Ouragan sur les grèbes

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1993 - Denoël

Résumé

Relevez une annonce parue dans le "Bulletin des communes de France" ainsi rédigée :
Groupe financier international cherche terrain bord de mer 50 hectares mini pour investissement loisir.
Choisissez une petite commune typiquement française qui possède un vaste terrain littoral, par exemple Saint-Baptistain sur la côte atlantique. Introduisez dans ce microcosme provincial - avec ses rivalités de clochers, ses fausses noblesses et ses vrais calculs - le financier international du groupe précité : Nélias Amalamelou, sorte de Stavisky exotique, truculent et ambigu. Inutile d'agiter, l'implosion se fera alors d'elle-même sous l'œil narquois d'un candide pervers, Serge Morvan, secrétaire de mairie, qui se délecte à relater ces chroniques baptistaines.
C'est avec une jubilation communicative qu'Hervé Jaouen nous livre cet Ouragan sur les Grèbes, satire drolatique des mœurs politiques, économiques et écologistes d'un Clochemerle d'aujourd'hui.

Extrait

Nous avions posté la lettre et étions allés prendre une limonade chez Théophile Théaut, dit Théo, le bistrotier du bourg, ex-maraîcher reconverti dans la vente au détail du gros-plant et du muscadet dont l'acidité néfaste à la paroi gastrique était atténuée par différentes liqueurs, mélanges baptisés kir-pêche, kir-fraise, kir-cerise, kir-framboise, kir-myrtille et kir-cassis - la surabondance de cocktails rendant indispensable le pléonasme. Bien qu'il y eût alentour trois débits de boissons, seul celui de Théo représentait un enjeu stratégique et diplomatique. Le Memphis, un café de jeunes où gazouillaient des jeux électroniques, tenu par un quinquagénaire nostalgique de ses sixties, portant banane, breloques et bottes amerloques, époux d'une égérie d'Hell Angels tout de cuir suintante, n'avait qu'une clientèle de bof génération allergique à la politique locale et à cinquante pour cent au chômage. Le troisième, tout aussi négligeable quant aux voix qu'il pouvait produire, n'était qu'un routier. La rumeur attribuait à ses tenanciers un louche passé, un présent douteux et un avenir hors de la commune, le plus vite possible. Jamais un paroissien bien-pensant, de droite ou de gauche, n'aurait poussé la porte constellée de chiures de mouches du Taxi Driver (point d'allusion cinéphilique, mais une référence à l'ancienne profession du gros-bras), ce chancre qui rongeait le bas-ventre baptistain. On n'arriva pas à bout de la pustule, malgré une thérapeutique de choc à grands coups d'interdictions de stationner à proximité, de réductions draconiennes des autorisations d'ouverture tardive et de procès-verbaux pour nuisances sonores.
Bref, le Théo-Bar seul comptait.
Les convictions politiques de Théo relevaient du secret défense. Tous auraient payé cher le droit de l'accompagner dans l'isoloir. Bailleur de son arrière-salle aux formations ennemies, il savait ménager le chou et la chèvre. Et s'attirer la sympathie de chacun en s'interrogeant sur la justesse des décisions. "Tu crois que J.S. a raison de... Hum, moi j'en sais rien... En tout cas, je me rappelle que du temps de Raymond c'était déjà venu sur le tapis... Finalement, celui qui avait raison n'était pas celui qu'on croyait... Remarque, moi je dis ça comme ça, hein !..." Chez Théo, c'était la Vienne du "Troisième Homme", le Berlin des secteurs, la Shanghai des protectorats, et Théo lui-même, bonze onusien, méritait le titre de Gandhi du tiroir-caisse. Buvez et votez en paix

Critiques

- Hervé Jaouen, que nos lecteurs suivent pas à pas, abandonne ici son lyrisme contenu pour dire d'une autre façon son amour de la nature, de la vie campagnarde, et ses craintes devant ce que nos mœurs modernes leur font subir. Il se lance dans la satire socialo-politique à propos d'une histoire immobilière qui commence en douceur, finit très mal, et ne manque en aucun cas, hélas, de vraisemblance. On verrait bien ce récit devenir scénario pour un téléfilm.
Pour votre gouverne (et la nôtre) : un grèbe, dit le petit Larousse, est un nom masculin d'oiseau palmipède qui pêche dans les étangs poissons et insectes et construit un nid flottant...
CFDT Magazine n° 157 - Novembre 1993

- A la suite de l'annonce d'un promoteur immobilier, un petit village de 800 habitants de la côte atlantique s'égare dans une magouille où la politique et l'argent dégagent une odeur nauséabonde. Pour arriver à ses fins, l'entrepreneur véreux excite l'appât du gain, multiplie des compromissions, soulève la réprobation des écologistes et, incidemment, apporte au conteur de cette histoire l'émoi d'un amour sensuel libérateur. Entre Balzac et Clochemerle, cette intrigue bien entortillée est percutante. Un jeu de dupes entre roublards lucides et naïfs bernés.
Betty WHIPP - Le nouveau quotidien (Suisse) - 09/09/1993

- Comment une petite ville bien tranquille du littoral atlantique va devenir une vraie poudrière. Tout commence par une petite annonce parue dans le "Bulletin des communes de France" rédigée comme suit : "Groupement financier international cherche terrain bord de mer 50 ha mini pour investissement loisir."
Serge Morvan, le secrétaire de mairie de Saint-Baptistain, répond à cette annonce, c'est l'occasion unique de créer un centre touristique avec golf., thalassothérapie sur le terrain municipal des Grèbes. Il met le doigt dans l'engrenage. La machine infernale du financier international Nélias Amalamelou va se mettre en marche. Nélias arrive porteur d'un tas de dollars, argent de trafics ? argent blanchi ? Le doute plane et un agent des renseignements généraux, poète à ses heures perdues, surveille Nélias.
Influences politiques, débats municipaux interminables, rumeurs, revanches électorales, intérêts personnels... la commune est en pleine effervescence, sous le regard ironique du scribe local, journaliste toujours bien imbibé à la plume légère. Tout cela est orchestré par le secrétaire de mairie Serge Morvan qui est au cœur du projet et qui a une passion pour l'écriture. "Un esclavage, la plume. Un supplice, l'angoisse créatrice. Un chant funèbre, l'appel aux muses. Un marathon, la promenade du miroir le long du chemin. Et la maîtrise de la syntaxe : un sacerdoce." Les mots, les livres sont l'univers de Lou, la charmante fille du promoteur. Dans l'abri d'un moulin, (de trois moulins), Sergueï et Lou vivent une tempête de tendresse, de passion...
Un roman passionnant et caustique, une satire drolatique que des mœurs politiques, économiques, écologiques, d'un village balayé par les vents de l'Atlantique. Un bouillonnement des plus jubilatoires.
Veronik BLOI - L'Echo de la Presqu'île (Guérande) - 10/09/1993

- Vol au-dessus d'un nid de gogos
"Ouragan sur les Grèbes", le dernier roman d'Hervé Jaouen, dépeint un microcosme provincial bouleversé par l'irruption d'un homme d'affaires international. Un livre délectable et défoulant.
"Une caravane de cars pullman s'étire du village jusques aux sables de la baie des Grèbes. Se vident les wagons de curistes, se déploient les tombereaux de golfeurs, basculent les charretées de balnothérapeurs." Laquelle des 36 000 communes de France n'a pas été visitée par un tel songe pharaonique ? Quel élu n'a pas rêvé de passer du fleurissement des giratoires et de l'effacement des virages a quelque chose de plus ambitieux qui témoignerait de son génie : mairie neuve, port de plaisance, salle polyvalente ? "Ouragan sur les Grèbes" est donc un livre à clefs, mais que de serrures !
Un microcosme
Prenez une petite commune du littoral dotée d'une réserve foncière marécageuse où logent des grèbes (c'est, apprend-on, le nom d'un oiseau) et leurs confrères humains, les ornithologues. Dans une autre niche écologique, les politiques : idéalistes, apparatchiks, opportunistes, naïfs, colleurs d'affiches, décideurs abonnés à "Prédateurs" et notables à pin's - le microcosme type. Introduisez-y un autre oiseau, le financier international qui agite son miroir aux alouettes. Vol au-dessus d'un nid de cocus, suivi de l'implosion pure et simple du panier de crabes.
Hervé Jaouen a choisi de conter son histoire à travers le personnage d'un peu ordinaire secrétaire général de mairie, retiré en Turquie. Eloignement salutaire qui permet à son ironie acide de s'épancher sans entrave.
Le premier titre du livre était "Le syndrome des petits bateaux" ; aborder la vie comme l'enfant qui confie au flot un petit esquif de papier. Il sait que la première vague le coulera, mais ne cesse de répéter son geste, pour voir.
Pessimisme politique
"Le pessimisme politique n'est pas une attitude purement esthétique, explique Hervé Jaouen, il découle de l'observation." Rappelons ici que l'auteur fut membre des Jeunesses communistes, secrétaire de section PS, conseiller municipal d'opposition à Ergué-Gabéric. Pêcheur au saumon, il l'est resté. " Question bêtise politique, on est servis. Je suis frappé par la contamination des élus locaux par de la langue de bois et de la boulimie d'investissements propres aux élus nationaux. On arrive ainsi à un semblant de démocratie. Comment ne pas être gagné par le pessimisme ?"
Nihilistes, les personnages "positifs" du livre le sont tous. Et pour cause : ils observent. Décalés, marginaux, paralysés par ce qu'ils voient. C'est la situation du Scribe, personnage fangeux et sublime, c'est aussi le commissaire des Renseignements généraux, l'esthète qui émarge chez Gallimard.
"Ouragan sur les Grèbes" est clairement le roman de l'absentéisme. Du dégoût de la politique, de la tentation romantique de fuir la Cité. C'est aussi un salutaire tableau de mœurs, une galerie de figures truculentes et un échantillonnage de jargons. Hervé Jaouen livre des passages entiers de délibérations municipales, vous résume tout un roman dans une note de synthèse juridique. Son prochain livre traitera par le roman d'un fait de société, le surendettement. Qu'il connaît bien pour travailler dans une banque, métier qui le passionne.
Daniel MORVAN - Ouest-France - 11/09/1993

- Une satire signée Jaouen
Dans "Le Bulletin des communes de France", une annonce stipule qu'un groupe financier international cherche un terrain en bord de mer ou 50 hectares au minimum pour un investissement de loisir. A partir de cette info, Hervé Jaouen, écrivain breton et banquier à ses heures perdues, se livre dans "Ouragan sur les Grèbes" (Denoël), avec une jubilation communicative, à une satire en règle des mœurs politiques, économiques et écologistes digne d'un Clochemerle d'aujourd'hui. Toutes sortes de personnages, confondant souvent les deniers publics et leurs fonds privés, défilent dans ce roman acide, qui façonne cet ouragan en torrent littéraire de qualité. Jaouen se laisse guider par sa plume, trempée dans les eaux du vitriol.
Spécial Dernière - 11/09/1993

- Satire
Façade atlantique, arrière-pays du bocage, Saint-Baptistain possède tous les atouts pour se faire piéger par une petite annonce d'un groupe de finance international faisant dans le loisir. Le microcosme provincial s'agite, conseil municipal en tête, au fur et à mesure que Nélias Amalamelou, l'investisseur, avance ses pions. Mais la bonne affaire sent l'argent sale que l'on veut blanchir... En pastichant la politique, l'écologie et l'économie, Hervé Jaouen s'en est donné à cœur joie - pour notre plus grand plaisir - avec "Ouragan sur les Grèbes" (Denoël), une satire des affaires, véritable petit chef-d'œuvre d'humour.
Le Républicain Lorrain - 19/09/1993

- Hervé Jaouen, un des derniers romantiques
Hervé Jaouen, romancier de son état et banquier finistérien à ses heures, possède l'ironie distante de l'observateur détaché. Son dernier livre est une satire caustique.
Pêcheur au saumon devant l'Eternel, amoureux des estaminets patinés, de roman et de thé noirs, Hervé Jaouen ne hait rien tant que les changements brutaux : "Tout un chacun devrait avoir droit de classer monuments historiques les endroits qu'il a aimés !", s'exclame, à propos d'un troquet menacé de rénovation, le héros de son dernier livre, "Ouragan sur les Grèbes".
Sous ce titre curieux (le grèbe est un oiseau), il nous conte l'histoire d'une petite commune du littoral Atlantique saisie par la fièvre immobilière. Un microcosme rural, avec ses enfants de Jaurès, ses notables éléphantesques et badgés, ses potiches conservées dans "le vinaigre doux du fatalisme pastoral", ses écologistes à vestes de velours.
Ce petit monde occupé au "fleurissement des giratoires" plonge tout droit dans le rêve pharaonesque lorsque débarque un requin des affaires, une sorte de Stavisky planétaire qui carbure au café et aux narcodollars. Hervé Jaouen introduit ici un observateur candide, fonctionnaire communal aussi lettré que machiavélique, protégé du monde par les plaisirs de la lecture à deux avec Lou - suave écorneuse de pages - fille dudit milliardaire et pulpeuse promesse de happy end.
Tout le sel de cette histoire marécageuse n'est pas seulement dans le dévoilement, du bout de la plume, des dessous de la politique locale appliquée à singer les mœurs et la langue de bois du marigot national. Une peinture caustique d'un village de Schtroumpfs qui se rêve Babylone touristique... Cette satire illustre le pessimisme politique de l'auteur, qui, comme beaucoup de jeunes gens de sa génération, voulut être Malraux à Madrid avant d'être conseiller municipal d'opposition, puis opposant de la plume : Hervé Jaouen serait-il l'un de nos derniers romantiques ?
Daniel MORVAN - Ouest-France - 28/09/1993

- Saint-Baptistain, petit village situé sur la côte Atlantique, n'était pas prêt pour faire face à la gourmandise spéculative de Nélias Amalamelou, homme d'affaire international à la réputation pas toujours flatteuse.
Spécialiste des grands projets, des grands investissements, ses ambitions se portent un beau matin sur cette commune où se mêlent et s'entrechoquent les différentes tendances politiques et les histoires de commères. Tout commence par une petite annonce publiée dans le bulletin des communes de France par le groupe de Nélias Amalamelou et relevée par Serge Morvan, le sournois secrétaire de mairie, personnage au cœur de l'affaire qui sait tirer profit de toutes les situations même les plus morbides. Il ne fait rien, les autres personnages font tout pour lui. Il tire les ficelles d'un petit monde qui se dévore à coups d'idéologie politiques, de mensonges, de magouilles, de voracité financière et d'ambitions.
Les Grèbes, paradis écologique de Saint-Baptistain échappent de justesse aux aménagements de Nélias Amalemelou mais aucun des habitants de la commune ne sortira vraiment indemne de cette aventure, sauf le secrétaire de mairie.
R.M. - Var Matin - 11/10/1993

- Tout commence par une petite annonce dans le Bulletin des communes de France : groupe financier international cherche terrain bord de mer pour investissement loisir. Serge Morvan, secrétaire de mairie d'une petite commune vaguement bretonne, en s'empressant de soumettre l'offre à son maire, va ouvrir une boîte de Pandore insoupçonnée. Devant le projet de "centre-de-loisirs-golf-club-de-remise-en-forme" que déploie talentueusement un drôle de financier, la petite commune de Saint-Baptistain va s'empêtrer dans une véritable guerre civile. La veine de cette intrigue clochemerlesque écolo-politique n'est certes pas neuve et un brin caricaturale. Mais la verve d'Hervé Jaouen sait parfois être contagieuse.
Violaine GELY - La Croix L'Evénement - 17/10/1993

- Serge Morvan, le narrateur, est secrétaire de mairie à Saint-Baptistain, un village de la côte atlantique. A ce titre, il est aux premières loges pour assister aux combines d'Amalamelou, un financier de haut vol, qui veut acquérir cinquante hectares en bord de mer pour y installer un complexe de loisirs. Or, Saint-Baptistain dispose d'un site idéal...
Hervé Jaouen, écrivain breton qui collabore à la belle revue "Ar Men", a vu trop de sites massacrés en Bretagne pour rester sans réagir. Il s'est d'ailleurs inspiré de scandales fréquents pour tresser la trame d'"Ouragan sur les Grèbes". Un roman noir, sans manichéisme ni militantisme, qui montre les ravages de la cupidité et de la bonne foi.
L.L. - La Nouvelle République du Centre-Ouest - 18/11/1993

- C'est une véritable jubilation qui envahit le lecteur à la lecture du dernier Jaouen, "Ouragan sur les Grèbes". Le romancier finistérien a délaissé la noirceur du néo-polar de "Quai de la Fosse" ou des portraits de "Flora des embruns". Pour livrer, dans ce dernier opus, une vision drôle et caustique d'une petite commune semblable à beaucoup d'autres.
Saint-Baptistain, sur la côte atlantique, a son maire de gauche, ses conseillers municipaux bien typés, son correspondant local, son hôtel-restaurant bourgeois, sa salle polyvalente et un terrain littoral de 50 ha, "les Grèbes", susceptible d'accueillir le projet de centre de loisirs d'un grand groupe international.
Heureusement, Saint-Baptistain a aussi un secrétaire de mairie, acteur, observateur et surtout narrateur de cette folie qui s'empare du maire et de ses administrés face à cette "aubaine" de développement.
Hervé Jaouen est parti de son expérience, ce qui donne des personnages et un contexte criants de vérité. "Beaucoup croient reconnaître tel ou tel maire, telle ou telle commune, alors que ce n'est qu'un exemple, explique Hervé Jaouen, un petit sourire aux lèvres. Mais pas un homme politique ne m'a dit ce qu'il en pensait..." Sûrement parce qu'il a visé juste. "Aujourd'hui, dénonce-t-il, les maires ne savent pas résister à la volonté d'enrichissement, non pas personnel, mais de leur commune. Partout, on voit fleurir des zones d'activités ou industrielles, souvent sans tenir de l'environnement..."
Le narrateur rédige son histoire depuis la Turquie. La aussi, Hervé Jaouen s'est inspiré de ses voyages personnels. Il retrouve là-bas les mêmes maux. Le site décrit, les moulins de Yalikavak, est préservé, mais pour combien de temps encore se demande le secrétaire de mairie exilé ? "Nous sommes retournés au même endroit en vacances, raconte Hervé Jaouen. Il y avait des pancartes partout..."
Bref, "Ouragan sur les Grèbes" est plus qu'un bon roman d'humour : un antidote au petit monde qui nous entoure.
Philippe GESTIN - Le Trégor - 04/12/1993

- Saint-Baptistain au bord de l'océan : le village accueillera-t-il le complexe touristique projeté par Nélias Amalamelou ? D'un côté, les élus, les militants locaux, de l'autre un géant débonnaire, quelque peu escroc. Manque d'envergure, égoïsme, malhonnêteté, ou comment naissent les "affaires". Une fable ironique et amère : l'argent dévore tout, même l'amour.
Y.P. - Pèlerin-Magazine - 23/12/1993

- Hervé Jaouen possède l'art de parler d'un ton léger de sujets graves : la politique locale, les promoteurs immobiliers, les "affaires", l'amour et... la lecture. Le financier international, Nélias Amalamelou, à l'identité et à la nationalité incertaines, choisit bien mal, du côté de la Charente, le site d'un projet grandiose et juteux et choisit encore plus mal ensuite son entourage lorsqu'il jette son dévolu sur un autre endroit, cette fois sur le littoral turc. S'entourer de gens amoureux d'un paysage et d'un mode de vie, quand on s'apprête à mettre à mal l'un et l'autre, quelle imprudence !
L'Alsace - 14/02/1994

- Bien que le label Sueurs Froides ne figure pas sur la couverture, "Ouragan sur les Grèbes" n'en est pas moins un roman noir. Prenez une petite commune de la côte atlantique riche de cinquante hectares de littoral. Jetez-y, pêle-mêle, un maire socialiste d'une honnêteté déconcertante, un financier international, Nélias Amalamelou, qui ne rêve que de grands projets touristiques, un conseil municipal toujours prêt à se déchirer. Saupoudrez le tout d'une magnifique jeune femme et d'un héritier surprise. Et vous obtenez une bombe que le jeune secrétaire de mairie, pas aussi naïf qu'il en a l'air, prendra plaisir à regarder exploser. Prix du suspense en 82, Grand Prix de Littérature Policière en 90, l'auteur de "La Mariée rouge" a appris depuis longtemps à ne pas nous décevoir. Avec cet "Ouragan sur les Grèbes", il nous rappelle aussi que l'économie et la finance, c'est aussi son domaine. La banque, finalement, c'est comme le journalisme : pour réussir il faut (un peu) en sortir.
Michel ROSSO - Nouveau Journal d'Orly

- Saint-Baptistain, sur la côte atlantique, coule des jours paisibles sous la houlette d'un maire socialiste Jean Syelle, dit Jean-le-pieux. Jusqu'au jour où un groupe financier international cherche à investir dans cinquante hectares en bord de mer. La commune les possède justement ces hectares qu'on appelle les Grèbes. Fait alors irruption Nélias Amalamelou, Caucasien aux yeux de braise, grand amateur de café et brasseur de dollars, et sa fille Lou, jeune femme au charme mystérieux. La commune est en effervescence. Les pour, les contre discutent, supputent dans l'arrière-salle de l'unique bistro. Mais un notaire (véreux), un héritier (spolié) et son homme de loi vont faire capoter ce projet grandiose. Le secrétaire de mairie, Serge dit Sergueï, installé après coup en Turquie avec Lou, rédige ces annales baptistaines, tandis que Nélias songe à un autre complexe de loisirs.
Le thème est peut-être connu, mais Hervé Jaouen donne une étourdissante et jubilante chronique de ces communes de base, microcosme écolo-politico-financier de la France profonde.
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