs mais l'histoire est intéressante. Et pour les romantiques, il y a évidemment une histoire d'amour !
http://philippedester.canalblog.com/ - 10/09/2009

- Intéressant, le premier contact avec cet auteur m'avait laissé très perplexe ("Les ciels de la baie d'Audierne"). Le présent roman m'a davantage intéressé qui prend pour toile de fond un épisode peu connu de l'Histoire. Le récit est de qualité et propose une description intéressante de l'immigration irlandaise. Il permet aussi de mieux comprendre une histoire plus récente.
Un ouvrage intéressant qui a en outre le mérite de proposer une petite bibliographie.
bookona.com

- Dans le nouveau manuel d’histoire (rentrée 2010) pour classes de Seconde, rédigé sous la direction de Guillaume Le Quintrec et publié par Nathan, à la rubrique "À lire", "L’Adieu au Connemara" est recommandé "pour aller plus loin", au voisinage prestigieux, dans la rubrique "À voir", de Charles Chaplin ("L’Émigrant"), d’Elia Kazan ("America, America") et de Martin Scorsese ("Gangs of New York").

- 1846-1847. La Grande Famine frappe l'Irlande et fera près de un million de morts et entraînera l'émigration d'un million de ses habitants. De ce terrible fait historique, l'écrivain breton Hervé Jaouen tire un roman intense et douloureux, nous relatant le périlleux voyage de Joséphine et William vers le nouveau monde, périple fait de multiples embûches et drames, des campagnes dévastées du comté de Kerry, aux rivages inaccessibles du Québec.
[…] "L'adieu au Connemara" est un récit poignant, d'une rare précision, où peu de choses sont cachés au lecteur. On ressort de ce livre ébranlé d'horreur, de commisération mais malgré tout aussi d'espoir, à l'instar de la petite Joséphine, faible lueur de bonheur dans tout ce malheur. Un témoignage âpre mais implacable de la pire catastrophe qu'ait connu l'Irlande dans son histoire.
Liza Lou – 8/08/2011

- Ce roman est passionnant, puisqu'il retrace l'histoire de la grande famine des Irlandais au milieu du XIXe siècle à travers l'histoire d'une jeune irlandaise qui finit par émigrer aux États-Unis, dans des conditions épouvantables, comme tous les immigrés irlandais pauvres de cette époque.
Ce livre est très précis au niveau historique et son côté romanesque est haletant.
Sigrid – 29/08/2010

- Le premier contact avec cet auteur m'avait laissé très perplexe (Les ciels de la baie d'Audierne). Le présent roman m'a davantage intéressé qui prend pour toile de fond un épisode peu connu de l'Histoire. Le récit est de qualité et propose une description intéressante de l'immigration irlandaise. Il permet aussi de mieux comprendre une histoire plus récente.
  Un ouvrage intéressant qui a en outre le mérite de proposer une petite bibliographie.
Rudi – 06/08/2009




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