Que ma terre demeure

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2001 - Presses de la Cité - Romans Terres de France
2001 - France Loisirs
2002 - Le Grand Livre du Mois
2003 - Presses de la Cité - Pocket 11496
2007 - Libra Diffusio
2011 – A été publié en e-book

Prix Bretagne 2002
Prix du Pays de Caulnes 2008

Résumé

- Edition 2001
Pays de Cornouaille, Finistère. Restée veuve après tout juste trois années de mariage, Anna reprend à son nom la ferme de Menez Glaz avec l'aide de son beau-père, Tad Kermorvan, mémoire vivante d'une génération de vrais cultivateurs respectueux de la nature.
Les semailles d'Anna finiront-elles par lever, malgré les convoitises d'un chef du lobby porcin en quête de territoires où épandre son lisier, la fuite en avant d'un système productiviste qu'on veut lui imposer, les jalousies et les rancœurs familiales, les amours impossibles et l'angoisse lancinante, pour une fille née de père inconnu, de découvrir un jour qu'elle doit la vie à un être méprisable ?
Hommage à la Bretagne rurale des parents et des aïeux de l'auteur, ce roman est aussi le plaidoyer sans concession qu'attendait une région souillée par les excès de l'agriculture intensive.

- Edition 2002
"Comme un vrai roman de terroir, le livre est aux couleurs régionales. Exotisme ? Pas seulement. Hervé Jaouen parle juste de la campagne du Finistère et des gens qui l'habitent, il est né au milieu d'eux. Comme un vrai roman de terroir, Que ma terre demeure raconte l'Histoire. Mais celle-ci nous est si proche qu'elle prend des allures d'actualité... Et puis, il y a Anna. Un roman n'est pas un vrai roman sans héroïne. Anna est une héroïne."
Christine Brulé - Ouest-France

- Edition 2003
Pays de Cornouaille, Finistère. Restée veuve après tout juste trois années de mariage, Anna reprend à son nom la ferme de Menez Glaz avec l'aide de son beau-père, Tad Kermorvan, figure emblématique du village, dont le travail de la terre perpétue respectueusement celui de ses ancêtres. Anna doit se battre au quotidien contre la jalousie perfide d'une belle-sœur aigrie et vénale, contre un passé nébuleux qui la taraude et contre la solitude. Mais elle doit également se battre contre l'appétit croissant de certains pour sa propriété. Ainsi, Armand Salaun, éleveur de porcs, à l'affût de nouvelles terres pour épandre son lisier. Il ne cache ni ses tristes projets ni ses folles ambitions. Et tant pis si la terre devient de plus en plus sale puisque cynisme et rendements sont les maîtres mots de ce nouveau modèle agricole...

Extrait

L'année de leurs huit ans, Gwenola et Kévin entrèrent au CE2 dans la classe de monsieur Herrou, le directeur de l'école. D'ordinaire, le directeur se réserve le CM2, la classe charnière entre le primaire et le collège. Monsieur Herrou, lui, préférait les jeunes cervelles malléables qu'il adorait pétrir dans l'espoir de leur inculquer ses propres valeurs. Elles étaient principalement au nombre de trois : la morale, la vraie, et non pas ce semblant d'instruction civique qui l'avait remplacée dans les programmes ; le goût de la lecture - sur ce chapitre, ses difficultés allaient grandissant au fur et à mesure que les postes de télévision envahissaient les foyers ; enfin, le respect de la nature. Monsieur Herrou avait fréquenté le séminaire mais en fin de parcours avait refusé la soutane, pour se rapprocher de Dieu. Cet homme-là avait l'âme panthéiste et pratiquait sa religion dans les champs plutôt qu'à l'église Saint-Ronan, qu'il fréquentait néanmoins, par obligation, eu égard à sa fonction de directeur de l'école privée.
Avec autant de passion que de mesure, l'instituteur pêchait et chassait. Aux gamins fascinés, il expliquait que l'homme des cavernes ne chassait pas parce qu'il était cruel, mais pour nourrir les siens. Certes, de son propre aveu, on retirait de la traque un plaisir certain, et c'était ce plaisir-là que nos ancêtres nous avaient légué, mais il n'y avait aucune honte à y céder, à condition de ne rien prélever qu'on ne pût manger. Monsieur Herrou perpétuait les leçons de choses de l'après-guerre.
En hiver, ses élèves apprenaient à distinguer une bécassine sourde d'une bécassine double, une draine d'une grive musicienne, un ramier sédentaire d'une palombe, un garenne d'un lièvre, une sarcelle d'un colvert. Au premier de la classe il accordait l'honneur de prélever la plume du peintre sur l'aile d'une bécassine et de la garder.
Le printemps venu, il apportait en classe des truites pêchées à l'aube, les disposait dans un grand plat sur un lit de menthe sauvage et d'un index qui sentait le tabac à pipe et la craie montrait aux élèves réunis en rond les points rouges d'une truite fario, la robe argentée et mouchetée de noir d'une truite de mer prise dans le ruisseau de Sainte-Anne-la-Palud, les reflets bleu-mauve d'une truite arc-en-ciel échappée d'une pisciculture. "Echappée depuis combien de temps ?" demandait-il. Facile à voir. Dans les bassins elles se bouffaient entre elles. Si la nageoire caudale avait repoussé, ça voulait dire que la truite vivait dans la rivière depuis des mois et que sa chair aurait le bon goût du poisson sauvage.

Critiques

- LA DEDICACE DE L'AUTEUR : J'ai l'impression qu'un homme est comme un arbre : à mesure qu'il vieillit, il enfonce ses racines de plus en plus profondément dans le sol. Bien que je n'en sois pas encore au stade de raconter mon premier âge (gardons cela pour plus tard, quand l'inspiration fera défaut), depuis plusieurs années j'éprouve le besoin d'aller chercher les sels minéraux de mon écriture dans la tourbe de mon terroir. Cette recherche a commencé avec "La Prairie", une nouvelle publiée dans le recueil Merci de fermer la porte (Denoël) en 1999. Et puis voilà ce livre, Que ma terre demeure, dans lequel j'ai essayé de réunir trois désirs : écrire un vrai "roman de la terre" avec des personnages forts et emblématiques incarnant le passé, le présent et l'avenir du monde rural breton ; situer l'intrigue dans un décor inspiré de mon enfance de petit-fils et de fils de paysans ; à travers le devenir des mes personnages (et non pas en assénant des données scientifiques), critiquer le modèle agricole productiviste qui a détruit le paysage, pollué l'eau et la terre, en Bretagne, au cours de ces trente dernières années. (Hervé Jaouen)

- Bretagne profonde
Anna est une enfant de la Dass. Elle épouse Youenn. Rapidement veuve, elle assumera les tâches de la ferme, aidée par Tad son beau-père, avec lequel les relations sont très étroites, et nous apprendrons pourquoi au fil du livre.
En marge d'une histoire sentimentale classique dans les romans, nous assisterons à des affrontements particulièrement violents entre les partisans d'un élevage extensif mais pollueurs, et les défenseurs d'une agriculture raisonnée.
Un roman de terroir agréable à lire, vivant, varié.

- Le combat d'une jeune femme contre le modèle agricole où rendement et cynisme sont les maîtres-mots.
La Cornouaille, en Bretagne. À 23 ans, Anna prend en main la ferme de son mari disparu, au côté de son beau-père qui travaille la terre comme le faisaient ses aïeux. Face à ses responsabilités, elle se heurte à un éleveur de porcs, avide et ambitieux, toujours en quête de terres pour son lisier polluant.
Une lutte inégale s'engage...

- Au nord de Cornouaille, les paysans qui refusent de se moderniser auront la vie dure. Anna le sait, enfant de D.D.A.S.S., élevée chez les sœurs, loin des petits lits douillets et du conte de fée, elle a les pieds sur terre. Mariée à Youenn, le fils du propriétaire de la ferme de Menez Glaz, elle travaille sans relâche. Lorsque le père Tad aborde les questions d'héritage avec ses trois enfants, la tension monte...

- Des personnages très vrais et très représentatifs du monde paysan, partagé entre les enfants attachés à la terre de leurs ancêtres et ceux qui choisissent de la fuir. Un très beau roman, abordant de nombreux thèmes très actuels.

- Ben mon cochon ! On a bien aimé le dernier livre d'Hervé Jaouen : Que ma terre demeure. Une saga paysanne où l'on voit s'affronter en Bretagne profonde les défenseurs d'une agriculture douce et les partisans de l'élevage intensif.
Au fil des pages qu'on dévore, comme du (bon) jambon, on a découvert un joli paragraphe qui concerne Saint-Brieuc. Le voici :
"Savez-vous ce qui se vend le mieux à Saint-Brieuc ?"
"Les sèches-linges"
"Pourquoi ? Parce que les femmes se sont aperçues qu'elles ne pouvaient plus mettre leur linge à sécher dehors. Elles avaient beau le relaver, acheter des lessives parfumées, quand elles rangeaient leurs petites culottes dans l'armoire, elles puaient le lisier".
C'est bien vu, mais c'est peut-être pas le meilleur moyen pour Jaouen pour remporter le Prix Louis-Guilloux !

- Anna, fille de la Ddass, épouse un peu par hasard Youenn, un agriculteur. Veuve trois ans plus tard et héritière de la ferme de Menez Glaz, elle fait face à ses nouvelles responsabilités grâce au soutien de son beau-père, Tad Kermorvan. Elle aura à affronter une belle-sœur vénale, mais aussi des éleveurs peur scrupuleux que sa terre intéresse. Elle devra choisir entre deux types d'agricultures, et se battre pour que la "terre demeure". On quitte avec regret les personnages attachants de ce roman qui décrit avec une grande justesse de ton la Bretagne rurale d'hier... mais aussi d'aujourd'hui. - Sur la trame d'un roman sentimental dans lequel Anna se bat seule dans son exploitation agricole, l'auteur dénonce les problèmes des paysans bretons, confrontés à l'extension des élevages porcins. Profits pour les uns mais détérioration de l'environnement. Bien documenté sur les difficultés des problèmes agricoles, ce livre, à l'intrigue très romanesque, est attachant.
Notes bibliographiques - 19/03/2001

- Roman du souvenir et de la terre, c'est aussi le propos de Hervé Jaouen dans "Que ma terre demeure", vibrant hommage à ceux qui trimèrent sur la lande bretonne. C'est également la dénonciation des dérives d'une agriculture intensive, de la production porcine à outrance, au détriment de la qualité de la vie. C'est aussi la recherche d'un passé trouble. Anna, enfant de la Ddass a été élevée chez les sœurs, a trouvé une place comme secrétaire de mairie. C'est là qu'elle a connu celui qui deviendra son mari. Pour pas longtemps. Le temps de lui faire un enfant. Trois années de mariage et le bonheur qui bascule à cause d'un accident de tracteur. Anna va tenir les rênes de la ferme, avec l'aide de son beau-père et malgré les convoitises de son voisin, gros éleveur porcin. Le modernisme pointe le bout de son nez et avec lui les dégradations de la nature. Un combat que narre avec pudeur mais force et justesse Hervé Jaouen qui entremêle l'existence d'Anna, attachée à sa terre, à la recherche de son identité et les excès d'une agriculture moderne qui ne répond qu'au seul nom de profit, de production intensive. Quelques pages épiques émaillent ce récit, constat d'une époque qui oscille aujourd'hui entre qualité et productivité, souvent deux entités incompatibles. Le roman de la terre, le roman d'une femme, un roman noir qui ne s'affiche pas comme tel mais qui révèle le combat houleux et quotidien de ceux qui sont et restent attachés à une nature non défigurée, non spoliée, non empoisonnée. Un livre qui au-delà du roman traditionnel fait réfléchir sur l'avenir, d'une façon moins fracassante, moins médiatique mais peut-être plus incisive que les actions d'éclats de José Bové.
Annonce Bouquins - Avril 2001

- Pays de Cornouaille, Finistère. Moins de trois ans après son mariage, Anna est veuve et reprend à son compte la ferme de Menez Glaz avec l'aide de son beau-père, Tad Kermorvan. Anna suscite bien vite des convoitises. À commencer par celles du voisin, Armand Salaun, coureur de jupons invétéré et important éleveur de porcs, à l'affût de nouvelles terres où épandre son lisier... À ces premiers s'ajoutent, pour Anna, la lutte incessante contre un système agricole productiviste et surtout, pour cette jeune femme née de père inconnu, l'angoisse lancinante de découvrir un jour à qui elle doit la vie... Hervé Jaouen, l'un des maîtres du roman noir français, est aussi l'auteur de notes de voyages, de livres pour la jeunesse, de romans.
Biblioteca - Avril 2001

- La Cornouaille, en Bretagne. Anna, née de père inconnu, épouse Youenn, agriculteur. À 23 ans, elle perd son mari dans un accident et prend en main la belle ferme dont elle hérite. Face à ses responsabilités, elle se bat contre la jalousie d'une belle-sœur aigrie, un passé qu'elle n'arrive pas à reconstituer, la solitude... Mais, surtout, contre l'appétit croissant d'un éleveur de porcs ambitieux, à l'affût de nouvelles terres pour épandre son lisier. Hervé Jaouen, breton et maître reconnu du suspense, raconte le combat au quotidien d'une femme contre un monde agricole, où rendement et cynisme règnent en maîtres. Ce livre, dont la trame romanesque est captivante, traduit bon nombre de préoccupations actuelles : comment concilier agriculture propre et société de consommation ? Nous sommes au cœur de l'actualité agricole, dans une Bretagne d'aujourd'hui.
Claude LUQUET - Pèlerin Magazine - 19/04/2001

- On ne présente plus de très Breton Hervé Jaouen à qui l'on doit quelques excellents polars (dont certains ont inspiré, pour la télévision, des cinéastes comme Jean-Pierre Bastid, Denys Granier-Deferre ou Luc Béraud).
Avec "Que ma terre demeure" (Presses de la Cité), il rend implicitement hommage à la Bretagne - aujourd'hui disparue - de ses aïeux. Restée veuve après trois ans de mariage, Anna née de père inconnu, décide de reprendre la ferme de Menez Glaz avec l'aide de son beau-père.
Un choix qui n'a pas l'approbation de sa belle-sœur, une jeune femme jalouse et aigrie. Mais elle doit faire face, aussi, à ceux qui - comme Armand Salaun, riche éleveur de porcs - convoitent la ferme.
Par-delà l'histoire de la courageuse Anna, Jaouen nous parle d'une brûlante actualité : comment concilier une agriculture traditionnelle avec les exigences de la société de consommation ? Et que vont devenir les cochons de Bretagne menacés par les grands requins du capitalisme sauvage ?
Olivier MALENTRAIDE - Présent - 21/04/2001

- Anna, fille de la Ddass, épouse, un peu par hasard Youenn, un agriculteur. Veuve trois ans plus tard et héritière de la ferme de Menez Glaz, elle fait face à ses nouvelles responsabilités grâce au soutien de son beau-père, Tad Kermorvan. Elle aura à affronter une belle sœur vénale, mais aussi les éleveurs peu scrupuleux que sa terre intéresse. Elle devra choisir entre deux types d'agriculture, et se battre pour sa "terre demeure".
Hervé Jaouen s'est d'abord essayé avec succès au polar, genre qu'il a peu à peu abandonné pour nous livrer des chroniques, des nouvelles, romans et romans pour la jeunesse. Il dirige également la collection Latitude Ouest et donne au Télégramme une chronique hebdomadaire.
La Lettre de la Librairie - Mai 2001

- D'abord connu pour ses romans noirs et ses polars, qui lui valurent les prix du Suspense et de la Littérature policière, Hervé Jaouen écrit pour la jeunesse et les adultes. Il a hésité avant de se lancer dans l'écriture, au point de poser sa plume pour se consacrer à la carrière bancaire. Il l'a reprise la trentaine venue et son premier polar fut salué par la critique et le public.
Avec "L'Adieu aux îles", en 1986, Hervé Jaouen gagne ses galons mérités d'écrivain. Amoureux de l'Irlande tout autant que de sa Bretagne natale, il leur consacre désormais de belles pages... Son dernier roman s'enracine dans sa Bretagne malmenée...
Par son mariage avec Youenn, Anna trouve la famille qu'elle n'a jamais eue : fille de la Ddass, née de père inconnu, elle vit désormais à Menez Glaz, la ferme de Tad Kermorvan, son beau-père, qui travaille la terre comme le faisait ses aïeux. La mort brutale de Youenn contrait Anna à prendre des responsabilités, avec l'affectueux et inconditionnel appui de Tad. Elle se heurte à Salaun, éleveur de porcs, avide et ambitieux, toujours en quête de terres pour son lisier salissant, polluant. Engagée dans un véritable combat, Anna trouvera un bonheur mérité.
Donnant à découvrir sa région d'aujourd'hui, méconnue, Hervé Jaouen fait dans son roman le beau "rêve d'une Bretagne qui retrouverait sa pureté".
Côté Femme - 09/05/2001

- Le combat au quotidien d'une femme d'aujourd'hui, héritière d'une ferme en Cornouaille, confrontée aux jalousies de son entourage et aux pressions de son voisinage pour pouvoir préserver, sur sa terre, les méthodes de culture traditionnelles malgré les sacrifices qu'elles imposent.
Hervé Jaouen, directeur littéraire de la collection "Latitude Ouest" aux éditions Ouest-France, et chroniqueur au Télégramme de Brest, a été récompensé par de nombreux prix. Il est également scénariste pour la télévision.
Union Presse - Juin 2001

- En pays de Cornouaille, dans le Finistère, Anna, jeune veuve, reprend la ferme de Menez Glaz à son nom, avec l'aide de son beau-père, Tad Kermorvan. Un combat pour cette femme qui doit affronter le chef d'un lobby porcin en quête de territoires, les rancœurs familiales, les amours impossibles et la terrible vérité sur sa naissance. Ce livre, écrit par Hervé Jaouen qui, dès 1979, s'imposa comme un des maîtres du roman noir français et dont la Bretagne et l'Irlande sont les principales sources d'inspiration, est un hommage à la Bretagne rurale. C'est aussi un redoutable plaidoyer, sans concession, en faveur d'une région souillée par les excès de l'agriculture intensive.
Neuilly - Journal indépendant - Juin 2001

- Le beau combat d'Hervé Jaouen
Un vibrant hommage aux paysans de sa terre d'enfance, la Bretagne
Hervé Jaouen fit une entrée fracassante, en 1979, dans le monde du roman policier, avec "La Mariée rouge" dont l'éditeur, Engrenage, avait pour slogan : "Ni Agatha Christie, ni SAS, ni Série noire, mais un polar d'aujourd'hui en France." Depuis, il a remporté de prix du Suspense (1982) pour "Quai de la Fosse", le grand prix de Littérature policière (1990) pour "Hôpital souterrain" (Folio policier) et le prix Populiste (1996) pour "L'Allumeuse d'étoiles" (Folio, lire La Croix des 17-18 novembre 1996).
Lui, qui est né à Quimper, a deux passions : la Bretagne et l'Irlande. Dans son dernier roman, "Que ma terre demeure", il ne s'agit pas de littérature policière, mais d'un vibrant hommage aux paysans de Cornouaille.
Loeiz Kermorvan, veuf, règne sur la ferme de Menez Glaz, aidé par ses deux fils : Ronon, Youenn et sa bru, Anna qui vient de la Ddass. Ils ont pour voisin Armand Salaun qui habite la bâtisse de Kergrenn et convoite les terres de son voisin. Lui c'est "rive droite du Dour Gwenn, la goinfrerie de l'élevage porcin hors sol" ; Loeiz Kermorvan, c'est : "rive gauche, la sagesse et le respect de la terre".
Il y a beaucoup de rebondissements dans ce roman, des non-dits, des secrets de famille, des drames, et aussi beaucoup de bonheur.
Mais, à travers ces haines ancestrales, Hervé Jaouen dénonce : "Ces veaux blancs élevés en batteries, par centaines, dans des ateliers obscurs, immobilisés entre les claies et chancelant sur leurs pattes au moment de monter dans le camion de l'abattoir." L'un de ses personnages constate amèrement : "On pollue l'eau, l'air et la terre. On se méfie de nos produits. Où est la fierté légendaire des Bretons de la terre ?"
Souvent, dans l'œuvre d'Hervé Jaouen, cela commence par un conte de fées et cela s'achève en tragédie. Ici, c'est le contraire, il est beau ce combat pour que la terre demeure.
Pierre LEBEDEL - La Croix - 21/06/2001

- Plaidoyer pour la Cornouaille
Dans un vibrant chant de la terre, Hervé Jaouen rend hommage au Finistère et à l'âpre vie paysanne qu'ont connue ses aïeux.
À Menez Glaz, la chouette hulule au matin. "Chouette qui hulule en plein jour apporte la mort autour." Loeiz Kermorvan, le grand Loeiz, avait réuni ses trois enfants pour leur faire part de ses décisions testamentaires : Youenn, l'aîné, une vraie "penn koad", une tête de bois, qui travaille sur la ferme avec Anna, sa jeune épouse ; Margrite, employée de banque sèche et aigrie, mariée avec Thomas, un assureur agricole ; Ronan, le plus jeune, étudiant et globe-trotter. Entre bécasses flambées au lambic et crêpes, l'ambiance est aux escarmouches. Youenn part sur un coup de colère défricher sa lande en pleine nuit et meurt, écrasé par son tracteur. Désormais veuve, Anna, une fille de la Ddass, décide de reprendre elle-même les rênes de l'exploitation familiale. Situé non loin de Douarnenez, en Cornouaille bretonne, aux confins des montagnes Noires, le manoir de Menez Glaz a des allure de ferme fortifiée, serti de bocage, de vals et de prairies, de landes rases et de bruyères mauves. Les champs, comme les vaches, ont encore un nom : le champ triangle, la pâture aux châtaigniers, "lez mein", le champ aux cailloux. Chaque matin, Loeiz Kermorvan sortait sur le seuil de sa maison, considérait son domaine et "trempait son esprit dans le paysage comme on mouille ses doigts dans le bénitier à l'entrée d'une église". Le Dour Gwenn, que remontent par milliers les saumons, déroule en bas son écharpe parfumée. Sur la colline en face, on aperçoit la porcherie industrielle d'Armand Salaun. Ces deux mondes violemment contrastés ne peuvent que s'opposer dans une Bretagne où les ambitions des uns empoisonnent, en même temps que la terre, un art de vivre immémorial.
"Que ma terre demeure", le dernier roman d'Hervé Jaouen, met en scène le combat d'Anna pour Menez Glaz, les mystères de son passé, ses questionnements face aux choix paysans et ses erreurs de parcours. Agriculture traditionnelle ou agriculture intensive ? Car la véritable héroïne du livre est bien la terre, ce pays breton en lambeaux, gorgé du lisier des porcs qui s'écoule dans les nappes phréatiques et les ruisseaux. Les perdreaux et les bécasses, les bleuets, les coquelicots et les hannetons, disparus. Les talus arasés pour adapter la terre aux machines et non l'inverse. Le linge ne sèche plus dehors tant il pue le lisier. Ici, les champs de maïs épuisent la terre. Ailleurs, le pays paraît abandonné, avec ses masures décrépies et ses prairies que personne ne fauche plus.
Les problèmes de la Bretagne d'aujourd'hui forment la trame de "Que ma terre demeure". Pourtant, l'enjeu reste la Cornouaille ancestrale et les liens que les hommes on tissés avec cette terre qu'ils respectaient. Ce sont, rudes et colorés, les parlers, les superstitions, les gestes et les figures des paysans, les vrais, incarnés par Loeiz Kermorvan. Ils se tiennent droit jusqu'à ce que la mort les abatte, ces hiérarques de la terre. Ils disent devant le trèfle en fleur que les champs sont en veste de velours. Ils ont le visage buriné par la lumière d'Armorique, ceux-là qui ont eu la chance de faire la "skol al louarn", l'école du renard, c'est-à-dire l'école buissonnière.
Hervé Jaouen les connaît bien et leur écrit là un hommage. Il est né à Quimper en 1946. Son père fut journalier agricole avant d'être cheminot. Sa mère travailla comme journalière, blanchisseuse, crêpière. Chef d'agence bancaire et professeur d'économie, Hervé Jaouen fut salué comme un des maîtres du roman noir français dès son premier livre, "La Mariée rouge", en 1979. Depuis, il a quitté la banque pour devenir écrivain à part entière. Directeur de la collection "Latitude Ouest", aux éditions Ouest-France, rédacteur d'une chronique au "Télégramme de Brest", il a une trentaine d'ouvrages à son actif, salués par de nombreux prix littéraires. Si ses romans s'ancrent principalement en Bretagne et en Irlande ("La Cocaïne des tourbières", l'année dernière), c'est peut-être pour suivre le fil ténu d'une certaine lumière, d'une si vieille affinité entre deux terres.
Anne-Marie KOENIG - Géo - Juillet 2001

- Trois ans après son mariage avec un agriculteur breton, Anna, enfant de la Ddass, se retrouve veuve. Très appréciée de son beau-père, elle dirige désormais l'exploitation... Elle affronte son voisin, grande gueule et chaud lapin, qui veut s'approprier ses terres... mais elle ne se laisse pas faire et s'attache à les rendre plus productives... À quel prix ! Entre le secret de la naissance de son héroïne, les élans de son cœur et son implication dans les mouvements paysans, Hervé Jaouen brosse un portrait passionnant de femme volontaire et libre sur fond de problèmes que posent l'agriculture moderne et la société de consommation.
Catherine DELATTRE - Ici Paris - 17/07/2001

- La Bretagne et l'Irlande sont les principales sources d'inspiration de cet écrivain prolixe, né à Quimper, qui excelle dans le roman policier. L'intrigue de ce roman se passe aujourd'hui, dans le monde rural breton. La ferme de Menez Glaz, dans le pays de Cornouaille, en Finistère Sud. Une héroïne, Anna, qui se bat contre le modèle agricole où rendements et cynisme sont devenus les maîtres mots. Un virulent plaidoyer pour la préservation d'une agriculture traditionnelle. Autant dire un roman d'actualité.
Maisons Côté Ouest - Juillet-Août 2001

- Aux Presses de la Cité, Frédérique Polet voit dans le roman d'Hervé Jaouen "Que ma terre demeure" un beau sujet de film. Ce livre raconte en effet la lutte que mène au quotidien une jeune veuve pour préserver sa ferme en Cornouaille. Face à l'hostilité de ses proches, Anna affronte ses responsabilités grâce au soutien de son beau-père, une figure emblématique de leur village. Comment concilier une agriculture de tradition avec les enjeux de la société de consommation, pourquoi rester travailler la terre qui exige tant de sacrifices ? "Ce roman, aux résonances actuelles, dresse un beau portrait de femme, émancipée et attachante qui, malgré sa solitude et le poids d'un passé qui la hante, cherche sa voie dans ce dédale de contradictions avec pour seul credo le tire du livre "Que ma terre demeure"."
Synopsis - Juillet-Août 2001

- Un grand roman d'Hervé Jaouen
En Cornouaille, une jeune fille née de père inconnu épouse un agriculteur très attaché aux traditions terriennes dont elle partage les convictions, mais, devenue veuve trois ans plus tard, elle évolue d'autant plus que ses responsabilités nouvelles, bien qu'elle soit aidée par le beau-père, ne vont pas sans engendrer des difficultés avec le voisinage et la parentèle. Elle se bat, courageusement, pour défendre ce qui est devenu sa ferme tout en s'ouvrant à la fois à des idées plus modernistes et aux thèses des jeunes paysans qui défendent la culture naturelle. Cette jeune femme émancipée sait faire face et son combat pour que la terre demeure s'accompagne à la fois de la découverte des idées de la nouvelle génération, avec sa fille, et du nom de son père. Si le roman procède, somme toute, d'une construction classique, c'est aussi, au plan social, une remarquable étude sur l'évolution de l'agriculture depuis un demi-siècle, tant dans les mœurs que dans les méthodes. Un très beau roman d'Hervé Jaouen sur un demi-siècle de révolution rurale.
Armor Magazine - Septembre 2001

- Lectrice de polars, j'aurais dû découvrir Hervé Jaouen depuis longtemps mais je délaissais trop les Français, et ses très nombreux romans publiés chez Gallimard, chez Denoël, aux éditions Rivages, en Folio, en Poche m'ont échappé. Je le regrette aujourd'hui, avec la lecture d'un vrai roman écrit par un vrai écrivain.
Un vrai Breton aussi, qui ne craint pas d'étaler les sottises commises par les paysans bretons qui ont entendu les sirènes du productivisme, parce qu'il pense nous les faire oublier et redonner à la Bretagne son vrai visage qu'ils ont souillé.
Le décor ? Une terre propre et belle couronnée par un vieux manoir, Menez Glaz, habité par un paysan "à l'ancienne mode" lui aussi, qui a toujours refusé de polluer sa terre et ses pâtures avec du maïs assassin, des herbicides, des pesticides, qui n'a pas rasé ses talus, arraché ses haies, qui a laissé ses vaches paître leur trèfle, et qui surtout n'a pas installé des centaines de porcs hors-sol, avec leur lisier qui empoisonne la terre et la rivière. Tad Kermorvan a une belle-fille venue de la Ddass et parée de beaucoup de vertus ; deux fils dont un héros de roman ; un voisin qui est un porc qui en élève des centaines d'autres, un nouveau riche qui se prend pour un notable, et qui rêve d'acquérir Menez Glaz.
Nous apprendrons quels avaient été les liens des deux personnages, dans leur jeunesse.
Une sinistre histoire d'héritage mais un beau roman dont les héroïnes sont Anna qui croyait en un avenir radieux, et la Bretagne qu'il faut arracher à ses charrues à six sous et à ses tonnes de lisier, et rattacher à son passé magnifique.
Hervé Jaouen a le grand talent de nous indigner, de nous intriguer, de nous attendrir et de nous faire croire que tout peut encore être sauvé.
Le Chirurgien Dentiste de France - 27/09/2001

- Les "bios" se rebiffent
L'agriculture est aujourd'hui un passage obligé de notre réflexion sur le devenir de l'humanité. Ces dernières années, la querelle entre les tenants d'une certaine philosophie de l'existence, respectueuse de la nature, et les faiseurs de fric qui se fichent de l'environnement, s'est radicalisée.
Par ses implications politiques, économiques, sociales, écologiques ou sanitaires, ce débat est devenu un champ de bataille d'idées, le ferment d'une guerre civile larvée et un terrain romanesque particulièrement fertile.
[...] Le prolifique Jaouen nous ramène quelques années en arrière, narrant les luttes de clans autour d'un morceau de paradis sud-finistérien menacé par l'épidémie du lisier. Sa fresque paysanne, illuminée par la présence du très beau personnage d'Anna, progressivement conquise par la terre, fait penser à l'Irlande. Sans doute pour le commerce que ce récit entretient avec la fatalité et la dimension sacrée qu'il accorde à la terre.
Bretagne Magazine - Mai-Juin-Juillet 2001

- En Bretagne, le combat d'une jeune femme contre un modèle agricole cynique qui n'a de but que les rendements... Le Quimpérois Hervé Jaouen sait tout faire : partager son amour et sa connaissance de l'Irlande, raconter aux adolescents la fin de vie d'une femme qui pourrait être leur grand-mère, faire haleter le lecteur dans des suspenses enracinés. Cette fois c'est un roman complètement impliqué dans la vie d'aujourd'hui.
Ouest-France - 08/04/2001

- Changement de registre pour l'auteur quimpérois qui s'est illustré dans le polar, genre qu'il a peu à peu abandonné, mais aussi dans la littérature jeunesse (notamment avec "Mamie Mémoire"), les chroniques et les nouvelles (il faut avoir lu "Merci de fermer la porte").
On le découvre dans un roman de la terre où son héroïne, Anna, fille de la Ddass, épouse, un peu par hasard Youenn, un agriculteur. Veuve trois ans plus tard et héritière de la ferme de Menez Glaz, elle fait face à ses nouvelles responsabilités grâce au soutien de son beau-père, Tad Kermorvan. Elle aura à affronter une belle-sœur vénale, mais aussi des éleveurs peu scrupuleux que sa terre intéresse et devra choisir entre deux types d'agriculture, et se battre pour que "la terre demeure".
Plaidoyer d'un amoureux de la nature - on retrouve souvent le ton de ses chroniques -, le roman nous attache aussi à des personnages forts et bien campés que l'on quitte à regret en le refermant.
Le Télégramme Magazine - 18/04/2001

- Où, à travers Anna, Hervé Jaouen raconte l'histoire de l'agriculture aujourd'hui.
Ce pourrait être un simple roman de terroir. Comme un vrai roman de terroir "Que ma terre demeure" pèse son poids de nostalgie pour une nature qui n'est plus tout à fait ce qu'elle était : Hervé Jaouen a dû s'y balader enfant, ça se sent. Comme un vrai roman de terroir le livre est aux couleurs régionales. Exotisme ? Pas seulement, Hervé Jaouen parle juste de la compagne du Finistère et des gens qui l'habitent ; il est né au milieu d'eux. Comme un vrai roman de terroir "Que ma terre demeure" raconte l'Histoire. Mais celle-ci nous est si proche qu'elle prend des allures d'actualité. De cette actualité qui enflamme les fins de repas en famille ou entre copains. Là, il est question de cinquante ans d'histoire de l'agriculture. Vaste sujet ! Tous les personnages sont là, campés dans le microcosme d'un village. Le "gros" paysan qui s'est mis à faire des porcs en batterie et qui lorgne les terres voisines pour épandre son lisier, autant que pour grossir encore et prouver qu'il a raison ; que ce sont les "petits" qui ont tort et qui seront "balayés". Il y a tout près des porcheries industrielles, l'autre version de l'agriculture : le patriarche, Tad Kermorvan, la "noblesse" de l'agriculture traditionnelle qui a compris que son temps était révolu, mais qui veut le pousser jusqu'au bout. Il y a la fille qui a quitté la terre pour épouser un assureur ; qui rêve quand même de l'héritage, toute dégoûtée qu'elle est des vaches. Il y a le Crédit rural, le maire "de droite" et bientôt les Paysans citoyens, aux généreux militants...
Et puis, il y a Anna. Un roman n'est pas un vrai roman sans héroïne. Trop romanesque pour être vraie ? Mais assez vraie pour laisser le lecteur imaginer ce qu'il y a d'amertume à avoir "modernisé", pour se rendre compte qu'on s'est trompé et pour finir par transformer la ferme laitière en gîte cosy pour touristes...
Christine BRULÉ - Ouest-France - 06/05/2001

- À la mort de son mari, Anna reprend la ferme de Menez Glaz, en Cornouaille, où vit toujours son beau-père Tad Kermorvan. Elle modernise l'exploitation et se lance dans une agriculture plus intensive. Un choix qu'elle regrettera et sur lequel elle reviendra, alors que son voisin a des projets gigantesques pour sa porcherie. Parallèlement à ce cette confrontation, naissent d'autres conflits d'intérêts au sein de la famille de Tad Kermorvan, qui mettent en lumière le cynisme et la cupidité humaines.
Plaidoyer pour une agriculture respectueuse de l'environnement, réquisitoire contre les porcheries industrielles polluantes, "Que ma terre demeure" n'apprendra rien aux Bretons : on retrouve, à pleines pages, tous les clichés attachés au sujet, et l'on peut regretter aussi que, d'un point de vue romanesque, le récit manque d'intensité dramatique. Quant au vocabulaire utilisé pour ce qui a trait à l'amour physique, certains lecteurs trouveront peut-être qu'il est souvent crû et d'un goût douteux.
Le Télégramme - 09/05/2001

- "Que ma terre demeure" met en scène le monde rural d'aujourd'hui dans le Finistère. C'est un livre qui parle du terroir et de son évolution dans les cinquante dernières années. Il y est question, au travers des "paysans" et de la terre, d'une histoire qui s'est déroulée à une vitesse folle, laissant derrière elle un brin de nostalgie. Hervé Jaouen campe des personnages de notre époque, avec toutes leurs contradictions. Il y a les anciens et les modernes, les petits et les grands, les ruraux et les citadins et, bien entendu, une héroïne, Anna, qui cherche sa voie dans ce dédale de contradictions. Hommage à la Bretagne rurale des parents et des aïeux de l'auteur, "Que ma terre demeure" est aussi le plaidoyer, sans concession, qu'attendait une région souillée par les excès de l'agriculture excessive.
Ouest-France - 10/05/2001

- ... Ce roman de terroir est rempli de la nostalgie d'un passé qui est pourtant très proche. De l'amour de la terre au productivisme, il n'y a eu qu'un pas qui a été vite franchi. Mais il y a ceux qui, comme Anna et Tad Kermorvan, perpétuent la mémoire vivante d'une génération de vrais cultivateurs, respectueux de la nature. Le Bretagne et l'Irlande sont parmi les principales sources d'inspiration de l'auteur, dont les best-sellers ont pour titre "Hôpital souterrain", "Connemara Queen" ou encore "La cocaïne des tourbières".
Ouest-France - 14/05/2001

- Cinq questions à... Hervé Jaouen
Nostalgie, mélancolie et surtout colère sont les ingrédients de "Que ma terre demeure" (Presses de la Cité), une fresque paysanne en forme de feuilleton populaire. L'auteur Hervé Jaouen était l'invité hier de Dialogues.
- Pourquoi ce roman qui tranche, par la forme et le fond, avec vos précédents livres ?
"Je fais toujours ce que j'ai envie d'écrire au risque de déconcerter certains lecteurs. Je n'aime pas trop les étiquettes alors je change souvent de sujet et de manière. Après les romans noirs, j'avais fait "L'Adieu aux îles", puis "Le Crime du syndicat", tous différents. Là c'est un récit de facture classique qui me permet d'aller chercher mes "sels minéraux" dans la terre, de renouer avec mes racines."
- Derrière la nostalgie, on sent poindre la colère.
"J'ai voulu dénoncer l'évolution de l'agriculture bretonne productiviste depuis trente ou quarante ans. J'arrive un peu tard, j'aurais pu publier ce livre voici quatre ans, mais il me semble que c'est un des devoirs de la littérature que de reprendre à sa façon les grands problèmes du moment."
- Qu'est-ce qui vous révolte le plus ?
"Je suis membre d'Eau et Rivières depuis vingt ans et j'ai le sentiment que tout était annoncé depuis longtemps. Malgré les sonnettes d'alarme on a continué à faire des choix économiques au détriment de l'environnement. Récemment, une collégienne me demandait si je ferais un livre pour dénoncer la marée noire. Je lui ai dit qu'il y en avait une, plus grave et quotidienne, avec le lisier. Sur le terrain on cède toujours sur les principes. Certains politiques font leur examen de conscience, c'est bien, malheureusement par les partis dominants. Il est grotesque d'entendre Chirac se découvrir soudain une fibre écolo."
- Êtes-vous pessimiste ?
"Je sais que les paysans d'autrefois n'existent plus, que la dimension sacrée de la terre disparaît. Avec la prise de conscience actuelle, on peut espérer un retour à une meilleure situation dans trente ans. Mais quand je reverrai des mouches de mai à la surface des cours d'eau, alors je n'aurai plus la force de tenir une canne à pêche. C'est sans doute un peu égoïste, mais j'ai le sentiment qu'on m'a privé d'un morceau d'Éden pour produire ici 70 % des porcs français et la moitié des poulets."
- Ce livre en forme de feuilleton sera-t-il adapté à l'écran ?
"Sans doute, plusieurs chaînes de télévision sont intéressées. Pour Anna, belle héroïne intelligente et volontaire, je verrais bien quelqu'un comme Sandrine Bonnaire. Pour Guillaume, l'idéal serait José Bové, que je ne connaissais pas du tout lorsque j'ai écrit le texte. Mais il ressemble à des personnages que l'on croise dans nos campagnes."
Propos recueillis par Jean-Luc GERMAIN - Le Télégramme - 15/05/2001

- Le chant de la terre
À la mort (accidentelle ?) de son mari, Anna reprend la ferme de Menez Glaz, au nord de la Cornouaille. Ce n'est pas un chemin de roses. La jeune femme doit surmonter les rancœurs familiales, affronter un propriétaire foncier qui convoite ses terres, trouver sa voie et celle de l'exploitation face aux enjeux de la société de consommation. Auteur de nombreux ouvrages (notamment des polars) qui lui ont valu pas mal de récompenses, Hervé Jaouen chante ici la Bretagne d'aujourd'hui, la province qu'il aime et qu'il veut sauver à la fois des tentations productivistes et de l'exode rural. Avant de trouver la paix, Anna et les siens devront affronter maintes galères, et notamment l'hostilité cynique d'un voisin un peut trop entreprenant. Car un lourd secret semble peser sur la naissance de la jeune femme... Entremêlant habilement émotion et mystère avec un vibrant plaidoyer pour la protection de la nature, le romancier pose aussi le problème des enjeux auxquels sont confrontés les paysans d'aujourd'hui.
F. L. - L'Yonne Républicaine - 19-20/05/2001

- Que la Bretagne paie un lourd tribut écologique au succès économique de son agriculture est une évidence. Que le paysan de jadis ait laissé place à un exploitant doublé d'un gestionnaire est un autre truisme. C'est sur ces lieux communs d'une actualité brûlante qu'Hervé Jaouen a construit son dernier roman. Il oppose le clan des Kermorvan mené par Tad, le père tout droit sorti des hautes lignées paysannes célébrées par P.J. Hélias, à la clique Salaun accompagné des potentats politico-économiques locaux dont le temple est la banque du chef-lieu. D'un côté une agriculture encore respectueuse de la nature, de l'autre un mode intensif de production voué aux cochons, aux engrais et au fric ! Bien manichéen, tout cela, se dira-t-on...
C'est sans compter avec le talent d'un romancier qui ne noircit les traits que pour les hausser au plus pur tragique, qui construit des intrigues complexes et du même coup prenantes, qui sonde les reins et les cœurs avec perspicacité et délicatesse, qui sait que derrière l'obscur des âmes, veille une petite flamme que la douleur peut ranimer. Dès lors, l'histoire d'Anna Kermorvan - qu'on ne saurait résumer, encore moins dévoiler - devient une épopée intime et allégorique qui emprunte au roman policier, sa rigueur, à la poésie, son chant de la nature, et à l'expérience, sa foi en l'homme malgré tout..
Yannick PELLETIER - Ouest-France - 02/06/2001

- Fille de la Ddass, Anna a réussi à se faire une place dans la société en devenant secrétaire-adjointe à la mairie d'une commune rurale de Bretagne. Sa vie aurait pu s'inscrire entre registres et circulaires si un jeune homme venu retirer son permis de chasse ne l'avait demandé en mariage. La promptitude de ce paysan correspondait-elle à la hâte d'Anna de fonder un foyer, de fuir la solitude ? Mariée à cet agriculteur, l'ex-employée de bureau découvrira les contraintes des travaux à la ferme, d'autant que l'adversité n'ayant de cesse de s'accrocher à ses basques, elle sera confrontée prématurément au veuvage.
Pour mener à bien l'exploitation elle bénéficiera du soutien de son beau-père Tad Kermorvan mais elle se heurtera à la jalousie perfide de sa belle-sœur, à l'appétit féroce d'une certain Armand toujours en quête de terres supplémentaires pour épandre le lisier de ses élevages industriels. Oppositions sournoises et permanentes au sein de la famille, lutte acharnée pour conserver indépendance et agriculture saine face aux tenants de la course au profit sans souci du respect de la terre vont-elles faire renoncer Anna ? La vie ne serait-elle pas plus facile en ville ?
Né à Quimper, Hervé Jaouen qui dédie ce livre à ses "grands-parents qui ont gratté cette terre, à ses parents qui lui ont appris à la respecter", délivre un récit nourri de toute la profondeur de ce terroir où s'enfoncent ses racines.
L'Écho Le Valentinois - 02/06/2001

- Jaouen sur ses terres
Grand prix de la littérature policière, Hervé Jaouen nous a régalés avec des œuvres hors des sentiers battus ; ainsi "Hôpital souterrain" ou "Quai de la Fosse". Directeur de collection aux éditions Ouest-France, l'écrivain joue à domicile dans son nouveau roman, "Que ma terre demeure" (Presses de la Cité). À travers l'histoire d'une famille paysanne bretonne, aux prises avec les jalousies et les appétits croissants, c'est un roman aux résonances actuelles que nous livre Jaouen. Comment concilier une agriculture de tradition avec les enjeux d'une société de consommation ? Un plaidoyer pour le respect de la terre.
Le Républicain Lorrain - 10/06/2001

- Une éternelle actualité
Malgré des développements pseudo-politiques, ce roman est bien dans la tradition de la collection "Terres de France" et son titre convient à cette histoire paysanne dans laquelle s'opposent deux conceptions de l'exploitation agricole, opposition qui n'est pas contemporaine. Ici, mêlés à de sordides et secrètes histoires de famille, apparaissent les antagonismes entre exploitation extensive liée au rendement et tradition ancestrale du respect de la qualité fût-ce au détriment de la productivité. La conclusion s'impose : "Que ma terre demeure".
Yves MADELIN - Casoar - Juillet 2001

- En Cornouaille, le combat au quotidien d'une jeune femme contre le modèle agricole dominant. Vision d'une Bretagne d'aujourd'hui, "Que ma terre demeure" est un plaidoyer pour la préservation d'une agriculture traditionnelle, pour le respect de la terre et des hommes qui la travaillent. Ce roman aux résonances si actuelles traduit quelques-unes de nos préoccupations : comment concilier une agriculture de tradition avec les impératifs et les enjeux d'une société de consommation ? Pourquoi rester travailler la terre lorsque l'on sait les sacrifices imposés par ce dur labeur, et que tout est possible en ville ?
Le Progrès et Le Bien Public - 13/08/2001

- [...] Une trentaine de livres, dont plusieurs ont été couronnés par des prix littéraires, cependant que d'autres figurent dans les adaptations télévisuelles, marquent la place occupée par Hervé Jaouen sur le forum culturel. Et voici le dernier roman de cet auteur fécond consacré à ses propres racines. "Que ma terre demeure" est en effet un hymne au terroir breton et un réquisitoire contre sa dégradation honteuse. À travers l'histoire attachante d'une jeune femme sans parents, élevée par les Sœurs d'un établissement éducatif rigide sous la férule de la Ddass, c'est toute la chronique de la belle et saine campagne de Cornouaille qui défile au long de pages émouvantes, porteuses d'une vivifiante réaction à l'encontre des pollueurs porcins de Bretagne. Hervé Jaouen dresse un violent réquisitoire fustigeant l'alliance du fric et de la pourriture mentale qu'il engendre. Des lignes virulentes, vibrantes de colère, alternent avec de superbes paragraphes chargés de sentiments profonds. L'amour, l'amitié virile, la générosité, le respect de la vie et des anciens, déterminent les frontières qui sépareront toujours les gens de cœur et de raison des cyniques épandeurs de lisier, au sens propre comme au figuré.
"Que ma terre demeure" est à l'évidence un grand et superbe roman populaire dans toute la noblesse du terme, et son auteur un talentueux écrivain.
Le Mutualiste RATP - Septembre 2001

- [...] S'il faut rappeler qu'Hervé Jaouen est considéré comme l'un des meilleurs auteurs de polars français, ce récit vibrant, engagé, attachant et nourri d'expériences vécues prouve qu'il est avant tout un romancier de premier ordre.
L'Agriculture sarthoise - 30/11/2001

- [...] Ce roman, très actuel, montre bien le dilemme des jeunes agriculteurs : s'endetter, s'agrandir, produire toujours plus grâce aux engrais chimiques...
Fléchés Infos - 18/03 au 19/05/2002
Mêlés Actualité - 08/04 au 05/06/2002

- Nous voici en Bretagne dans le Finistère. Nous faisons la connaissance d'Anna, fille de la Ddass qui se marie avec Youenn, agriculteur. S'habituant très vite à sa nouvelle vie et s'entendant bien avec son beau-père, Tad Kermorvan, une figure connue du pays qui perpétue le travail de ses ancêtres. Tout serait pour le mieux s'il n'y avait la jalousie féroce de sa belle-sœur, mais Anna surmonte les petits ennuis de la vie quotidienne et se sent heureuse lorsque survient la naissance d'une petite fille. Mais voila que juste après trois ans de mariage, Youenn se tue accidentellement en travaillant avec son tracteur. Anna reprend la ferme à son nom, aidée par son beau-père, mais ce ne sera guère facile car elle doit se battre contre son voisin éleveur de porcs qui répand son lisier en dépit du bon sens et qui voudrait lui racheter ses terres. Ambitieux, cet homme ne recule devant rien pour assouvir ses désirs et c'est ainsi qu'il sera pris à son propre piège.
Je pense que l'auteur a écrit ce roman en hommage à des ancêtres, car c'est un plaidoyer qui traduit bien les préoccupations actuelles. Des histoires de gros sous que certains pontes mettent en oeuvre sans se préoccuper de la terre qui devient de plus en plus sale, que ce soit en Bretagne ou ailleurs et que pourtant nos descendants vont hériter. Un beau livre facile à lire.
LALYRE - 03/06/2007

- Magnifique plaidoyer pour les amoureux de la terre, et dédié à une région souillée par les excès de l'agriculture intensive.
Anna, née de père inconnu, et devenue veuve, se trouve à la tête de la ferme de Menez Glaz. À ses côtés son beau-père la soutient, lui, mémoire vivante d'une génération de vrais cultivateurs respectueux et amoureux de la nature. Contre elle, un chef du lobby porcin en quête de territoires où épandre son lisier.
Elle se bat contre le système productiviste qu'on veut lui imposer. Elle est aussi confrontée aux jalousies et aux rancœurs familiales, aux amours difficiles et au mystère de sa naissance.
Un livre que j'ai adoré lire. Description de la Bretagne telle qu'elle a été, mais aussi telle qu'elle est aujourd'hui.
Roman qui nous évoque les préoccupations actuelles : agriculture traditionnelle face aux profits que génère la société de consommation. Respect de la terre et de ceux qui la travaillent.
KERNINI - 11/01/2009

- À lire absolument par les personnes qui aiment la Bretagne. J’ai adoré ce livre. Le style ainsi que les tournures de phrase sont très beaux. La description de la Bretagne correspond à ce qu'elle a été mais aussi hélas à ce qu'elle risque de devenir si nous ne faisons pas attention! ! Merci monsieur Jaouen.
Bookona.com

- J'aime beaucoup cet auteur pour son univers qui nous plonge au cœur de la Bretagne. Les personnages y sont très attachants. Il y a une petite part de mystère dès le début et on veut découvrir ce mystère. On voit grandir les personnages. Une très belle histoire.
http://leschroniquesdemilie.skyrock.com/ - 22/02/2012




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