L'allumeuse d'étoiles

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1996 - Denoël
1997 - Gallimard - Folio 3029

Prix Populiste 1996

Résumé

- Edition 1996
Évelyne, fille du Nord et blonde aux yeux bleus, devient Eva Stella, brune aux yeux noirs et chanteuse du Modern Dancing, salle de bal rétro perdue dans les monts d'Arrée du Finistère.
Là son destin croise celui de Roparz, ange déchu, jeune poète qui porte sur ses épaules le lourd passé d'un père abruti et d'une mère nymphomane. Il lui écrit des chansons ajustées à sa voix de blues, elle en chantera une : L'Allumeuse d'étoiles, remarquée par un producteur, vampire prêt à tout.
Sortie de l'ombre après avoir subi l'épreuve violente du sang, Eva va échouer au soleil où l'attend un exécuteur des basses œuvres des dieux, Tello, créateur raté qui achèvera de construire son destin.
Dans ce roman, Hervé Jaouen explore une nouvelle fois son territoire de prédilection : la fatalité. Variation sur le mythe de Pygmalion, L'Allumeuse d'étoiles est une élégie à trois voix où se croisent et s'accomplissent les destins de personnages en délicatesse avec notre fin de siècle.

- Edition 1997
Évelyne, fille du Nord et blonde aux yeux bleus, devient Eva Stella, brune aux yeux noirs et chanteuse du Modern Dancing, salle de bal rétro perdue dans les monts d'Arrée du Finistère.
Là son destin croise celui de Roparz, ange déchu, jeune poète qui porte sur ses épaules le lourd passé d'un père abruti et d'une mère nymphomane. Il lui écrit des chansons ajustées à sa voix de blues, elle en chantera une : L'Allumeuse d'étoiles, remarquée par un producteur, vampire prêt à tout.
Sortie de l'ombre après avoir subi l'épreuve violente du sang, Eva va échouer au soleil où l'attend un exécuteur des basses œuvres des dieux, Tello, créateur raté qui achèvera de construire son destin.
Variation sur le mythe de Pygmalion, L'Allumeuse d'étoiles est une élégie à trois voix où se croisent et s'accomplissent les destins de personnages en délicatesse avec notre fin de siècle.

Extrait

Eva est la chanson, Evelyne la partition. Evelyne, fille du Nord, grand yeux bleus innocents, longs cheveux blonds, corps frêle de décharde en manque de calories. Eva, la même à l'intérieur, mais pour le monde du dehors déguisée, méconnaissable sous une perruque brune et un maquillage de geisha, et les yeux assombris par des lentilles noisette grillée.
L'accompagnement musical, le compositeur l'a voulu sirupeux, une scie sournoise, très années 50, le genre baiser final en contre-jour sur ciel pourpre. Coucher du soleil, fin du monde, société qui se délite : la symphonie pour créer le contraste entre l'élégie et les paroles écrites par mon mec, mon marginal, mon révolté, mon Ropartz à moi qui, fidèle à lui-même, a l'air prêt de les bouffer, les ingénieurs du son, le producteur alias Mister Prode et Claudia sa bourgeoise, de l'autre côté de la vitre.
Je chante son appel à la dissolution. Pas à renifler la colle à réparer les chambres à air. Non. La dissolution finale du merdier de notre fin de siècle dans la chaux vive du refus.
Refus de la boue télévisuelle, de la société Coke-hamburgers, de la performance individuelle, des écoliers gosses-hommes-sandwichs à la botte des marchands de jeans, de T-shirts, de godasses, de cartables et de casquettes de basketteurs des rues.
"Moi, avoir la haine ? disait Ropartz. Qu'est-ce que c'est que cette connerie d'expression ? Un détournement de langage. Sémantique du ciment. Les Horaces haïssent les Curiaces. Les Capulets haïssent les Montaigus. Mais dire j'ai la haine au lieu de dire je me fais chier dans ma banlieue, c'est réduire les sentiments à trois bulles de Coca-Cola, tuer la réflexion, se coller le cerveau entre deux tranches de pain industriel, tartiner le tout de moutarde télévisuelle et l'envelopper dans un poster à l'effigie du Che, made in Taïwan.

Critiques

- Évelyne ou Eva Stella, son nom de scène, est une chanteuse qui se produit dans une salle de rétro "Modern Dancing". Elle rencontre un jeune homme, Roparz, qui veut devenir écrivain. Il retrace son enfance troublée par un père qui finira par se pendre et une mère nymphomane. Un jour, il écrit une chanson pour Eva. Elle se fait remarquer par un producteur. Elle part avec son ami, Roparz, à Paris pour un entretien qui se déroule mal. Les deux hommes sont en désaccord. Roparz est tué par le producteur. Pour se venger, Eva assassine ce dernier. Pendant son séjour en Turquie, elle rencontre Tello, jeune écrivain, qui l'incite à revenir en France et à chanter à Bercy. Seulement, Eva est recherchée par la police. Elle termine ses jours dans un asile.
Roparz est un jeune homme qui a vécu une enfance difficile car son père le battait et sa mère ne pouvait rien faire. À partir de là, il décide d'écrire un recueil. Mais il ne verra pas son livre s'éditer en raison de sa mort survenue trop tôt.
Ce livre m'a beaucoup plu. L'histoire est très facile à lire et le ton le plus souvent tendre. On a l'impression que ce sont les trois personnages rencontrés qui ont élaboré l'histoire ; ainsi l'auteur semble être mis à part. Les descriptions sont telles qu'à chaque moment, on la sensation d'y être présent comme au cinéma.
Samuel MUREAU, 2A2, Lycée Alfred Kastler, 1999/2000

- Jaouen, auteur certes inégal mais ô combien encore trop peu reconnu, signe là certainement un de ses meilleurs romans mais aussi tout simplement un des meilleurs romans noirs donné à lire ces dernières années. On y retrouve toute la force de Quai de la Fosse, d'Histoire d'ombres et surtout de l'inoubliable Connemara Queen. Tout commence dans l'arrière cour du show-biz avec ses petits bals de province et ses thés dansants du dimanche, dans un Finistère rural imbibé de misère sexuelle, d'alcool et de violence rentrée, un univers où l'on rame autant sur la piste de danse que sur la scène. Là, nous assistons à la rencontre amoureuse de deux talents exceptionnels. Elle, chanteuse de variété de talent fuyant les brumes et la grisaille du Nord pour allumer les étoiles au cœur. Lui le créateur, le musicien et le poète inspiré mais qui végète, brisé par un destin familial trop difficile à traîner. Deux écorchés vifs qui ensemble retrouveront la foi en eux, s' accrocheront à leur rêve et qui joueront le tout pour le tout afin de décrocher la timbale. Hélas, roman noir oblige, ils se feront piéger par un producteur aux dents trop longues. Alors l'histoire bascule dans la tragédie criminelle avec en prime un deuxième acte situé dans un club de vacances en Turquie, antithèse apparente des landes fantomatiques de Bretagne mais où nous replongeons très vite malgré "le soleil et les nanas" dans un autre monde factice et dérisoire.
Avec une écriture qui ne laisse pas de place à l'inutile, avec des incursions pleines de vérité et de sensibilité dans les tréfonds de l'âme de chacun de ses personnages, Jaouen nous prend dès les premières pages dans ses filets. Puissant et émouvant d'un bout à l'autre !

- Hervé Jaouen dans son nouveau roman, L'allumeuse d'étoiles, nous fait découvrir le destin d'une Patricia Kaas flamande, Évelyne, une blonde aux yeux bleus, qui après avoir vécu avec un musicien plus vieux qu'elle et qui sera son premier Pygmalion, atterrira dans les Monts d'Arrée en Bretagne, distillant d'une voix rauque des goualantes aux sexagénaires locaux dans un bal rétro. Un poète qui puise son inspiration dans le passé, un producteur qui lui taille sur mesure un contrat la spoliant, l'enregistrement d'un disque et la fuite dans un club de vacances teuton en Turquie avec un nouveau Pygmalion, scelleront son destin à la fatalité. La misère physique, charnelle et morale, s'inscrit comme le lien entre sorcellerie, érotisme et avatars du show-biz. Hervé Jaouen jette un regard trouble sur notre société moderne, à moins qu'il ne soit trop lucide pour une société trouble.
Paul MAUGENDRE - La tête en noir - n° 6

- Hervé Jaouen présente ici sa variation cocasse du mythe de Pygmalion. C'est l'histoire d'une chanson et d'Évelyne, fille du Nord. Pour le bizness d'un producteur vampire, elle se métamorphose en Eva, papillon de nuit aux yeux de braise, à la voix sculptée. Qui suis-je ? Dur, dur de pousser la chansonnette...

- Chanteuse dans les petits bals, Eva, une fille du nord se retrouve perdue dans les Monts d'Arrée ; elle y croise Roparz, jeune poète déboussolé et ambitieux, qui lui écrit des chansons ajustées à sa voix de blues. Une de celles-ci est remarquée par hasard par un producteur margoulin. Il convainc le jeune couple de "monter" à Paris pour connaître la consécration. La sortie de l'ombre se fera dans le sang, et, seule. Eva en profite dans un premier temps. Mais le destin incarné en un créateur raté déclenche un curieux feu d'artifice final. Ce nouveau roman d'Hervé Jaouen séduit davantage, dans sa première partie dont l'ambiance est forte, mais l'aventure se complique au fil des pages. Le mal de vivre de personnages en délicatesse avec notre fin de siècle...
Armor Magazine - Novembre 1996

- Tranche de vie d'une étoile filante... signée Hervé Jaouen
Hervé Jaouen est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages dans un genre très varié : récits de voyage en Irlande, néo-polars, livres pour la jeunesse, entre autres...
Il est considéré comme l'un des maîtres du roman noir.
Dans ses romans, il dépeint les tares d'une société en crise, avec une belle aisance d'écriture, une grande maîtrise du suspense et beaucoup d'humour.
Hervé Jaouen est Breton, la plupart de ses romans se situent sur cette terre balayée par les embruns. "L'allumeuse d'étoiles" ne fait pas exception à cette règle. Évelyne, blonde aux yeux bleus, se transforme en brune aux yeux noirs pour chanter du Modern Dancing, une salle de bal rétro, perdue en pleine campagne bretonne.
Là, elle va rencontrer Roparz, un jeune poète qui porte le souvenir d'un père violent et obstiné et d'une mère nymphomane...
Roparz écrira pour la brune chanteuse Éva Stella une chanson de révolte : "L'allumeuse d'étoiles".
"Voilà, ça c'était son idée à lui, un truc dont on avait vaguement rêvé jusqu'à présent. Éva et Roparz, l'interprète et l'auteur. On se roderait dans les patelins du coin, puis en été on ferait la côte bretonne, de Saint-Malo à La Baule. Et on bombarderait les maisons de production de cassettes."
Éva est remarquée par un producteur-requin, qui va lancer le "concept" afin de faire un tube, mais la fatalité va frapper ce destin de "star".
Hervé Jaouen décrit l'aventure de deux jeunes gens pleins d'espoir, malgré leur mauvais départ dans la vie...
Un roman écrit à trois voix où se croise la destinée de personnages bien de notre époque.
"Voilà la boucle est bouclée. Sacrée virée sur le périphérique de cette tranche de ma vie." Les ouvrages d'Hervé Jaouen sont d'une rare qualité d'écriture, il nous offre toujours un beau moment de lecture. À lire donc, toutes affaires cessantes.
Veronik BLOT - L'Écho de la presqu'île - 11/10/1996

- De l'"Enfer" des Monts d'Arrée aux paradis touristiques
Sous le soleil noir de Jaouen
Le nouveau roman de Hervé Jaouen nous promène des Monts d'Arrée aux "paradis" touristiques de Turquie, sur le fil d'une intrigue mêlant satanismes, show business véreux et misère campagnarde. Il y atteint une rare noirceur.
Une "petite sœur" de Jacques Brel, évadée du plat pays, cherche à tâtons une nouvelle vie dans un Dancing des Monts d'Arrée . Sous le pseudonyme d'Eva, perruquée, clandestine, elle est la diva des bals rétros du troisième âge, la Patricia Kass des tourbières. Elle y rencontrera son Pygmalion. Celui qui, dans la mythologie grecque, rêve d'une statue et en tombe amoureux : un fils du Yeun Ellez (les "portes de l'enfer"), qui s'est arraché à la malédiction familiale, avant d'en écrire le roman - vrai mais inachevé. Ils rêvent encore d'une vraie vie où la voix d'Eva serait entendue. Survient un second Pygmalion, un producteur de disques qui leur offre une chance. La gloire saisit Eva alors qu'elle fuit la fatalité dans un nouvel exil - un paradis pour touristes allemands - où elle chante sous son apparence réelle.
Hervé le fataliste ?
Comme souvent chez Hervé Jaouen, "L'Allumeuse d'étoiles" possède du dimension archaïque. À quoi bon évoquer Pygmalion à propos d'une chanteuse de blues dévorée par le star system, sinon pour dire qu'il n'est rien de neuf sous de soleil de Satan ? On voit mal ce qui, dans l'état du monde des années 90, peut contredire Hervé Jaouen. Faut-il pourtant voir en lui un défenseur des structures lourdes, un fataliste du hamburger planétaire, un Cassandre toujours en avance d'une vache folle sur l'Apocalypse ? La presse d'extrême-droite aurait donc raison d'encenser le gauchiste Hervé Jaouen pour crier "tous des pourris" ? L'adage selon lequel les extrêmes se rejoignent aurait-il une consistance ?
Le regard de l'écrivain sur ses contemporains est sans compromis, la violence de l'écriture répond à celle de la réalité sociale. Aussi peut-on s'imaginer qu'il n'aime pas son prochain. Le roman noir n'a pas de héros : point de Lantier, point de Lénine pour apporter l'éclaircie d'une parole libératrice, d'une utopie. Chez Jaouen, on parle plutôt d'un trou de souris dans un mur qui s'ouvre sur l'infini et sur la mort.
On peut penser que la mort violente, une nécessité du genre, n'est pas indispensable à la démonstration. Faut-il qu'à tout bout de champ surgisse un revolver pour que l'humanité se dévoile ? On se souvient que le jeune Proust s'imaginait devoir tuer tous ses personnages, avant de trouver son style. Contre-argument : la mort violente du "polar" a quelque chose de rassurant. Elle met à distance une réalité qui broie, gigantesque fabrique de "ratés", en laissant un peu de place au jeu de l'écriture. Elle permet de regarder en face le soleil noir de la mélancolie, celui qui tue Eva. Bref, ça se lit dans le train, sans être une intrigue de gard. Hervé Jaouen trouve là une façon de parler à la société avec ses mots à elle, de lui tendre une glace pour qu'elle s'y voie.
Daniel MORVAN - Ouest-France - 22/09/1996

- Romancier de la fatalité, Hervé Jaouen a composé son roman comme une variation sur le thème de Pygmalion. "L'Allumeuse d'étoiles" est l'une des chansons-leitmotiv composée par un jeune poète, sorte d'ange déchu, pour l'étrange Stella, chanteuse au Modern Dancing. Deux destins croisés qui échangent leur poids de passé, lourd de violences et de souffrances, et cherchent désespérément dans la nuit le chemin d'un bonheur qu'une tragédie devinée rend impossible à tout jamais.
Le Réveil Normand - 27/11/1996

- Eva chante au Modern Dancing, du côté des monts d'Arrée, dans le Finistère : thés dansants le mercredi et le samedi après-midi ; grand bal rétro le dimanche soir. Elle rencontre un personnage étonnant, Roparz, qui lui écrit des textes - dont "L'Allumeuse d'étoiles". Un jour, tout bascule. Des gens du show-business veulent prendre une option sur l'interprète. À ce moment, pénètre dans les arcanes du Top 50, du on-vous-promet-la-lune-à-Paris. Comme souvent dans l'œuvre d'Hervé Jaouen, cela commence par un conte de fées et s'achève en tragédie. Mais c'est superbe.
La Croix - 17-18/11/1996

- Evelyne, blonde fille du Nord aux yeux bleus, quitte à dix-neuf ans sa cambrousse natale pour les monts d'Arrée et un contrat au "Modern Dancing", thés dansants et bal rétro. Pour chanter elle est Eva "perruque corbeau, lentilles foncées sur les yeux bleus et maquillage de geisha". C'est là que son destin va croiser celui de Roparz jeune poète, fils incongru d'un père abruti dans son élevage de porcs et d'une mère nymphomane. Le destin, ou plutôt la fatalité, croise leur répétition d'un texte inspiré, "L'Allumeuse d'étoiles", qu'elle chante de sa voix de blues. Un producteur, venu chasser le sanglier, les a remarqués. Cette variation sur le thème de la fatalité et des limites de Pygmalion s'enracine dans le terreau le plus réaliste. Roman prenant d'une fin de siècle où s'enchevêtrent ironie, tendresse et désespérance portées par une écriture lucide et fluide.
Aurore BONNEL - La Tribune des Alpes-Maritimes - 18/04/1997

- Hervé Jaouen a le chic pour écrire des romans qui dépeignent, avec une fidélité très crue, les aspects sordides de notre société. Il nous raconte ici l'aventure de deux jeunes marginaux révoltés, Roparz et Evelyne, alias Eva Stella. Installés dans une vieille ferme des monts d'Arrée, le premier écrit (chansons, romans...), tandis que la seconde chante dans des bals minables. Un jour, un producteur de variétés les remarque et les fait venir à Paris. Le succès et la gloire, leur promet-il, sont au bout du chemin... Mais l'affaire tourne mal, très mal.
Le ton détaché, voire cynique, d'Hervé Jaouen, qui vient d'obtenir le prix Populiste pour ce livre, pourra déplaire, tout comme les propos triviaux et les images vulgaires qu'il utilise. Mais on ne saurait contester que son écriture sèche, tranchante, rapide, est diablement percutante et efficace.
Le Télégramme - 30/10/1996

- Hervé Jaouen se situe aux confins du kitsch
L'empathie de l'auteur de "L'Allumeuse d'étoiles" n'exclut ni l'humour ni la satire.
On n'aura rien dit en racontant l'espèce de roman-photo que constitue la vie d'Evelyne, blonde aux yeux bleus comme il en pullule dans les provinces et partout, qui devient brune au regard jais sur les scènes où elle figure telle "reine de l'Intifada verbal" grâce aux chansons d'un farouche poète amoureux de sa voix, puis qu'un producteur cynique tente de circonvenir, qui trempe dans un meurtre malencontreux, échoue dans un club de vacances levantin avant de triompher devant ses fans de Bercy, pour sombrer au même moment dans un délire panique...
De fait, cet apparent canevas de téléfilm ne rend absolument pas compte de ce qu'est à vrai dire "L'Allumeuse d'étoiles", dernier roman d'Hervé Jaouen qui manifeste, une fois de plus, son aptitude à combiner des mythes contemporains et toute une matière humaine intemporelle, riche de sentiments intenses et de notations sur multiples milieux.
Nymphomanie compensatoire
Aux confins du kitsch et du mélo, comme souvent les conteurs populaires depuis Dickens & Co., Hervé Jaouen parvient à rester toujours amical à l'égard de ses personnages, que ce soit en évoquant une pauvre vieille adonnée à la nymphomanie compensatoire ou des Teutons en vacances, mais son empathie n'exclut ni l'humour ni la satire, ni moins encore l'émotion candide relevant de l'intelligence du cœur.
Et puis l'écrivain, brassant le verbe à pleine pâte, s'en donne à cœur joie et fait flamboyer les couleurs du noir.
Jean-Louis KUFFER - La Tribune de Genève - 02/10/1996

- Éva venue de son nord natal se retrouve après quelques déboires à officier comme chanteuse dans un bastringue breton pour des seniors encore verts et toujours prêts à lever la jambe. C'est au cours d'un de ces thés dansants qu'elle fait la connaissance de Roparz, jeune poète désenchanté au physique de loup pas à sa place dans ce monde rural. C'est aussi au cours d'une de ces tristes soirées qu'elle est remarquée par un homme d'affaires en cheville avec un producteur de musique qui les convainc, elle et Roparz, d'aller enregistrer un disque à Paris. Si on se doute bien que tout ne se passera pas comme prévu, la deuxième partie du roman n'en est pas moins inattendue, avec une fin digne d'une tragédie antique.
Ce récit à trois voix déborde d'ironie pour dire la réalité au quotidien dans des endroits reculés où un mal de vivre atavique se traduit par la violence la plus banale, où la bêtise sert de prétexte à toutes les humiliations, à tous les abus. L' issue est forcément fatale.
L'écriture d'Hervé Jaouen est incisive, elle cingle, elle fait mal et bien sûr elle ne laisse pas le lecteur indifférent, qui entre très vite dans ce roman vif, pour s'attacher à des personnages tour à tour pitoyables et d'une dérangeante lucidité.
easter - 23/11/2008

Ceux qui se sont passionnés pour "Hôpital souterrain" ou encore "Connemara Queen" ne bouderont pas leur plaisir et se laisseront emporter par une histoire qui débute au coeur des monts d'Arrée...
Eliane FAUCON-DUMONT, Le Télégramme, 15/09/2016

Quitter les bals paumés pour la gloire à Paris : une chance qu'un producteur véreux promet à une chanteuse et son auteur, écorchés vifs et talentueux... Mais tout bascule dans la tragédie criminelle.
La Liberté de l'Yonne, 5/09/2016

Heureuse initiative que de rééditer en grand format cet excellent roman d'Hervé Jaouen, datant de vingt ans. Grâce à son écriture lucide à la tonalité "directe", l'histoire n'a pas du tout vieilli. On y trouve de l'ironie, mais probablement beaucoup plus d'émotion encore.
Claude LE NOCHER, 09/2016, http://action-suspense.com




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