Hôpital souterrain

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1990 - Denoël
1991 - France-Loisirs
1992 - Gallimard - Folio 2424
2000 - Gallimard - Folio Policier 137

Grand Prix de Littérature policière 1990

Résumé

- Edition 1990
Une petite fille, Angeline, a disparu lors d'une visite avec ses parents du fameux hôpital souterrain construit par les prisonniers russes à Jersey pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mais Jersey n'est pas qu'un symbole de la hantise de Hitler d'un débarquement anglais sur l'île ; Jersey fut aussi terre de sorcières - des familles entières ont même émigré à Salem au XVIIe siècle. Et si l'on ajoute que le père et la mère de l'enfant ne s'entendaient pas, que la mère retourne en France alors que le père reste sur place pour participer aux recherches, on voit que l'accident ou l'enlèvement d'Angeline peut être facilement, et dangereusement, inclus dans la catégorie des maléfices.
Hervé Jaouen, Breton et auteur de romans noirs, nous livre avec Hôpital souterrain son roman le plus émouvant.

- Edition 1991
En vacances à Jersey avec ses parents, Angeline, sept ans, disparaît lors d'une visite de l'hôpital souterrain construit pendant la dernière guerre mondiale. Sa mère s'accommode assez bien de cette disparition et regagne la France tandis que son père s'acharne à retrouver la fillette. Angeline a-t-elle été victime d'une manipulation diabolique sur cette terre de sorcières ou paie-t-elle le prix de la mésentente qui existe entre ses parents ? Grand Prix de Littérature policière 1990.

- Edition 1992
Une petite fille, Angeline, a disparu lors d'une visite avec ses parents du fameux hôpital souterrain construit par les prisonniers russes à Jersey pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mais Jersey n'est pas qu'un symbole de la hantise de Hitler d'un débarquement anglais sur l'île ; Jersey fut aussi terre de sorcières - des familles entières ont même émigré à Salem au XVIIe siècle. Et si l'on ajoute que le père et la mère de l'enfant ne s'entendaient pas, que la mère retourne en France alors que le père reste sur place pour participer aux recherches, on voit que l'accident ou l'enlèvement d'Angeline peut être facilement, et dangereusement, inclus dans la catégorie des maléfices.
Hervé Jaouen, Breton et auteur de romans noirs, nous livre avec Hôpital souterrain son roman le plus émouvant.

- Edition 2002
Jersey : symbole de la hantise de Hitler d'un débarquement anglais, terre d'origine des sorcières émigrées à Salem...
Une petite fille, Angeline, a disparu lors d'une visite avec ses parents du fameux hôpital souterrain construit par les prisonniers russes à Jersey pendant la Seconde Guerre mondiale. Accident ? Enlèvement ? Maléfice ?

Extrait

Une île est une chose étrange, n'est-ce pas ? Tellement emblématique. Encore qu'il y ait île et île ... L'Angleterre, l'Irlande, Terre-Neuve, ne sont pas des îles à mes yeux. Trop étendues. Une île, pour moi, est un gros rocher habité par des fous. Ou du moins, par des originaux - des gens qui ne sont pas tout à fait comme les autres - qui acceptent de gaieté de cœur les drames de l'isolement. Si l'on peut comprendre les habitants des îles des mers du Sud - palmiers, lagons, coquillages, femmes faciles, voilà pour les clichés -, comment admettre sans douter de leur raison l'enracinement d'êtres humains sur des basses terres battues par les vents et les tempêtes, à demi submergées par les grandes marées ? Et je suis en contradiction avec moi-même car j'aimerais vivre sur une île (je préfère sur à dans une île, sur vous êtes exposé, dans vous êtes protégé) - une île de ma définition. Ne me demandez pas de me justifier. L'île-rocher est en moi, un point c'est tout. Et Jersey, où Isabelle m'avait attiré, n'était que la première étape d'un long périple dans les îles - Sark, Herm, Aurigny, les Scilly bien sûr, mais aussi les îles bretonnes (Sein, Ouessant, Molène, Groix, Houat, Hoedic) et tous ces îlots presque inconnus qui hantent les côtes irlandaises et où se désagrègent sous les pluies les vestiges de monastères moyenâgeux. Je serais marin et naufrageur, explorateur et pirate, et je disparaîtrais au nord - Orcades et Shetland -, fantôme hyperboréal.

Critiques

- Cet auteur breton né à Quimper a un parcours atypique qui mérite bien une chronique ici pour vous le faire découvrir à travers un de ses romans policiers, un des genres dans lequel il officie, après avoir quitté son métier de banquier. Cet homme-là a aussi d'autres passions, notamment l'Irlande où il se rend fréquemment et la pêche à la mouche qu'il peut d'ailleurs pratiquer dans ces contrées. Auteur multiple, il écrit également des livres pour la jeunesse, comme billettiste observateur mordant dans Le Télégramme et est directeur d'une petite collection Latitude Ouest. J'ignore ce que la banque a perdu, mais il est certain que la littérature a dû y gagner quelque chose !!!
Soit un auteur éclectique dont les romans tirent leur inspiration aussi bien de son ancienne activité (Les Endetteurs - La tentation du banquier) que de ses penchants pour les pays celtiques comme la Bretagne ou l'Irlande et son goût prononcé pour la pêche à la mouche (Chroniques irlandaises - La cocaïne des tourbières). Un auteur qui sait aussi aller explorer les tréfonds pas toujours reluisants de l'âme humaine, comme dans L'adieu aux îles, où une vieille femme délaissée par son mari finit par mourir de chagrin et de désespoir.
Le roman dont il est ici question a pour cadre Jersey, île qu'Hitler avait transformée en sentinelle en vue d'un éventuel débarquement, en la perçant de galeries et de souterrains, au sein desquels un hôpital avait été créé. Bien des années plus tard, au cours d'une visite en compagnie de ses parents, la petite française Angeline disparaît subitement. Dans cet espace réduit aux traditions particulières, commence alors une recherche ponctuée de déchirements, de ruptures dont les parents Pierre et Isabelle auront beaucoup à apprendre sur eux-mêmes ; Pierre le père angoissé et imaginatif fou de sa fille ; Isabelle mère plus lointaine, souvent râleuse, rarement satisfaite.
On ne peut pas dire qu'il y ait ici un suspense formidable, ni des rebondissements à chaque page mais l'intérêt de ce livre se trouve dans l'étude approfondie des personnages et d'un climat de plus en plus irréel, savamment entretenu par les légendes de sorcières qui peuplent cette île. Au fur et à mesure des chapitres, Hervé Jaouen nous entraîne sur des voies plus mystérieuses et moins cartésiennes, finissant par donner à son roman un aspect angoissant et oppressant dont nous ne serons libérés qu'aux dernières phrases choc et révélatrices (plus que jamais, ne pas lire la dernière page avant de démarrer !!).
Découvrez par ce court roman prenant et d'une lecture aisée cet auteur fécond et disparate, bien décidé à vivre ses passions. Une belle et respectable attitude.
Patrick

- Grand Prix de Littérature Policière, [ce roman] mêle avec virtuosité noir et fantastique : la fille d'un notaire en vacances à Jersey disparaît dans le labyrinthe d'un ancien hôpital, vestige de la dernière guerre. Désemparé, le père soupçonne sa femme d'être une sorcière qui a sacrifié son enfant. Claude MESPLEDE

- Roman policier - Un Grand prix à Hervé Jaouen
Le Grand prix de littérature policière a été attribué, jeudi, au Quimpérois Hervé Jaouen pour son quatorzième roman Hôpital souterrain, édité par Denoël. Considéré comme l'un des plus importants en matière de roman policier, le prix est décerné par un jury composé de dix auteurs, journalistes et critiques. Il sera remis en octobre au Mans, dans le cadre d'un salon du polar.
Ouest-France - 15/16-09-1990

- Hôpital souterrain de Hervé Jaouen, grand prix de littérature policière, flirte avec le fantastique sans jamais s'y brûler. Le rationnel demeure. Ou tout du moins les faits trouvent une explication qui rassure... Que la fille d'un notaire en vacances à Jersey disparaisse dans le labyrinthe sans fin d'un ancien hôpital de la dernière guerre et c'est toute une famille qui vole en morceaux. Les paranoïas, les anciennes blessures, ce qui ne se pardonne pas... L'inconscient ou la mémoire, comme la mer, laissent parfois d'étranges débris sur le sable...

- A Jersey, une paisible famille visite un hôpital souterrain, vestige de la dernière guerre. Angeline, petite fille sans histoire, disparaît au détour d'un couloir. Tandis que sa mère se mure dans le silence, le père, fou de douleur, n'aura de cesse de retrouvée l'enfant adorée.
Hervé Jaouen joue ici de tous nos fantasmes. Peur du noir, peur de l'oubli ; univers de légende, surtout, tel qu'on peut le ressentir sur cette île qui fut terre de sorcières. Il distille sa terreur, jusqu'à une fin à la fois magique, policière et psychiatrique.
L'auteur du Crime du syndicat ou de La Mariée rouge nous avait habitués à des œuvres "carrées". Voici qu'il offre soudain un cocktail de maléfices et de tendresse diablement émouvant.
Lire - Juin 1990

- Hôpital souterrain, d'Hervé Jaouen, évoque la disparition d'une fillette finistérienne dans le labyrinthe souterrain de l'ancien hôpital allemand de Jersey à l'occasion d'une excursion effectuée dans l'île avec ses parents. La mère est l'auteur de l'escamotage qu'elle paiera de son propre trépas en Bretagne. Mais le narrateur oppose la banalité d'une excursion au départ de la gare maritime de Saint-Malo, ("Saint-Malo, ai-je dit d'un ton faussement enjoué, Saint-Malo intra-muros, ses magasins de souvenirs, son port de plaisance, ses corsaires, son musée de la Marine" (op. cit. p. 36)), à l'environnement exceptionnel du rapt : le réseau de corridors, de casemates, de salles fortifiées où des centaines d'esclaves ont trouvé la mort sous la surface de l'île.
Il associe en permanence sa propre angoisse à l'événement et aux sortilèges attribués aux sorcières de Jersey dont plusieurs s'en furent peupler Salem avant de livrer une explication rationnelle au rapt.
Jean-Yves RUAUX - Écrire en Bretagne - Roman policier en Armorique

- Jaouen change d'air (après Les Chiens du Sud) et ramène de l'anglo-normande île de Jersey (occupée par les Allemands lors de la seconde guerre mondiale) le superbe Hôpital souterrain (Denoël, 1990) construit par des prisonniers russes où s'est perdue une fillette que son père tente de retrouver. Le polar fait bon ménage avec la sorcellerie, c'est ce que l'auteur nous prouve avec ce roman parfaitement ambivalent qui ne manquerait pas de réjouir un autre accro de Jersey, Michel Deville, qui apprécie également Patricia Highsmith à qui ce suspense très psychologique (tout se passe dans la tête des héros) fait penser.
Jean-Pierre DELOUX - Le Polar régionaliste français (Polar n° 8 - décembre 1992)

- Une île, Jersey, à quelques encablures du Cotentin.
Morceau d'Angleterre occupé jadis par les nazis, l'atmosphère y est étrange. On y trouve un hôpital souterrain, élément incongru du mur de l'Atlantique. Des légendes courent la lande : elles parlent d'habitants qui auraient embarqué vers Salem...
Pierre et Isabelle visitent l'hôpital avec leur fille Angeline. Un instant d'inattention, l'enfant disparaît. S'est-elle égarée dans le dédale de couloirs ? A-t-elle été enlevée ?
Après plusieurs jours de recherches infructueuses, Pierre, fou d'inquiétude, décide de rester. Isabelle repart sur le continent avec un détachement surprenant. La fêlure que l'on discernait vaguement devient gouffre d'incompréhension. Les sorcières rodent...
Hervé Jaouen est un auteur breton atypique : banquier le jour, écrivain la nuit, amoureux fou d'Irlande, il a obtenu avec ce roman, le grand prix de la littérature policière.
Récit d'une disparition mais surtout journal de bord de la déliquescence inéluctable d'un amour, le livre nous entraîne sur des chemins "îliens" peu ordinaires, à la limite du fantastique. Progressant avec une grande habileté dans les méandres de l'inconscient d'un couple, Jaouen nous promène sur les falaises de la folie. Quant à la révélation finale, elle est... saisissante.
Hervé Jaouen est un écrivain remarquable. Son œuvre protéiforme prend des allures policières mais peut tout aussi bien aborder le roman de mœurs ("L'adieu aux îles"), l'intrigue politique ("Les Chiens du Sud") ou le récit de voyage (son... "Journal d'Irlande").
Si vous lisez "Hôpital Souterrain", vous n'aurez peut-être aucun mal à vous identifier aux protagonistes. Mais je vous préviens, ce sera à vos risques et périls...
Pour ma part, je ne m'en suis toujours pas remis. Au fait, j'avais oublier de le mentionner, le héros se nomme Pierre... Roussel.
Peter RUSSELL - 6 juin 2006

- Dès les premières pages, le lecteur est prisonnier de cet "Hôpital souterrain" comme Pierre Roussel l'est de l'enquête qu'il mène afin de retrouver sa fille Angeline, disparue dans le labyrinthe d'un hôpital nazi construit à Jersey pendant la deuxième guerre mondiale. Le narrateur vous entraîne dans le rythme syncopé, imprévisible, d'un rebondissement perpétuel. Il vous envoûte, vous conduit dans des régions incertaines où le quotidien et le fantasmatique se rejoignent, vous enferme dans un monde qui vous paraît familier mais où les sortilèges exigent l'alerte permanent.
Passionnant de bout en bout, Hervé Jaouen est un de ces écrivains rares qu'on lit sans musarder, avec frénésie et un sentiment d'urgence, l'urgence du lecteur qui se trompe chaque fois du dénouement.
Claude DARRAS - Le Provençal - 26/05/1991

- Cet auteur celte de romans noirs situe dans l'île de Jersey l'énigme troublante de la disparition d'une enfant dans l'hôpital souterrain construit par les Allemands et visité aujourd'hui comme musée. L'enquête se déploie dans un envoûtant climat fantastique.
La Libre Belgique - 15/07/1990

- Un couple : lui, Pierre, notaire par hasard et manque d'ambition ; elle, Isabelle, que des études distraites ont conduite à un mariage de facilité. Un couple que plus rien ne lie, pas même la méchanceté d'Isabelle qui agit comme un aiguillon nécessaire sur la mollesse complaisante de Pierre. Surtout pas leur petite fille de 7 ans, Angeline, première merveille du monde pour son père. Et voilà que la fillette disparaît au cours d'une visite touristique dans l'hôpital souterrain construit à Jersey par les nazis pendant la guerre...
Pas de suspense : la disparition d'Angeline est prétexte. Mais, dans cette introspection au scalpel de la vie d'un couple, le quimpérois Jaouen ne ménage rien : ni l'amour, ni les petites lâchetés ordinaires d'un couple qui se détruit. Et la sorcellerie, qui vient se greffer à l'histoire, n'est qu'un masque de plus, une illusion, juste un fantasme qui ne saurait justifier la méchanceté primaire de la mère ni la lâcheté sommaire du père.
Avec une écriture de plus en plus acérée, Hervé Jaouen se range dans la lignée de Patricia Highsmith dans ce récit qui vous laisse l'esprit perturbé et le cœur au bord des lèvres. Un livre couronné fort justement par le Grand prix de littérature policière.
Ouest-France - 12/12/1990

- Coup sur coup, au printemps dernier, Hervé Jaouen, le romancier quimpérois, publie deux ouvrages : "Connemara Queen" et "Hôpital souterrain". H. Jaouen a-t-il un faible pour les pays anglo-saxons ? Il est déjà l'auteur d'un "Journal d'Irlande". Avec "Hôpital souterrain", c'est Jersey qu'il a choisi pour cadre à une histoire à plusieurs facettes. Le Quimpérois qui s'est taillé, de haute lutte, une belle place dans les meilleures signature se polars, fait encore appel à son art du suspense pour nous tenir en haleine : découvrira-t-on la petite Angeline dans l'hôpital souterrain édifié par les prisonniers russes lors de la seconde guerre mondiale ? Morte ou vive ? Les trois dernières lignes qui vous livrent seulement la vérité vous laissent pantois. Dans ce registre, Hervé Jaouen demeure égal à lui-même.
Mais "Hôpital souterrain" entraîne aussi le lecteur dans les labyrinthes psychologiques. Bien souvent, les mots qui s'entrechoquent ne sont que des bulles éclatant à la surface de la conscience et diffusant le remugle des sentiments fermentés. D'Isabelle, la détestable, à Pierre, le bon papa affectueux, la balle rebondit comme un jeu de ping-pong. Hervé Jaouen procède par petites touches, insère des parenthèses comme pour nous dérober l'essentiel, brise le cours du temps par d'adroits flash-back (une parfaite technicité dans la construction qui en dit long sur le "métier" de notre romancier). Il aime piéger le lecteur en le prenant pour confident. Et, par-dessus tout, il distille un cynisme acéré qui, en deux mots, exécute un personnage. Là encore se retrouve une constante de l'œuvre de Jaouen ; une distanciation ironique par rapport au jeu du monde. Ajoutez à cela le souci du mot juste, une imagination très bien maîtrisée. Bref, une fois de plus, Hervé Jaouen se révèle comme un romancier accompli.
Roger LAOUÉNAN - Le Télégramme - 31/07/1990

- On peut, à coup sûr, parier sur le dernier roman d'Hervé Jaouen qui, avec "Hôpital souterrain", vient d'écrire un ouvrage absolument magnifique. Que de chemin parcouru par l'écrivain breton depuis son premier roman "La Mariée rouge" d'une violence inouïe où le sang jaillissait à chaque page jusqu'à cet "Hôpital souterrain" qui est l'expression la plus achevée d'un incontestable talent. Suspense et psychologie se côtoient avec bonheur dans cette histoire tout à la foi infiniment simple et compliquée !
En visite à Jersey, Pierre, Isabelle, sa femme, et leur fille Angeline découvrent avec bonheur cette île anglo-normande si proche de nos côtes et si étrangère par ses coutumes. C'est d'abord l'enchantement et le dépaysement, des pages épatantes qui donnent envie de courir à la découverte de Jersey puis le drame éclate.
Alors que les Roussel visite l'hôpital souterrain creusé par les Allemands, lors de la dernière guerre et qui est devenu une sorte de musée avec un son et lumière particulièrement évocateur, Angeline disparaît !
Il y a une minute, elle était là à côté de son père, soudain elle n'est plus là !
Commence alors la plus dramatique des recherches au cours de laquelle on voit un couple se défaire sous nos yeux.
L'amour de Pierre pour sa fille Angeline est visiblement la pomme de discorde dans laquelle les parents croquent à belles dents.
Entrecoupée de retours en arrière, subtilement glissés dans le récit de Pierre, l'enquête mène à cet amer constat : Isabelle et Pierre s'opposent cruellement et la faillite de leur mariage, le naufrage de leur amour, s'inscrit en lettres majeures tout au long de cette recherche désespérée de l'enfant disparue. Incapable de supporter la tendre complicité de sa fille et de son mari, Isabelle quitte l'île et rentre en France dans leur maison isolée alors que Pierre niant l'évidence poursuit seul ses recherches.
Le coup de théâtre final serait bouleversant pour celui qui n'aurait vu dans le livre de Jaouen qu'une histoire à suspens, mais à suivre le parcours de ces trois êtres hors du commun on se prend au jeu cruel et terrifiant d'une partie de cache-cache qui tourne au plus effrayant des drames.
Ajoutons à cela un parcours initiatique dans un pays que, visiblement, Hervé Jaouen adore.
Tout concourt à nous offrir un roman magnifique, envoûtant et cruel qui place Jaouen dans le peloton de tête des écrivains de cette année.
Surtout ne manquez pas "Hôpital souterrain", c'est un grand livre.
Michel RENAUD - Le Dauphiné Libéré - 17 mai 1990

- Superbe ! Un grand, un très grand roman. De toute l'œuvre d'Hervé Jaouen, ce récit poignant est le livre le plus fantastique, dans tous les sens du terme.
Il y a de tout, dans l'œuvre de Jaouen, du plus poétique au plus sanguinolent, du récit de voyage au polar, mais ici nous accédons à un niveau supérieur où se conjuguent toutes les beautés. La poésie est présente dans les images. Abondent les détails qui sonnent juste, créent l'ambiance et souvent font naître l'émotion. La psychologie est profonde et pénétrante, les personnages ont une étonnante densité. Le mystère est hallucinant. L'atmosphère de sortilèges traversée par les drames du passé et le souvenir des atrocités nazies maintiennent un suspense que renforce le sentiment de notre impuissance - jusqu'à la page 201 - à deviner la clé de l'énigme.
Au cours de la visite avec ses parents d'un hôpital souterrain installé par l'armée allemande à Jersey, pendant la dernière guerre, une fillette de sept ans, Angeline, disparaît mystérieusement. Accident ? crime ? enlèvement ? Malgré les moyens importants mis en œuvre - mais un peu tard - par la police, malgré les interrogatoires, les chiens policiers et le bouclage des ports, aucune piste ne se révèle et l'angoisse du père est émouvante.
Lorsque, enfin, l'auteur soulève un coin du voile, le suspense ne cesse pas, bien au contraire, car on se demande quel va être le comportement des parents d'Angeline qui, eux, ignorent la vérité et ont peut-être, de leur côté, quelque chose à cacher...
L'intrigue est si habilement construite, avec des retours en arrière, des images qui, s'imposant à l'esprit du père, faussent le cours logique de l'action, que c'en est envoûtant. Et puis l'écriture est magnifique, la langue brillante, la puissance des images saisissante. Il y a longtemps que j'avais lu un roman aussi fort.
Yann BREKILIEN - Armor Magazine - Mai 1990

- C'est avec "Hôpital souterrain", un gros pavé paru peu avant "Connemara Queen" que Jaouen nous avoue son goût pour ces maléfices qui hantent les terres celtiques.
Schématiquement, on peut y voir un roman policier : une petite fille a disparu, un policier interroge le père pour recueillir assez d'indices pour démarrer son enquête...
Mais il y a aussi l'étrange - le maléfique, donc - que Jaouen présente avec une surprenante économie de moyens : une sorcière (mais en est-ce bien une ?) qui commande aux serpents et aux oiseaux et qui a entraîné le "héros" et sa fillette à Jersey où, autrefois, l'on brûlait les sorcières et d'où partirent celles qui firent parler d'elles à Salem...
Mais cet hôpital souterrain, construit par des prisonniers russes et polonais dans l'île sur les ordres d'Hitler, est le symbole de la convergence du Mal mythique et du mal engendre par les folies idéologiques du nazisme.
Sorcier sans doute, Jaouen réussit à nous envoûter (de grâce, gardez-nous les accents circonflexes !) : sans insister, l'air de ne pas y toucher, il nous parle du mal et de ses racines, de l'imbécillité militaire, de l'amour régénérateur...
Et surtout, il y a cette âme celte, tournée vers l'océan, synonyme de libération, et qui craint les montagnes et les rochers, repaires des forces du Mal...
Etonnant Jaouen ! Il avait marque le "néo-polar" il y a un peu plus de dix ans ; il avait réussi dans le roman noir "social" (avec "Le Crime du syndicat" en 1984) ; voilà qu'il montre qu'il est encore possible de se renouveler sans renier le "polar"... Merci Hervé.
J.-P. SCHWEIG - Hebdoscope n° 295 - 18/07/1990

- Très étrange que ce livre. Plus on avance, plus on est dans le brouillard. Les évènements se succèdent de plus en plus vite, les retours au passé nous déstabilisent un peu. Je n'ai pas senti que l'histoire tenait compte de la relation père-fille et on ne nous parlait que très peu du désespoir que doit ressentir un père lorsqu'il perd son enfant chéri. Par contre, on nous décrit la relation mari-femme dans ses moindres détails. Et la fin nous explique pourquoi...
Philcabzi5 - 03/01/2007

- Lors d'un séjour en famille à Jersey, une petite fille disparaît au cours de la visite de l'ancien hôpital souterrain de l'île, construit pendant la guerre par les Nazis. Un endroit qui fait froid dans le dos... Et lorsqu'en plus on sait que Jersey est célèbre pour ses sorcières, que des tas d'ouvrages sur le sujet y remplissent les rayons des librairies, que le père de la fillette a tendance à beaucoup cogiter, et que son épouse, avec qui il ne s'entend plus, se comporte de manière égoïste et imprévisible, rien d'étonnant à ce que cet homme fou de sa fille devienne paranoïaque après ce tragique événement...
Au fil des pages de ce roman à l'atmosphère étrange, voire oppressante, flirtant avec le fantastique, on découvre des personnages mis à nu par l'auteur, qui n'hésite pas à nous offrir en détail leurs sentiments, leurs sensations, leurs pensées, même les moins reluisantes, avec une précision époustouflante. Il nous entraîne dans les méandres de l'esprit d'un homme angoissé, dans celui d'une petite fille aussi, toujours avec la même efficacité.
Avec "Hôpital souterrain", qui a obtenu le Grand Prix de la Littérature policière, Hervé Jaouen nous montre une fois de plus ses talents d'écrivain aux multiples styles. On le connaît surtout pour ses fabuleux récits de voyage sur l'Irlande, pour ses polars noirs aussi, ici on le découvre dans un roman à suspense émouvant laissant une grande place à l'analyse psychologique, genre dans lequel décidément il excelle également !
Et surtout un conseil, lisez-le jusqu'à la dernière ligne, vous en resterez scotché !
Delphine HAMON - 11/03/2009

- J'ai lu ce roman il y a quelques années mais j'en garde un souvenir succulent. L'histoire se passe à Jersey, cette petite île anglo-normande, accessible depuis Saint-Malo, que j'aime beaucoup (j'ai même visité ce fameux hôpital après ma lecture).
A Jersey donc, une petite fille disparaît lors d'une visite de l'hôpital souterrain. Son père remue ciel et terre pour la retrouver tandis que la mère rentre en France, visiblement peu secouée par le drame. Ce thriller nous mènera au cœur de l'hôpital et de ses mystères, mais aussi au plus profond de l'être humain.
Un beau roman écrit par un Breton (cocorico !). Je n'ai pas pour habitude de relire des livres, mais celui-ci me redonne l'eau à la bouche, rien que d'en parler !
Liza - http://bibliza.over-blog.com/ - 15/04/2009

- Je remercie ma swappée de m'avoir offert ce livre, dont la lecture m'a ravie sous un fond de thriller, et psychologique, un voyage sur l'île de Jersey et dans la complexité des relations enfants-parents-couple. L'auteur nous fait naviguer entre enquête sur la disparition et en parallèle le mari remonte dans ses souvenirs pour comprendre le pourquoi du comment du comportement de son épouse. C'est alors qu'il fait le rapprochement avec les sorcières et comprend ou pense comprendre bien des choses que je ne dévoile pas pour laisser le suspense au lecteur.
J'ai apprécié ce roman pour le côté psychologique, ce mari et père qui ne baisse pas les bras pour retrouver sa fille disparue allant jusqu'à l'extrême... le suspense est réel mais dommage qu'au trois quart du livre l'auteur nous dévoile de but en blanc où se trouve la fille. Par contre il se rattrape jusqu'à la dernière phrase (Impatients, ne lisez pas la dernière page !) et l’on comprend que les craintes du mari étaient fondées... une belle écriture, un roman bien équilibré, j'ai adoré...
http://lesmotsdepascale.canalblog.com/ - 27/09/2009

- On voit les événements, en grande partie, par les yeux du père. Un père dès l’origine inquiet, avant même la disparition. Un père aimant et fou de sa petite fille. On va peu à peu plonger dans ses méandres mentaux, proches d’une sorte de paranoïa, où tout élément devient signe et sujet à interprétation. On plonge également dans les méandres d’une relation de couple, on s’interroge, mais pas plus que ça tant on observe ce père qui sombre, sur l’attitude un peu distante de la mère.
Et puis, où est donc passée cette petite fille ?
C’est un bouquin assez passionnant parce qu’au départ, on y entre du bout des doigts, on se fiche un peu de ce couple et de leur fille qui se baladent sur l’île de Jersey. Et puis il y a ce lieu, cet hôpital de la seconde guerre mondiale devenu lieu à touristes et son et lumière. Et puis il y a ces souvenirs étranges. Et puis cette mère qui trouve parfois sa fille idiote. Et ce père qui l’aime tant.
Et la paranoïa nous guette nous aussi, et on s’en défend. On ne croit pas aux signes. On ne croit pas aux correspondances et aux malédictions maléfiques. On croit à des douleurs qui s’expriment différemment, c’est tout. Et ce père qui devient fou, au point de…
Sauf la fin.
Glaçante.
Sans presqu’aucune mort.
Noir Bazar

- Il s’agit d’un policier qui se déroule sur l’île de Jersey. La petite Angéline a disparu, alors que sa mère préfère abandonner cette île, son père va s’acharner à retrouver sa fille…
Enquête prenante dont l’issue n’est découverte que dans les dernières pages.
11/01/2013




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