Crédit bonheur

Sortie :
Realisateur : Luc Béraud
Durée : 125 mn
Production : Néria

Scénario, adaptation et dialogues : Bernard Stora et Luc Béraud
Images
: Gérard Vigneron
Musique : Serge Franklin
Interprétation :

Résumé

Les mésaventures financières de Paul et Marie-Jo, un couple qui va se trouver entraîné dans la spirale des crédits et prêts en tout genre jusqu'à être acculé à la faillite.
Paul est professeur de dessin à Paris, Divorcé, il a à sa charge Johannes, son fils de 12 ans. Il s'éprend de Marie-Jo, infirmière et mère célibataire de deux filles, Adèle et Sarah. Heureux de pouvoir oublier ensemble leurs déboires sentimentaux passés, ils décident de commencer une nouvelle vie, loin de Paris. Ils trouvent en Bretagne la maison de leurs rêves. Marie-Jo s'installe à son compte et Paul trouve un poste de professeur de dessin dans un lycée technique. Mais très vite, leur vie quotidienne s'assombrit. Tous deux ont contracté un emprunt pour l'achat de leur domicile et ils réalisent que les travaux vont être plus conséquents que prévu et qu'ils vont devoir débourser encore 300 000 F de réparations. Paul est donc contraint de demander un crédit supplémentaire à Marchandin, son conseiller bancaire. De plus, Betty, son ex-femme, n'a pas réglé les deux trimestres de la maison de repos où elle séjourne pour dépression : nouvel emprunt. Pendant ce temps, Marie-Jo s'achète la voiture nécessaire à ses déplacements et un téléphone portable pour ne rater aucun rendez-vous. Sans compter toutes les dépenses de la famille... De sorte que Marie-Jo, aussi, accumule les emprunts que lui accorde d'ailleurs sans sourciller son conseiller bancaire, Moulard. Le paiement des factures se fait de plus en plus difficilement. Malgré les dettes multiples, toute la famille décide de partir en vacances. A son retour, Marie-Jo trouve une lettre recommandée de la banque l'informant du rejet de leurs chèques en circulation. Il leur faut rembourser au plus vite. Puis elle s'aperçoit que Paul lui a menti. Il avait prétendu avoir trouvé des cours particuliers de dessin à Brest, en plus de son travail. En réalité, ne supportant pas l'idée d'une faillite personnelle imminente, il s'était inventé une autre activité, qui aurait sans doute permis au couple de s'en sortir. Anéantie, Marie-Jo le quitte et retourne chez ses parents, emmenant avec ses deux filles, le fils de Paul qui s'est pris d'affection pour elle. La maison de Bretagne est vendue ; Paul retourne seul à Paris.

Extrait

Critiques

- Cette fiction, directement inspirée de la réalité, épingle plaisamment la dérive d'un système de distribution du crédit qui finit par broyer ses partenaires-emprunteurs, comme ses employés "dressés à vendre". Le trait est un peu forcé, tournant parfois au réquisitoire, mais la comédie ne perd jamais ses droits, servie par des comédiens sympathiques. L'ensemble est donc fort divertissant.
Téléstar

- Le mécanisme du surendettement est parfaitement démonté dans son enchaînement sournois et imparable. L'auteur du roman qui a inspiré le film connaît en effet bien le problème car il fut banquier. Une chronique de la vie quotidienne, version romanesque, dont le charme tient largement au couple Marie Bunel-Robin Renucci.
Nadine BUCHARLES - Télé 7 Jours

- Pari osé que de cimenter un téléfilm autour d'un sujet aussi rebutant que le surendettement. Quand on est ou que l'on a été victime de la spirale infernale qui ruine de nombreuses existences aujourd'hui, a-t-on besoin d'un rappel télévisé de toutes les souffrances endurées ? Quand on y a au contraire échappé, a-t-on envie d'y songer ? La performance de ce téléfilm est de garder son caractère de divertissement tout en livrant une information en forme d'avertissement sur un inquiétant phénomène de société. La facilité trompeuse de l'argent débloqué sur simple signature, la sollicitude hypocrite des banquiers, l'angoisse qui ronge le quotidien, la honte qui isole et pousse au mensonge forment une trame qui, parce que très réaliste, vibre de tension.
Humanisé par l'excellent tandem Renucci-Bunel, soutenu par une réalisation rythmée (la photographie et les décors sont aussi très soignés), le message passe. Celle illustration d'une existence sur la corde raide nous laisse déstabilisés, conscients que notre réalité peut un jour rejoindre ce genre de fiction là.
Sophie BERTHIER - Télérama - 11 septembre 1996

- Très mordant à l'égard du milieu de la banque, ce téléfilm de Luc Béraud dénonce, par le biais de la fiction, la perversité d'un système qui, à coups de "crédits revolving" et autres "crédits confort", conduit rapidement, si l'on n'y prend garde, au surendettement. Le scénario s'appuie sur un livre - Les Endetteurs - signé Hervé Jaouen, qui, avant d'écrire, fut... banquier ! Servi par des acteurs attachants, Crédit bonheur traduit bien la dégradation parallèle de la relation amoureuse et de la situation financière. On regrette toutefois que sur ce thème central se greffe celui des rapports complexes de Jean et de son fils, un garçon de sept ans qui souffre d'obésité. Celle relation qui n'apporte rien à l'intrigue fait traîner le film en longueur.
S. Ke. - Supplément TV du Monde

- La petite prison dans la prairie
La spirale infernale du surendettement sur une gentille famille
Leur destin se noue dès les premières minutes, quand pour des raisons qui résument sans doute l'air du temps, le nôtre, ils ne peuvent s'empêcher de lier leur destin financier et le sort de leur amour. "Pour le prêt, ce serait mieux si on se mariait", propose après l'amour Robin Renucci (Paul) à Marie Bunel (Marie-Jo). Elle, fait monter la pression. "Tu m'as plu parce que tu étais malheureux. Maintenant il faut que tu me plaises parce que tu es heureux.". Autant dire qu'avec ce genre de diktat, les choses sont mal engagées. De naïvetés bancaires en déconvenues immobilières, le couple entame sa descente vers les enfers modernes, emporté par la nouvelle invention du Malin, le surendettement. Ou comment ne pas assumer ses désirs.
Contexte général
Réaliste, contemporain, actuel, social, chronique pour tout dire, Crédit Bonheur résume à l'envi l'histoire que l'on redoute de vivre. "Rien qu'en lisant le scénario, j'en avais les jetons", souligne Robin Renucci, prompt à défendre le conformisme gentillet des deux héros. "À travers l'échec de leur course au bonheur, c'est le procès d'un monde sans pitié, avec l'ambiance âpre que restituent si bien les scénaristes Bernard Stora et Luc Béraud."
La course au bonheur façon Paul et Marie-Jo évoque irrésistiblement les petits déjeuners Ricoré. Une jolie famille, dans une petite maison, dans une grande prairie. Un peintre et une infirmière pansent ensemble les blessures d'une vie affective antérieure, dont ils hérité quatre enfants inconscients de la dure réalité bancaire. Ce petit monde veut se retirer du grand, l'urbain, et achète une ruine en Bretagne. Il se trouve que la ruine se révèle être réellement une ruine.
Restent les banques, précisément, dont le procès demeure relativement indulgent. Deux personnages sont campés. L'employé rural, si proche et humain qu'il se rend au mariage de ceux que ses largesses accommodantes sont en train de tuer. Le second, employé de banque, cynique et carriériste, gère l'avenir sur écran d'ordinateur. Ce qui le conduit, en toute imbécillité, à refuser des prêts mais proposer des Cartes bleues. "Ce n'est pas une critique de la banque, mais d'un contexte général sans pitié", explique Robin Renucci, qui souligne d'ailleurs : "J'entretiens d'excellents rapports avec ma banquière."
Jérôme STRAZZULA - Le Figaro - 18 septembre 1996

- Le crédit ne fait pas le bonheur
Voici un téléfilm qui va donner des sueurs froides à ceux qui sont régulièrement dans le rouge à la banque. Car Paul (Robin Renucci) et Marie-Jo (Marie Bunel) ressemblent comme deux gouttes d'eau à beaucoup de couples d'aujourd'hui. Ce qu'ils veulent, c'est profiter de la vie, connaître la réussite professionnelle. Et pour cela, ces deux cœurs écorchés, qui sortent de déboires sentimentaux avec leur précédent conjoint, décident de tout recommencer. Quitter Paris. Acheter une maison dans le Finistère, près de l'école de dessin dont Paul vient d'être nommé directeur. Lancer un cabinet d'infirmière libérale pour Marie-Jo. Céder aux caprices des enfants qui rêvent de balades en VTT, d'une nouvelle voiture, d'un téléviseur à grand écran. Prêt professionnel, crédit immobilier, Crédiconfort : peu à peu, le petit doigt se glisse dans l'engrenage du surendettement.
Ne vous attendez pas à une fable désespérée. Crédit bonheur est traité avec une certaine dose d'humour. Derrière l'histoire de Paul et de Marie-Jo, la peinture féroce des milieux bancaires et leurs pratiques parfois sans scrupules vaut son pesant de cacahuètes. Et si l'inévitable finit par se produire pour nos deux héros imprudents, on se réjouit que, de l'autre côté de la vitre, quelques golden-boys perdent aussi dans cette histoire une bonne partie... de leur crédit.
G.L. - La Vie - 12 septembre 1996

- Paul (Robin Renucci) et Marie-Jo (Marie Bunel) rêvent de retour en Bretagne. Avec quatre enfants, ils seraient heureux dans cette petite maison pas chère face à la mer. Oui, mais une fois endettés pour payer la bicoque, les travaux à effectuer se révèlent beaucoup plus importants que prévus (il faut dire que les deux amoureux n'ont pas vraiment le compas dans l'œil...), une nouvelle voiture devient également vite indispensable alors que les revenus sur lesquels Marie-Jo misait ne sont pas à la hauteur de ses espérances... En plus Robin est affublé d'une ex-épouse qui lui coûte cher ! Bref le sourire de leur banquier se transforme en grimace et leur vie en une spirale infernale, ne pouvant éponger leurs dettes qu'avec de nouveaux prêts... S'il vous est déjà arrivé d'emprunter, même sans connaître tous les déboires de cette famille, il y a de fortes chances pour que certains aspects vous semblent familiers... Les banques étant toutes aussi promptes à vous consentir chèrement leurs prêts qu'à vous réclamer leur dû ensuite. Mais si vous envisagez votre vie à crédit, cette fiction devrait vous faire réfléchir. Au moins vous apprendre à compter !
Elisabeth PERRIN

- Les petits crédits chroniques font les grands fleuves du surendettement et les envies de consommation des pauvres, la prospérité des banquiers. C'est la démonstration éclatante et rigoureuse de ce téléfilm adapté du livre d'Hervé Jaouen, ex-employé de banque reconverti dans la littérature. Et c'est un réquisitoire effrayant que ces scènes successives où roulent, menaçants, les Permaprêt et les Crédiconfort. Très bien vu.
E.P. - Télé Z

- L'argent ne fait pas le bonheur, surtout à crédit ! Une fable plutôt grinçante adaptée du livre d'Hervé Jaouen, Les Endetteurs, remarquablement portée par Robin Renucci et Marie Bunel, un couple victime du virus de la consommation.
TV Câble Hebdo

C'est une comédie grinçante et, pour tout dire, pas très gaie sur le drame du surendettement. Dotée d'un humour féroce, elle démonte les rouages du système avec intelligence et bénéficie d'une solide interprétation.
Le Parisien - 18 septembre 1996

- Un "Crédit bonheur" aux couleurs bretonnes
La vieille ferme bretonne est un peu délabrée. Mais ils ont eu le coup de cœur, après avoir eu le coup de foudre. Marie-Jo, infirmière et Paul, professeur de dessin, la quarantaine et chacun deux enfants, ont décidé de tout reprendre à zéro et de construire ensemble, loin de Paris, un avenir radieux.
Première urgence, la lune de miel passée, rendre le nid solide et douillet. À coups de crédits généreusement accordés par les banques. Mais la maison hors d'eau, ce sont les finances du couple qui se retrouvent "à sec". Le bonheur s'échoue sur le surendettement.
Le piège de l'argent facile.
C'est cette spirale infernale que décrit longuement - 125 minutes - le téléfilm France 2 diffuse ce soir. Sur le ton du divertissement, le réalisateur Luc Béraud détaille minutieusement et scrupuleusement le piège qui se referme sur nos quadres-cool. De Crédiconfort en Permaprêt, de leasing en autorisation de découvert, toute la panoplie du savoir-faire bancaire est passée en revue.
Crédit bonheur est l'adaptation télévisée d'un roman du Quimpérois Hervé Jaouen, Les Endetteurs. Ancien cadre bancaire, l'auteur y épingle un système bancaire qui distribue ses crédits à tout-va, ne songe qu'au profit et finit par ruiner les emprunteurs et broyer les commerciaux "dressés à vendre" sous la perpétuelle menace de restructuration ou de plans sociaux.
Jean Kergrist en banquier
La contribution bretonne à ce téléfilm ne se limite pas à l'œuvre d'Hervé Jaouen. Elle se retrouve aussi dans les décors et la photographie. Les extérieurs ont été tournés dans le pays de Morlaix, à Roscoff, Locquirec, Plougasnou et Guimaëc, qui ont fourni au réalisateur plus de 200 figurants.
Luc Béraud a bénéficié également de l'appui de "Bretagne Accueil Tournage", une structure créée pour favoriser les tournages cinéma et télévision en Bretagne et "vendre" les comédiens professionnels régionaux. Il n'en a pas abusé.
Raison de plus pour saluer l'apparition au générique de Jean Kergrist dans le rôle d'un directeur régional de banque performant. Que ses amis se rassurent, le comédien de Glomel n'a pas définitivement fait passer son nez de clown par pertes et profits.
Le Télégramme - 18 septembre 1996




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