La mariée rouge

Sortie :
Realisateur : Jean-Pierre Bastid
Durée : 90 mn
Production : FR3 Bretagne-Pays de Loire

Scénario, adaptation et dialogues : Hervé Jaouen et Jean-Jacques Tarbès
Images
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Musique :
Interprétation :

Résumé

Dans les grandes villes, la violence est à l'aise. Née en banlieue, elle s'épanouit dans les faubourgs et monte à l'assaut du centre-ville avec assurance. Elle est dans son milieu naturel, elle est reconnue, bien dans sa peau : elle a droit de cité. En province, douloureusement, coincée entre la fameuse "chaleur humaine" et la célèbre "douceur de vivre", la violence, personne déplacée, a honte d'elle-même. Alors elle se cache sous les costumes du dimanche d'une noce campagnarde ; elle se déguise en milice de l'ordre public, ange gardien de la morale ; elle se caricature en boute-en-train et mène la revue pour des crétins en goguette.

Extrait

Critiques

- Décidément, la série Néo-Polar remet à l'honneur le carré blanc. Mais là, c'est pratiquement insoutenable une heure et demie de rang.
Dans une petite ville bretonne arrive un couple mi-loubard, mi-gangster, et, de toute façon, plus que "libéré". Couple qui s'acoquine avec trois jeunes autochtones - dont l'un est demeuré - pour mettre la ville en coupe réglée. Complètement imbibée, ivre de sexe et de rapines, la bande s'attaque à deux tout jeunes mariés dont la nuit de noces devient nuit de terreur et de sang. Sans compter avec la milice locale qui veut, aussi, rétablir l'ordre à coups de gourdins et de flingues.
Superbement réalisé par Jean-Pierre Bastid, par ailleurs grand auteur de romans policiers (on lui doit "Dupont Lajoie"), le livre d'Hervé Jaouen n'a pas été trahi. Mais quelle horreur, quel malaise, quelle cruauté ! Un film plein de sang et de sperme, dont tous les héros, même les victimes, sont antipathiques ou repoussants de malfaisance gratuite.
A ne voir que si vous avez le cœur et les tripes bien accrochés. Et plus aucune illusion sur le genre humain. D'autant que la fin, complètement surréaliste, vous laisse sur votre faim de justice. Les méchants ne seront pas punis.
Monique LEFEBVRE - Télérama

- Didier et Camille, un couple de marginaux provocateurs arrive dans une petite ville bretonne. Ils rencontrent un trio de loubards minables avec lequel ils s'associent pour semer la terreur parmi les habitants, s'attaquant aux invités d'une noce, se heurtant à une milice d'auto-défense.
Attention : présenté avec le rectangle blanc, ce téléfilm est d'une violence insoutenable, d'un réalisme inouï. Malgré les qualités de la réalisation et de l'interprétation, on ne peut que souligner le caractère malsain d'une œuvre qui multiplie les scènes de folie meurtrière et de viol.
Ouest-France

- Des personnages issus d'histoires très différentes les unes des autres se rencontrent une nuit au bord d'un fossé. Le choc est brutal et d'une rare violence...
Femmes d'Aujourd'hui

- La Mariée rouge hier soir, sur FR 3
Hervé Jaouen et les carrés blancs du roman noir
Quimper - Le Quimpérois Hervé Jaouen est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs auteurs de polar français. Une réputation acquise dès son premier roman, La Mariée rouge, paru en 1979. Délire de violence et de sang dans la campagne bretonne, le récit a été transposé au petit écran. On l'a vu hier soir à 22 h 45 sur FR 3 dans la série néo-polar animée par Michel Le Bris.
Heure tardive et carré blanc de rigueur. Comme le livre, le télé-film suscite des critiques à double fond. On salue le style. Ici la réalisation de Jean-Pierre Bastid, scénariste de Dupont Lajoie et grand maître du polar lui-même. Mais d'un autre côté, on désavoue au nom de la morale, ce sexe et cette violence étalés à chaque plan, à chaque page.
C'est vrai que l'histoire est gratinée. "Quatre séries de personnages vont se télescoper, formule Jaouen. D'abord un couple de Quimpérois qui se marie avec séance de coiffeur, messe, apéro, repas et jarretière. Deuxièmement, un couple de délinquants intellos avec un gars de la haute et une nana aussi paumée que lui à la recherche du crime gratuit. Troisièmement, un trio de loubards bien cra-cra qui tombe sous la domination de mon intellectuel. Enfin, un banquier amateur d'armes qui crée une milice d'auto-défense". Tout ce beau monde va se rencontrer la nuit des noces sur la route de Châteauneuf-du-Faou. Viol et crime à la clé.
On sort de là "hébété (...) avec dans la bouche un arrière-goût de vomi" concède Michel Lebrun, grand spécialiste du roman policier. "Montrant Rambo II réduisant en charpie des centaines de viets, cela passe. Mais dès que tu mets en scène des crapules de province qui font le mal par plaisir, cela ne va plus" analyse l'écrivain breton.
Il se défend d'avoir cédé à la complaisance. "Je me suis inspiré d'un fait divers. J'ai rencontré des gendarmes qui avaient suivi des affaires similaires. Ils m'ont dit que la réalité était encore plus horrible que celle que je décrivais. Un viol ce n'est pas quelque chose d'anodin".
Pour l'écrivain quimpérois, La Mariée rouge se veut avant tout "dénonciation de la société" : "Ce qui fait scandale", c'est que, dans cette histoire, tout le monde est méchant. Même les victimes sont minables. Avec Michel Le Bris qui a commandé le scénario et le réalisateur Jean-Pierre Bastid, nous sommes sur la même longueur d'ondes, un certain pessimisme proche de de Gaulle quand il disait que les Français étaient tous des veaux".
Cette vision noire, sociologique et "post soixante-huitarde", Hervé Jaouen a eu l'occasion de la développer dans ses livres suivants. Trois d'entre eux, Marée basse, Toilette des morts et Le Crime du syndicat vont d'ailleurs être portés à l'écran. Et en même temps, le Quimpérois va publier coup sur coup trois nouveaux romans.
Mais dans cette carrière maintenant consacrée, La Mariée rouge restera un moment initial lesté d'étrangeté. On est en 1978. Jaouen a 32 ans. Il est cadre dans une banque de Pont-l'Abbé. "Subitement, j'ai eu l'idée de ce livre. Je ne l'ai pas prémédité. Il est sorti de mes tripes. Il ne m'a fallu que huit jours pour l'écrire. Il a été encensé et il a fait scandale. J'ai été surpris. Je n'étais pas conscient de la violence qu'ils portait. Je ne m'en suis rendu compte qu'après coup. Et aujourd'hui, quand je le relis, je m'étonne encore".
Georges GUITTON - Ouest-France - 19 décembre 1985




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